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21 décembre 2012

La fin du monde n'aura pas lieu, disait Giraudoux


WARNING : ceci est un article avec de l'homme bodybuildé qui empêchera la fin du monde, du kitsch arc-en-ciel et des vidéos sans l'ombre d'un chat mignon... Âmes sensibles, demandez l'assistance d'une personne expérimentée avant lecture !
  
(et oui, j'ose parler de Giraudoux et de romance ensemble,vu ce qui a déclenché la guerre de Troie, cela me parait parfaitement justifié...)
 
Salut, me revoilà... C'est moi, Chi-Chi (mode automatique on, j'ai la chanson des Petits malins dans la tête maintenant, aucun rapport...). Et pour ce jour exceptionnel où je sors de ma retraite (j'ai supplié T. de me laisser faire un article, vous me manquez trop) (mais je n'ai telleeeeemeeeennnt pas le temps de lire que c'en est pathétique...) (du coup, je ne suis pas prête de revenir) (mais là c'était trop important), je vais vous parler d'un homme.

Mais pas n'importe quel homme attention ! Un homme à coté de qui même Hugh Jackman ou Richard Armitage (mon dieu vous l'avez vu dans Le Hobbit? 2h50 de Richard, son regard de velours et sa chocolate voice, en roi des nains over classe, dark et épique, c'est insoutenable de bonheur...) (ne me laissez pas faire sinon je pourrais couiner sur le sujet pendant un article entier, je suis encore sous le choc) (je disais donc, Hugh et Richard...) font pâle figure (mais quelle hérésie... n'écoutez pas un mot de ce que je dis, j'ai du trop boire dernièrement... ou pas assez dormir... ou trop travailler... ou quelque chose... nul n'est au dessus de Hugh ou Richard voyons !!!). Un homme qui a hanté les nuits de toute lectrice de romance qui se respecte (enfin il parait mais perso, je suis trop convenable pour qu'il m'arrive des choses pareilles). Un homme qui a alimenté les fantasmes de générations de donzelles pures et innocentes (et vu l'age, ces donzelles ne sont plus si innocentes je pense parce que ce n'est pas récent récent...). Un homme qui a tout pour lui, le torse viril et le cheveu lustré, le regard de braise et euh... des choses que la décence m'interdit de nommer ici.
Un homme qui va tous nous sauver en ce jour de fin du monde, puisque jouer les héros est l’œuvre de sa vie. 
 
En un mot, THE MAN, the god of romance, j'ai nommé le seul, le grand, le très grand (le très très grand?), l'incomparable, l'inénarrable, l'inébranlable, l'indomptable, etc etc, le très puissant, le très agréable, le très indestructible, FABIO !

Et là, je sens comme un flottement. Mais non, pas de panique, vous là derrière votre écran. Je vais tout vous expliquer... Arrêtez de hausser les sourcils, cela donne des rides, et écoutez....


 Fabio c'est lui. OK, là, ça ne vous dit rien. 


 Mais voilà, Fabio, c'est lui aussi.


Et puis lui là... vous commencez à voir le truc ? (et oui, il a changé de couleur de cheveux) 


 
Et encore là...

Je pense que vous l'aurez compris, Fabio c'est l'homme que l'on voit sur tout plein de vos belles couvertures rouges des vieux Aventures et Passions que pour rien au monde vous n'auriez sorti en public, et mieux encore, sur tout plein de couvertures vintage originales des romances old-school. (et je vais même vous dire un truc, toutes agressives qu'elles puissent être pour la rétine et pour ma foi en l'humanité, T. adore ces vieilleries...) (si vous voulez lui faire plaisir vous pouvez lui envoyer des photos de toutes celles qui croisent votre chemin) (oui je suis comme ça moi, je balance...) (même pas peur !)

Fabio est donc une légende de la romance. C'est l'homme qui check absolument tous les attributs du héros dans la liste de nos Smart bitches préférées... Le poitrail large et musclé (mais pas poilu, parce que le guerrier du Moyen-Age à la peau lisse en toutes circonstances voyons), la chemise gracieusement ouverte pour permettre un accès optimal (mais rentrée dans le pantalon sinon la censure pourrait croire qu'il a l'intention de faire des choses pas catholiques avec l’héroïne), le symbole phallique à portée de main (épée, étalon, un arbre, un mat de navire, un donjon dans le lointain, vous avez l'embarras du choix), le mythique mulet, et, of course, le déhanché d'un contorsionniste en pâte à modeler ! 
 
Le décor est posé, vous avez compris, il est temps de revenir aux origines et de vous proposer une petite biographie (c'est bien connu, on ne peut comprendre un personnage que si l'on sait d'où il vient)...

