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22 juillet 2013

How to romance a rake

Il y a des matins pourris où se réveiller est un effort qui demande toute l’énergie dont nous sommes capables. Que ce soit parce que il n’y a plus de café/thé/chicorée dans le placard, ou parce que votre pull préféré porte le souvenir de la sauce bolognaise de la veille, ces matins sont horribles.

Fort heureusement, il n’y a pas de fatalité dans ces matins là. Car il suffit d’une chose pour vous amener le sourire aux lèvres et illuminer votre journée.

J’ai vécu un de ces matins fin juin. Je me suis réveillée, il pleuvait. J’ai tiré ma carcasse hors du confort de mon lit, et il n’y avait plus de céréales. Et laissez moi vous dire qu’une princesse en hypoglycémie ce n’est pas beau à voir. Ce n’est pas encore le stade Gremlins, mais on n’est pas loin.

Mais en revenant du supermarché local (le majordome était en vacances) avec ma boite de corn-flakes, j’ai ouvert ma boîte aux lettres… et j’y ai trouvé... un colis amazon !

Alors c’était peut-être le manque de sucres dans mon système, ou de la sénilité précoce, mais en observant ce paquet, j’ai pris conscience que je n’avais aucun souvenir d’un achat…

Prise d’une excitation soudaine, je suis rentrée précipitamment, j’ai presque jeté mes céréales dans la cuisine et me suis concentrée sur le colis.

J’ai trouvé à l’intérieur ‘’How to romance a rake’’, une romance régence de Manda Collins. Et le nom de ma bénéfactrice : Pirouette !

Ce qu’il faut savoir à propos de Pirouette, c'est qu’elle est très difficile en matière de romance historique, voire impossible à satisfaire. Si bien qu’elle reste souvent une lectrice fidèle des contemporains de tous poils, et nous laisse le soin de faire vivre la planète historique sans elle.

Alors recevoir une régence de sa part, c’était à la fois adorable et l'assurance d’une romance de qualité exceptionnelle.

Et je n’ai pas été déçue, voyez donc…

How to romance a rake est le second opus de la série des ‘’Ugly Ducklings’’ (les vilains petits canards, en français) qui raconte l’histoire de trois cousines. Notre opus du jour se concentre sur Juliet Shelby, de prime abord bien sous tous rapports, charmante, séduisante… mais affublée d’un boitement qui la rend invisible aux meilleurs partis du marché et la cible de moqueries de la part des pestes en tout genre qui peuplent les bals londoniens.

Et c’est dans un salon de musique, à l’occasion d’un de ces bals, que notre histoire commence.

Fatiguée par la foule, Juliet s’est réfugiée là en espérant sans doute pouvoir profiter de quelques instants de quiétude en compagnie de son instrument fétiche. 
C’était sans compter sur l’arrivée des deux pestes en chef de la saison.

Juliet a juste le temps de se cacher derrière un paravent avant d'assister à une conversation dont elle est le sujet… malheureusement. Nos deux pestes dissertent allègrement sur les différents défauts dont sont affublés notre héroïne et ses cousines. Et bien entendu, elles sont loin d’être délicates sur le sujet (opération hippopotame dans un magasin de porcelaine, ON!).

Juliet se demande combien de temps la torture va encore durer quand le Vicomte Alec Deveril, hôte de la soirée, fait son apparition dans la pièce et abrège la souffrance de notre jeune éclopée.

Mais alors que Juliet pensait s’en sortir sa dignité intacte, Alec l’invite à sortir de sa cachette, révélant ainsi sa connaissance totale de la situation…


Fort heureusement, notre héros est un homme bien, qui a passé sa vie à tenter de racheter la réputation catastrophique que sa famille avait par le passé dans la bonne société, et il réconforte Juliet comme il peut.

De cette rencontre nait une amitié… etc (sous entendre, il se marièrent et eurent plein de spendides enfants aux joues roses). Mais qu'importe la destination en romance, c'est le chemin emprunté qui importe. Et le chemin ici, c'est le paradis!

J’ai dévoré cette régence en moins de 24h. Entre l’histoire absolument délicieuse et les personnages sweet à souhait, je n’ai pas pu m’arrêter.

Juliet est criante de vérité avec ses insécurités, sa mère absolument horrible, qui veut la marier (de force) à un déplaisant lord, son père absent, trop occupé par sa carrière de diplomate, et le mystère entourant son infirmité.

Quant à Alec, il a beau être un rake, séduisant, charmeur et irrésistible, il a lui aussi beaucoup à faire avec son passé familial : une mère dépressive, un père sans aucun respect pour la gente féminine (qui quand elle dit non, veut dire oui…) ou pour le travail des autres (payer les artisans ? vraiment ?). Ce qui a laissé Alec avec un profond sens du devoir, et quelques problèmes de confiance…

C’est le grand pouvoir de ce livre, un mix d’humour, de personnages attachants et beaucoup de cohérence dans leur histoire.

Et ce moment de swoonage intense, je le dois à Pirouette… Un grand MERCI !!!
 

Je m’en vais à présent rattraper mon retard de lecture des livres de cette auteur.
 
 


Bonne lecture,
Tam-Tam

 
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1 juillet 2013

Episode 3 et fin: Sans orgueil ni préjugés

Résumé des épisodes précédents : les synopsis vous mentent !
 
Que l'on cherche un livre aux allures de vieux Harlequin old school, un nerd au potentiel de sexitude sous exploité ou que l'on ai envie de se plonger dans une régence aux évocations du monde de Jane Austen... 

On nous ment (on nous spolie, et je n'appelle pas à la révolution, promis) et depuis deux semaines, en passant un peu ma frustration, je vous fais rire en vous racontant ce que je cherchais dans mes lectures et ce que j'y ai trouvé.

Le livre d'aujourd'hui est un historique, récent et français. Sans orgueil ni préjugés de Cassandra O'Donnell est le premier tome de la série des sœurs Chabrey et il nous conte l'histoire de Malcolm et Morganna.

Sans plus attendre passons au synopsis :
Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Elle préfère son indépendance et les sciences, passion qu’elle dissimule derrière une prétendue maladie, loin des regards courroucés de la bonne société. Lorsqu’elle apprend que le manuscrit de sa sœur a été refusé par un éditeur méprisant l’intellect féminin, Morgana décide d’aller confronter ce personnage cynique et détestable. Si ce dernier pense pouvoir confondre la demoiselle à coups de reparties cinglantes et de sourires enjôleurs, il ne sait pas encore à qui il a affaire…

A la lecture de ce dernier, la lectrice de romance se dit que 1) elle va avoir le droit à une romance historique pleine d'humour avec 2) un personnage féminin au caractère bien trempé et 3) un héros qui a besoin urgemment de se faire remettre à sa place. 

Une lecture dans la lignée des Lisa Kleypas, Julia Quinn et autres Eloisa James. C'est à dire une régence moderne, avec une dose suffisante d'anachronisme(s) dans le caractère des personnages pour que l'humour soit au rendez-vous...

Pour ne pas risquer une nouvelle déconvenue, j'avais même lu plein de chroniques hyper enthousiastes et loin de moi l'idée de dire que le livre est mauvais, mais il ne correspond juste pas à ce que j'attendais.

Pourquoi donc?
Parce que ce livre n'est pas aussi moderne qu'il veut se vendre. Pour étayer mon argumentation, il va me falloir faire un petit bond dans le temps, et revenir aux décennies précédentes. 

La romance, dixit Chi-Chi (qui a joué le rôle aujourd'hui de mon wikipanion perso), trouve ses premiers balbutiements chez nos amis les Grecs du 3ème et 4ème siècle, il y a donc très très longtemps (dans une galaxie très très lointaine...)(non, je m'égare), ce qui lui a bien laissé le temps d'évoluer. 

Cependant, la romance telle que nous la connaissons remonte aux années 70 (à la louche). C'était alors le règne de ce que l'on qualifie de "old-school", où le héros était macho et dominateur, l’héroïne était belle, fragile et plutôt sans défense et où la pâmoison et le butor étaient rois dans les traductions.

Les experts s'accordent à dire que le virage entre le old-school et la romance moderne s'est fait autour d'un roman, AKISA (A Knight In Shinning Armor, en français, Vint un chevalier) de Jude Deveraux. 

La romance, dite moderne, pris alors son envol dans les années 80 (bonjour mulet et épaulettes) avant de s'installer comme la dominante dans les années 90 où les héros étaient certes toujours masculins, mais où ils écoutaient aussi leur douce qui n'était plus sans défense, qui avait un avis et même parfois raison (miracle!).

La romance moderne, aurait ainsi suivi les modifications des aspirations des femmes, et les héroïnes ont repris le contrôle des romances tandis que nos mères prenaient le contrôle de leurs vies (pour faire dans le schématique).

