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23 août 2013

Top 10 des acrobaties inoubliables

Allez, il est temps de penser à la rentrée des blogs ! (avec une photo de Fabio en maillot de bain, parce que c'est bien de circonstances, j'ai décidé)

T. a récupéré l’internet dans son nouveau château où elle fait pousser des pamplemousses, je suis revenue à la civilisation (en attendant d’en repartir bientôt), et on vous prépare quelques changements pour le mois de septembre…

Mais en attendant, il était temps de revenir sur le travail que nous avions fait ensemble lors de mon séjour fort fort lointain au printemps

A savoir, notre top 10 des scènes sexys qui ont marqué notre adolescence de jeunes princesses en fleur, fait toute une éducation et laissé des souvenirs impérissables. Potentiel sexy qui ne survit pas toujours à la relecture, mais qu’importe ! Et je parle des scènes que l’on trouve dans la romance classique, et non pas dans l’erotica en tout genre, vous pensez bien que ce serait trop facile sinon.

Là où vous allez bien rire c’est que ce sois moi, maitresse de l’étiquette et notoirement connue pour être une grande prude, qui sois obligée de relever le défi d’écrire cet article sans déroger à mes règles de bienséance. Préparez-vous, cela risque de ne pas être triste…

La première, la plus importante, la meilleure, celle qui nous vient tout de suite à l'esprit, c’est toujours la scène entre Derek et Sarah dans La loterie de l’amour. Si vous avez lu ce livre quand vous aviez 15 ans (comme T. et moi donc), vous saurez de quoi je parle. Si vous le découvrez aujourd’hui, post Fifty shades et compagnie, vous ne sourcillerez même pas… Mais à l’époque, la jeune demoiselle innocente qui découvre que si, même si elle refuse de se retourner pour donner accès à son tendre époux, il est possible de faire des choses, cela m’avait appris plein de choses sur la vie et les abeilles et les fleurs. (quand je vous disais que vous alliez rigoler)

Number 2. Un autre de mes grands souvenirs, pas forcément le plus sexy mais le plus improbable, c’est une magnifique scène sur un cheval au galop, dans Une mélodie de velours de Jude Deveraux. Une gymnastique complétement dingue, et même sans avoir testé, je ne comprends pas que ce soit techniquement possible ! Inoubliable…

Number 3, dans Mister Perfect de Linda Howard. Jayne au téléphone avec sa sœur découvre qu’il est possible d’être assez facilement distraite. Quand à la sœur de Jayne, elle serait aujourd’hui encore prête à lâcher son mari si jamais notre héros très doué de partout avait un frère du même calibre. Et moi aussi. Je dis ça, je ne dis rien.

Number 4, la nuit de noces de Jasper et Melissande dans Séduire un séducteur d’Elizabeth Hoyt. Une nuit de noce où le héros n’est pas du tout à la hauteur. Vous comprenez, la première fois ça fait mal alors il faut en finir le plus vite possible. Au grand dépit de l’héroine qui n’est pas vierge et trouve que son mari manque de finesse. Ok, elle n’a rien de sexy cette scène en fait. C’est la scène dans le presbytère dans Puritaine et Catin (de la même auteur) qui est sexy. Mais la nuit de noces m’a marqué davantage. J’étais plus vieille, c’est surement pour ça !

Number 5, je fais une confiance aveugle à T. puisque je n’ai pas lu (et ne lirai jamais) la saga des Enfants de la terre de Jean M. Auel. Mais si j’en crois les rougissements de ma comparse, les premiers rites entre Ayla et Jondalar (dans le tome 2 de la saga) sont à la hauteur pour figurer dans ce top !

Number 6, une bataille de tartes dans un Julie Garwood… Un mari féroce si ma mémoire ne me fait pas défaut. Je sais, cela n’a rien de sexy, dit comme ça. Mais une fois de plus, imaginez la fraiche petite princesse que j’étais, découvrant que l’on pouvait faire des choses sur la table du diner, après une bataille de dessert et en faisant un usage très créatif (encore que salissant) des fruits confits… Usage alimentaire créatif que l’on retrouve aussi chez Lisa Kleypas, Sous l’emprise du désir.

Number 7, dans Unclaimed de Courtney Milan. Croyez moi sur parole quand je vous dit que ce n’est pas parce que le héros est vierge qu’il ne sait pas se servir de ses atouts correctement!

Number 8, dans Son of the morning de Linda Howard, il y aurait une mythique scène dans un escalier. Moins créatif que d’autres mais très représentatif de l’état d’urgence dans lequel peut vous mettre un héros howardien…

Numer 9, dans une cabine d’essayage, pour Vane et Bride dans Jeux nocturnes de Sherrilyn Kennyon. Certes, de nuit, donc dans un magasin fermé et déserté. Ce qui n’enlève rien au potentiel sexy de la scène.

Number 10. Pour finir en beauté… Dans la série des Royal four de Celeste Bradley, il se passe un truc absolument magique. Le héros est tellement bien monté qu’il a du mal a trouver des partenaires accommodantes. Et ce n’est pas une image. Heureusement, notre héroïne pleine de ressources s’adresse à la tenancière d’un bordel pour lui demander les instruments nécessaires pour… Comment expliquer cela de manière délicate ? agrandir le passage ? Voila voila… Elle se retrouve avec une petite mallette et tout le nécessaire pour progressivement se mettre en condition. Je vous laisse imaginer mon effarement de trouver des choses pareilles dans une romance régence tout ce qu’il y a de plus comme il faut !

Voila pour cette liste non exhaustive bien évidemment, il y en avait encore bien d’autres…
Dans Liaisons inconvenantes d’Elizabeth Hoyt, dans presque tous les Eloisa James, dans certains Sarah Mayberry, notamment Her best worst mistake, dans les Jayne Ann Krentz, dans la saga Fever de Karen Marie Moning, dans Chercheuse d’or de Maggie Osborne, dans Une femme dans la tourmente de Nora Roberts, etc.

A votre tour de partager avec nous la scène la plus mémorable (en bien ou en mal), que vous ayez jamais rencontré !
 
  
Bonne journée,
Chi-Chi
 
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5 août 2013

Ahoy captain !


Troisième année consécutive que je vous dévoile en cours d’été ma saga, aucune surprise donc. D’autant que certain(e)s d’entre vous auront retenu mes allusions plus, et surtout moins subtiles au thème qui va nous occuper ces prochaines semaines :

Le pirate de la romance

Ce thème est venu à moi, à l’insu de mon plein gré, alors que j’écoutais une chanson. J’ai alors réalisé que le pirate en romance est un thème vendeur. Le côté bad boy, l’élément liquide, le teint buriné par le vent, les cheveux aux pointes blondies par le soleil, vous ajoutez à cela l’aventure, le coté voyageur… le capital sexytude est bien là.

Il n'y a qu'à voir les trois pirates ci-dessus... Le premier est tiré du film "L'île aux pirates", et cette mèche blonde et ce sourire canaille ne sont pas sans un certain charme! Je ne devrais même pas à avoir à présenter le second, qui n'est autre que le formidablement romantique "Dread Pirate Roberts" du film "Princess Bride". Quant au troisième, il s'agit de Hook, dans sa version "Once Upon A Time" - et pas Dustin Hoffman, qui bien que formidable dans le film éponyme, irradie moins de virilité que celui-là!

Cela n’a rien de grave, mais nos cerveaux rationnels de princesses ne peuvent que réaliser que "pirate" est de ces occupations que seule la romance peut nous vendre. Au même titre que voleur.

En effet, prenons le portrait robot d’un pirate (j’ai pour cela eu recours à un procédé honteux qui s’appelle le chantage, et j’ai échangé une séance de "plouf" avec les mini-princesses contre un portrait détaillé du pirate tel qu’ils (son altesse le dauphin était là lui aussi) le voient :

Sale, avec une jambe de bois, des dents noires et jaunes et des trous (l’hygiène buco-dentaires des munchkins est parfaite), un crochet à la place de la main (monsieur le dauphin aurait-il regardé Peter Pan ?), un perroquet sur l’épaule, un œil en moins et un bandeau avec une tête de mort sur le trou (dit avec l’œil frétillant de l’enfant qui trouve ça cool… J’adore!), des puces (décidément, le pirate ne se lave pas)… Ont aussi été mentionné des verrues, des "coutures" (comprendre des cicatrices), des chaussettes à rayures, une barbe ou des moustaches (tout dépend du munchkin interrogé), et du poil dans les oreilles (oui, je flaire un traumatisme là).

J’ai ensuite cherché à savoir quelles étaient, selon le trio munchkinien, les activités principales du pirate :

Il vole les gens. Il brule les bâteaux des gens, il fait du canon (j’imagine sur les gens), il se bat avec une épée et il boit de l’alcool qui pue.

