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12 juillet 2013

Jet, enfin!!!

Comme quoi, il suffisait de demander! Voyez-vous, La Petite Lady devait nous écrire un article, c'est chose faite, et elle est en forme!

(Juste, pardon les gars mais c'est QUOI cette couverture trop moche d'un type qui fait peur là? C'est supposé me faire rêver?? Raté... pas vous?) Enfin bon, passons, on sait déjà que la couverture de romance est un art mystérieux que personne ne maitrise et que ce n'est certainement pas ça qui va me faire acheter un livre! (surtout vu le regard halluciné du jeune homme qui me fixe, vaguement vitreux. Je ne veux pas savoir ce qu'il a pris pour ressembler à ça!)

Enfin bon, c'est les vacances (c'est l'été en tout cas), installez-vous confortablement, prenez un verre bien frais, et venez lire son (long) article à pleurer de rire avec de la science de la romance dedans... 

Chi-Chi

Bonjour, je prendrais bien un Jet (27).

Si jamais je n’avais pas peur du courroux de Chi-Chi, je pense que je m’arrêterai là parce qu’en soit ça résume bien mon sentiment général post-lecture.

Hihihi #paillettes #groupie #lovetatooboys
(non je ne suis pas sur Tweeter mais je gazouille quand même si je veux !)

Mais j’ai bien trop de respect pour Chi-Chi pour lui infliger cet affront, d’autant qu’elle attend relativement patiemment (le fait que je sois en Outre-Mer aide peut-être) cet article depuis une semaine (note de Chi-Chi: UNE SEMAINE??!!! Dis plutôt un mois!). A ma décharge, je dirais que j’ai voulu faire les choses bien: j’ai relu le livre plusieurs fois afin d’en faire la critique la plus juste et la plus fidèle (et récolter quelques citations sympathiques pour agrémenter le tout).

Tout d’abord, braves gens, damoiselles et damoiseaux (rayez la mention inutile), laissez-moi vous faire une confession: je suis une novice totale en matière de romance, mes lectures de prédilections étant plutôt dans le thème polar/héroiquo-fantastique avec histoire d’amour en arrière-plan. J’ai bien lu quelques romances dites classiques (Marc Darcy si tu m’entends), mais avec Rule, je lisais ma première romance directement approuvée/conseillée/validée par les princesses. Fraichement armée d’un Kindle (avec lequel je vous annonce mes fiançailles sous peu, on passe notre vie ensemble faut dire), j’ai décidé de me laisser tenter par Rule (petit prix mais maxi plaisir). Ayant beaucoup aimé Rule, j’ai décidé de continuer sur ma lancée avec Jet.

FAUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUX, pour éviter de mettre Kholer en colère (comment ça elle n’est pas inédite cette blague !?)

Je dois vous avouer: Rule n’était pas ma première romance. Chi-Chi m’avait prêté il y a quelques années le premier tome de la Confrérie de la Dague Noir un jour que je lui vantais en long en large et en travers les mérites de Damon et autres vampires de série (je précise que c'est une des rares fois où j'ai prêté quelque chose que je n'avais pas aimé, mais je n'avais rien d'autre sous la main - C.). J’ai donc lu L’amant Ténébreux et en français s’il vous plait... Je trhemble enchore devant le thalck pour bhébhé, c’est vous dire.
NB: désolée pour les fans de J.R. Ward et pour celles qui ne comprennent pas la blague, mais la confrérie et moi on a clairement pas accroché.

Bref, tout ça pour dire que j’ai lu Jet. (Format ebook / anglais facile) et que je le conseillerai à toutes celles qui ont aimé Rule. Nul besoin d’avoir lu Rule pour lire et comprendre Jet, mais c’est tout bonus pour mieux y apprécier l’histoire sachant que ça se passe après.

Basiquement, c’est un peu le même schéma que Rule et Shaw (le bad-boy et la perfect girl): vous prenez un beau tatoué aux pantalons hyper-slim qui fait de la musique, une belle fille intelligente avec bottes de cow-boys au passé un peu mystérieux qui veut toujours être maitresse de son destin, vous rajoutez des parents totalement honteux qui vous font perdre foi en l’Amour, un frère beau en faire damner un saint voire des seins (jeu de mot honteux mais totalement adapté selon le contexte). Vous saupoudrez le tout d’une attraction physique tellement palpable que nos deux protagonistes sont bien les derniers à se rendre compte qu’ils veulent être
naked together” (ce n’est pas moi qui le dit, c’est Ruuuule). Vous rajoutez des bagues et un drame avec un grand D et hop ça fait une Love Story.

Globalement Ayden m’a un peu saoulé mais heureusement Jet était là pour relever le niveau  Donc je plussoie l’alternance des points de vue!

Ce que j’avais envie de dire à Ayden pour la secouer et la sortir de sa torpeur:
  • Quand Ayden dit “There were too many boys for too many bad reasons” a.k.a “J’ai honte de mon passé parce que j’ai fait pleins de galipettes pour de mauvaises raisons, mais surtout pour aider mon frère en fait”, et qu’elle pense que ça justifie le fait qu’elle doive s’éloigner de Jet. Alloooooo, tu parles de JET, le mec qui a enchainé les conquêtes d’un soir pendant des années ...Qui est-t-il pour te juger là-dessus non mais sérieusement !!! T’es un peu crétine de croire que ça va changer quoi que ce soit, ça va peut-être lui éviter de croire que tu es une petite fleur innocente (cf. la suite), ce qui t’énerve.
  • Quand Ayden a ses pseudo-crises de culpabilités à base de "bouhou si mes amis savaient qui j’étais avant, ils me mépriseraient, bouhou il faut donc que je continue à leur mentir". Allooooo mais apprends ce que ça veut dire le mot AMI. Et puis tu ne parles pas de Mr et Mme Parfaitsoustouteslescoutures, tu parles quand même d’un groupe de hard rock, de tatoueurs professionnels avec un passé... Alors si eux te tournent le dos quand ce ne sont clairement pas des enfants de cœur, ça sera PAS pour ton passé.
  • Et je m’arrêterai là pour éviter les spoilers... mais je peux vous dire que j’ai eu de nombreuses fois un monologue avec Ayden pour qu’elle arrête de se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Non Ayden, tu n ‘est pas indigne de l’amour des gens et ce n’est pas parce que tu n’as pas été un ange dans ton adolescence que toute ta vie les gens vont te tourner le dos!
Jet, Jet, je n’ai pas grand-chose à te dire... Tu es un personnage attachant, assez cohérent de bout en bout et cela malgré des parents complétement indignes !

Puisque ce sont bientôt les résultats du bac de Français (enfin ça l'était quand l'article a été écrit la semaine dernière - C.), je me propose de vous démontrer par a+b pourquoi lire des romances est bénéfique pour la culture stylistique et des champs sémantiques. Cela peut toujours servir si vous arrivez à bout d’argument sur les bienfaits de la lecture de romance... Mais je doute que vous y arrivez un jour.