Sans orgueil ni préjugés se veut une romance moderne. Son héroïne y est férue de sciences, souhaite mener sa barque et veut faire fi des conventions. Son héros se veut de la trempe des machos qui ont juste besoin de LA femme qui saura leur faire entendre la voix de la sagesse. Ce que j'applaudis à gorge palpitante. 

Sauf quand la lecture me révèle du old-school qui n'était absolument pas dans le contrat!

Certes, notre héroïne est toujours aussi passionnée de sciences, sauf qu'il lui suffit de voir le héros pour 1) le détester (vous me direz qu'étant donné son attitude c'est tout à fait normal) comme le butor qu'il est et 2) ne pas lui résister (parce que des choses physiques se passent en elle et qu'elle ne peut maitriser le désir qui déferle). Et cela, mes amies, c'est clairement du cliché old-school où on pourrait presque dire que la jeune Morganna n'a pas le cerveau nécessaire pour dire non et résister.

Et le héros dans l'histoire? Il est de la même trempe. 

Deuxième rencontre, l’héroïne lui tient tête... le désir l'assaille, et hop, je t'embrasse pour te punir ! Et s'il y a bien un trait qui est propre au old-school c'est celui-là. L’hégémonie masculine sur la femme, cette dernière qui dit non mais qui veut dire oui. On forcit un peu les trait et BAM ! Passions Captives ! (pour celles qui n'auraient pas lu l'article, allez donc rire!)

Comme je suis têtue, j'ai continué ma lecture au-delà de la deuxième rencontre. Mais l'intrigue est fainéante. Résoudre tous les problèmes de communication à coup de désir irrépressible, c'est très difficile à croire. 

D'ailleurs revenons à ce désir débordant. La régence en romance est un genre qui s'appuie sur une série d'anachronismes pour nous vendre du rêve. On croit au mariage d'amour dans une société qui fonctionnait sur les mariages d’intérêts et de convenances, on avale en souriant l'improbabilité des situations où les héros se laissent aller à leurs hormones avant le passage devant Monsieur le curé/pasteur/capitaine de bateau. 

Mais notre désir d'y croire s’arrête quand le bouchon a été poussé trop loin (et ce n'est pas Maurice qui me dira le contraire). C'est pour cela que dans ce livre précisement, cela va au delà de la crédibilité historique et touche la crédibilité littéraire de base. 

Je m'explique et je vous plante le décor. Morganna et sa sœur arrivent à Londres, se rendent chez Malcolm, lord et éditeur, pour protester quant au refus d'éditer le roman de la jeune soeur. Notre héros se montre arrogant et répond qu'il a ses raisons (comprendre, il a un gogo-gadget-o-p*****, et on ne peut pas comprendre). 

Le même jour, Malcolm se rend au domicile des Chabrey, et au lieu d'attendre d'être introduit par le majordome, il force le passage. S'en suit une discussion qu'on pourrait fort aisément qualifiée de houleuse, conclue par un baiser du monsieur à la demoiselle.

Ainsi, si on me vend un historique, je vais avoir du mal à croire qu'un lord à la réputation correcte (comprendre qu'il n'est pas connu pour visiter les chambres des domestiques de toutes les demeures dans lesquelles il est invité) va soudainement forcer l'entrée d'une maison où il n'a jamais été reçu pour ensuite embrasser la personne qui aura consentie à le recevoir, et ce, malgré la scandaleuse enfreinte à l'étiquette. 

Quand cette scène arrive autour de la page 50, il y a de quoi être refroidie.

Alors que l'auteure elle-même dit qu'elle a cherché à créer une ambiance désuète avec un langage que n'utilisent pas les anglo-saxons et que la romance offrait une plus grande liberté car il n'y a pas de vérité historique. 

Oui, lire un historique ne veut pas dire lire une biographie sur la vie de la femme au Second Empire, ni les mémoires d'un moine franciscain à la Renaissance. Mais il existe une limite à notre capacité à "gober" les anachronismes. Et certes, on peut s'amuser en romance, mais de là à mélanger les genres comme cela, j'ai juste la sensation qu'on me prend pour une (ravissante) idiote qui ne saura pas voir la différence. Ainsi, la régence, c'est une dose nécessaire de conventions et de règles que l'auteur peut choisir de "tordre" avec talent.

Enfin, je finirai sur une dernière réflexion : si cette même scène était adaptée dans un contemporain, je crois que je tiquerais tout autant, parce qu'un homme qui embrasse pour faire taire parce qu'il ne sait résister au désir qui monte en lui la deuxième fois qu'il me voit, je lui envoie mon genoux dans... bref, vous savez où!
Comme quoi, certaines conventions traversent les époques.

 
Bon Lundi,
Tam-Tam
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11 mars 2013

One good Earl deserves a lover

Dernier-né de Sarah MacLean et 2ème opus de sa série "Rules of Scoundrel", "One good Earl deserves a lover" raconte l'histoire de la petite soeur de Pénélope, héroïne du précédent livre.

Pippa Mayberry, 5ème fille de la fratrie, est une jeune fille raisonnable. Extrêmement brillante, elle s'est toujours sentie étrangement marginale, que ce soit dans sa propre famille ou dans la bonne société londonienne. Ainsi, de son mariage, elle n'attend pas plus, pas moins.

Son fiancé aime se réconforter dans la simplicité des choses de la campagne, qu'à cela ne tienne, elle s'interrogera sur les rouages du domaine à sa place et le laissera à ses longues balades. C'est ce que l'on peut attendre d'un mariage finalement? Et puis, sous cette "simplicité d'esprit" (en réalité, comparée à elle, n'importe qui aurait l'air d'un idiot), il a eu la gentillesse de lui demander sa main, main que Pippa a consentie à lui donner.

Et l'honneur de la parole donnée, Pippa y tient. Que lui importe que sa famille toute entière lui assure qu'elle sera derrière elle, si jamais elle décidait de revenir sur sa décision. Elle l'épousera. Point.

Alors comment expliquer sa présence un soir dans le bureau de Cross, co-fondateur du club de jeu "The Angel"?
C'est très simple. Notre chère Pippa veut comprendre. Comprendre quoi? Comment les relations entre hommes et femmes fonctionnent. Car, voyez-vous, si elle est bien décidée à se marier, elle n'en sait pas moins qu'elle sera le cerveau du couple et craint que son ignorance des "choses de la vie" (que j'aime bien appeler la théorie du Lego) constitue un danger pour la fondation même de son mariage. Elle décide donc d'aller rencontrer un "rake" notoire pour l'inviter à la "ruiner", lui montrant ainsi comment on insère....... mais je m'égare......

La voila donc dans le bureau de Jasper/Cross (homme aux multiples visages), qui contre toute attente dit non.
Pippa insiste.
Cross refuse.
Pippa insiste et demande à savoir pourquoi non.
Cross refuse encore et ne dit rien de plus.
Pippa invoque des raisons cartésiennes, le chantage, le pot de vin, la violence...
Cross lève les yeux au ciel... et refuse.
Tam-Tam trépigne!!!

Car une lectrice de romance ne se laissera pas leurrer. Elle a compris!
Elle sait que Cross est le réel héros. Que le fiancé a tout faux et que, la sexytude greffée au corps, Cross est celui qui déclenchera soupirs et pâmoisons dans nos cœurs de princesses esseulées.

Et quel héros, car sous ce "déguisement" de tenancier de casino, se cache Jasper, Earl (aka Comte) de Harlow : un passé sombre, un secret mystérieux. Un 2nd fils devenu Comte, un "spare", comme on les appelle. Le fils "en rab" conçu pour s'assurer de la pérennité du nom et presque rien d'autre.

Leur histoire est une histoire de secret de famille, une histoire de chantage, de rivalité entre tenanciers de casino, d'attirance, de résistance... Et tout ça faisait beaucoup envie.

Du coup, je l'ai avalé en un weekend. Et je l'ai beaucoup aimé. C'est un très bon livre avec des personnages attachants, des scènes et des dialogues pleins d'humour. En revanche, ce n'est clairement pas mon préféré, j'attendais sans doute trop de Pippa. 

Il est très difficile d'aimer de la même manière tous les livres d'une même série, ou encore d'un même auteur. Même chez les Bridgerton, Anthony a ravi mon cœur plus que les autres...

 
Bonne lecture,
Tam-Tam
   
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7 janvier 2013

Le diable s'habille en tartan

Cet article aurait aussi pu s'appeler "Bilan challenge boule de neige et jour de l'an". Cependant, on fait bien assez de bilans à l'annonce de la nouvelle année, alors je me suis dit que j'allais faire l'impasse... 