J’aime l’esprit synthétique du munchkin. 

A présent passons au portrait-robot du pirate de romance:

Il est grand, il est beau, et pour une fois, il sent vraiment bon le sable chaud! (étant donné le temps qu’il passe au soleil des tropiques et sur les îles aux trésors paradisiaques, ce n’est pas trop dur). 
Il est charmeur, il est viril et un leader né. Il peut avoir des marques sur le corps, mention de sa bravoure au combat, mais rien d’aussi drastique qu’un crochet (qui pour les caresses n’est pas très pratique vous admettrez). Il est un peu canaille, profondément aventurier et il est mystérieux.
Le pirate glamour, c’est un peu le mec bien qui a viré bad boy et a tout quitté pour l’aventure. Quand il vous sourit, il vous promet des voyages jusqu’au bout du soleil couchant, et des nuits d’amour au bord de la lagune…

On est d’accord. Ce mec est un fantasme sur pattes. Et force est de constater qu’une fois encore la romance s’est un tantinet éloigné d’une réalité qui devait clairement être plus proche de la description munchkinienne, même si cette dernière n’inclus pas les carnages, agressions et autres actes de cruauté dont étaient plus que capable ces vils baroudeurs des mers (mais en un sens, ça m’arrange que leur innocence ait passé sous silence ce versant du portrait).

Quoiqu’il en soit, le pirate de romance a beau être sexy a souhait, vous vous demandez sans doute comment j’en suis arrivé à me dire :
Tiens, si je passais des semaines à me renseigner sur les pirates en tout genre dans la romance ?

Et bien, tout a commencé par une chanson. Oui, une chanson que je vous invite à écouter et qui en plus de vous dévoiler un détail de mon casier judiciaire de princesse, raconte une bien jolie histoire.



Pour résumer (pour les sales feignasses qui n’auraient pas tout écouté, niark niark). Une jeune fille se voit promise à 15 ans et plutôt que obtempérer elle décide de "se laisser prendre par la mer" (comme dirait un certain poète français) et sous les trait d’un garçon se fait enrôler en tant que mousse sur un bâteau. C’était sans savoir que le capitaine du-dit navire n’était autre que son fiancé… Pendant 7 ans ils voyagent sans se reconnaître et au retour, se tombent dans les bras l’un de l’autre. Happy end, envolée de poissons volant, et arc-en-ciel made in le roi Triton.

Alors que j’écoutais la chanson pour la 14ème fois, et alors que je réalisais que l’histoire était un parfait synopsis de romance pirate, je me suis interrogée sur les éléments qui font que soudainement la romance pirate est formidable et inoubliable.

Comme à mon habitude, j’ai cherché dans tous les genres et toutes les époques, mais hormis notre amie Julie James qui nous a régalé d’un pirate informatique, je n’ai pu que constater que le pirate est un héros typique de la romance historique.

Très à la mode il y a une quinzaine d’années, il est quelque peu tombé dans l’oubli (tout relatif) et peuple moins les étagères que les highlanders. Mais comptez sur moi cet été pour vous faire découvrir du pirate à la pelle. Et histoire de bien vous appâter, sachez que le programme comprend, des auteurs telles que Johanna Lindsey, Mireille, Calmel, Julie Garwood, Teresa Medeiros ou encore Shirlee Busbee!

 
Bon lundi,
Tam-Tam
 
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12 juillet 2013

Jet, enfin!!!

Comme quoi, il suffisait de demander! Voyez-vous, La Petite Lady devait nous écrire un article, c'est chose faite, et elle est en forme!

(Juste, pardon les gars mais c'est QUOI cette couverture trop moche d'un type qui fait peur là? C'est supposé me faire rêver?? Raté... pas vous?) Enfin bon, passons, on sait déjà que la couverture de romance est un art mystérieux que personne ne maitrise et que ce n'est certainement pas ça qui va me faire acheter un livre! (surtout vu le regard halluciné du jeune homme qui me fixe, vaguement vitreux. Je ne veux pas savoir ce qu'il a pris pour ressembler à ça!)

Enfin bon, c'est les vacances (c'est l'été en tout cas), installez-vous confortablement, prenez un verre bien frais, et venez lire son (long) article à pleurer de rire avec de la science de la romance dedans... 

Chi-Chi

Bonjour, je prendrais bien un Jet (27).

Si jamais je n’avais pas peur du courroux de Chi-Chi, je pense que je m’arrêterai là parce qu’en soit ça résume bien mon sentiment général post-lecture.

Hihihi #paillettes #groupie #lovetatooboys
(non je ne suis pas sur Tweeter mais je gazouille quand même si je veux !)

Mais j’ai bien trop de respect pour Chi-Chi pour lui infliger cet affront, d’autant qu’elle attend relativement patiemment (le fait que je sois en Outre-Mer aide peut-être) cet article depuis une semaine (note de Chi-Chi: UNE SEMAINE??!!! Dis plutôt un mois!). A ma décharge, je dirais que j’ai voulu faire les choses bien: j’ai relu le livre plusieurs fois afin d’en faire la critique la plus juste et la plus fidèle (et récolter quelques citations sympathiques pour agrémenter le tout).

Tout d’abord, braves gens, damoiselles et damoiseaux (rayez la mention inutile), laissez-moi vous faire une confession: je suis une novice totale en matière de romance, mes lectures de prédilections étant plutôt dans le thème polar/héroiquo-fantastique avec histoire d’amour en arrière-plan. J’ai bien lu quelques romances dites classiques (Marc Darcy si tu m’entends), mais avec Rule, je lisais ma première romance directement approuvée/conseillée/validée par les princesses. Fraichement armée d’un Kindle (avec lequel je vous annonce mes fiançailles sous peu, on passe notre vie ensemble faut dire), j’ai décidé de me laisser tenter par Rule (petit prix mais maxi plaisir). Ayant beaucoup aimé Rule, j’ai décidé de continuer sur ma lancée avec Jet.

FAUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUX, pour éviter de mettre Kholer en colère (comment ça elle n’est pas inédite cette blague !?)

Je dois vous avouer: Rule n’était pas ma première romance. Chi-Chi m’avait prêté il y a quelques années le premier tome de la Confrérie de la Dague Noir un jour que je lui vantais en long en large et en travers les mérites de Damon et autres vampires de série (je précise que c'est une des rares fois où j'ai prêté quelque chose que je n'avais pas aimé, mais je n'avais rien d'autre sous la main - C.). J’ai donc lu L’amant Ténébreux et en français s’il vous plait... Je trhemble enchore devant le thalck pour bhébhé, c’est vous dire.
NB: désolée pour les fans de J.R. Ward et pour celles qui ne comprennent pas la blague, mais la confrérie et moi on a clairement pas accroché.

Bref, tout ça pour dire que j’ai lu Jet. (Format ebook / anglais facile) et que je le conseillerai à toutes celles qui ont aimé Rule. Nul besoin d’avoir lu Rule pour lire et comprendre Jet, mais c’est tout bonus pour mieux y apprécier l’histoire sachant que ça se passe après.

Basiquement, c’est un peu le même schéma que Rule et Shaw (le bad-boy et la perfect girl): vous prenez un beau tatoué aux pantalons hyper-slim qui fait de la musique, une belle fille intelligente avec bottes de cow-boys au passé un peu mystérieux qui veut toujours être maitresse de son destin, vous rajoutez des parents totalement honteux qui vous font perdre foi en l’Amour, un frère beau en faire damner un saint voire des seins (jeu de mot honteux mais totalement adapté selon le contexte). Vous saupoudrez le tout d’une attraction physique tellement palpable que nos deux protagonistes sont bien les derniers à se rendre compte qu’ils veulent être
naked together” (ce n’est pas moi qui le dit, c’est Ruuuule). Vous rajoutez des bagues et un drame avec un grand D et hop ça fait une Love Story.

Globalement Ayden m’a un peu saoulé mais heureusement Jet était là pour relever le niveau  Donc je plussoie l’alternance des points de vue!