DE L’ART DES FIGURES DE STYLE AVEC JAY CROWNOVER:

"He tasted like whiskey and the sweetest kind of temptation there was."
Il avait le goût du whiskey et de la plus douce des tentations qu’il puisse exister.
"She tasted like wine and invitation."
Elle sentait le vin et le parfum enivrant d’une invitation. (Et c’est comme ça que les drames traductionnels commencent)

Ceci sont de magnifiques zeugmas : le zeugma est une figure de style qui consiste à lier syntaxiquement deux termes à un verbe (ou adjectif). Ces deux termes sont quant à eux incompatibles et entretiennent un rapport différent avec le dit terme-lien.

Application : poésie réussie avec Jay Crownover.
Grand manitou du genre : feu Pierre Desproges !

"I couldn’t forget that he thought I was just some innocent little flower who shouldn’t be touched by dirty hands."
Je ne pouvais oublier qu’il pensait que je n’étais qu’une innocente petite fleur qui ne devait pas être touchée par des mains moins innocentes.
Ceci est un parfait exemple de la très célèbre figure de style qu’est la métaphore, une figure de style qui associe quelque chose (ici Ayden) à un autre champ sémantique (ici la fleur) afin de traduire/d’illustrer une idée/un sentiment (ici quelque chose de beau, pure et naturel qui ne demande qu’à être protégé).

Quoi que je me questionne encore sur le choix du terme fleur avec l’adjectif innocente, serait-ce un oxymore ironique dissimulé pour véhiculer une toute autre idée, bien moins pure ?

Notons l'euphémisme dans ma traduction.

"This was a kiss that was filled with promise, filled with all the things that had been hot and heavy between us for so long."
C’était un baiser qui était rempli de promesses, remplies avec toutes les choses qui avaient été brulantes et étouffantes entre nous pendant si longtemps.
Ceci est une métaphore filée. La même chose qu’une métaphore mais avec encore plus de mots des champs sémantiques imagés.

On remplit rarement un baiser avec quelque chose de concret. Certes, une fois j’ai rempli ma bouche avec des pâtes, beaucoup de pâtes, vraiment beaucoup de pâtes (Lady D. peut en témoigner) mais m’est avis que personne n’aurait voulu remplir avec moi un baiser. (On ferait beaucoup de choses pour gagner un concours, même ressembler à un hamster).

"You really think I’m about to let you guys roam around this city unsupervised? The female population of Denver would never survive it."
Tu pensais vraiment que j’allais vous laisser parcourir la ville sans surveillance? La population féminine de Denver n’y survivrait jamais.
Nous avons là une hyperbole, figure de style qui met en relief une idée au moyen d’une expression exagérée. Les filles de Denver y survivraient mais leurs nuits seraient surement très occupées.

"Look, I don’t know about love but I am infatuated with him. He makes me smile just being in the same room... [18 lignes] I might be in love with him, but I can’t be."
Écoute, je ne sais pas ce qu’est l’Amour mais je suis sous le charme. Il me fait sourire juste en étant dans la même pièce [AydenesttropamoureusedeJet] Il se pourrait peut-être que je sois amoureuse de lui mais je n’ai pas le droit.
Nous avons là un bon gros mensonge de Ayden. (cf. ce que j’ai dit plus haut) et accessoirement une petite litote (bien qu’elle veuille nous faire croire le contraire) car on sait tous que dans le fond elle veut juste dire: Je suis complétement raide dingue folle amoureuse de lui et je ne peux imaginer ma vie sans lui, mais non elle se contente de dire “Il se pourrait que je sois amoureuse”.

La litote est effet une figure de style qui en dit quelque chose sous une forme atténuée pour finalement en dire plus.

Ayden nous a juste fait la version moderne du célèbre “Va, je ne te hais point”.

NB: Si on poussait plus loin l’analyse, on pourrait presque dire qu’Ayden utilise une sorte de prétérition, figure de style qui consiste à dire que l’on passe sous silence quelque chose alors que finalement on ne fait qu’en parler. Ayden veut nous faire croire qu’elle ignore tout de l’amour... Alors pourquoi nous en donne-t-elle une définition de 18 lignes ? Mais bon, je pousserai Mémé dans les orties en disant ça.

Et c’est loin d’être fini, il y a tout plein de jolies figures de styles utilisées dans la romance. (On me dit dans l’oreillette qu’il y a aussi des moins poétiques, notamment chez J.R. Ward mais ce sont les aléas du style, Hit or Miss), mais c’est tout pour le moment (Lady D. c’est pour toi  aussi).

Je dois avouer que j’aime beaucoup le zeugma et la prétérition. J’aime jouer sur les mots avec le zeugma et ne pas parler des choses tout en parlant avec la prétérition.

Et vous quelle est votre figure de style préférée avec exemple à l’appui tiré d’une romance ?

Dernier point qui m’a un peu chiffonnée... Les descriptions de Jay Crownover sont parfois un peu trop facile à base de :
  • N’importe quel garçon avec des cheveux roses comme les siens aurait l’air ridicule, mais non Rule était magnifique.
  • N’importe quel garçon portant des pantalons si slim aurait l'air ridicule, mais non Jet était SO sexy.
C’est un peu facile, moi aussi je peux le faire :
  • N’importe quelle table avec une telle nappe aurait eu l’air de mauvais goût, mais non, le jaune caca d’oie donnait à cette table un côté irrésistible!
Pour finir, je dirais que nos deux tourtereaux ont souffert non pas des situations complexes dans lesquelles ils ont été amenés à vivre (cambriolage, hospitalisation, tribunal, rupture familiale etc.), mais plutôt d’un manque de quelque chose entre eux... un truc qui commence par un grand C majuscule.

Je parle évidement de Communication !!!

J’ai vraiment l’impression qu’ils se seraient évité pas mal d’ennuis et de rebondissements si Ayden avait été plus honnête ... (ouais franchement je trouve que c’est “tout de sa faute”, mais ne vous méprenez pas hein, je l’aime bien dans le fond Ayden, elle a ce côté dure-à-cuire je-veux-régler-mes-problèmes-toute-seule  que je comprends même si souvent ça ne lui réussit pas)

Donc les ami(e)s, bien que Ursula (la vilaine pieuvre qui torture Ariel, aka moi donc - .C) nous ait dit de pas sous-estimer l’importance du langage du coooorps (ce que nos deux tourtereaux n’ont pas sous-estimé croyez-moi), il faut encore moins sous-estimer importance du langage tout court dans les romances mais dans la vie aussi... C’est la MORALE de notre histoire.

Comme quoi tout est bon à prendre dans cette romance!

A VENIR L’HISTOIRE ENTRE LA DELICIEUSE CORA ET LE NON MOINS DELICIEUX ROME (schéma inversé cette fois, youpi, la bad girl et l’ex-soldat)
#tattoenformedecoeur
  
  
La Petite Lady
 
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5 juillet 2013

Tangled

Puisque Cess m’en a intimé l’ordre via blog interposé (et je vous ai déjà dit que je ne refuse jamais rien à Cess), je vais vous parler de Tangled !
 