Mais ma conscience a une voix qui sait se faire entendre. J'avoue, c'est plus mon échec sur certains points de ma liste qui explique ma réticence à vous parler de mon challenge. Mais puisque vous insistez (vous et ma satanée conscience) :

  • Je n'ai pas fini Mansfield Park. Il faut croire que la période festive ne se prête pas à ma lecture des classiques. Il y a toujours un munchkin à chatouiller, un festin à manger... Les pauvres Fanny et Edmund auront plus de chance en 2013 j'espère (je vous rassure néanmoins, ce que j'ai lu jusqu'à présent me plait)
  • Je n'ai même pas commencé le dernier Jamie (bouhouh!!) mais j'ai découvert un autre Jamie (dont je vous parle ci-dessous, patience)
  • Je pense avoir trouvé ma jupe, mais j'attends patiemment les soldes
  • J'ai trié ma bibliothèque... Il faut que je trouve le courage au fond de moi de vous faire la liste de mes VO (pour les intéressés) (les VF je les garde pour Little. B.) (vous comprendrez)
  • J'ai fait mon escapade "Marché de Noel" en Tam-Tamland (c'était beau) et chez la douce Eudoxie (c'était beau bis)
  • Mes voyages diplomatiques ne sont pas finis, mais mon foie est coopératif et mon ventre est en effet en communion avec le chocolat
  • J'ai vu l'épisode de Noël du Doctor Who, j'ai hurlé, j'ai swooné et j'ai partagé tout cela avec Persie par textos interposés!! J'ai aussi vu l'épisode de Downton Abbey, et bien entendu j'ai adoré! (vous pensez, il se passe en Ecosse)
  • Mon cadeau Secret Santa est en préparation. Mais chuuuttt... je ne peux en dire plus!
  • Bon, les paillettes... ce n'est pas encore ça. Mais à ma décharge, munchkin #5 a eu des cartes à customiser avec des paillettes pour Noël. Et j'ai la sensation que cela fait 15 jours que j'en suis couverte de la tête au pieds!
  • Pink Martini a fait son travail. Il résonne à ce moment précis, telle l'inspiration musicale de cet article.... "Should auld acquaintance be forgot, and never brought to mind? Should auld acquaintance be forgot, and auld lang syne?" (sans doute mon Xmas Carrol préféré)
  • La flemme a gagné, le sapin est resté rangé, mais les cadeaux ont fait leur effet!
  • Je me suis amusée avec mes mini-munchkins (et les moins minis, Little B. était de la partie vous comprenez) (pour ceux qui se demandent, les munchkins sont les petits de la fratrie) (large fratrie)
  • La météo n'a pas été coopérative, la mer sous la neige, ce n'est pas pour cette année...

Globalement mon challenge est plutôt positif, mais je suis contrariée de n'avoir pu finir Jane Austen, ni d'avoir pu retrouver mon Jamie préféré...

Heureusement, j'ai découvert un autre Jamie qui à défaut de compenser, a su sérieusement me séduire!

Alors qu'Emmaline est sur le point de s'unir au puissant (et définitivement passé la date de consommation) (comprendre vieux et fripé) laird du clan Hepburn pour éponger les dettes de son père et sauver sa mère et ses sœurs de la pauvreté, un puissant destrier fait une entrée fracassante dans l'église. Son cavalier, tout aussi puissant et formidable (faites les analogies et tirez les conclusions qui s'imposent, c'est gratuit), n'est autre que le renégat Jamie Sinclair, chef et ennemi juré du clan Hepburn venu tout spécialement pour kidnapper la douce Emmaline...

Sauf qu'il s'attendait à trouver une jeune fille pédante, snobinarde, hautaine et pleurnicharde... le parfait cliché de l'anglaise et qu'a défaut d'être déçu, il va être séduit. 

Le mot clé est ici cliché. 

Parce que ne rêvons pas, le schéma est cousu de fil à paillettes : une jeune fille est condamnée à épouser un vieux bouc parce que papa a bu et joué la fortune de la famille, le jour des noces elle est enlevée par un superbe spécimen de la gente masculine parce que ce dernier voue une haine sans nom au futur mari. Ils vont passer du temps dans la nature sauvage des Highlands, où la pureté de la voie lactée, le froid persistant, la sexytude irradiante du héros vont être autant de facteurs qui..............

Bref, pas besoin d'être astrophysicien ni de sortir des théories fumantes sur le syndrome de Stockohlm pour résoudre l’équation. Mais c'est magique tout pareil. 

J'ai adoré les dialogues, j'ai adoré les personnages qui, sous les clichés, sont finalement surprenants. Emmaline est forte et indépendante, Jamie... Bon, disons qu'il partait déjà avec l'avantage de son nom, de sa nationalité... Mais il avait beaucoup à faire pour ne pas décevoir.

Il est fort, entêté comme il faut, mais reconnait ses fautes. Il est canon, a un lourd passé qui en fait un de ces hommes que l'on veut prendre dans nos bras pour les réconforter, mais comme ils sont trop pleins de muscles bien confortables, on finit par être nous-même dans leurs bras... Mais je m'emballe.

Le diable s'habille en tartan rassemble les qualités d'un old-school (les clichés, les stéréotypes, les descriptions "imagées" qui pourrait faire grimacer si ce n'était pas si drôle) et celles d'une romance moderne (héroïne forte, dialogue à mourir de rire). Du Medeiros comme je les aime!

A Noël, entre deux ripailles, j'ai adoré. En plus j'avais Little B. à mes côtés qui finissait le dernier tome de la série des Chicago Stars, donc on a gloussé sur le canapé comme deux gamines (c'est à dire qu'elle tenait son rôle et que j'ai perdu toute retenue d'adulte, oui).

 
Bonne lecture,
Tam-Tam 
  
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7 décembre 2012

A Night Like This

Quand Chi-Chi a voulu m’initier à la romance, il y a de ça quatre ans environ, elle a choisi de me faire lire une valeur sûre : TheDuke and I. 

Depuis, je voue un amour sans borne à Julia Quinn qui m’a enchantée alors que j’étais encore jeune, pure et innocente (si si) et que le monde de la romance m’était inconnu. Mon éducation romantico-littéraire a été bien menée, vous pouvez remercier la grande prêtresse (euh, princesse). 

Tard hier soir, j’ai terminé son dernier roman en date, A Night Like This, qui est le deuxième tome de la série du Quatuor des Smythe-Smith.

Notre cher héros n’est autre que Daniel, frère aîné d’Honoria (héroïne de Just like Heaven, souvenez-vous). Il revient à Londres après trois longues années d’exil. En effet, suite à une altercation avec un certain Hugh, Daniel s’était retrouvé levé à l’aube pour un duel, et une balle perdu plus tard, Hugh était en sang, flirtant avec la mort. Le père d’Hugh, pas très content, voire même très très fâché (ma verve ce matin m’émerveille) avait juré de se venger et promis à Daniel une mort certaine. Celui-ci n’avait donc pas d’autre choix que de quitter l’Angleterre…

 Mais désormais, il est de retour. Et pas n’importe quel jour ! Il est de retour pour assister au très fameux concert familial donné chaque année par les jeunes filles pas encore mariées de la grande lignée des Smythe-Smith. Concert nocif pour les tympans si l’on en croit les dire de tous, en fait. Cependant, c’est une tradition vieille de quelques dix-sept années et il y a toujours eu des foules de cousines pour prendre place dans ce quatuor. 

Mais cette fois, il semble y avoir eu une entorse à la règle puisque Daniel, discrètement entré par le fond de la pièce, à l’abri des regards, remarque, assise au piano, une fille qui ne fait certainement pas partie de sa famille…
Il s’agit d’Anne Wynter, gouvernante des plus jeunes filles de Lady Pleinsworth. Anne est sublime. Anne a été désignée (de manière pas très démocratique) pour remplacer la fille aînée de Lady Pleinsworth,  opportunément tombée malade ce jour-là. Anne, est sublime donc, nous l’avons déjà dit (mais apparemment c’est très frappant), seulement, elle est perpétuellement sur ses gardes… Eh oui, elle a un secret ! Surprise ! C’est rare dans une romance, n’est-ce pas ?
 
Mais voilà, Daniel, lui, a un coup de foudre, et dès le premier regard, il est perdu ! Elle dégage un charme sans précédent, comme il n’en a jamais vu chez aucune fille (et s’il n’est pas officiellement un « rake », il en a quand même vu passer). 