Ce que j’avais envie de dire à Ayden pour la secouer et la sortir de sa torpeur:
  • Quand Ayden dit “There were too many boys for too many bad reasons” a.k.a “J’ai honte de mon passé parce que j’ai fait pleins de galipettes pour de mauvaises raisons, mais surtout pour aider mon frère en fait”, et qu’elle pense que ça justifie le fait qu’elle doive s’éloigner de Jet. Alloooooo, tu parles de JET, le mec qui a enchainé les conquêtes d’un soir pendant des années ...Qui est-t-il pour te juger là-dessus non mais sérieusement !!! T’es un peu crétine de croire que ça va changer quoi que ce soit, ça va peut-être lui éviter de croire que tu es une petite fleur innocente (cf. la suite), ce qui t’énerve.
  • Quand Ayden a ses pseudo-crises de culpabilités à base de "bouhou si mes amis savaient qui j’étais avant, ils me mépriseraient, bouhou il faut donc que je continue à leur mentir". Allooooo mais apprends ce que ça veut dire le mot AMI. Et puis tu ne parles pas de Mr et Mme Parfaitsoustouteslescoutures, tu parles quand même d’un groupe de hard rock, de tatoueurs professionnels avec un passé... Alors si eux te tournent le dos quand ce ne sont clairement pas des enfants de cœur, ça sera PAS pour ton passé.
  • Et je m’arrêterai là pour éviter les spoilers... mais je peux vous dire que j’ai eu de nombreuses fois un monologue avec Ayden pour qu’elle arrête de se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Non Ayden, tu n ‘est pas indigne de l’amour des gens et ce n’est pas parce que tu n’as pas été un ange dans ton adolescence que toute ta vie les gens vont te tourner le dos!
Jet, Jet, je n’ai pas grand-chose à te dire... Tu es un personnage attachant, assez cohérent de bout en bout et cela malgré des parents complétement indignes !

Puisque ce sont bientôt les résultats du bac de Français (enfin ça l'était quand l'article a été écrit la semaine dernière - C.), je me propose de vous démontrer par a+b pourquoi lire des romances est bénéfique pour la culture stylistique et des champs sémantiques. Cela peut toujours servir si vous arrivez à bout d’argument sur les bienfaits de la lecture de romance... Mais je doute que vous y arrivez un jour.


DE L’ART DES FIGURES DE STYLE AVEC JAY CROWNOVER:

"He tasted like whiskey and the sweetest kind of temptation there was."
Il avait le goût du whiskey et de la plus douce des tentations qu’il puisse exister.
"She tasted like wine and invitation."
Elle sentait le vin et le parfum enivrant d’une invitation. (Et c’est comme ça que les drames traductionnels commencent)

Ceci sont de magnifiques zeugmas : le zeugma est une figure de style qui consiste à lier syntaxiquement deux termes à un verbe (ou adjectif). Ces deux termes sont quant à eux incompatibles et entretiennent un rapport différent avec le dit terme-lien.

Application : poésie réussie avec Jay Crownover.
Grand manitou du genre : feu Pierre Desproges !

"I couldn’t forget that he thought I was just some innocent little flower who shouldn’t be touched by dirty hands."
Je ne pouvais oublier qu’il pensait que je n’étais qu’une innocente petite fleur qui ne devait pas être touchée par des mains moins innocentes.
Ceci est un parfait exemple de la très célèbre figure de style qu’est la métaphore, une figure de style qui associe quelque chose (ici Ayden) à un autre champ sémantique (ici la fleur) afin de traduire/d’illustrer une idée/un sentiment (ici quelque chose de beau, pure et naturel qui ne demande qu’à être protégé).

Quoi que je me questionne encore sur le choix du terme fleur avec l’adjectif innocente, serait-ce un oxymore ironique dissimulé pour véhiculer une toute autre idée, bien moins pure ?

Notons l'euphémisme dans ma traduction.

"This was a kiss that was filled with promise, filled with all the things that had been hot and heavy between us for so long."
C’était un baiser qui était rempli de promesses, remplies avec toutes les choses qui avaient été brulantes et étouffantes entre nous pendant si longtemps.
Ceci est une métaphore filée. La même chose qu’une métaphore mais avec encore plus de mots des champs sémantiques imagés.

On remplit rarement un baiser avec quelque chose de concret. Certes, une fois j’ai rempli ma bouche avec des pâtes, beaucoup de pâtes, vraiment beaucoup de pâtes (Lady D. peut en témoigner) mais m’est avis que personne n’aurait voulu remplir avec moi un baiser. (On ferait beaucoup de choses pour gagner un concours, même ressembler à un hamster).

"You really think I’m about to let you guys roam around this city unsupervised? The female population of Denver would never survive it."
Tu pensais vraiment que j’allais vous laisser parcourir la ville sans surveillance? La population féminine de Denver n’y survivrait jamais.
Nous avons là une hyperbole, figure de style qui met en relief une idée au moyen d’une expression exagérée. Les filles de Denver y survivraient mais leurs nuits seraient surement très occupées.

"Look, I don’t know about love but I am infatuated with him. He makes me smile just being in the same room... [18 lignes] I might be in love with him, but I can’t be."
Écoute, je ne sais pas ce qu’est l’Amour mais je suis sous le charme. Il me fait sourire juste en étant dans la même pièce [AydenesttropamoureusedeJet] Il se pourrait peut-être que je sois amoureuse de lui mais je n’ai pas le droit.
Nous avons là un bon gros mensonge de Ayden. (cf. ce que j’ai dit plus haut) et accessoirement une petite litote (bien qu’elle veuille nous faire croire le contraire) car on sait tous que dans le fond elle veut juste dire: Je suis complétement raide dingue folle amoureuse de lui et je ne peux imaginer ma vie sans lui, mais non elle se contente de dire “Il se pourrait que je sois amoureuse”.

La litote est effet une figure de style qui en dit quelque chose sous une forme atténuée pour finalement en dire plus.

Ayden nous a juste fait la version moderne du célèbre “Va, je ne te hais point”.

NB: Si on poussait plus loin l’analyse, on pourrait presque dire qu’Ayden utilise une sorte de prétérition, figure de style qui consiste à dire que l’on passe sous silence quelque chose alors que finalement on ne fait qu’en parler. Ayden veut nous faire croire qu’elle ignore tout de l’amour... Alors pourquoi nous en donne-t-elle une définition de 18 lignes ? Mais bon, je pousserai Mémé dans les orties en disant ça.

Et c’est loin d’être fini, il y a tout plein de jolies figures de styles utilisées dans la romance. (On me dit dans l’oreillette qu’il y a aussi des moins poétiques, notamment chez J.R. Ward mais ce sont les aléas du style, Hit or Miss), mais c’est tout pour le moment (Lady D. c’est pour toi  aussi).

Je dois avouer que j’aime beaucoup le zeugma et la prétérition. J’aime jouer sur les mots avec le zeugma et ne pas parler des choses tout en parlant avec la prétérition.

Et vous quelle est votre figure de style préférée avec exemple à l’appui tiré d’une romance ?

Dernier point qui m’a un peu chiffonnée... Les descriptions de Jay Crownover sont parfois un peu trop facile à base de :
  • N’importe quel garçon avec des cheveux roses comme les siens aurait l’air ridicule, mais non Rule était magnifique.
  • N’importe quel garçon portant des pantalons si slim aurait l'air ridicule, mais non Jet était SO sexy.
C’est un peu facile, moi aussi je peux le faire :
  • N’importe quelle table avec une telle nappe aurait eu l’air de mauvais goût, mais non, le jaune caca d’oie donnait à cette table un côté irrésistible!
Pour finir, je dirais que nos deux tourtereaux ont souffert non pas des situations complexes dans lesquelles ils ont été amenés à vivre (cambriolage, hospitalisation, tribunal, rupture familiale etc.), mais plutôt d’un manque de quelque chose entre eux... un truc qui commence par un grand C majuscule.

Je parle évidement de Communication !!!

J’ai vraiment l’impression qu’ils se seraient évité pas mal d’ennuis et de rebondissements si Ayden avait été plus honnête ... (ouais franchement je trouve que c’est “tout de sa faute”, mais ne vous méprenez pas hein, je l’aime bien dans le fond Ayden, elle a ce côté dure-à-cuire je-veux-régler-mes-problèmes-toute-seule  que je comprends même si souvent ça ne lui réussit pas)

Donc les ami(e)s, bien que Ursula (la vilaine pieuvre qui torture Ariel, aka moi donc - .C) nous ait dit de pas sous-estimer l’importance du langage du coooorps (ce que nos deux tourtereaux n’ont pas sous-estimé croyez-moi), il faut encore moins sous-estimer importance du langage tout court dans les romances mais dans la vie aussi... C’est la MORALE de notre histoire.

Comme quoi tout est bon à prendre dans cette romance!

A VENIR L’HISTOIRE ENTRE LA DELICIEUSE CORA ET LE NON MOINS DELICIEUX ROME (schéma inversé cette fois, youpi, la bad girl et l’ex-soldat)
#tattoenformedecoeur
  
  
La Petite Lady
 
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1 juillet 2013

Episode 3 et fin: Sans orgueil ni préjugés

Résumé des épisodes précédents : les synopsis vous mentent !
 
Que l'on cherche un livre aux allures de vieux Harlequin old school, un nerd au potentiel de sexitude sous exploité ou que l'on ai envie de se plonger dans une régence aux évocations du monde de Jane Austen... 