Non pas le dessin animé avec Raiponce (qui est excellent au demeurant) mais le livre d'Emma Chase. 
 
Et, parce que pour une fois c’est important de le préciser, ce n’est pas Cess qui m’a recommandé ce livre, je l’ai découvert toute seule comme une grande ! Non mais ! Je ne voudrais pas que vous pensiez que je n’ai aucune volonté non plus.
 
Donc, quand elle m’a envoyé son mail habituel « lis ce truc c’est génial et j’adore »,  cela faisait déjà plusieurs jours que j’étais bloquée à environ 15 % de Tangled. Ce à quoi j'ai marmonné que je ne le sentais pas ce livre, et qu'elle m'a répondu que c'était encore plus génial que Wallbanger. Argument non convaincant vu ce que j'en avais déjà lu mais suffisant pour me pousser à lui redonner sa chance.
 
Et, un accident de la SNCF et 2h40 de retard plus tard, j’avais dépassé ce passage difficile et j’avançais enfin. Pour terminer dès le lendemain.
 
Tangled est donc une romance racontée entièrement du point de vue de l’homme. Et pas n’importe quel homme. Drew est un mec arrogant, macho, jeune loup ambitieux et star montant dans la boite de finance de papa. Non pas qu’il ne mérite pas son succès mais cela lui donne une certain sens du bon droit qu’il aurait à être là. Drew est le mec qui choppe une fille différente tous les soirs de la semaine, ne la vois jamais plus d’une fois, ne la ramené jamais chez elle, n’a jamais eu l’ombre du début d’une relation stable. Et Drew parle au lecteur pour lui expliquer ces petits détails en grandes largeurs, il le prend à partie et veut lui faire partager sa grande science de la psychologie humaine. Masculine en tout cas. 

Drew insiste un peu trop sur ce côté de sa personnalité pour que j’arrive à l’oublier vraiment. Drew commence à raconter son histoire par la fellation majestueuse d’une rousse dont il ne connait même pas le prénom dans les toilettes d’une boite de nuit. 10 minutes avant de rencontrer Kate, son héroïne.
 
Kate qui s’avère être la nouvelle recrue de sa boite et tout aussi brillante que Drew à ce qu’elle fait. Kate qui n’a pas de problème de confiance en elle mais aucune intention de se compromettre en couchant avec le fils du patron (réminiscence de Beautiful Bastard anyone ?) et refuse donc les avances de Drew.
 
Et quand Drew et Kate se retrouvent en compétition sur le même dossier, c’est le début de la guerre des Roses, ce qui commence avec des petites agaceries innocentes dégénère à grande vitesse et devient presque inquiétant.
 
Pour moi, les héros qui se détestent et se tirent dans les pattes, cela me gonfle, pour rester polie. Comme en plus, je n’aimais pas spécialement Drew (existe-t-il vraiment un seul homme sur terre qui soit à ce point un c*** et qui puisse se rattraper assez pour devenir un héros de romance crédible ??), j’étais à deux doigts de simplement laisser tomber quand j’ai reçu le mail de Cess.
 
Je ne vous refais pas mon explication, j’ai repris mon livre (4h30 + 2h40 de train, c’est long) et j’ai continué.
 
Bien m’en a pris, puisque les choses s’améliorent par la suite, et que, sans avoir été renversée par la bouleversante transformation de Drew (comprendre, il attrape « la grippe », il dépérit, il erre de son lit à son canapé, il ne mange plus, ne se lave plus, regarde des films débiles à la télé – en un mot il va MAL parce qu’un homme ne peut suuuuurtout pas admettre qu’il a un cœur et que son petit cœur tout mou a mal), j’ai finalement trouvé la suite de l’histoire amusante.
 
Quand il arrête un peu de jouer au beau gosse plus intelligent que tout le monde, il devient un personnage presque sympathique. Et surtout, il y a Kate. Kate qui est une héroïne comme je les aime, compétente, intelligente, brillante, drôle et en un mot, vraiment super (oui, mon vocabulaire s’améliore de plus en plus à mesure que j’en parle).
 
Donc, passé les premiers 25%, quand Drew se calme un peu, tout va mieux et j’ai encore pu apprécier ce qui rendait Cess si extatique.
 
Drew qui donc, est marrant mais pas à mourir de rire non plus, Kate qui est vraiment au top, et, comme dans toute bonne histoire qui se respecte, toute une ribambelle de personnages secondaires à la hauteur. Alexandre, aka The Bitch, la sœur de Drew, Steven son mari et MacKenzie leur fille qui veut devenir Cendrillon quand elle sera grande, jusqu’à ce que son oncle Drew la convainque que devenir Kate serait quand même bien plus cool (j’avoue, un des meilleurs moments de l’histoire), les parents, les amis, les collègues, les clients indélicats, et j’en passe…
 
Voilà, vous l’aurez compris, Tangled est un bon livre, une romance sympathique, dont l’originalité principale réside dans le fait d’être entièrement racontée du point de vue d’un homme (je précise que l’auteur n’a rien inventé, je me souviens avoir lu un Harlequin dans les années 90 qui faisait exactement la même chose – Harlequin est souvent précurseur dans ces choses-là finalement) et le point de vue d’un homme qui n’est pas particulièrement proche du héros de romance classique.
 
A lire pour passer un bon moment, en s’accrochant pour dépasser le premier quart qui est franchement pénible selon moi, car la suite en vaut la peine !
  
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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28 juin 2013

The Duke's tattoo

Voici encore un livre repéré sur Goodreads, ce temple de la tentation et le pire ennemi de mon budget. 

Le titre à lui tout seul m’a intriguée : The duke’s tattoo, Four horseman of the apocalypse 1
Le tatouage du Duc, Les quatre cavaliers de l’apocalypse 1
 
Jusque-là, rien que de très classique. 

Mais le sous-titre promettait quelque chose de plus drôle :
A regency novel of love and revenge, though not in that order, by Miranda Davis.
Une régence à propos d’amour et de vengeance, mais pas dans cet ordre-là.
 
Nettement plus intriguant ! (pas tellement la promesse de vengeance, mais l'humour qui pointe sur la formulation et qui change agréablement des promesses de drames, mélo et autres sentiments intenses et passionnés qui me fatiguent plus qu'autre chose - ce n'est jamais aussi bon que ce que l'on nous promet - autant ne pas faire de publicité mensongère et les hippopotames seront bien gardés !!!)
 