Alors, il est vrai qu’habituellementn cette sorte de scénario a tendance à me hérisser le poil, mais là, cela ne m’a pas fait fuir. Et pourquoi donc ? Daniel assume ! Il n’est pas tiraillé entre un désir presque irréfrénable pour Anne et un acharnement à se contrôler, et ne balance pas sans arrêt entre les deux. Non, Daniel est moins compliqué. Il a envie de la voir, il y va. Et si sa cousine/tante voit clair dans son jeu, peu importe. Bref, il assume donc. Et cela me plait.

Ensuite, Anne et lui se comportent en adultes. Elle connait ses responsabilités, sait où est sa place, ne se leurre pas sur son avenir. Quant à lui, il est Comte, il peut plus ou moins faire ce qui lui chante.
Bien entendu, l’humour génial de l’auteure est au rendez-vous, ce qui fait de ce bouquin une autre réussite ! Et pour l’instant, il est très certainement mon tome préféré de cette nouvelle série !
 
 
Bonne lecture,
Lady D.
  
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29 octobre 2012

Trial by desire

Pffiouuuu... Je suis encore sous le choc du post de Chi-Chi, du coup, je ne sais pas comment je vais réussir à égaler Nora ce lundi. Parce que ce qu'il faut retenir, c'est que sur la masse d'écrits de cette auteur, il y a forcément un roman qui va vous faire vibrer, et que toute princesse passe par une phase Nora. c'est inéluctable... (un peu comme la mort et les impôts, mais en plus rose).

Mais revenons à nos moutons. Car je vous imagine d'ici derrière vos écrans, l'interrogation dans le regard, le sourcil froncés, le doute au coin de la lèvre... "Avons-nous bien lu? Tam-Tam serait-elle tombée malade? Car il n'y a guère que la folie passagère qui la pousserait à travailler dans l'anticipation et non dans l'urgence (oui, parce que si je parle du post de Chi-Chi, nous sommes encore vendredi à l'heure où je vous écris)...

Vous n'êtes pas loin du compte finalement, car seuls des circonstances exceptionnelles arrivent à me sortir de mon schéma "nous sommes dimanche, j'ai ma deadline..."
Ces circonstances exceptionnelles, si tout se passe bien, je vous en parle mercredi, mais en attendant, laissez moi vous présenter la suite de ma série rose paillette de Courtney Milan. (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais un suspense de folie règne sur ce post, c'est à noter!)

Dans l'opus précédent, nous avions donc laisser notre duo Jenny/Gareth a plein happy ending (les cloches tintinnabulent, le soleil brille, et les oiseaux chantent), alors que le cousin Ned était.... (comment le présenter pour ne pas ruiner l'image?) .... beaucoup moins épanoui par le tour qu'avait pris les évènements. 

Trial by desire raconte son happy ending, de quoi me faire oublier que sur la 4ème il est question de retrouvailles. Et puis on a eu quelques petits miracles ces derniers temps en matière de retrouvailles, j'avais le droit d'être optimiste.

Il était donc une fois Lady Kathleen Carhart, marié au jeune Ned il y a de cela des années. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, Lady Kathleen pourrait tout aussi bien être une vieille fille "on the shelve" qu'il n'y aurait pas de différence.

Pourquoi? Parce qu'au lendemain (ou presque) de la noce, le jeune Ned a fait part à sa nouvelle femme de sa volonté de "trouver sa voie" en quittant le Royaume-Uni pour partir en déplacement professionnel pour le compte de son cousin Gareth en Chine. Sauf qu'il aurait out aussi pu dire qu'il allait "chercher au fond de lui même la personne qu'il voulait être", "entrer en profonde communion avec la virilité de son être" ou "faire un voyage initiatique en interaction avec le cosmos" que le résultat aurait été le même. A peine l'encre du registre sèche, l'époux fuyait la scène pour une contrée à l'autre bout de la terre en laissant sa délicieuse femme s'occuper du scandale qu'il créait...

Et dire que j'avais de l'affection pour Ned. Au début de ce roman, je n'étais plus vraiment habité de sentiments altruistes à son encontre (j'imaginais plutôt la rencontre de son profil avec le crépi d'un mur) (mais bon, ca c'est moi).

Et c'est donc à peu près à la page.... 2% (Alfred est de corvée) que j'ai eu comme un mauvais pressentiment. Ned allait partir (et laisser sa femme comme un pauvre dinde)  pour mieux revenir, et s'attendre à ce que tout se page magiquement comme dans les contes de fées... J'allais passer le livre à pester sur les héros pour pas etre fichu de se parler et de se dire qu'ils sont déçus/mécontents/irrités/en colère/tristes/rancuniers/les 6 à la fois.

J'allais m'agacer contre un personnage que j'avais apprécié dans le tome précédent.
J'allais m'agacer contre cette propension qu'on certains héros à croire que lorsqu'ils partent à l'aventure, la personne qui restent regardent les saisons passer sans avoir plus aucun goût à la vie. (oui, vous pouvez y voir une référence, c'est intentionnel).

En effet, pendant les trois ans que Ned a passé à folatrer dans les jungles chinoise, Kate a eu le temps de réfléchir à son avenir. Le scandale ayant ruiné (presque pour toujours) ses chances de "faire fureur", elle a su se trouver des occupations (que je tairai ici, parce que pour une fois je ne suis pas contrainte d'avoir recours au spoiler pour m'expliquer).

Lorsque Ned revient, il réalise que ce qu'il avait envisagé comme "accueil" va bien au-delà de ses prévisions. Car s'il ne s'attendait pas à la fanfare, il est quelque peu désarçonné par la distance qui existe entre sa femme et lui (genre plusieurs milliers de kilomètres). 

Et c'est donc là que je me suis un peu agacé. Clairement, pas autant que je ne m'y attendais (merci Courtney), mais suffisamment pour pouvoir vous dire que si l'histoire du tome un m'a fait vibrer, le second tome moins.

Ned, chéri, je vais te révéler un petit secret: une femme... même si c'est la tienne devant l'église et les hommes, si tu la laisse comme une vieille cravate en soie toute tachée (Tam-Tam en mode j'adapte mon langage à l'homme régence), elle va t'en vouloir BEAUCOUP (voire à mort)! (et non, elle ne te pardonnera pas d'un battement de cils même si ton argumentaire tient la route (et que ton popotin vaut le détour).

Néanmoins, parce que tu es tout de même assez charmant, je te délivre une mention honorable pour ta persévérance (il ne lâchera pas le morceau le bougre) et ta loyauté (option fidélité en plus!).

Ainsi je vous souhaite tout de même une bonne lecture, je m'en vais me plonger dans le protectorat de l'ombrelle (Chi-Chi you are an angel).

Tam-Tam


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5 octobre 2012

Lord of scoundrels - Le prince des débauchés

Aujourd'hui, je répare une grande injustice.
Aujourd'hui, je remet de l'ordre dans ce blog.
Aujourd'hui je fais un retour aux sources.
Aujourd'hui je termine enfin les chroniques de mon Top 15 !

Comprenez, aujourd'hui je vous parle de Lord of scoundrels (Le prince des débauchés) de Loretta Chase, tome 3 de la série Scoundrels (mais vous pouvez les lire en indépendant, cela ne perturbe pas la compréhension) !

Sebastian est ce prince des débauchés, et pour une fois, il n'a pas volé son surnom. 

Vous avez déjà remarqué comme en romance historique, presque tous les héros sont qualifiés de libertins, et pourtant ils semblent n'avoir qu'un tout petit passé de rien du tout, à peine une ou deux maîtresses qui traînent mais avec qui ils sont restés en bons termes, des petites dettes de jeu parfois mais rien de ruineux, même pas une malheureuse jeune fille de bonne famille ruinée dans les règles de l'art et, à part un héros fameux d'Eloisa James dont je parlerai bientôt, a peine le quota réglementaire d'enfants illégitimes ! En un mot comme en cent, le héros de romance n'a souvent de libertin que le nom, et pas l'attitude.

Ce n'est pas le cas ici. Sebastian a mérité son titre, et dans la première moitié du roman, il se montre à la hauteur de sa réputation.

Jessica Trent, quand a elle, est une (plus très) jeune lady tout à fait non-conventionnelle. Elle refuse de se marier, ne ménage pas ses actes ou ses paroles sous prétexte de bienséance, et a l'ambition d'ouvrir une boutique d'antiquités (c'était déjà oh-so-shocking pour un homme de faire du commerce, mais alors une femme...). Lorsqu'elle apprend que son frère a décidé de lier sa réputation et les finances familiales à la vie débauchée de Sebastian Ballister, Jessica n'est pas du tout d'accord !