On nous ment (on nous spolie, et je n'appelle pas à la révolution, promis) et depuis deux semaines, en passant un peu ma frustration, je vous fais rire en vous racontant ce que je cherchais dans mes lectures et ce que j'y ai trouvé.

Le livre d'aujourd'hui est un historique, récent et français. Sans orgueil ni préjugés de Cassandra O'Donnell est le premier tome de la série des sœurs Chabrey et il nous conte l'histoire de Malcolm et Morganna.

Sans plus attendre passons au synopsis :
Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Elle préfère son indépendance et les sciences, passion qu’elle dissimule derrière une prétendue maladie, loin des regards courroucés de la bonne société. Lorsqu’elle apprend que le manuscrit de sa sœur a été refusé par un éditeur méprisant l’intellect féminin, Morgana décide d’aller confronter ce personnage cynique et détestable. Si ce dernier pense pouvoir confondre la demoiselle à coups de reparties cinglantes et de sourires enjôleurs, il ne sait pas encore à qui il a affaire…

A la lecture de ce dernier, la lectrice de romance se dit que 1) elle va avoir le droit à une romance historique pleine d'humour avec 2) un personnage féminin au caractère bien trempé et 3) un héros qui a besoin urgemment de se faire remettre à sa place. 

Une lecture dans la lignée des Lisa Kleypas, Julia Quinn et autres Eloisa James. C'est à dire une régence moderne, avec une dose suffisante d'anachronisme(s) dans le caractère des personnages pour que l'humour soit au rendez-vous...

Pour ne pas risquer une nouvelle déconvenue, j'avais même lu plein de chroniques hyper enthousiastes et loin de moi l'idée de dire que le livre est mauvais, mais il ne correspond juste pas à ce que j'attendais.

Pourquoi donc?
Parce que ce livre n'est pas aussi moderne qu'il veut se vendre. Pour étayer mon argumentation, il va me falloir faire un petit bond dans le temps, et revenir aux décennies précédentes. 

La romance, dixit Chi-Chi (qui a joué le rôle aujourd'hui de mon wikipanion perso), trouve ses premiers balbutiements chez nos amis les Grecs du 3ème et 4ème siècle, il y a donc très très longtemps (dans une galaxie très très lointaine...)(non, je m'égare), ce qui lui a bien laissé le temps d'évoluer. 

Cependant, la romance telle que nous la connaissons remonte aux années 70 (à la louche). C'était alors le règne de ce que l'on qualifie de "old-school", où le héros était macho et dominateur, l’héroïne était belle, fragile et plutôt sans défense et où la pâmoison et le butor étaient rois dans les traductions.

Les experts s'accordent à dire que le virage entre le old-school et la romance moderne s'est fait autour d'un roman, AKISA (A Knight In Shinning Armor, en français, Vint un chevalier) de Jude Deveraux. 

La romance, dite moderne, pris alors son envol dans les années 80 (bonjour mulet et épaulettes) avant de s'installer comme la dominante dans les années 90 où les héros étaient certes toujours masculins, mais où ils écoutaient aussi leur douce qui n'était plus sans défense, qui avait un avis et même parfois raison (miracle!).

La romance moderne, aurait ainsi suivi les modifications des aspirations des femmes, et les héroïnes ont repris le contrôle des romances tandis que nos mères prenaient le contrôle de leurs vies (pour faire dans le schématique).

Sans orgueil ni préjugés se veut une romance moderne. Son héroïne y est férue de sciences, souhaite mener sa barque et veut faire fi des conventions. Son héros se veut de la trempe des machos qui ont juste besoin de LA femme qui saura leur faire entendre la voix de la sagesse. Ce que j'applaudis à gorge palpitante. 

Sauf quand la lecture me révèle du old-school qui n'était absolument pas dans le contrat!

Certes, notre héroïne est toujours aussi passionnée de sciences, sauf qu'il lui suffit de voir le héros pour 1) le détester (vous me direz qu'étant donné son attitude c'est tout à fait normal) comme le butor qu'il est et 2) ne pas lui résister (parce que des choses physiques se passent en elle et qu'elle ne peut maitriser le désir qui déferle). Et cela, mes amies, c'est clairement du cliché old-school où on pourrait presque dire que la jeune Morganna n'a pas le cerveau nécessaire pour dire non et résister.

Et le héros dans l'histoire? Il est de la même trempe. 

Deuxième rencontre, l’héroïne lui tient tête... le désir l'assaille, et hop, je t'embrasse pour te punir ! Et s'il y a bien un trait qui est propre au old-school c'est celui-là. L’hégémonie masculine sur la femme, cette dernière qui dit non mais qui veut dire oui. On forcit un peu les trait et BAM ! Passions Captives ! (pour celles qui n'auraient pas lu l'article, allez donc rire!)

Comme je suis têtue, j'ai continué ma lecture au-delà de la deuxième rencontre. Mais l'intrigue est fainéante. Résoudre tous les problèmes de communication à coup de désir irrépressible, c'est très difficile à croire. 

D'ailleurs revenons à ce désir débordant. La régence en romance est un genre qui s'appuie sur une série d'anachronismes pour nous vendre du rêve. On croit au mariage d'amour dans une société qui fonctionnait sur les mariages d’intérêts et de convenances, on avale en souriant l'improbabilité des situations où les héros se laissent aller à leurs hormones avant le passage devant Monsieur le curé/pasteur/capitaine de bateau. 

Mais notre désir d'y croire s’arrête quand le bouchon a été poussé trop loin (et ce n'est pas Maurice qui me dira le contraire). C'est pour cela que dans ce livre précisement, cela va au delà de la crédibilité historique et touche la crédibilité littéraire de base. 

Je m'explique et je vous plante le décor. Morganna et sa sœur arrivent à Londres, se rendent chez Malcolm, lord et éditeur, pour protester quant au refus d'éditer le roman de la jeune soeur. Notre héros se montre arrogant et répond qu'il a ses raisons (comprendre, il a un gogo-gadget-o-p*****, et on ne peut pas comprendre). 

Le même jour, Malcolm se rend au domicile des Chabrey, et au lieu d'attendre d'être introduit par le majordome, il force le passage. S'en suit une discussion qu'on pourrait fort aisément qualifiée de houleuse, conclue par un baiser du monsieur à la demoiselle.

Ainsi, si on me vend un historique, je vais avoir du mal à croire qu'un lord à la réputation correcte (comprendre qu'il n'est pas connu pour visiter les chambres des domestiques de toutes les demeures dans lesquelles il est invité) va soudainement forcer l'entrée d'une maison où il n'a jamais été reçu pour ensuite embrasser la personne qui aura consentie à le recevoir, et ce, malgré la scandaleuse enfreinte à l'étiquette. 

Quand cette scène arrive autour de la page 50, il y a de quoi être refroidie.

Alors que l'auteure elle-même dit qu'elle a cherché à créer une ambiance désuète avec un langage que n'utilisent pas les anglo-saxons et que la romance offrait une plus grande liberté car il n'y a pas de vérité historique. 

Oui, lire un historique ne veut pas dire lire une biographie sur la vie de la femme au Second Empire, ni les mémoires d'un moine franciscain à la Renaissance. Mais il existe une limite à notre capacité à "gober" les anachronismes. Et certes, on peut s'amuser en romance, mais de là à mélanger les genres comme cela, j'ai juste la sensation qu'on me prend pour une (ravissante) idiote qui ne saura pas voir la différence. Ainsi, la régence, c'est une dose nécessaire de conventions et de règles que l'auteur peut choisir de "tordre" avec talent.

Enfin, je finirai sur une dernière réflexion : si cette même scène était adaptée dans un contemporain, je crois que je tiquerais tout autant, parce qu'un homme qui embrasse pour faire taire parce qu'il ne sait résister au désir qui monte en lui la deuxième fois qu'il me voit, je lui envoie mon genoux dans... bref, vous savez où!
Comme quoi, certaines conventions traversent les époques.

 
Bon Lundi,
Tam-Tam
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3 mai 2013

Critique à l'eau de rose

Eau de rose? Voila une expression que vous n'avez pas l'habitude de voir ici. Cela ressemblerait trop à une forme de critique, un truc péjoratif et un peu dédaigneux que l'on n'utilise pas quand on parle de romance. Et critiquer la romance, moi? Inconcevable... On ne passe pas sa vie à défendre un sujet pour se tirer une balle dans le pied, normalement.

Pourtant, comment mieux répondre aux critiques qu'en en faisant la critique soi-même (cela devient compliqué, attention). Et cela faisait longtemps que nous ne vous avions pas fait un petit article de Science de la romance. Alors, en écho à l’article de Perséphone (récemment convertie à la romance et revenant, pour mon plus grand bonheur, sur certains des préjugés qui accompagnent le genre), j’avais envie de parler un peu des critiques faites à la romance.
 