Pitchons donc :
Miss Prudence Haversham est pharmacienne à Bath. Depuis  10 ans, elle rumine sa vengeance contre le Duc d’Ainsworth, qui l’a compromise alors qu’elle avait à peine 16 ans, la condamnant à une vie en marge de la bonne société où elle est née. Et quand je dis rumine, je veux dire que Prudence a prévu un plan diabolique impliquant un enlèvement, une drogue puissante, un artiste tatoueur chinois et un dessin grivois. Un plan tout ce qu’il y a de plus simple, mais qu’elle ne comptait jamais mettre en œuvre. Jusqu’au soir fatidique où, en visite à Londres, son personnel de maison un peu trop zélé débarque dans son salon avec un Duc drogué sur l’épaule. Emportée (pas par la foule mais par l’émotion), le plan est rondement mené. Sauf que…
 
Sauf qu’il y a eu erreur sur l’identité et que le Duc en question, qui répond pourtant bien au nom d’Ainsworth, n’est pas l’homme dont Prudence se souvient !
 
Fort embarrassée de s'en rendre compte seulement après avoir mené à bien sa vengeance, celle-ci abandonne donc notre homme sur un banc et s’en retourne à ses petites affaires, à Bath. Puis, elle croise très fort les doigts pour que le Duc ne découvre jamais qui est responsable pour le tatouage qui décore désormais une partie fort délicate de son anatomie. Oui oui, vous avez bien compris, non contente de tatouer des hommes inconscients, Miss Prudence Haversham choisit ses emplacements avec un aplomb que n'aurait pas désavoué le plus hard-core de nos bad-boys tatoués, pour les décorer de dessins colorés à des endroits forts improbables. Souffrir par là où on a pêché, tout ça tout ça…
 
Je vous laisse imagine le bonheur du Duc quand il se réveille avec une sacré gueule de bois le lendemain matin, rasé de près là où il n’est pas supposé l’être et avec cette nouvelle décoration… pour le moins embarrassante ! 

Maintenant que Prudence a eu sa vengeance, c'est donc au tour du Duc. Et dans tout cela, pour l'amour, on verra plus tard !
 
Cette histoire m’a fait rire. Mais vraiment rire. Tout est à l’avenant. Du tatouage du Duc jusqu’à la manière dont il va (bien évidemment) retrouver la responsable, de la manière dont Prudence accueille les projets de vengeance de notre Duc, de la façon dont les fameux cavaliers de l’apocalypse sont persuadés de devoir voler à la rescousse même quand on ne leur a rien demandé, des employés qui ne sont jamais zélés quand il le faudrait, aux chiens qui n’impressionnent personne, tout est fait pour amuser la galerie… pardon, le lecteur.
 
Et ça marche ! Prudence est un personnage original, complètement anachronique, mais divertissante. On n’y croit pas une seconde, à cette pseudo-vieille fille à moitié pudique, comme une jeune fille de son temps mais capable d’imaginer une vengeance pareille, exerçant un métier d’homme et ayant des méthodes digne d’un médecin de notre siècle (vous ne trouvez pas cela merveilleux vous comme dans les romances, les héros sont toujours les seuls personnages de toute la société à avoir des idées très avancées sur la médecine, idées qui ne feront pourtant leur chemin que près d’un siècle plus tard, comme l’existence des microbes et leur mode de propagation ou les effets négatifs de la saignée ?) (j’ai toujours pensé que les personnages de romance étaient plus intelligents que le reste de la société dans laquelle ils évoluent).
 
On n’y croit pas une seconde, à ce Duc qui, de retour de Waterloo à deux doigts de l’amputation du bras, se réveille un matin avec un drôle de tatouage et reste étonnement calme, qui finit par guérir en à peine quelques semaines sous les doigts experts de notre pharmacienne (je vous l’ai dit, méthodes médicales révolutionnaires), qui planifie sa vengeance pour ne jamais la mettre en œuvre (elle n’implique pas de tatouage mais des méthodes bien plus traditionnelles), et qui est pathologiquement incapable de dire ce qu’il pense de façon claire, donnant lieu à une série de quiproquos tous plus sots les uns que les autres.
 
On ne croit pas non plus une seconde au style de l’auteur, ampoulé jusqu’à devenir illisible par moments, utilisant un vocabulaire passé et complexe, qui m’a obligé à aller chercher des informations dans le dictionnaire (la honte, cela ne m’était pas arrivé depuis des années) (mais autant vous dire tout de suite que si vous n’êtes pas très bons en anglais vous allez souffrir).
 
On n’y croit pas une seconde mais on s’amuse.
 
A ce point d’ailleurs que je ne pense pas que l’auteur se soit prise au sérieux en écrivant son histoire. Elle semble avoir voulu au contraire écrire une parodie de la romance régence par excellence, empilant les clichés les uns sur les autres pour mieux nous amuser et noyant le lecteur dans une prose fleurie old-school comme on n’en trouve plus beaucoup de nos jours !
 
Alors, sans vraiment pouvoir dire que j’ai adoré ce livre, je vous propose d’y jeter un œil, vous pourriez vous aussi vous surprendre à aimer et à rire de cette romance improbable et décalée, qui vous fera passer un bon moment !
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi

 
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14 juin 2013

Wallbanger

Le livre d’aujourd’hui m’a… surprise.

Je ne l’avais repéré nulle part, je ne connais pas l’auteur, je n’avais pas lu la 4ème, et à part que Cess me l’a collé dans les mains en me disant : c’est drôle, lis-le et dis-moi ce que tu en penses (sans aucune insistance bien sur, mais en mode là maintenant tout de suite alors que je venais de commencer un autre livre), je n’aurais jamais lu Wallbanger d’Alice Clayton.
 
Je suis une fille obéissante, et Cess me fait un peu peur aussi (il ne faut pas la contrarier elle pourrait ne plus me conseiller de livres après - et entre celui-là et Rule, je lui dois deux de mes meilleures lectures de l'année jusqu'à présent), alors j’ai sagement reposé mon autre livre et j’ai lu.
 
Vu le titre et la couverture, je pensais avoir affaire à une romance érotique. Wallbanger, c’est celui qui met tant d’enthousiasme dans son sport de chambre qu’il fait profiter ses voisins du délicieux bruit répétitif d’un lit qui tape contre un mur. Rien que ça. Tout en classe et en subtilité.
 
Raté. Je lis trop de romances, je commence à penser en termes de clichés. 

En même temps, Wallbanger !!!
 
Bien, ce n’est pas une romance érotique, ce n’est pas non plus une romance très classique. 

Caroline vient d’emménager dans son nouvel appartement, parfait sous tous rapports. Si l’on ne compte pas le concert dont son voisin lui fait profiter dès le premier soir. Ah, les joies du voisinage. Caroline est drôlement patiente, et tolérante. Elle attend quelques nuits avant d’aller frapper, furieuse, à la porte dudit voisin, pour lui demander de baisser d’un ton !
 
Bon, je ne vous fais pas un dessin, Caroline et le voisin, c’était mal parti mais cela va très bien finir. 