Et la voilà donc qui débarque, avec armes, bagages et tantine sous le bras, pour essayer de remettre frérot dans le droit chemin. Mission délicate quand on a, comme le frérot en question, autant de jugeote qu'un bébé koala (je ne sais pas si le bébé koala est malin ou pas, mais en tout cas, il ne doit pas être très doué en gestion financière. Ou en logique.) et que l'on trouve que l'argent, les femmes et l'alcool, c'est drôlement plus cool qu'une grande sœur qui n'apprécie pas de vous voir tout perdre au jeu (quelle rabat-joie franchement).

C'est donc vers notre héros que notre héroïne va se tourner, essayant de le convaincre que ce serait une excellente idée de se débarrasser de ce nouveau disciple dont la cervelle trop légère ne pourrait que nuire à sa réputation.

Voila pour la mise en place, après, je ne vous fait pas un dessin, la routine habituelle, ils se chamaillent, ils se battent même (physiquement) (plusieurs fois), elle achète des montres avec des dessins érotiques, il a eu une enfance traumatisante, quelqu'un prend une balle dans le bras, ils font des pique-niques, ils se marièrent, ne vécurent pas heureux puis vécurent heureux, puis tout un tas de réputations sont sauvées (vous avez compris que la réputation est un truc important pour les gens de l'époque) et tous ces personnages réunis vous feront beaucoup beaucoup rire au passage !

En fait, je vous avoue quelque chose, Lord of scoundrels a provoqué mon premier fou-rire de lectrice de romance. Ce n'est pas forcément le livre le plus drôle, dans son ensemble (je pourrais vous citer quelques comédies plus que réussies, ou vous envoyer relire nos chroniques au 72ème degré), mais quand elle veut nous faire rire, Loretta réussit bien son coup ! 

Pour résumer, Lord of scoundrels est ma romance préférée de cette auteur (je trouve d'ailleurs qu'elle n'est plus aussi bonne qu'avant), et une de mes romances préférées de tous les temps, et vous devriez la lire si ce n'est pas déjà fait (en plus elle est traduite, aucune excuse) !
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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24 septembre 2012

A rogue by any other name

Parce que la rentrée c’est un peu déprimant quand même et que j’ai envie de vous faire vivre l’été indien, nous allons aujourd’hui parler d’une de mes lectures de l’été.

Car tandis que vous découvriez les flamboyants espions et leurs histoires, je partais en voyage diplomatique. 

Tout voyage suppose une organisation livresque très complexe. D’abord, il a fallu que je combatte ma tendance naturelle à tout faire à la dernière minute. J’ai du planifier non seulement les articles du blog mais mes lectures !!!


Une réflexion de toute beauté s’en est suivie, et Chi-Chi m’a métaphoriquement tenu la main pour me soutenir dans cette épreuve. Je ne voulais pas alourdir les malles protocolaires et c’est donc Alfred qui a eu la lourde responsabilité d’assurer la permanence littéraire pendant ce séjour au pays des Stars de SEP.

Et entre deux cocktails, et 3 gratte-ciels, j’ai lu, mes amis, que j’ai lu ! De la régence, du contemporain, du bon et du mauvais.

Et en ce lundi, j’ai envie de vous conter comment le nouveau Sarah MacLean a ravi mon cœur. A rogue by any other name est le premier opus de la nouvelle série de l’auteur. Sa première série, "Love by numbers", avait été une bonne découverte malgré des tomes un peu inégaux. Je me devais donc de laisser une chance à Michael et Penelope. Et j’ai bien fait.

Le roman s’ouvre sur un jeu à l’issue dramatique. Alors très jeune, Michael, Marquis de Bourne perd l’intégralité de sa fortune, ses terres et tout ce qui n’est pas légalement lié à son titre au profit de Langford, qui n’est autre que l’ancien tuteur du jeune homme. Lorsque Bourne réalise qu’il a été piégé par celui qu’il considérait comme son second père, il jure de se venger. Car avec ce jeu, ce n’est pas seulement sa fortune qu’il a perdu, mais ses amis, ses proches, qu’il considérait comme sa famille. Tout ce qui lui était cher.

Des années ont passé, Bourne est devenu un scandale vivant. Propriétaire d’un club où de riches aristocrates viennent perdre leurs fortunes, il n’a pas été vu dans la bonne société depuis ce jour funeste.

Mais tout change le jour où il apprend que la terre ancestrale de sa famille a été incluse dans la dot de Lady Pénélope Marbury, avec laquelle il a grandi. Son attente touche enfin à sa fon, sa vengeance peut commencer.

Lorsque Penelope revoit Michael, il n’est plus ce jeune homme insouciant et rieur qui fut longtemps son confident. Elle retrouve un homme dur, détaché, aux paroles tranchantes.

Elle qui pourtant vit depuis de nombreuses années dans l’ombre de son statut de "vieille fille" et qui sait que la vie vous change et vous modèle à son grè, peine à croire que les années ont transformé à jamais son ami d’enfance. Même lorsque celui-ci la compromet pour mettre la main sur sa dot ou même alors que celui-ci rejette tout ce qu’il fut pour ne se concentrer que sur sa vengeance.


Alors que résonnent encore les cloches de la noce, Penelope découvre qu’un étranger occupe la chambre adjacente…

Un rogue, Michael l’est sans nul doute dans cette histoire, mais on lui pardonne fort aisément son envie de violence. Une trahison telle que celle qu’il a vécu en aurait traumatisé plus d’un. Et heureusement pour lui, et pour nous, Penelope ne va pas l’abandonner et va se découvrir une force de caractère hors du commun. Prouvant ainsi que la vengeance peut être un moteur puissant, mais qu’il n’est rien à coté de l’entêtement féminin (et de l’amour, bien entendu).

Pénélope est brillantissime dans cette histoire, une sorte de walkyrie qui prendrait le thé avec classe et distinction. Loin d’être effondrée par la perspective de sa ruine et de son mariage avec Bourne, elle en prend son parti et va tenir tête à son mari qui s’enorgueillirait presque de n’avoir plus aucun honneur.

Premier tome réussi pour cette nouvelle série qui mêle deux composantes que j’aime beaucoup, le mariage arrangé/forcé et la rédemption. Je n’ai qu’une hâte, que le suivant sorte !



  
Bonne lecture,
Tam-Tam

  
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10 septembre 2012

Vilain petit canard deviendra cygne

Petite pause dans ma saga estivale sur les espions. 

Je sais vous êtes déçus, mais considérez que cette interruption est comme une compétition de sport dans une grille de programmation, elle est incontournable.

D’autant que vous allez me remercier puisque j’ai lu pour vous le dernier Eloisa James. L’auteur revisite depuis quelques temps les contes de fées. Après Cendrillon, la Belle et la bête (mon ultimate favori) et la Princesse au petit pois, c’est au tour du Vilain petit canard d’être adapté en romance historique.

Un petit mot sur le conte d’origine avant de poursuivre. Le vilain petit canard est un conte où il n’y a pas de couple. Si bien que je me suis vraiment demandé comment l’auteur allait réussir à me vendre son histoire en allant au-delà du simple physique ingrat de l’héroïne. 

Mais parce que parfois il est bon de se renseigner un peu sur les inspirations de l’auteur, j’ai ainsi découvert que le vilain petit canard est un conte initiatique. Il est question de maturité, d’épreuves à surmonter pour atteindre le bonheur. Et après lecture de "The Ugly Duchess", je peux vous assurer que l’auteur a vu dans le mille, meme si le roman n’est pas sans défaut.

Notre vilain petit canard porte ici le nom de Theodora Saxby, mais elle aime qu’on l’appelle Theo. Son prince charmant se nomme James Ryburn, il est en ligne pour hériter d’un duché et il préfère appeler notre canard Daisy. Je ne vous dis pas pourquoi, ce serait pêcher. 


Leur histoire va se passer en deux temps.

Première partie :
Theo/Daisy n’est pas jolie, c’est un fait. Son visage est trop allongé, son profil trop prononcé, elle a trop d’angles et pas assez de courbes. Elle le sait, la saison londonienne le sait, les journaux le savent… Même sa mère doit le savoir au fond d’elle puisqu’elle persiste à vouloir la couvrir de dentelles et volants, comme si elle craignait que sans cela on ne prenne sa fille pour un jeune garçon.

Heureusement pour la jeune fille, et pour sa valeur pécuniaire sur le marché du mariage, elle est à la tête d’un héritage conséquent. Sauf que le père de James, qui avait en charge la jeune fille, est à ses heures idiot, joueur et escroc. Si bien qu’au début de notre roman, il somme son fils d’épouser la demoiselle afin de lui éviter le scandale et le cachot. La raison est simple, il aurait, à l'insu de son plein gré, dépenser l'argent qui n'était pas le sien (oups).

James aime beaucoup Daisy, mais il l’imagine plus comme sa sœur que comme sa future épouse. 