Notre blog fêtera bientôt ses trois ans, c’est peu mais nous en avons dit des choses, depuis. J’ai donc choisi de croire que tout le monde n’était pas allé éplucher l’intégralité des archives, pour retrouver, disséminé un peu partout, tous ce que nous avons pu dire sur le sujet ! (et je ne vous blâme pas, c’est un boulot de dingue, on s’éparpille un peu parfois, dans notre enthousiasme)
 
Parce que, vous avez du vous en rendre compte, la romance est à la fois le genre littéraire le plus populaire et le moins respecté qui soit. Oui, le plus populaire, pas en France spécifiquement mais dans le monde (je n’ai pas peur des mots – je devrais faire comme Barney et inventer des statistiques mais je n’ose pas – vous devrez donc me croire sur parole). En France, notre « exception culturelle » et un certain snobisme freinent l’essor de la romance, mais, si nous revenons à l’exemple classique de l’Amérique du nord, cela représente plus de 50 % des livres vendus chaque année, toutes catégories confondues, Harlequin vendant plus de 4 livres par secondes, 2 d’entre eux à l’international. Autant dire, une supériorité écrasante qui se répercute dans de nombreux autres pays…
 
Alors comment se fait-il qu’un genre aussi populaire soit aussi mal vu ? La critique littéraire, supposée se baser sur des arguments objectifs, ignore ce pan entier de la littérature. Au motif que c’est un genre féminin, écrit par les femmes, pour les femmes, à propos de problèmes considérés comme féminins, tandis que l’édition, la critique littéraire, le journalisme sont, aujourd’hui encore, largement dominé par les hommes ? Qui sait… Je n’ai pas la prétention de faire une analyse de société ici mais c’est incontestablement un élément que l’on retrouve souvent.
 
Mais surtout, le problème autour de la romance vient d’une incompréhension fondamentale autour du genre : les extérieurs, les non-lecteurs, se focalisent sur la fin de l’histoire, au lieu de regarder le fil narratif. Le lecteur chevronné, lui, sait bien que ce qui importe, ce n’est pas le happy-end de rigueur, mais la manière d’y arriver. Et aussi longtemps que cette incompréhension ne sera pas dépassée, la romance continuera à être vue comme un genre caricatural, où la femme est emprisonnée dans les clichés, asservie même si l’on en croit les mouvements féministes, qui voient dans la romance une tentative de rétablir un modèle de société patriarcal et une idéologie sexiste rétrograde où la femme tient un rôle traditionnel.
 
Ces critiques, que la romance traine comme un boulet derrière elle depuis plus de 50 ans (depuis la première fois que la critique s’y est intéressé en fait, après avoir cessé de dédaigner le roman en général pour se concentrer sur la littérature de genre comme le policier et la science-fiction…), sont fondées sur une généralisation grossière et hâtive, notamment parce trop souvent, elles se basent sur des références ciblées dans le temps et sur un seul sous-genre étendu à tous les types. 
 
Comprenez, il ne faut pas limiter la romance à la old-school des 70's (genre Passions captives), aux Harlequin que l'on pouvait trouver dans les 80's (genre SFALO) et même hélas encore aujourd'hui... Ce sont des exemples très spécifiques d'un genre bien plus vaste et, comme partout, il y a toujours eu et il y aura toujours de mauvais livres, mal écrits ou pleins de clichés mal traités. Opération au Kavongo et Satisfaction sont des exemples bien plus récents (allez voir, c'est drôle), cela ne les empêche pas d'avoir été écrits plus de 10 ans après Ain't she sweet (les 90's quand même) et au même moment que When beauty tamed the beast.
    
C’est le problème le plus récurrent dans l’étude de la romance aujourd’hui, on regarde les choses par le petit bout de la lorgnette, on lit un livre, parfois deux ou trois, et on considère à partir de là que l’on peut appréhender le genre entier, et même le critiquer. 

C’est de cette mauvaise connaissance que viennent la plupart des critiques. Les « experts » se trompent sur les effets que la romance peut avoir sur ses lecteurs, car la définition même d’une romance n’est pas claire pour eux, et confondent trop souvent les clichés inhérents au genre avec une formule qui expliquerait tout.
 
Même pour les auteurs, lecteurs, et autres habitués de la romance, c’est un genre ancien (on peut remonter jusqu’aux grecs, 3 ou 4 siècles avant Jésus-Christ, si l’on s’en tient au travail d’éminents universitaires comme Pamela Regis sur le sujet), flexible, mal défini. Définir la romance est un exercice auquel je me suis essayé il y a déjà un certain temps, mais ce n’est finalement qu’une proposition, que l’on pourrait résumer ainsi : la narration d’un amour, des obstacles qu’il rencontre et de son triomphe final, avec un focus sur l’émotion entre les personnages. Au fil du temps, cette forme a finalement très peu évolué, seules les manières de la présenter ont changé. Ce qui veut aussi dire qu'il n'y a pas de "fausse" romance, malgré la distinction que nous faisons ici parfois, par facilité éditoriale !
 
Alors, antiféministe, la romance ?
 
Au contraire…
 
Si la critique pense que l’héroïne cherche son identité dans la romance, et que le happy-end, le lien qu’elle tisse avec le héros, est une entrave à l’aboutissement de cette quête de liberté, c’est oublier que toute romance est un schéma narratif, et que tout schéma doit avoir une fin. Le lien est l’aboutissement, et non pas un obstacle à l’indépendance. On pourrait dire que la romance influence les femmes en les poussant à considérer le mariage (ou le lien amoureux en général) comme l’accomplissement de leur vie… Mais si ce lien est l’élément final du schéma narratif, ce n’est certainement par l’élément principal ! On ne lit pas une romance pour découvrir le happy-end, puisque l’on sait déjà qu’il sera présent. On lit une romance pour découvrir le chemin qui y mène, et c’est souvent le fait de s’être libérée, d’avoir gagné son indépendance et trouvé son identité qui permet à l’héroïne justement d’accepter le lien avec le héros.
 
Sous ses couches de bons sentiments  dégoulinants de clichés parfois faciles, la romance, bien loin de vouloir perpétuer des schémas archaïques d’organisation sociale, encourage le féminisme et fait mentir ses détracteurs, arrêtés à une simple généralisation. Au lieu de forcer une image datée des femmes, la romance aujourd’hui la pousse au contraire à se détacher des influences et prenant le contrôle de leur vie et à s’affirmer, à travers le seul genre littéraire où elles sont représentées comme égales à leur partenaire. De grandes ambitions emballées dans du papier rose à paillettes, faites passer le mot à toutes les féministes !
 
Revenons au début. Pourquoi avoir choisi de parler du genre le plus populaire et le plus déconsidéré ? Pour ça. Pour partager mais aussi pour expliquer, répondre aux critiques. Pour essayer de convertir les foules et apporter une petite pierre à l’édifice, pour réhabiliter la romance. Pour faire gagner le coté rose de la force en fait, selon l'expression chère à T. !

 
Bonne journée,
Chi-Chi
 
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25 mars 2013

De l'amour en BD, challenge accepted...

Début 2013, je faisais un coming-out. Je lis de la bande-dessinée. J'en lis même beaucoup (l'état de mon palais peut d'ailleurs attester de cette passion). Et de l'amour dans la BD, à l'époque, je n'en avais point trouvé!

Mais j'avais alors ajouté que j'allais m’enquérir de l'aide d'un expert pour trouver LA bande-dessinée qui conjuguerait les héros, la rencontre et le happy-end.

Mon libraire n'a pas froid aux yeux. Il aime la difficulté, il aime les défis. Et par un bel après-midi, nous avons tous deux fureté dans sa boutique à la recherche du saint Graal (qui parait-il est un récipient et non une pierre incandescente).

Il a eu bien du courage. Écopant de mon froncement de sourcils de bibliothécaire acariâtre quand il osait seulement suggérer un livre dont la fin n'est pas à la hauteur de ce blog, répondant honnêtement à mes questions "subtiles" :
Ils finissent ensemble? Euh... disons qu'à un moment oui, mais qu'après la cousine.... Prrrr!!!! (il faut m'imaginer la langue dehors, en train de faire ce bruit très "féminin" avec le pouce vers le bas en signe de contestation)
Ils finissent en vie? Euhh... plus ou moins.... disons que... Prrrr!!!!
Ils finissent dans la même dimension? (oui, parce qu'un héros qui quitte la femme de sa vie parce que c'est son devoir, c'est no way en ces murs!)