Je commence tout de suite par le minuscule petit bémol... Si la première moitié du livre est très dynamique, les répliques fusent, les personnages nous font rire et tout se met en place à la perfection, dans la seconde moitié, l’histoire ralentit pour se concentrer sur le développement de la relation entre Caroline et notre mystérieux voisin (ok, il a un nom. Simon.) et le côté piquant se perd un peu dans les torrents d’amour et de tendresse (oui je suis poète aujourd’hui) qui emportent nos héros.
 
Nous avons donc. Caroline qui est drôle, acide et sure d’elle, dans le meilleur sens du terme, amoureuse de son KitchenAid. Clive le chat qui se prend pour James Bond et tente de faire le passe-muraille pour rejoindre son grand amour. James Brown, pas le chanteur. Mimi et Sophia les meilleurs copines. Simon le beau gosse/voisin over sexy et à la hauteur de sa réputation, photographe de métier (même le métier est sexy, je swoone). Jillian et Benjamin. Des échanges de texto à mourir de rire (je me suis étouffée avec un Michoko). Des monologues intérieurs aussi à mourir de rire (même quand Caroline s’écoute un peu trop parler, elle reste drôle – elle se prend un peu pour Ana avec sa déesse intérieure parfois  mais je lui pardonne). Le Dr. Ross aka Georges what else ? Une couverture afghane (pas le pays). Un grooos objectif. Non pardon, je n’ai pas le droit de parler comme ça. Etiquette, princesses, tout ça. Je m’égare… 
 
Je disais donc, entre la trêve instaurée de manière bien précaire, les amis qui s’en mêlent, du pain à la courgette (jamais gouté mais ça à l’air bon en fait… enfin surtout si j'en crois les réactions de Simon) un séjour au lac Tahoe, dont plus de la moitié passé à boire dans un jacuzzi, des flots de vin, un pull irlandais, re-un voyage, en Espagne celui-là, des orgasmes culinaires, le soleil au bord de la mer (ahhhh le soleil… la mer... les vacances... j'en rêve là...), et un O (pas Oprah, non, l’autre, que la décence m'interdit de nommer) qui a disparu, la relation progresse petit à petit…. Pour finir dans un feu d’artifice de farine et de marmelade d’orange. Oui, certaines personnes ont des gouts particuliers, il ne faut pas juger. Je n’ai pas dit ce qu’ils en faisaient (non ce n’est pas ce que vous pensez).
 
Là où j’ai été vraiment surprise, c’est par la liberté de ton de l’auteur qui parle de sexe en appelant un chat un chat sans tomber dans la vulgarité. Une manière de parler qui m’a semblé aussi proche que possible de la manière dont on parle vraiment du sujet de nos jours. Jusque dans la question de ce fameux O perdu, et de la manière de le retrouver (non je n’expliquerai rien, allez lire et puis c’est tout) (na). Ton qui est en soi une innovation déjà suffisante pour que je sois toute vendue à la cause de ce livre (est-ce que cette phrase veut seulement dire quelque chose ? Je n’ai pas les idées très claires…). Ce qui fait que c’est pour moi une romance qui rentre un peu difficilement dans les petites cases des codes de la romance. A mi-chemin entre érotique et classique, et réussie, voilà ce que je peux vous en dire. Et la petite touche finale du dernier chapitre où j’ai carrément pleuré de rire. Je dis ça, je ne dis rien… Rien de plus en tout cas ! 
 
Bref. Le titre, la couverture, même la 4ème de couverture, nous font de la publicité mensongère. Mais ce n’est pas pour me déplaire et là, telle que vous me lisez, j’ai déjà mis la main sur les deux autres livres de l’auteur. Il faut battre le fer quand il est chaud (aucun rapport), j’ai envie de continuer à rire !
 
 
Alors merci, Cess, et bonne lecture à vous !
Chi-Chi
 
PS : On me souffle à l'oreillette qu'il s'agirait encore une fois d'une fanfiction de Twilight. Ce qui explique la tendance à la déesse intérieure hélas, si l'on marque l'étape par Fifty shades... Je vais vraiment devoir faire plus attention, nous sommes envahis mes amis ! 

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10 mai 2013

Rule

Aujourd'hui, je vous parle de Rule, de Jay Crownover. Encore une nouvelle pas traduite et seulement en format ebook… Vous allez finir par croire que je vous en veux mais ce n’est pas de ma faute, cette fois, c’est celle de Cess ! Elle m’a promis des papillons dans l’estomac, et la denrée se fait rare ces jours-ci, du coup j’écoute n’importe quoi (enfin n’importe quoi… je me comprends ! Si vous voulez me recommander quelque chose n’hésitez pas surtout, de toute façon je n’en fais qu’à ma tête – celles qui essayent de me faire lire J.R. Ward depuis des années peuvent en témoigner) !

Je disais donc, c’est de la faute de Cess, elle n’avait qu’à pas me donner envie de lire une romance Young adult avec un héros percé et  tatoué (et tatoueur d’ailleurs – à la description de ses tatouages et autres piercings, je ne suis pas sure que j’aimerai tout, mais le point de vue réellement artistique sur la transformation du corps est intéressante à lire, et dépasse les clichés que l’on trouve souvent en la matière, surtout pour nous français qui voyons encore trop souvent le tatouage comme quelque chose de négatif – ici c’est vraiment un art mis en valeur et décrit par une auteur qui sait de quoi elle parle !).
 
Rule (non mais sérieux, c’est quoi ce prénom ??!) est donc notre héros. C’est un écorché vif, il a 23 ans, et ne se remet pas du tout de la mort de son frère jumeau trois ans plus tôt. Il se noie dans l’alcool, le sexe et les tatouages, cliché over-usé du bad boy de série B. Sauf le dimanche. Le dimanche, Shaw (euh, là aussi, le prénom ?? On pourrait avoir une Marie-Caroline un de ces jours, ce serait presque plus original finalement…), la meilleure amie de son frère se pointe. Celle que sa famille a quasiment adopté et dont elle pense secrètement que c’était plus que la meilleure amie mais chut, on n’en parle pas. Le dimanche donc, Shaw vient le trainer par sa crête iroquoise pour l’obliger à aller bruncher avec ses parents.
 
Je vous laisse imaginer le tableau d’une Shaw de très bonne famille, blonde, riche et bien propre sur elle, avec notre bad boy de service. Qui a dit cliché déjà ? Certainement pas moi…
Shaw est un peu plus jeune, elle est encore étudiante, veut devenir médecin, se plie en 27 pour obtenir l’approbation de ses propres parents et compense avec la relation adoptive qu’elle a aux parents de Rule.
 
Voilà pour les personnages.
 