Mais que ne ferait-on pas pour la famille. Et les voici donc mariés…

Sauf que dans l’histoire,
Theo y croyait et qu’elle n’aurait jamais pensé que son compagnon d’enfance, son ami de toujours puisse un jour la trahir ainsi. Blessée en plein cœur, Theo chasse James et la presse à scandale se régale de leur séparation.

Deuxième partie :
James prend la mer, devient un pirate et jure de ne jamais revenir.
Theo part panser ses plaies sur le continent. Nos deux héros vont grandir, pour mieux se retrouver…

Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler. Mais à mon avis, c’est de cette division en deux parties que vient le problème majeur du livre. Les parties sont inégales. Alors que la première partie est intrigante, explore les personnages en profondeur, la seconde partie fait "précipitée".

Dans la première partie, on découvre les personnages, les liens qui les unissent, leur mariage, la découverte de leur sentiments, etc… Et alors que la-dite partie se termine, le livre en est déjà à plus de la moitié. Dans mon esprit, une partie se finissant sur une trahison constituait en un sens une introduction au réel travail d’évolution des personnages.

Car la seconde partie est riche en rebondissements (attention, quelques spoilers à suivre). James devient pirate pendant que
Theo devient la coqueluche de Paris. Alors qu’à Londres elle n’était que le vilain petit canard, elle se transforme en cygne de l’élégance et du style dans la capitale française. Sept ans passent avant que les deux ne rentrent à Londres. Et c’est long comme intervalle.

Pourtant peu de chapitres restent pour traiter leurs retrouvailles. Et je vous rappelle que
Theo avait chassé James et que ce dernier avait par la suite juré de ne jamais revenir…

Trop rapide. Cette partie n’est pourtant pas bâclée. Sans doute Eloisa a-t-elle trop de talent pour cela, mais les personnages et leur histoire auraient gagné en profondeur si quelques chapitres de plus avaient été alloué à la résolution de leurs différends.

Je suis plus émue par qui ils sont jeunes que par les adultes qu’ils deviennent.


Quoiqu’il en soit, ce livre reste une réussite, puisque l’auteur a réussi l’exploit de ne pas faire de cette histoire une histoire autour du physique de l’héroïne, de sa transformation magique en une beauté fatale. C’était un des écueils que je craignait plus que tout au départ. Mais Theo, ou Daisy, reste fidèle à elle-même (c'est à dire pas vraiment une beauté), et James reste aussi séduisant du début à la fin, malgré ses maladresses.
 

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

  
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31 août 2012

The proposal

Après des semaines entières de frénésie contemporaine, j’ai changé de registre à la faveur de quelques régences des plus classiques. Miranda Neville of course, mais aussi deux nouveaux Courtney Milan dans ma PAL, le dernier Mary Balogh et une nouvelle série moins classique dont j’espère vous reparler très vite…

Le Mary Balogh m’a dangereusement évoqué le souvenir d’un des chouchous de mon Top 15 : Slightly dangerous.

Il m’a évoqué cette tendance de la régence à vouloir être un peu plus réaliste, à présenter des situations un peu plus complexes, sans pour autant tomber dans l’angoisse et les périls qui pourraient me distraire de la seule chose importante : l’histoire d’amour. Et il y a un problème similaire autour de la demande en mariage que l'on ne rencontre pas souvent !

Une tendance qui personnellement me ravit, j’aime découvrir de plus en plus souvent des couples où les milieux sociaux se mélangent, même si je suis bien consciente du peu de potentiel réaliste d’une telle chose, dans une société aussi codifiée… Certes, lorsque Courtney marie une courtisane notoire avec un parangon de vertu, les choses s'arrangent étonnement bien, mais j’apprécie l’effort d’imagination et la finesse avec laquelle c’est amené.

Mais je m’égare, ici il n’est pas question d’une courtisane mais d’une lady tout à fait comme il faut, qui se tord la cheville sur une plage, un jour de mars, et de l’homme qui, à contrecœur, se sent obligé de voler à sa rescousse. Il est donc question de Mary Balogh et de The Proposal, tome 1 de la série Survivors’ club.

Je vais commencer par ce que je n’ai pas aimé :
  • Je n’ai pas aimé que ce livre parle encore d’anciens soldats et de leur difficulté à se réadapter après la guerre. Non pas que le sujet me laisse insensible mais ces derniers temps, je croise des anciens soldats au détour de chaque page. Tous les hommes ne sont pas des soldats et tous les héros n’ont pas besoin d’être passés à deux doigts de la mort pour valoir la peine qu’une femme s’intéresse à eux.
  • Je n’ai pas aimé l’aspect info-dump de certains passages. Si l’on était dans un tome plus avancé de la série, je dirais que Mary a voulu faire des rappels des tomes précédents. Comme il s’agit du tome 1, je crois qu’elle a simplement voulu planter son décor rapidement, pour mieux se concentrer sur ses personnages. Et parce que je lui accorde cette intention, j’accepte de passer outre. Même si par moment, j’avoue avoir fait une diagonale sur quelques paragraphes/monologues intérieurs dont le seul objectif est clairement de nous faire passer de l’information, faute d’avoir réussi à la caser ailleurs.
  • Je n’ai pas aimé, conséquence de l’info-dump susmentionné, la présence d’une flopée de membres du fameux Survivors club. Quoi, encooooore un club où tous les membres vont trouver l’amour les uns après les autres en rang bien serrés comme des dominos ? Pff…. Surtout que tous les membres du club ne sont pas très bien personnifiés et que je ne me suis pas spécialement attachée à tous. 
  • Je n'ai pas aimé que l'émotion entre les personnages soit tellement retenue, certes en accord avec ce que l'on peut imaginer de l'esprit de l'époque mais un peu trop timide pour mon petit cœur contemporain... 

Mais…

Mais maintenant que j’ai dit du mal, je vais pouvoir m’attarder sur ce que j’ai aimé : 
  • J’ai aimé Hugo, notre héros. Un protecteur dans l’âme, pensez, il refuse d’abandonner notre héroïne avec une cheville invalide, sur une plage déserte en plein hiver. Anobli à la fin de la guerre pour services rendus à la couronne, il est issu de la bonne bourgeoisie émergente et n’oublie pas ses racines. Pire, il n’aime pas la haute société et la noblesse et considère qu’il n’a rien à y faire. Il vit en quasi-reclus dans la propriété qu’il a acheté à la campagne et ses séquelles de la guerre sont psychologiques. Le pauvre chéri se débat comme il le peut avec ses fantômes et est fermement décidé à aller de l’avant, à ne plus inquiéter sa famille qu'il adore et à se marier, pour lancer sa sœur dans la bonne société et donner un héritier à la fortune familiale (acquise donc dans le commerce, oh so shocking)… Je veux bien le consoler, anytime !
  • J’ai aimé Gwen, l’héroïne. Une veuve, plus très jeune, fermement décidée à ne jamais se remarier après une première expérience qui, sans être malheureuse, n’a pas été spécialement réussie. Une lady, certes sans préjugés mais avec une conscience aigue de sa place dans la société et des barrières qui peuvent se dresser entre les différentes classes. Et une lady qui sait ce qu’elle veut et n’en devient pas pour autant une virago. Une lady qui sait parfois oublier ses bonnes manières pour faire un pas en direction de son héros, et après tout, c’est bien tout ce qui compte.
  • J’ai aimé que leur rencontre soit pleine d’idées reçues l’un sur l’autre et que, étrangement, au lieu de les éloigner, cet antagonisme initial les poussent à être d’autant plus honnêtes l’un envers l’autre et à apprécier les efforts que cela implique.
  • J’ai aimé que Hugo se lance à la conquête de Gwen, non pas comme une lady s’attend à être courtisée mais à sa manière bien particulière, un mélange de franchise brutale, de tendresse instinctive et de maladresse sociale, et qu’il ne se décourage pas au premier signe de difficulté.
  • J’ai aimé que la différence de classe en ces deux-là soit prise en compte, considérée, remise en cause et affrontée, qu’ils ne prétendent pas qu’elle n’existe pas ou que l’intégration de l’un au monde de l’autre et vice et versa sera facile.
  • Enfin, j’ai aimé la manière dont chacun fait ressortir le meilleur de l’autre et la tendresse qu’ils se manifestent, celle qui fait oublier tous les défauts qui peuvent embarrasser l’histoire.

En un mot, et malgré tout, j’ai bien aimé The Proposal et s'il croise votre chemin, vous passerez j’espère un bon moment ! 