Mon pauvre libraire a fini par rire de mes exigences, et est a présent complétement au point sur le concept du livre "poney-paillettes". Et depuis, quand il me voit, il me présente les dernières sorties en incluant le facteur poney paillettes à la fin : "Cet ouvrage est formidable... bla... bla... mais ça ne remplit pas les exigences poney-paillettes".

Je l'aime mon libraire, je vous l'ai dit?

Bref, nous avons fini par aboutir à une petit liste de bande-dessinées à découvrir, et je travaille progressivement à lire toutes ces petites merveilles!

En exclusivité devant vos yeux ébahis, la liste poney-paillette de la bande-dessinée!

La fille du professeur par Guibert et Sfar:
Liliane et Imhotep IV s'aiment. Qu'Imhotep soit une momie et que 3000 ans les séparent n'y fera rien. Ces deux-là s'aiment et sont prêts à braver des obstacles au péril de leur vie pour vivre leur amour. Bien entendu, ce n'est pas du gout des pères respectifs de nos deux tourtereaux... Et Imhotep III est prêt à tout pour protéger son fils de lui-même.
La BD est drôle, poétique et la fin est poney-paillettes. Je ne peux que regretter de ne pas avoir pu assister à la rencontre entre eux!


Albin et Zélie par Yannick Marchat:
Albin est timide, introverti et assez solitaire. Il vit avec son poisson rouge, et n'aime pas vraiment sa vie. Un jour, il croise Zélie. Il tombe amoureux. Zélie, 22 ans et toutes ses dents, est une recordwoman du mec pourri. Il n'y a que ce genre de mec qui l'attire. Autant dire qu'Albin, sa carcasse hors-norme, sa gentillesse et sa passivité devant les choses, ce n'est pas sa définition du BG. Et ce n'est pas l'arrivée des martiens et la perte du sens des réalités qui aideront. Zélie devra faire le chemin seule, alors qu'Albin attendra, patient.
Indéniablement, cet histoire est très métaphorique. Et même si le happy-end est présent, je n'ai pour ma part pas compris les choix de l’héroïne. A tel point que je m'interroge toujours sur la viabilité de ce happy-end...


Pink Daïquiri par Habart, Théry, Grazini et Bax:
C'est une bande-dessinée à double entrée qui raconte la même histoire mais du point de vue des deux héroïnes : Clémence et Alixia. Après une rupture de fiançailles très douloureuse, Clémence cherche l'amour, le vrai. Mais Clémence se pose des questions, cérébralise tout, se met des frontières...
Alixia est une séductrice qui plait aux garçons. Même si elle se montre insouciante et fait preuve d'assurance, parfois elle est lasse...
Ce genre d'histoire double, j'aime beaucoup. Découvrir la même histoire d'un point de vu différent est toujours un plaisir pour moi. Je suis à la recherche des détails, des ressentis, des révélations de conversations incomprises... C'est ce qui m'a fait beaucoup aimer Le journal de Mr Darcy, ou la série Cavendish/Windham de Julia Quinn. Alixia et Clémence sont complémentaires, un peu comme les deux faces d'une pièce. J'ai une affection particulière pour Alixia, même si l'histoire de Clémence me plait plus... Et comme dans les cas, il y a un héros et un happy-end, la princesse en moi est comblée!


Tout sauf l'amour par Bihel, Toldac et Makyo:
Nina est anhédonique (à vos souhaits). Ce qui, dans le langage vernaculaire signifie qu'elle n'aime rien, ne crois ni au bonheur ni au plaisir et s'applique avec soin à l'éviter. José, spécialiste des mécanismes névrotiques et hormonaux de l'amour est engagé un jour par le père de Nina pour tenter de lui redonner goût à la vie. Il a en effet tout essayé, sauf l'amour...
J'admets avoir été plus que réticente au départ. Je veux dire, avec un titre pareil, je sentais d'ici l'histoire qui allait se finir comme elle avait commencer, avec moi frustrée entre les deux.
Mais que nenni! Cette BD est un bijou poney-paillette! Il y a tout, les héros, la rencontre, et le happy-end!
Mon libraire s'est surpassé sur ce coup là, à tel point que je n'évoquerais pas le fait que j'aurais aimé que cela dure quelques planches de plus... Si? Non?

Quatre happy-end! Si ce n'est pas formidable!
Toutefois, parce que votre banquier fronce les sourcils, là, dans le fond, s'il ne devait y en avoir qu'une à vous recommander, "Tout sauf l'amour", les yeux fermés!

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
   
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21 janvier 2013

Si la peinture est la nourriture de l'amour, dessinez

L'amour, c'est un peu notre marchandise première. Ce qu'il y a de bien, c'est qu'en parlant d'amour, on est pratiquement sûr de toujours apporter un sourire sur les lèvres de la personne qui nous lit. D'autant que, comme on parle d'amour ET de lecture, il serait fort malvenu que des sujets graves et sérieux passent les barrière de ce blog. Ou alors, si, sur un malentendu, parce qu'à bien y réfléchir, l'amour c'est du sérieux!

Les livres d'aujourd'hui sont d'un genre particulier. Vous qui êtes des machines de déduction, formés chez les meilleurs scénaristes hollywoodiens, à coup de série à suspense et de thrillers, vous savez. Vous savez que les six livres de cette photos sont des bandes dessinées. Et comme vous avez la vue d'un lynx et le flair d'un basset, vous avez vu que ces six ouvrage avaient des titres.... très appropriés en ces lieux!

Six BD dont les titres crient "amour" "gloire" et "beauté" mais comme certaines autres couvertures en leur temps, ces six bandes dessinées racontent-elle une histoire à la hauteur de leur titre?

C'est un challenge que je me propose de relever aujourd'hui pour vous (abnégationeuse que je suis).

Commençons dans l'ordre (de haut en bas, de gauche à droite) :


Love Blog par Gally et Obion

Il était une fois Gally, jeune fille du sud souriante, et Obion, breton un peu ours, mais tendre à l’intérieur. Gally et Obion se rencontre, l'amour les foudroie et les voilà filant le parfait amour. 
Sauf que nos deux tourtereaux vivent aux antipodes et se lamentent de ne pouvoir se voir. Ils créent donc un blog pour se raconter à quel point ils s'aiment en attendant de pouvoir nager dans l'arc en ciel à paillettes du bliss amoureux.

Ici, le titre, la couverture, tout évoque l'amour. Et c'est bien ce que le lecteur trouvera à l’intérieur, tout à la fois plein d'humour et graveleux. C'est l'amour rose paillettes avec les scènes qui font rougir. Parce que lorsque le couple s'aime, il s'aime dans tous les sens du terme. 

C'est authentique, c'est drôle, j'aime cette BD!

Titre et couverture: 5/5
Histoire: 4/5 (c'est réservé aux adultes avec poutres apparentes, ça tue la romance parfois)




L'amour par Bastien Vives

Certains disent que c'est l'auteur qui monte. Perso, je l'ai découvert il y a plusieurs années, et il n'a jamais quitté les présentoir depuis "Un gout de chlore", donc de là à dire qu'il monte...
Mais passons. "L'amour", c'est le 3ème opus d'une série publiée chez Shampooing, qui rassemble des titres comme "Les jeux vidéos", "La blogosphère", et plus récemment, "La guerre" et "La bande dessinée". Chaque opus se penche de manière humoristique sur le domaine qu'il étudie. 
Sauf que ceux qui croyaient trouver dans les ouvrages de Bastien une vision édulcorée et pleine de bons sentiments pourront repasser. C'est un humour parfois noir, souvent ironique et toujours très pertinent dans sa vision. L'amour parfois, c'est petit, mesquin, horrible et pas romantique pour deux sous.
J'ai lu "L'amour" avec le prince à mes cotés, j'ai poussé de hauts cris, ai ri comme une baleine. Il en a posé son jeu vidéo et l'a lu par dessus mon épaule. 

Titre et couverture: 5/5 (on a quand même un arc en ciel!)
Histoire: 3/5 (mais qu'est ce que c'est bon) (et le prince est d'accord)




Mélusine - Philtres d'amour par Clarke et Gilson

C'est un des premiers tomes (le 5) d'une série qui en compte une vingtaine. Et malgré les années qui passent, je ne me lasse pas. Mélusine, d'abord, elle est rousse (comme une certaine princesse de ma connaissance!), ensuite, elle est brillante (comme tous mes amis, je ne m'entoure que de gens brillants, non mais!) mais elle a néanmoins son lot de problèmes, tels une patronne pénible mais intouchable (puisque intangible) des études à mener en parallèle (avec des camarades de classe un peu boulets)...
"Philtres d'amour" ne nous raconte pas comment notre sorcière rencontre l'amour, mais sert plutôt de fil conducteur à ce tome. De l’apprentissage aux conséquences des filtres, rien n'est épargné à la sorcière.