L’histoire maintenant ? On ne peut plus classique… 

Shaw est en fait amoureuse de Rule depuis la première seconde où elle l’a vu, elle n’avait que 14 ans. Remy, le frère jumeau décédé, était réellement son meilleur ami, son protecteur. Mais Shaw est aussi une fille intelligente. Lucide. Elle sait très bien que Rule ne regarderai même pas dans sa direction, qu’il croit qu’elle était la copine de son frère. Et surtout, qu’elle est plus jeune, qu’elle est trop riche, trop proprette, trop parfaite, et peu importe finalement ce qu’elle pense réellement derrière cette apparence de perfection du moment que cela colle bien avec l’image que le monde attend d’elle. Parce que Shaw est persuadée que, malgré les années, Rule ne lui adresse la parole et ne continue à rester poli que par fidélité à son frère et non pas par affection envers elle. Les brunchs du dimanche sont donc un grand moment familial, entre la relation de ces deux-là et l’ambiance plus que tendue entre Rule et ses parents qui n’approuvent ni son look, ni sa carrière, ni son style de vie, ni le fait qu’il ne soit pas mort à la place de son frère…
 
Jusqu’au dimanche de trop… Jusqu’à la dispute de trop qui fait voler en éclat le status quo et remet en question l’équilibre fragile entre nos héros…
 
Comme vous pouvez le constater, aucun cliché à l’horizon, vraiment ! Mais ne vous laissez pas intimider par ces stéréotypes à répétition. Rule et Shaw ensemble, c’était improbable à première vue, sauf dans cette jolie petite romance qui a décidé de prendre absolument tous les clichés de la jeune fille riche et du bad boy (ok, il n’est pas pauvre) et de bien secouer tout ça pour donner une histoire que je n’ai pas réussi à lâcher. Le terme jolie petite romance est donc totalement inapproprié, ce n’est pas joli. C’est intense. Rule ne fait pas semblant d’être torturé ou sacrément abimé, c’est une cocotte-minute en permanence sur le point d’exploser et il a en face de lui une gentille petite fille qui n’est finalement pas si gentille que ce qu’elle veut bien laisser croire, et qui n’a aucune intention de se laisser marcher sur les pieds sous prétexte qu’elle est amoureuse !
 
Je ne vous ne dit pas plus, il y a bien une petite intrigue autour de l’ex de Shaw, l’amorce de la suite (annoncée pour fin mai et j’attends ça avec impatience) avec la coloc’, mais vraiment, ce qui nous intéresse ici, c’est de voir ces deux-là apprendre à se parler, et à assumer qui ils sont, à laisser tomber les masques et à s’accepter.
 
Petite précision que j’ai particulièrement apprécié : le livre est construit avec une alternance de chapitres du point de vue de Rule et du point de vue de Shaw, je ne sais pas pour vous mais plus ça va, plus j’aime avoir un regard sur ce qui se passe dans la tête du héros autant que de l’héroïne !
 
Je vous laisse donc avec les instructions pour la prochaine fois : super livre, vous pouvez aller le lire ! (Si vous cherchez des infos en plus, vous verrez de très nombreuses critiques par rapport aux coquilles dont le livre est semé – juste pour signaler que la version en vente actuellement a été éditée et corrigée depuis et que si il reste quelques coquilles, c’est sans commune mesure avec le bazar antérieur !)
 
  
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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26 avril 2013

Neanderthal seeks human - A smart romance

(Scroll down for english)

Neanderthal seeks human, A smart romance de Penny Reid. 

Smart romance? Neandertal (oui, j'ai découvert qu'en français il n'y avait pas de H, on en apprend tous les jours...)? Voilà qui devait suffire à m’intriguer! Parce que ça veut dire quoi une romance intelligente ? Que toutes les autres n’en sont pas ? Voilà qui méritait d’être examiné de plus près non ? Quand à ce Neandertal, c’est vrai que le héros de romance est souvent un archétype de l’homme des cavernes quand il rencontre sa dulcinée – ce fameux alpha dont certaines sont si friandes… Mais quand même, le terme est un peu rude non ?
 
Je vous rassure tout de suite, le Neandertal ici, ce n’est pas le héros mais l’héroïne, comme Janie ne manquera pas de l’expliquer au héros au cours d’une conversation aussi mythique qu’improbable.
 
Remettons les choses à leur place. Neanderthal seeks human est le tome 1 d’une nouvelle série, un ebook publié exclusivement en format kindle, autant dire que je ne cherche pas à vous faciliter la vie aujourd’hui et vous m’en voyez désolée ! (si vous n’avez pas de kindle mais une tablette, il existe une application kindle que vous pouvez télécharger, et si vous n’avez pas de tablette, l’application marche aussi sur téléphone et sur ordinateur) (je fais des efforts, je vous assure) (ce n’est pas de ma faute si on me met entre les mains des livres bien)
 
Ceci dit, Janie est un peu spéciale. C’est une fontaine d’information avec une mémoire photographique. Vous voulez savoir quelque chose sur les modes de reproduction des baleines dans l’antarctique, les normes sociales au sein de l’entreprise (pas si faciles que ça à mettre en application), les méthodes de culture de la fleur de tiaré en Polynésie, ou tiens… les codes de séduction de l’homme de Neandertal… Janie est votre femme !
 
Janie a d’ailleurs du mal à tenir une conversation sans se sentir obligée de placer un ou deux ou vingt-cinq de ces informations fascinantes, conséquence de sa nervosité. Enfin, nervosité. Aux yeux du monde, elle est juste étrange, un peu distante. Mais l’histoire étant écrite à la 1ere personne, nous savons que c’est de la nervosité. Les mécanismes de fonctionnement du cerveau de Janie sont assez fascinants, elle a cette méthode très efficace pour gérer les émotions indésirables : il suffit de se visualiser en train de les emballer soigneusement dans une petite boite, on les range dans un carton, dans un grenier, dans un petit coin de son esprit fermé à clé, et hop, tout va mieux !
 
D’ailleurs, quand commence notre histoire, Janie a attaqué la journée en découvrant que son fiancé la trompait. Ce qui fait que, comme elle vivait avec lui, elle se retrouve sans toit, et que comme c’est le père dudit fiancé qui lui avait dégoté son travail, elle se retrouve aussi sans emploi (et peu importe qu’elle fasse bien le travail en question).
 
Une bonne journée parmi d’autres…
 
Et pour couronner le tout, c’est notre héros, qu’elle ne connait encore que de vue, et qui répond au surnom de Sir Handsmone McHotpants (autant dire qu’il y a du niveau sur l’échelle de Hugh Jackman – oui, ça faisait longtemps que l’on ne vous en avait pas parlé de celle-là), qui est chargé de l’escorter à la porte séance tenante !  Seulement voilà… Sir McHotpants (aussi connu sous le nom de Quinn Sullivan), n’est en fait pas vraiment garde de sécurité, et il fait à Janie une proposition qu’elle ne va pas pouvoir refuser.
 
Je m’arrête là pour la suite des évènements, lire le livre (je suis horrible avec vous, je sais, toutes mes confuses…), vous n'aurez pas le choix !
 