  
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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10 août 2012

The Wild Marquis

Puisque la semaine dernière je vous disais que je n’avais pas le temps d’écrire, cette semaine j’ai fait un effort pour me poser 5 minutes et écrire. Mine de rien, plus de deux ans qu’avec Tam-Tam nous nous tenons à cette discipline d’au moins un article par semaine chacune, cela en fait des pages et des pages écrites !

Et si au début, certaines personnes trouvaient que nos articles étaient d’une longueur démesurée, je réalise aujourd’hui que cette longueur a été sérieusement rallongée !

De 10 things I love about you à Passions captives, nous avons multiplié par 5 la longueur du texte. Alors, bien sur, Passions captives détient le record toutes catégories, mais je n’en ai pas moins l’impression de vous spolier lorsque j’écris moins d’une page.

Cette limite, Tam-Tam m’affirme qu’elle est purement symbolique. Comme si le monde allait s’arrêter si le blog était en pause ou si nous changions quelque chose à sa routine. A votre avis, est-ce si important, la régularité des publications ? La longueur des articles ?

Ou s’agit-il simplement de mes névroses personnelles ?

Quoiqu’il en soit, cette semaine, j’ai fait un effort et je me suis posée 5 minutes (et même un peu plus) pour vous écrire un article sur The Wild Marquis de Miranda Neville.

Je vous ai déjà parlé de Miranda avec Confessions from an arranged marriage que j’avais beaucoup aimé. Et qui était le tome 4 d’une série. Histoire de ne pas perdre le nord et puisque, sous l’influence néfaste des copines de lecture, je lis de moins en moins les séries en entier ou dans l’ordre, il s'agit du tome 1 de cette même série, The Burgundy Club !

Ici, tout commence avec un meurtre. Celui de Joseph Merton, libraire spécialisé dans les livres anciens. Mais pourquoi ? Le lecteur sera laissé dans l’ombre une bonne partie du roman. Pourtant, il ne s’agit pas d’une enquête policière, le meurtre de Joseph est mis sur le compte d’un voleur sans scrupule et classé sans suites, laissant sa veuve en situation délicate et sa boutique en péril.

De son coté, Cain est, comme le titre ne l’indique pas (j’aime ces titres mystérieux), un marquis. Non seulement wild, mais surtout avec une très très mauvaise réputation. Jeté hors de la maison familiale à l’âge canonique de 16 ans par un père que toute la bonne société considérait comme un saint, Cain a vécu dans un bordel, puis chez ses maitresses respectives, avant d’accéder au titre, plusieurs années plus tard (malgré tous ses efforts, son père n’a pas réussi à le déshériter, c’est là que l’on voit que Mrs Neville a bien fait ses recherches en matière juridique, il est extrêmement difficile de déshériter ses enfants, contrairement à ce que la plupart des romances voudraient vous faire croire). Cain hérite donc du titre à la mort de son père mais ne s’en trouve pas mieux accepté par la société pour autant, sa propre mère refusant de poser les yeux sur lui et empêchant qu’il ait le moindre contact avec sa sœur. Des années de débauche, réelle ou supposée, ont laissé sa réputation en lambeaux.

Lorsque Cain se retrouve par le plus grand des hasards, dans une salle d’enchères où il n’aurait jamais du se trouver, devant un ouvrage rarissime, un nouveau mystère s’installe. Car le livre d’Heures du duc de Bourgogne (toute référence aux Très riches Heures du duc de Berry n’est absolument pas fortuite) a été gardé au secret depuis des décennies et ne devrait pas se trouver là. Cain en sait quelque chose puisqu’il s’agissait du joyau de la collection paternelle. Alors pourquoi l’ouvrage est-il vendu pour payer les dettes d’un collectionneur notoire (qui, accessoirement, ne fait pas partie de la famille) ?

Et cette première question en entraine une autre : s’il parvient à ramener les Heures de Bourgogne à ses propriétaires initiaux, sa famille ne serait-elle pas plus encline à l’accueillir de nouveau en son sein ? Il me semble bien évident que d’offrir un livre à sa mère est le meilleur moyen de revenir dans ses bonnes grâces et d’obtenir qu’elle le laisse voir sa petite sœur, non ? Après, je peux me tromper, je fais partie de ces personnes qui pensent qu’un livre est toujours une bonne idée…

Mais on ne s’improvise pas expert en livres anciens, et il faut une certaine habitude pour naviguer les eaux troubles des salles des ventes, surtout lorsque ladite vente s’étale sur plusieurs semaines et que des milliers de livres seront mis à l’enchère. Cain, vite dépassé, se tourne vers J.C. Merton, marchand de livres anciens, pour le guider jusqu’au point culminant, la vente des Heures de Bourgogne.

J.C. Merton qui n’est donc pas Joseph Merton, malheureux assassiné en début de livre, mais sa veuve, Juliana. Juliana qui a bien du mal à joindre les deux bouts, bien qu’elle soit tout aussi, si ce n’est plus, compétente que ne l’était Joseph. Cain et Juliana enfin réunis, je vous laisse lire le livre pour découvrir la réponse à tous ces mystères et apprécier tout le talent de Miranda Neville !

J’ai retrouvé dans ce livre tout ce que j’avais aimé dans Confessions from an arranged marriage : des personnages qui révèlent leur personnalité tout en douceur, qui sont bien plus complexes qu’il n’y parait au premier abord. Une auteur qui a bien fait ses travaux de recherche et qui nous présente une vision de la société anglaise dépassant les salons dorés de l’aristocratie, à la manière de Courtney Milan. La relation entre Cain et Juliana n’est pas simple, et la différence de classe sociale entre eux n’est jamais traitée à la légère. Le poids des obligations familiales de Cain, les conséquences de ses erreurs passées ne sont pas ignorées et il n’est pas simple d’être une femme dans un monde d’hommes…

En un mot comme en cent, The Wild Marquis est une excellente romance régence, et à l’instant où j’écris ces mots, je me remémore le plaisir que j’ai eu à le lire et je me dis qu’il serait peut-être dommage de passer à coté des tomes 2 et 3…

Lira, lira pas… Un avis sur la question ?
  
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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31 mai 2012

Confessions from an arranged marriage


Ce n’est plus un secret pour personne, j’aime les mariages arrangés. Et je les aime encore davantage quand ils correspondent à une réalité historique (comprendre, les mariages arrangés à New-York en 2010, le coup de la vierge sacrifiée pour sauver la fortune familiale, typique des Harlequin 80’s, ou autre ressort de l’histoire du même acabit, avec comme exemple majeur le mythique Jordan Hayes – si vous ne savez pas encore qui est JH il est urgent de remédier à cette lacune – résultat crédibilité moyenne et quotient sympathie pour les héros encore plus moyen !).

Le dernier livre que j’ai lu, Confessions from an arranged marriage de Miranda Neville ne trompe pas sur la marchandise. C’est un mariage arrangé, le titre le dit ! Et c’est d’ailleurs sur la seule base de ce titre que j’ai choisi le livre. Je ne connaissais pas l’auteur, mais soyons fous (en ce moment j’ai l’impression de dire ça dans chacun de mes articles…). Quelques recherches plus tard, le pari ne me semblait que moyennement risqué et grâce à Isidore, il ne fallait que quelques minutes pour me lancer.

Ici, tout commence quand Miss Minerva Montrose est prise d’une migraine, le soir de son bal des débutantes. Car, qui dit migraine, dit nécessité de s’éclipser discrètement pour se reposer quelques minutes, dans la bibliothèque de la maison. Maison qui n’est pas la sienne mais celle de sa « sponsor » pour la soirée, la Duchesse de Hampton. 

Tout commence quand le marquis de Blakeney, héritier du Duc de Hampton, croise dans les salons de ce même bal, un ancien camarade de classe dont la seule présence lui donne envie de boire plus que de raison. Beaucoup beaucoup plus que de raison. 

Et tout commence quand, sur un malentendu, le Marquis de Blakeney confond Miss Minerva Montrose avec une autre femme, à la vertu et à la réputation bien légère. Ce qui, vu son état d’ébriété avancé, a pour conséquence une situation… pour le moins… embarrassante… genre même moi j’aurais été embarrassée, c’est vous dire ! 

Et dans l’Angleterre de la régence, qui dit situation embarrassante, dit réputation écornée, dit nécessité d’un mariage arrangé pour « réparer ». 

Nous avons donc un mariage arrangé qui débute sous de bien mauvais auspices, Minerva et Blake n’étant pas à proprement parlé des inconnus l’un pour l’autre, mais plutôt des connaissances moins que cordiales… Blake pense que Minerva est une pimbêche prétentieuse et ambitieuse, Minera pense que Blake est un paresseux borderline stupide. Autant dire, un début parfait pour un mariage harmonieux ! 