Titre et couverture: 3/5 (Mélusine est seule, et la chimie ne fait pas tout en amour haha)
Histoire: 2/5 (mais c'est du bon, du pour enfant et parfois on a pas besoin de happy-end romantique pour aimer un livre, même chez les princesses)




Le Bestiaire amoureux - L'age où l'on est mort par Joann Sfar

La seule et unique série FINIE de l'auteur. Tous les lecteurs de BD ici bas comprendront l'importance de ce détail (message personnel à Mr. Sfar : si vous pouviez finir vos séries en cours avant d'en commencer d'autres, ce serait über top, bien à vous, Tam-Tam).
Donc "Le bestiaire amoureux" raconte les histoires d'amours croisées (et parfois contrariées) d'une bande de créatures fantastiques. Il y a Richard le loup-garou tombeur de ses dames, il y a Aspirine, Edmundo le vampire, et surtout Fernand (vampire lui aussi) qui est amoureux. Sauf que c'est compliqué quand on est chauve, petit et rabougri...
Dans cette série, la romance est reine, mais de romance comme chez les princesses vous n'en trouverez point. Il sera question de couples, de sentiments changeants et pas de happy-end, non que la fin soit triste hein, mais Fernand reste seul avec ses sentiments...

Titre et couverture: 4/5 (un couple de vampire, un clair de lune amoureux, l'ambiance est là)
Histoire: 2/5 (je suis une princesse, je veux un happy-end) (mais la série est très bonne ET complète)




Pico love par Dominique Roque et Alexis Dormal

Pico Bogue, c'est ma découverte BD anti-grisaille, anti-déprime et anti-fatigue. C'est le rayon de soleil en image que je relis parfois, quand la journée a été rude ou que la météo est contrariante. En plus, Pico, c'est un duo d'auteur adorable rencontré il y a 3 ans et qui n'ont pas sourcillé en voyant arrivé une princesse sautillante, complètement intenable à l'idée de rencontrer l'auteur de sa BD préférée du moment. 
Au-delà du fait que je vous recommande vraiment de tous les lire, j'ai choisi ce tome... Bon, disons que le gros cœur rouge sur la couverture et le titre ne me donnait pas trop le choix. 
"Pico Love", c'est comme les trois premiers opus, un enchainement de petites scènes où il est question de Pico, de sa soeur Ana Ana, de leurs parents, des amis de l'école, de Papic et Mamite et de la vision du monde à travers les yeux des enfants sages. 
Mais par sage, comprendre plein de maturité et de recul sur les choses, avec cette note d'humour et de ridicule dans l'innocence dont savent tellement faire preuve les enfants. Vous ajoutez à cela un trait efficace et léger, une aquarelle gracieuse et vous tombez amoureux...
(oui, je suis fan, cela se sent hien?)

Titre et couverture: 5/5 (un gros cœur rouge plein de looooove)
Histoire: 3/5 (il n'est pas vraiment question de la rencontre amoureuse de deux enfants. Mais les sentiments vont au-delà non?) (comment cela je suis de mauvaise foi?)




Lou - Idylles par Julien Neel

Le petit dernier. Encore un peu jeunesse, mais tellement doux et sucré. Dans ce 4ème tome des aventures de Lou, nous découvrons la blondinette et ses trois amies en vacances au bord de la mer. Tandis que sa maman et Richard sont en tournée promo pour la sortie du nouvel opus des aventures de Sidéra (Cf. la maman de Lou est auteur SF). Et vous savez ce qui arrive avec l'été avec la chaleur, la langueur... Il sera question d'amitiés, de sentiments naissants et d'autres plus anciens, des hormones et de leurs impératifs, du questionnement adolescent et de l'avenir.
J'aime beaucoup voir Lou grandir. Au fil des tomes elle est passé d'une petite fille à une adolescente en plein développement. Et si clairement je ne souhaite jamais revivre la mienne (d'adolescence), voir celle de Lou en BD me rendrait presque nostalgique.

Titre et couverture: 4/5 (Lou qui saute dans une piscine, on a vu mieux pour nous vendre une idylle)
Histoire: 4/5 (il n'y a pas vraiment de fin fin. Oui, sinon  il n'y aurait pas de suite haha) (mais cette série est une petite perle, à lire vraiment)

Petit bilan de mon étude en profondeur. Dans le monde de la bande dessinée, les vraies romances, ce n'est décidément pas sur le titre ou la couverture que je les trouverai! L'amour il en est souvent question, mais un homme qui rencontre une femme avec un happy-end à la fin... pas vraiment! 
Mais n'ayez crainte, je m'en vais aller demander conseil à mon expert (mon libraire), lui saura me trouver les perles! Je reviendrai avec des titres, sans doute moins évocateurs, dont les histoire vous feront palpiter le cœur! Foi de princesse!



   En attendant, tous ces ouvrages sont délicieux, à leur manière, je peux donc vous souhaiter une bonne lecture,
Tam-Tam

  PS: Le barde me pardonnera cette adaptation très libre de ses mots : "If music be the food of love, play on".
  
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21 décembre 2012

La fin du monde n'aura pas lieu, disait Giraudoux


WARNING : ceci est un article avec de l'homme bodybuildé qui empêchera la fin du monde, du kitsch arc-en-ciel et des vidéos sans l'ombre d'un chat mignon... Âmes sensibles, demandez l'assistance d'une personne expérimentée avant lecture !
  
(et oui, j'ose parler de Giraudoux et de romance ensemble,vu ce qui a déclenché la guerre de Troie, cela me parait parfaitement justifié...)
 
Salut, me revoilà... C'est moi, Chi-Chi (mode automatique on, j'ai la chanson des Petits malins dans la tête maintenant, aucun rapport...). Et pour ce jour exceptionnel où je sors de ma retraite (j'ai supplié T. de me laisser faire un article, vous me manquez trop) (mais je n'ai telleeeeemeeeennnt pas le temps de lire que c'en est pathétique...) (du coup, je ne suis pas prête de revenir) (mais là c'était trop important), je vais vous parler d'un homme.

Mais pas n'importe quel homme attention ! Un homme à coté de qui même Hugh Jackman ou Richard Armitage (mon dieu vous l'avez vu dans Le Hobbit? 2h50 de Richard, son regard de velours et sa chocolate voice, en roi des nains over classe, dark et épique, c'est insoutenable de bonheur...) (ne me laissez pas faire sinon je pourrais couiner sur le sujet pendant un article entier, je suis encore sous le choc) (je disais donc, Hugh et Richard...) font pâle figure (mais quelle hérésie... n'écoutez pas un mot de ce que je dis, j'ai du trop boire dernièrement... ou pas assez dormir... ou trop travailler... ou quelque chose... nul n'est au dessus de Hugh ou Richard voyons !!!). Un homme qui a hanté les nuits de toute lectrice de romance qui se respecte (enfin il parait mais perso, je suis trop convenable pour qu'il m'arrive des choses pareilles). Un homme qui a alimenté les fantasmes de générations de donzelles pures et innocentes (et vu l'age, ces donzelles ne sont plus si innocentes je pense parce que ce n'est pas récent récent...). Un homme qui a tout pour lui, le torse viril et le cheveu lustré, le regard de braise et euh... des choses que la décence m'interdit de nommer ici.
Un homme qui va tous nous sauver en ce jour de fin du monde, puisque jouer les héros est l’œuvre de sa vie. 
 
En un mot, THE MAN, the god of romance, j'ai nommé le seul, le grand, le très grand (le très très grand?), l'incomparable, l'inénarrable, l'inébranlable, l'indomptable, etc etc, le très puissant, le très agréable, le très indestructible, FABIO !

Et là, je sens comme un flottement. Mais non, pas de panique, vous là derrière votre écran. Je vais tout vous expliquer... Arrêtez de hausser les sourcils, cela donne des rides, et écoutez....


 Fabio c'est lui. OK, là, ça ne vous dit rien. 


 Mais voilà, Fabio, c'est lui aussi.


Et puis lui là... vous commencez à voir le truc ? (et oui, il a changé de couleur de cheveux) 


 
Et encore là...

Je pense que vous l'aurez compris, Fabio c'est l'homme que l'on voit sur tout plein de vos belles couvertures rouges des vieux Aventures et Passions que pour rien au monde vous n'auriez sorti en public, et mieux encore, sur tout plein de couvertures vintage originales des romances old-school. (et je vais même vous dire un truc, toutes agressives qu'elles puissent être pour la rétine et pour ma foi en l'humanité, T. adore ces vieilleries...) (si vous voulez lui faire plaisir vous pouvez lui envoyer des photos de toutes celles qui croisent votre chemin) (oui je suis comme ça moi, je balance...) (même pas peur !)