Fabio Lanzoni est né en Italie, en 1961... Adolescent sublime, il est repéré dès l'age de 14 ans dans son club de gym et devient mannequin pour le Vogue italien. Mais à 15 ans, le drame. Une jambe cassée semble devoir briser sa carrière dans l’œuf. Cloué chez lui, sous le regard d'un père qui préférerait voir son fils étudier l'économie et la finance, Fabio commence à faire de la musculation. Beaucoup, beaucoup de musculation. Jusqu'à ne plus pouvoir rentrer dans ces costumes italiens si bien coupés pour hommes minces comme des lames de couteaux. Qu'importe, Fabio se tourne vers sa nouvelle passion, le bodybuilding. Fort de quelques succès mais désireux de revenir à ses premières amours, poussé par sa petite amie du moment, Fabio part tenter sa chance en Amérique. Bien lui en a pris car il ne lui faudra pas 15 minutes dans le hall d'entrée de la prestigieuse agence Ford pour décrocher son premier contrat. Et voilà notre Fabio installé à New York, mannequin à succès bientôt célèbre..

Mais si aujourd'hui Fabio a 53 ans au compteur, il a connu son heure de gloire (enfin celle qui nous concerne) à la fin des années 80, en posant pour plusieurs centaines de couvertures de romance !

Elle vous a plu ma petite histoire ? On va s’arrêter là pour la biographie, je ne voudrais pas vous dégoûter définitivement.. 
 
En fait, tout a commencé avec ça : 
   
 
Ça, c'est un livre que je n'ai pas lu (mais cela viendra un jour, promis), qui traînait dans ma PAL le jour où Sandy, Cess, Persie et Mlle P sont venues me rendre visite (il y avait T. aussi mais elle est dispensée sur ce sujet, elle connaît déjà Fabio, elle). Autant vous dire que j'ai eu mon petit succès avec ce livre, que dis-je, ce chef d’œuvre de kitschitude de couverture de la mort ! 
Résultat, Sandy m'a interdit de donner le livre et je suis obligée de tout vous expliquer...

Vous apprendrez, chers lecteurs (ou peut-être que vous le savez déjà et que je me prends un peu trop pour une professeure géniale), que ces couvertures qui ressemblent à des mauvais dessins sont en réalité des photos retravaillées pour ressembler à des dessins (processus issu de l'esprit fou d'une artiste cherchant à dominer le monde par la laideur la plus absolue ? Le débat reste ouvert...) (je vous renvoie à l'article que T. a posté il y a déjà quelques temps et qui vous montre un shooting en multiples détails perturbants).

Après une 1ère apparition sur la couverture de Enchantress mine de Bertrice Small en 1987 (ne lisez surtout pas ce livre, ou rien d'autre de cette auteure, c'est du niveau de Passions captives), l'artiste Elaine Duillo fait de Fabio son modèle chouchou. C'est aussi ce chouchou qui fait parler de lui en étant le 1er homme a apparaître seul sur une couverture de romance, sur un autre Laura Kinsale d'ailleurs, Shadow and the star...



Lequel, pour le coup, est un livre plutôt sympa si ce n'est un peu trop over the top sur la fin et que vous pouvez lire à l'occasion) (Laura est une auteur old-school qui fait preuve d'une grande finesse dans la psychologie de ses personnages, fait assez rare pour mériter d’être mentionné même si ce n'est pas le cas ici et que vous allez en avoir marre de mes apartés)...

J'ai l'impression de parler comme un dictionnaire, j’espère que vous me pardonnerez ces infos en vrac mais vraiment, le sujet est trop passionnant pour que je me limite, je veux tout vous dire de Fabio !

Vous dire que c'est grâce à lui que l'on a su (nous, le lecteur lambda qui était jusqu'alors gardé dans l'ignorance la plus totale) comment étaient fabriquées ces fameuses couvertures.
 
Vous dire que dans la vie, il est passionné de moto, sa collection en compte plus de 200.
 
Vous dire qu'il est porte-parole d'une marque de margarine qui s'appelle "I can't believe it's not butter".   




Vous dire qu'il a lancé un défi sur la toile pour savoir qui serait la star de la publicité Old spice (que T. adore) (oui je continue à balancer)





(et comme en plus je suis trop sympa je vous mets le lien vers la playlist complète et dans l'ordre... allez tous tout voir, c'est à pleurer de rire !).
 
Vous dire aussi qu'il est apparu en couverture de plus de 400 romances entre 1987 et 1994 (oui seulement sept petites années pour tant de bonheur, comme quoi on peut bâtir une légende sur bien peu de choses...).
 
Vous dire qu'il a un fan club officiel, des calendriers à son effigie... Qu'il a fait la une de People magazine et été classé parmi les hommes les plus sexy du monde par Cosmopolitain en 1993 !