Le lire parce que c’est drôle, parce que l’auteur a vraiment une plume assez unique, et un regard sur son héroïne qui détonne. Notre héroïne de romance type est souvent charmante, mignonne. Cliché, quand tu nous tiens, elle a des manies mais ce sont des choses supposées la rendre plus attachante aux yeux des autres.  Janie n’est pas charmante, elle est bizarre. Mal à l’aise en société. Pas godiche mais distante, un peu froide. Le lecteur s’en rendra assez peu compte parce qu’il voit tout à travers son regard, mais rien ne semble jamais vraiment l’atteindre et même notre héros est le plus souvent gardé scrupuleusement à distance. Pour une fois, pas de « tu es l’homme de ma vie alors pour tes beaux yeux sexy je vais complètement changer de personnalité et prendre l’habitude de te faire partager la moindre de mes pensées ». Par contre, on aura bien droit au classique « tous les hommes se retournent sur son passage, ô sublime déesse pulpeuse à la chevelure de feu, mais elle reste parfaitement inconsciente de son charme et se compare à un homme de Neandertal ». Oui, on ne pouvait pas tout avoir hélas.
 
Il y a donc une belle dose de clichés que je pardonne à l’auteur, parce la plupart du temps, elle les utilise à son avantage. En comparant son héroïne à un homme de Neandertal par exemple. Avec un Quinn se vexe comme un pou quand Janie lui explique qu’un homme « comme lui » ne pourra jamais sortir avec une femme « comme elle ». Parce qu’il est évident pour notre héroïne que Quinn est un 10 quand elle est un 6, lui comprend exactement le contraire, et sa réaction (ou plutôt l’absence totale de compréhension de sa réaction - je sais faire des phrases simples moi, surtout à ces heures indues où j'écris... - dont fait preuve Janie) est hilarante.
 
Vous l’aurez compris, ce n’est pas un livre parfait. Le twist avec la sœur de Janie, pitié, et puis cette scène finale de sauvetage – oui il y a un sauvetage de demoiselle en détresse, parfaitement – où tout se résout comme par magie mais nous autres pauvres lecteurs sommes laissés dans l’ombre sur un certain nombre de détails, complètement en décalage avec le reste de l’histoire. La manière dont Janie traite ce qui lui arrive dans la boite de nuit m’a dérangée également. Mais… 

Mais c’est bien raconté, avec un ton léger et amusant, une perspective originale et assez de mordant pour me faire rire au lieu de me faire lever les yeux au ciel devant ces clichés et je vous le conseille donc. Quand aux raisons qui font que c'est une "smart" romance, je ne suis pas plus éclairée... Peut-être parce que Janie est hautement intelligente? Sinon je ne vois pas trop. De toute façon toutes les romances sont intelligentes, sinon les princesses n'en liraient pas, non?

Enfin, ce n’est pas encore la saison mais c’est presque une lecture de plage ! Allez, une lecture de dimanche après-midi allongée dans l’herbe !

 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 


Neanderthal seeks human, A smart romance de Penny Reid.

Smart romance? Neanderthal? This was enough to catch my attention. Because, really, what does a smart romance mean? That every other romance isn’t smart? It deserved closer examination. As for this Neanderthal thing, I will admit that most romance heroes tend to act like cavemen as soon as they meet the one, but didn’t it seem a bit harsh?

Don’t worry people; Neanderthal here applies to the heroine and not the hero, as will be explained in a completely incongruous and incredibly funny conversation, by said heroine to the hero.

Let’s put things back in their place. Neanderthal seeks human is the first book in a new series, published only in eBook. Yes, you can say it; I did it on purpose to make your life more complicated! But have no fear, for there is a wonder called smartphone application, computer and plenty of other devices made to help you here. And don’t blame me if I want to share good books with you, nothing good ever came without a price!

That being said, our heroine Janie is a bit weird. She does know everything you ever wished to know (thanks to her photographic memory), about whales reproduction cycle in the Antarctic, social standards at work (knowing and applying being very different here), methods to cultivate flowers in Polynesian islands, and of course, seduction methods amongst Neanderthal civilization!

But Janie also has a very hard time with regular conversation, she will feel the need to provide one or two or fifty such information at any time, thanks to a serious case of bad stress. Well, stress… To an outsider eye, she will just seem strange, a bit cold, but since the story is told from her point of view, we are aware of that particularity. The wonders of Janie’s brain are also incredibly efficient in helping her deal with any uncomfortable feeling: she just visualizes herself wrapping them neatly in a little box, putting the box away in a corner, closing the door and voila, by a little twist of a key, it went away…

As it happens, when our story starts, Janie began the day by finding out that her long time fiancé cheated on her, making her homeless (how strange that she doesn’t want to keep on living with him, really…) and jobless (consequence of job being acquired through said fiancé’s father) (and really, who cares that it’s been years and that she can actually DO the job?).

A day like any other day, a good day you might even say…

But no, it wasn’t enough, to top it off, it’s our hero (Janie only knows him from afar but he answers to the wonderful nickname of Sir Handsome McHotpants - that is to say, he must be very high on our famous scale from zero to Hugh Jackman) who's given the mission of escorting our heroine out of the building. And there is the element of surprise: Sir McHotpants (aka Quinn Sullivan), is not who he seems to be. And he will make our heroine a proposal that she really can’t refuse…

I will not say another word on the subject, and you just will have to read the book (I know, I’m awful to you, I deeply apologize).

You have to read the book because the author has a unique voice, unlike what you can find in most romances these days, it’s refreshing and her heroine is most unusual. Usual romance heroine? Cute. Quirky maybe, sometimes, but her defaults have to be cute. Cliché is our friend, and I love it, but it can be tiring sometimes. Janie is not cliché, she is weird. Cold even. Uncomfortable with regular social interaction. Never awkward, more aloof. As a reader, we will not see her this way, but we will realize it slowly, through the book.

Strange she is and strange she will remain. No “You are my handsome hero and by the magic of your pretty eyes I will suddenly change my whole personality and share every single one of my thoughts and feelings with you”. Everyone is kept at a distance, and Quinn will be no different. If anything, I like the consistency of it! Well, there is the cliché of “Ye beautiful goddess with a flaming hair, every man looks back at you but you never saw it and compare yourself to a Neanderthal”. But the book couldn’t be perfect.

I won’t lie; there are clichés in this book. But the author manages to always use them to her advantage. By reversing the roles and comparing the pretty girl to a Neanderthal for example. With a hero absolutely outraged by the notion, believing that he is referred to as said Neanderthal. Because, obviously, he is a 10 and she is a 6 at best. And because he obviously understands exactly the contrary and his reaction made me laugh out loud!

There are a few things I didn’t quite like. The storyline with Janie’s sister was a bit rushed, the final “saving the damsel in distress” scene was completely over the top and I didn’t really understand how everything came to be, and I was bothered by the way Janie reacts (or doesn’t react more) to what happens in the nightclub. So details were skipped over to fast and I would have liked to understand more of them.

And yet, having said that, the story is great, the style is light and funny, the point of view is different, and the humor is sarcastic enough to make me laugh instead of roll my eyes when facing one of those clichés! As for what makes it a smart romance… I really don’t know. Maybe because Janie is so smart herself?