Fabio est donc une légende de la romance. C'est l'homme qui check absolument tous les attributs du héros dans la liste de nos Smart bitches préférées... Le poitrail large et musclé (mais pas poilu, parce que le guerrier du Moyen-Age à la peau lisse en toutes circonstances voyons), la chemise gracieusement ouverte pour permettre un accès optimal (mais rentrée dans le pantalon sinon la censure pourrait croire qu'il a l'intention de faire des choses pas catholiques avec l’héroïne), le symbole phallique à portée de main (épée, étalon, un arbre, un mat de navire, un donjon dans le lointain, vous avez l'embarras du choix), le mythique mulet, et, of course, le déhanché d'un contorsionniste en pâte à modeler ! 
 
Le décor est posé, vous avez compris, il est temps de revenir aux origines et de vous proposer une petite biographie (c'est bien connu, on ne peut comprendre un personnage que si l'on sait d'où il vient)...

Fabio Lanzoni est né en Italie, en 1961... Adolescent sublime, il est repéré dès l'age de 14 ans dans son club de gym et devient mannequin pour le Vogue italien. Mais à 15 ans, le drame. Une jambe cassée semble devoir briser sa carrière dans l’œuf. Cloué chez lui, sous le regard d'un père qui préférerait voir son fils étudier l'économie et la finance, Fabio commence à faire de la musculation. Beaucoup, beaucoup de musculation. Jusqu'à ne plus pouvoir rentrer dans ces costumes italiens si bien coupés pour hommes minces comme des lames de couteaux. Qu'importe, Fabio se tourne vers sa nouvelle passion, le bodybuilding. Fort de quelques succès mais désireux de revenir à ses premières amours, poussé par sa petite amie du moment, Fabio part tenter sa chance en Amérique. Bien lui en a pris car il ne lui faudra pas 15 minutes dans le hall d'entrée de la prestigieuse agence Ford pour décrocher son premier contrat. Et voilà notre Fabio installé à New York, mannequin à succès bientôt célèbre..

Mais si aujourd'hui Fabio a 53 ans au compteur, il a connu son heure de gloire (enfin celle qui nous concerne) à la fin des années 80, en posant pour plusieurs centaines de couvertures de romance !

Elle vous a plu ma petite histoire ? On va s’arrêter là pour la biographie, je ne voudrais pas vous dégoûter définitivement.. 
 
En fait, tout a commencé avec ça : 
   
 
Ça, c'est un livre que je n'ai pas lu (mais cela viendra un jour, promis), qui traînait dans ma PAL le jour où Sandy, Cess, Persie et Mlle P sont venues me rendre visite (il y avait T. aussi mais elle est dispensée sur ce sujet, elle connaît déjà Fabio, elle). Autant vous dire que j'ai eu mon petit succès avec ce livre, que dis-je, ce chef d’œuvre de kitschitude de couverture de la mort ! 
Résultat, Sandy m'a interdit de donner le livre et je suis obligée de tout vous expliquer...

Vous apprendrez, chers lecteurs (ou peut-être que vous le savez déjà et que je me prends un peu trop pour une professeure géniale), que ces couvertures qui ressemblent à des mauvais dessins sont en réalité des photos retravaillées pour ressembler à des dessins (processus issu de l'esprit fou d'une artiste cherchant à dominer le monde par la laideur la plus absolue ? Le débat reste ouvert...) (je vous renvoie à l'article que T. a posté il y a déjà quelques temps et qui vous montre un shooting en multiples détails perturbants).

Après une 1ère apparition sur la couverture de Enchantress mine de Bertrice Small en 1987 (ne lisez surtout pas ce livre, ou rien d'autre de cette auteure, c'est du niveau de Passions captives), l'artiste Elaine Duillo fait de Fabio son modèle chouchou. C'est aussi ce chouchou qui fait parler de lui en étant le 1er homme a apparaître seul sur une couverture de romance, sur un autre Laura Kinsale d'ailleurs, Shadow and the star...



Lequel, pour le coup, est un livre plutôt sympa si ce n'est un peu trop over the top sur la fin et que vous pouvez lire à l'occasion) (Laura est une auteur old-school qui fait preuve d'une grande finesse dans la psychologie de ses personnages, fait assez rare pour mériter d’être mentionné même si ce n'est pas le cas ici et que vous allez en avoir marre de mes apartés)...

J'ai l'impression de parler comme un dictionnaire, j’espère que vous me pardonnerez ces infos en vrac mais vraiment, le sujet est trop passionnant pour que je me limite, je veux tout vous dire de Fabio !

Vous dire que c'est grâce à lui que l'on a su (nous, le lecteur lambda qui était jusqu'alors gardé dans l'ignorance la plus totale) comment étaient fabriquées ces fameuses couvertures.
 
Vous dire que dans la vie, il est passionné de moto, sa collection en compte plus de 200.
 
Vous dire qu'il est porte-parole d'une marque de margarine qui s'appelle "I can't believe it's not butter".   




Vous dire qu'il a lancé un défi sur la toile pour savoir qui serait la star de la publicité Old spice (que T. adore) (oui je continue à balancer)





(et comme en plus je suis trop sympa je vous mets le lien vers la playlist complète et dans l'ordre... allez tous tout voir, c'est à pleurer de rire !).
 
Vous dire aussi qu'il est apparu en couverture de plus de 400 romances entre 1987 et 1994 (oui seulement sept petites années pour tant de bonheur, comme quoi on peut bâtir une légende sur bien peu de choses...).
 
Vous dire qu'il a un fan club officiel, des calendriers à son effigie... Qu'il a fait la une de People magazine et été classé parmi les hommes les plus sexy du monde par Cosmopolitain en 1993 !

 
Cela laisse rêveur non ? 

Vous dire aussi que Fabio est auteur de romance. Qu'il est même le premier homme (et le seul pendant trèèèèèès longtemps) a avoir publié de la romance sous son vrai nom... Qu'il a écrit six livres tout seul comme un grand puis encore deux autres en collaboration. Et que non, ne me demandez pas, je n'ai lu ni Pirate, ni Rogue, ni Viking, ni Champion, ni Comanche ou Dangerous, et que je ne suis pas prête encore. Peut-être dans quelques années quand je commencerai a bien m'y connaître en romance et que je ne me laisserai pas impressionnée par l'aura du personnage ?


Mais je peux bien me moquer de Fabio, même si il est un peu ringard today, c'est tout de même un mythe dans le monde de la romance, un mythe qui a aidé à révéler le genre au grand public, et un mythe qui a si bien incarné son personnage de héros de romance qu'il est devenu le porte-parole de la romance des années 90, jusqu'à donner des conseils aux amoureux en détresse, parler dans la presse et à la radio sur le sujet, enregistrer un album de poésie musicale (ah non pardon, je vous garde ça pour la fin), joué dans plein de soaps, séries et films (et certains plutôt connus comme Amour gloire et beauté, Agence Acapulco ou La mort vous va si bien...), et toujours, en conservant son image de lover italien romantique et bodybuildé (sacré performance d'association non ?) (et en plus il a pas mal d'auto-dérision, comme vous avez pu le constater dans les vidéos Old Spice, ce qui fait que je l'aime bien malgré tout) (parce qu'il faut avouer qu'il a la classe, non ?).

Enfin, arrêtons là les réjouissances...

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas qui est Fabio et je ne doute pas que votre vie s'en trouve enrichie, que votre cœur chante, que votre âme s’élève face à tant de grâce et de talent car enfin, vous savez! (non mais sinon, avouez que c'était bien un sujet de la plus haute importance !!!)

Et, comme promis, un petit bonus pour la fin... Qui veut entendre la voix de Fabio, expliquant aux hommes comment être romantiques ? C'est mon petit cadeau de Noël pour vous ! (dois-je encore préciser que ce n'est pas un accident, mais bien un album, enregistré, que des gens ont payé pour produire, et d'autres pour écouter et tout ?) (même que cela s'appelle Fabio after dark) (j'en frémis) (et pas dans le bon sens du terme) (allez bonne écoute que même) (ou bonne rigolade, à vous de voir)

Passez tous un bon vendredi de fin du monde (qui n'aura pas lieu puisque Fabio veille sur nous) et de bonnes fêtes, des vacances de rêve (au soleil avec Fabio ?) (oui je précise que ce bel homme est actuellement un cœur à prendre, si jamais il y a des amateurs...) pour ceux qui ont de la chance, et tout plein d'ondes positives pour ceux qui n'en ont pas...
 
  
Love,
Chi-Chi
  

PS : Jetez un petit coup d’œil en haut de la page, on a fait des modifications : une page pour rassembler tous les thèmes dont il est question chez nous (1,2,3 thèmes) et une toute nouvelle, toute belle blogroll avec autre choses que des livres pour cette fois! Enjoy... 
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