 
Cela laisse rêveur non ? 

Vous dire aussi que Fabio est auteur de romance. Qu'il est même le premier homme (et le seul pendant trèèèèèès longtemps) a avoir publié de la romance sous son vrai nom... Qu'il a écrit six livres tout seul comme un grand puis encore deux autres en collaboration. Et que non, ne me demandez pas, je n'ai lu ni Pirate, ni Rogue, ni Viking, ni Champion, ni Comanche ou Dangerous, et que je ne suis pas prête encore. Peut-être dans quelques années quand je commencerai a bien m'y connaître en romance et que je ne me laisserai pas impressionnée par l'aura du personnage ?


Mais je peux bien me moquer de Fabio, même si il est un peu ringard today, c'est tout de même un mythe dans le monde de la romance, un mythe qui a aidé à révéler le genre au grand public, et un mythe qui a si bien incarné son personnage de héros de romance qu'il est devenu le porte-parole de la romance des années 90, jusqu'à donner des conseils aux amoureux en détresse, parler dans la presse et à la radio sur le sujet, enregistrer un album de poésie musicale (ah non pardon, je vous garde ça pour la fin), joué dans plein de soaps, séries et films (et certains plutôt connus comme Amour gloire et beauté, Agence Acapulco ou La mort vous va si bien...), et toujours, en conservant son image de lover italien romantique et bodybuildé (sacré performance d'association non ?) (et en plus il a pas mal d'auto-dérision, comme vous avez pu le constater dans les vidéos Old Spice, ce qui fait que je l'aime bien malgré tout) (parce qu'il faut avouer qu'il a la classe, non ?).

Enfin, arrêtons là les réjouissances...

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas qui est Fabio et je ne doute pas que votre vie s'en trouve enrichie, que votre cœur chante, que votre âme s’élève face à tant de grâce et de talent car enfin, vous savez! (non mais sinon, avouez que c'était bien un sujet de la plus haute importance !!!)

Et, comme promis, un petit bonus pour la fin... Qui veut entendre la voix de Fabio, expliquant aux hommes comment être romantiques ? C'est mon petit cadeau de Noël pour vous ! (dois-je encore préciser que ce n'est pas un accident, mais bien un album, enregistré, que des gens ont payé pour produire, et d'autres pour écouter et tout ?) (même que cela s'appelle Fabio after dark) (j'en frémis) (et pas dans le bon sens du terme) (allez bonne écoute que même) (ou bonne rigolade, à vous de voir)

Passez tous un bon vendredi de fin du monde (qui n'aura pas lieu puisque Fabio veille sur nous) et de bonnes fêtes, des vacances de rêve (au soleil avec Fabio ?) (oui je précise que ce bel homme est actuellement un cœur à prendre, si jamais il y a des amateurs...) pour ceux qui ont de la chance, et tout plein d'ondes positives pour ceux qui n'en ont pas...
 
  
Love,
Chi-Chi
  

PS : Jetez un petit coup d’œil en haut de la page, on a fait des modifications : une page pour rassembler tous les thèmes dont il est question chez nous (1,2,3 thèmes) et une toute nouvelle, toute belle blogroll avec autre choses que des livres pour cette fois! Enjoy... 
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24 novembre 2011

La romance de l'angoisse

La romance, c’est très bien, c’est très joli, mais parfois, ce n’est pas exactement ce à quoi on s’attendrait. 

Parfois, l’auteur zappe les cœurs, les petits oiseaux, les poneys et les arc-en-ciel pour écrire ce que l’on appelle de la «romangst» - angsty romance, ou de la romance angoissante. 

Dans ces livres, les héros ne vivent pas dans un monde enchanté où le méchant est en carton pâte et le plus gros souci consiste à choisir entre bleu pale et bleu roi pour la robe de bal du jour. Et surtout, ces problèmes ne seront pas traités avec légèreté et humour, mais dans une ambiance lourde et pesante, où vous pourrez apprécier chaque seconde de l'angoisse, parfois de la douleur des personnages. La romangst vous prend à la gorge et ne vous lâche pas jusqu'à la dernière page. Souvent, elle laisse derrière elle un sentiment de vague malaise car, même si le happy-end de rigueur a bien eu lieu, il n'aura pas été facile. Tam-Tam aime voir ses héros souffrir un peu, moi pas du tout. Mais je reste curieuse, et parfois je me laisse convaincre par des copines. Comme Pimpi, qui avait dans sa PAL un livre dont j'avais beaucoup entendu parlé et dont nous avons décidé de faire une lecture commune. 