Et laissez-moi vous dire que, dès les premières pages, l’auteur ne ménage pas ses personnages. J’ai réellement cru Blake indolent, sans aucune considération pour ses proches, Minerva terriblement sûre d’elle pour une jeune fille de 19 ans… Résumons, je ne les ai pas trouvé sympathiques du tout ! Probablement de la même manière qu’eux ne se trouvaient pas mutuellement sympathiques… 

J’ai donc lu les premiers chapitres, jusqu’au mariage, avec une certaine inquiétude. N’allais-je pas lire une énième histoire où l’on nous expliquerait que, de la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas et que celui-ci peut être franchi plus vite que l’éclair par la magie d’un bon lit (ou canapé, ou rebord de fenêtre, ou bureau, ou siège de fiacre, ou vraiment, ce que vous voulez, il n’y a que l’embarras du choix !) ? Ce ressort, usé et abusé par trop d’auteurs en mal d’inspiration, est rarement crédible à mes yeux, et je sais que je ne suis pas là seule à le penser ! 

Mais finalement non. Confessions from an arranged marriage est un bon livre. Un très bon livre même ! Miranda Neville mène intelligemment son histoire, la plaçant dans un contexte politique riche (Minerva est passionnée, et Miranda a bien fait ses recherches, la mise en place est plus que crédible…), ses personnages se développent tout doucement, au fil du temps. 

J’ai aimé le personnage de Minerva, très terre-à-terre et passionnée par les jeux du pouvoir (activité hautement inacceptable pour une femme à l’époque et problématique bien gérée), j’ai aimé l’évolution de Blake, qui n’est (en bon héros de romance qui se respecte) pas aussi simple que les apparences pourraient le laisser penser. J’ai aimé que le temps s’écoule dans cette histoire, laissant le temps aux choses de murir, j’ai aimé que, en dépit des écueils, aucun ne reste campé sur ses idées préconçues de l’autre. J’ai aimé que Blake appelle Minerva Minnie, ce qui ne colle pas du tout avec l’image de femme respectable que celle-ci cherche à renvoyer. J’ai aimé que la différence entre leur intérêts propres donne lieu à quelques conversations d’un ennui profond (enfin ennui pour eux hein, pas pour nous, l’auteur n’aurait pas osé nous faire un coup pareil !). Oui, ça peut paraitre ridicule dit comme ça, mais cela permet de voir les choses de façon plus réaliste… 

J’ai aimé retrouver une régence intelligemment écrite, avec des personnages complexes, une histoire tendre et un peu d’humour pour saupoudrer le tout ! 

Et j’aime encore plus pouvoir vous recommander ce livre et vous souhaiter pour cette semaine, une bonne lecture ! 


Chi-Chi

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7 mai 2012

The summer of you

La romance, c'est la confiture sur la tartine du matin, le caramel dans le Mars, la praline dans la brioche, le fromage fondant sur la pizza, le glaçage sur le gâteau d'anniversaire, la guimauve dans le nounours… La romance, c’est ce que les pâtissiers mettent dans le chocolat Lindt pour le rendre assez puissant pour combattre un monde de brutes. J'ai donc droit à mes deux carreaux par jour, sans culpabilité aucune!

Mais aujourd’hui, je couine, je me lamente, je pleurniche, je piaille et je tempête parce que le mars que j’ai mangé (comprendre le livre que j’ai lu) était un Snickers.

J’aime les Snickers, mais je voulais un Mars.

Avant d’avoir perdu tout à fait les 4 lecteurs qu’il me reste, je vais vous expliquer.

Il y a peu, je découvrais Kate Noble et son "Follow my lead". Rapport au fait qu’il était question de l’appétissant Jason, j’avais lu le livre avec plaisir (malgré un retour acide portant le nom de Sarah). Enfin, considérant que l’ami Jason avait une sœur qui m’avait fait mourir de rire, j’étais prête à risquer l’indigestion chocolatée et me suis presque immédiatement plongée dans "The summer of you".

Vous l’avez donc compris, une fois encore, j’ai abordé une série dans le désordre le plus total, mais ce n’est pas de ma faute, c’est parce que je n’envisage plus le temps comme  "a non linear, non subjective viewpoint, but more like a big ball of wibbly-wobbly, timey-wimey… stuff" (en français : une simple progression de cause à effet, mais en vérité d'un point de vue non-linéaire, d'un point de vue non-subjectif, c'est plutôt une sorte d'énorme boule où le temps s'enchevêtre, dans un méli-mélo très complexe). Mais je m’égare à nouveau…

Donc, maintenant que je me suis bien justifiée d'avoir lu cette série dans l’anarchie la plus totale, et que vous ne savez toujours pas pourquoi ce livre est un Snickers et pas un Mars, si j’en revenais à mon propos au lieu de me disperser ? Hein ?

J’ai donc ouvert l’histoire de Jane en me disant que cette jeune femme pleine d’esprit et à l’humour épistolaire n’était pas sans me rappeler JQ dans ses plus beaux moments, et bah non, dans son histoire à elle, c’est une pauvre petite chose au bout du rouleau.

Comprenez moi bien, elle a toutes les raisons du monde d’être épuisée. Sa mère est morte, son père commence à sucrer les fraises et brother dearest, Jason, est AWOL, envolé, porté disparu des clubs select de Londres où il se la coule douce pendant que Jane gère tout son monde qui lui file entre les doigts.
Du coup pour l'humour et les répliques ironiques, je pouvais repasser en fait.

Au début de notre histoire, Jane a décidé que trop, c’était trop. La voilà qui débarque à Londres avec toute la maisonnée dans son sillage. Mais Jason craint pour la réputation de la famille (un père qui perd la boule peut avoir cet effet) et c’est toute la famille (Jason inclus) qui quitte ses quartiers londoniens pour rejoindre Merrymere, le domaine où la famille passait ses étés dans leur enfance.

Dès lors, Jane est persuadée qu’elle va passer un été horrible entre les souvenirs, l’absence de son frère et les potins du village. Mais c’est sans compter sur le nouvel habitant du cottage au bord du lac, Byrne Worth.

Byrne a cette aura de l’homme blessé que j'affectionne. Héros de guerre, il en est revenu avec une canne, un caractère d’ermite acariâtre et un gout prononcé pour la solitude. Appelez cela le charisme Dr. House, mais c’est exactement le genre de héros qui me fait swooner à la lune d’ordinaire (surtout lorsque ma dernière relecture audio n’est autre que When the beauty tamed the beast). 

En plus, Byrne ne s’arrête pas aux apparences, il est attiré par la Jane secrète, que personne ne semble voir par-delà les sourires et la bonne humeur; la Jane blessée et fatiguée par ce personnage publique que son éducation la pousse à être en toutes circonstances.

Lui-même pourvu de quelques blessures, ils vont en présence l’un de l’autre pouvoir être enfin libérés du poids qui pèse sur leurs épaules respectives. Une histoire de voleur des grands chemins va les aider à se rapprocher, la torpeur de l'été fera le reste...

Toutefois (oui, parce que sinon cette histoire serait un succulent Mars), ils se rapprochent tellement lentement que j’ai eu le temps de faire ma lessive de la main gauche, de réorganiser ma bibliothèque de la main droite, de deviser avec Chi-Chi sur la traduction la plus appropriée des mots kirtle et codpiece ET d’être perdue 1000 fois dans les détails annexes. A tel point que j’ai eu tout le loisir de grincer des dents (quelques spoilers à suivre) :
  • détail numéro 1 : Jason n’est qu’un sale égoïste pourri gâté et, très honnêtement, si j’avais lu ce tome avant "Follow my lead", jamais je n’aurais eu envie de découvrir l’histoire de Jason.
  • détail numéro 2 : Jane n'est pas drôle. Même lorsqu'elle fait bonne figure. Même en réfléchissant bien. Entre elle et son frère, c'est lassitude et technique de l'autruche. Une relation finalement très normale, mais qui va contredire ce qu'on en découvre par la suite. Incohérence quand tu nous tiens...
  • détail numéro 3 : Voir Jane se baigner toute nue dans un lac. Même au beau milieu de la nuit alors que la maisonnée ne dort pas encore… Pas. Crédible. Du. Tout.
  • détail numéro 4 : Se baigner dans un lac toute nue au début du mois de septembre dans le nord de l’Angleterre !!!!!!!!! (bon, je sais, il y a des warriors, mais statistiquement, une lady bien comme il faut n’en fait sans doute pas partie)

Je m’arrête à 4, pour ne pas vous dégouter d’une histoire qui est tout de même un bon Snickers. Un démarrage lent, une histoire qui prend son temps, et une princesse qui voulait un Mars : de l’humour et du sweet… 

Un Mars et ça repars non?


Bonne lecture,
Tam-Tam
  
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