Ici, on va plutôt chercher dans le genre d’un héros enfermé dans un asile de fou. En Angleterre, en 1880, quand les méthodes de traitement étaient les douches glacées et les électrochocs. 

Et c’est précisément de cela dont je veux vous parler aujourd’hui. Non pas un, mais deux livres qui entrent dans cette catégorie. D’abord, The madness of Lord Ian MacKenzie, de Jennifer Ashley, et Flowers from the storm de Laura Kinsale. 

La romangst est un exercice périlleux car il n’est pas facile pour l’auteur de nous faire croire au potentiel romantique d’un héros se trouvant dans des circonstances pour le moins difficiles, et le plus souvent avec raison. Un héros qui ne sera donc pas charmant et charmeur, mais qui vient accompagné d’une ribambelle de problèmes et de séquelles psy sérieuses. Un héros qui le plus souvent, est diminué, intellectuellement. Parlons crument, ces héros là ont un handicap mental. Le talent de l’auteur doit donc être proportionnel à la difficulté de la tache, pour rendre ce personnage crédible dans le rôle du héros romantique ! 

Revenons à Lord Ian MacKenzie. Ian est fou. Ce qui, en réalité, ne veut pas dire grand-chose. Mais si Ian n’est plus dans l’asile où il a passé sa jeunesse, il parait évident à nos yeux de lecteurs que quelque chose ne tourne pas très rond. En fait, je crois que Ian est autiste, mais la notion même de ce syndrome n’ayant été reconnue que dans les années 1940, pour son époque, Ian est juste fou. Heureusement doté d’une famille très puissante, la bonne société tolère plus ou moins ses excentricités. 

Beth, de son coté, est une veuve de basse extraction qui vient d’hériter de la fortune de la vieille dame chez qui elle était demoiselle de compagnie. Après, l’histoire est assez simple, un cliché habituel de la romance. Ian rencontre Beth, il la veut, il la poursuit de ses assiduités, un meurtre et un méchant viennent mettre un peu de bazar dans tout ça et à la fin, ils vivent heureux avec beaucoup d’enfants. Classique. 

Mais à cause de la particularité du héros, j’attendais beaucoup de cette histoire. J’attendais que l’auteur essaye de m’expliquer le point de vue du héros, qu’elle analyse la manière dont il fonctionne dans la société, des explications sur pourquoi l’amour nait entre ces deux-là, et comment gérer leur relation étant donné son caractère forcément particulier. 

Mais rien de tout cela n’est présent dans The madness of Lord Ian MacKenzie, la seule chose qui lie Beth et Ian, c’est une libido surdéveloppée. Chaque description, des sentiments, des souvenirs, des scènes sexy, est faite de manière très détachée, clinique. Ce livre, en fait, manque cruellement de psychologie, et m’a laissée de glace. 

Il s’agit pour moi d’une vraie déception car je gardais en mémoire le souvenir d’un autre livre, Flowers from the Storm de Laura Kinsale, se déroulant an Angleterre vers 1850. Là, le héros, Christian, était lui aussi considéré comme fou. Mais dans ce cas, c’est à la suite d’une attaque qui lui a fait perdre l’usage de la parole, le rend presque sourd et partiellement paralysé. C’est dans l’asile où sa famille l’a fait enfermer qu’il rencontre son héroïne, Maddie. 

Là où, pour Ian, les choses sont racontées avec froideur et détachements, me donnant l’impression d’être un voyeur qui se repait des détails sordides, Laura Kinsale explore avec une grande finesse les méandres du système de « santé » de l’époque, les raisons qui permettent d’expliquer le fonctionnement de l’asile, l’état de la médecine et les théories médicales justifiant les traitements. Si tout cela parait cruel à nos yeux, au moins, dans ce deuxième livre, elles sont compréhensibles. 

Dans la façon de faire comprendre au lecteur le handicap du héros, les conditions sont évidemment différentes. Mais Laura Kinsale prend le temps d’accompagner Christian tout au long de sa « rééducation » - qui ne sera pas miraculeuse, laissez-moi vous le dire, et nous montre comment il apprend à vivre avec les lourdes séquelles de cette expérience traumatisante. 

La comparaison jouant nettement en défaveur de Jennifer Ashley, vous l’avez compris, je ne recommande pas The madness of Lord Ian MacKenzie. Quand à savoir si je recommande Flowers from the Storm… certainement pas si vous n’aimez que les romances fun et légères, à la Julia Quinn. Dans ce cas, passez votre chemin sous peine de traumatisme !

Cependant, si le sujet ne vous effraie pas, et si vous devez choisir un livre de ce genre pour découvrir, alors oui, Flowers from the Storm est pour vous. 

Bonne lecture (ou pas), 
Chi-Chi





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