Does it really matter? I believe that every romance is a smart one anyway, otherwise, why would we be reading them!

I know the season is not upon us yet, but this is a wonderful summer beach read. Or a Sunday garden read, for now!

Enjoy, 

Chi-Chi
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18 février 2013

Twelve days

Ce livre n'est pas vraiment d'actualité. Je sais.
Il parle de Noël. Je sais.

Mais parfois les hasards du calendrier font qu'on ne décide pas de tout. Et puis c'est un bon livre à lire pendant l'hiver et je n'arriverai pas à me retenir jusqu'à l'année prochaine.

Mrs. Miracle a été chroniqué par Chi-Chi au beau milieu du printemps. Alors si j'ai l'aval implicite de la maîtresse de l'étiquette, je peux bien vous parler de Twelve Days de Teresa Hill (sur recommandation de Pirouette, commentatrice émérite de ce blog, et grande spécialiste des questions britanniques).

Sam et Rachel sont mariés depuis plus de 10 ans. Mais des problèmes sérieux de couple les ont éloignés. Le couple voulait des enfants, mais après des années de tentatives infructueuses, ils ont finalement renoncé à avoir un enfant "biologique" et se sont tournés vers l'accueil d'enfants aux familles "perturbées". Or après plusieurs années idylliques en compagnie d'un petit garçon parfait, ce dernier le leur a été repris ce qui a totalement brisé Rachel et l'a plongée dans une dépression assez ardue. Sam a pris de la distance. Et alors que Noël arrive, Rachel le surprend en train d'organiser son départ.

Entre alors en scène la tante de Rachel, travailleuse sociale de son état. Elle se présente au domicile du couple avec une ENORME faveur à demander:
Une ado, un petit garcon de 5 ans et un bébé.

Rachel veut dire non. Myriam (la tante) insiste. Rachel dit oui.

Et voilà les trois bambins parachutés dans une maison où le silence régnait.

Malgré la douleur et la peine que leur présence lui procure (elle se fait des flash-back d'avant), et malgré son mariage au bord de l'implosion, elle a décidé de faire en sorte que ce Noël soit le meilleur possible pour ces trois enfants qui clairement ont plus de problèmes qu'elle (qui a une famille aimante, et qui, jusqu'il y a peu, avait un mari aimant aussi).

Sam de son côté, joue le jeu, sans trop vraiment le vouloir. Mais il sait qu'il va partir, et ce n'est que pour quelques jours...

Dans la vraie vie, dès le 28 décembre, Myriam serait passée récupérer les enfants, les aurait placés en foyer/famille en attendant de savoir d'où ils venaient et pourquoi leur mère les avait laissés dans cette chambre d'hôtel ou ils ont été retrouvés (oui, je vous vends du rêve). Sam et Rachel se seraient séparés et la vie aurait continué.

Mais nous sommes en romance.

Le silence dont je vous parlais un peu plus haut, c'est la véritable maladie dont souffre notre couple. Depuis le départ de celui qu'ils considéraient comme leur garçon, ils n'avaient jamais parlé. Rachel s'est drapée dans sa souffrance (normal) et Sam s'est concentré sur le travail, en restant silencieux.

L'arrivée des enfants provoque un déclic chez Rachel, et progressivement la voilà qui recommunique, alors même qu'elle sait que Sam a décidé de partir.

Communication. C'est très souvent cela qui me fait hurler au scandale dans une romance. Trop souvent les auteurs nous imaginent des situations abracadabrantesques. Et encore plus improbable, elles arrivent à faire en sorte que leurs héros les surmontent. 

Moi je veux bien, mais sans communication, point de salut. Même si l'auteur voudrait bien le contraire.
D'ailleurs c'est ce que prouve Teresa ici. Certes, il est fort probable qu'un problème aussi profond que la gestion du deuil dans un couple ne puisse réellement se régler en 12 jours. Mais c'est bien moins improbable que ces situations où les héros finissent ensemble alors qu'ils refusent de se parler sur qui ils sont et ce qu'ils attendent de la vie (non, je ne suis pas frustrée par ce livre dont je ne prononcerai le nom!).

Ainsi, si d'aventure lire un livre en décalé sur le calendrier ne vous fait pas peur, cette romance de réconciliation nous prouve que parfois, parler c'est vraiment la solution à tous les problèmes.

Certes, ils y aura une histoire parallèle avec les enfants. D’où viennent-ils? Qui sont-ils? Et puis il y aura Noël aussi... Mais Sam et Rachel sont au centre, et c'est mieux comme ça.

Toutefois, comme il n'est pas bon de ne faire qu'un tableau parfait. J'ai aimé cette histoire, mais la rencontre m'a manqué. Vous savez le "oh, tiens c'est toi? swoooooonnn"...
Je suis faible, je sais.

Bonne lecture,
Tam-Tam
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11 février 2013

Un marquis pour l'an 2000

Jeanne, la créatrice de la maison d'édition Laska, est une amie de la romance de longue date. Si bien que Romance Laska, son petit bébé aux romances 100% francophone, nous le surveillons depuis longtemps avec Chi-Chi, telles deux marraines ébahies.

Nous vous en avons parlé l'année passée, à l'occasion de son concours de nouvelles (qui est renouvelé cette année d'ailleurs). Aujourd'hui, c'est un honneur pour moi de vous faire la chronique de "Un marquis pour l'an 2000" de Manon Montauran, sur lequel je me suis jetée dès la sortie.

D'une part parce que le synopsis avait tout pour me plaire, mais aussi parce que la romance francophone, c'est une rareté qu'il faut soutenir! Je vais me permettre une petite parenthèse avant de continuer sur le marquis. Pourquoi une rareté? Car les maisons d'édition "traditionnelles" (Harlequin et J'ai Lu par exemple) publient majoritairement (pour ne pas dire exclusivement) de la romance anglophone traduite.

Ce qui explique notre intérêt pour le marché VO, notre appétence sur les dernières sorties mais aussi la frustration de certaines lectrices quant au rythme de traduction et sa qualité. Mais je m'égare...

La romance, sauf exception, est bien souvent une affaire qui se passe aux États-Unis, sous la régence anglaise, au far west, ou dans la zone B75 de la troisième galaxie Tron du système oméga...

Ainsi, une initiative comme celle de Jeanne mérite mes applaudissements et quelques heures de sommeil en moins (oui, parce que nous sommes le 4 février, que le roman dont je m’apprête à vous parler est sorti le 31 janvier et que je crois que la procrastination est partie en vacances ^^). Mais revenons au marquis...

Notre histoire ouvre ses portes en l'an de grâce 1999, Charlotte Vignaud vient d'arriver sur les terres de Marie-Louise de Saint-Méléant. Cette dernière veut la charger d'une mission, trouver ce qu'il est advenu de son arrière-arrière-arrière.....arrière grand neveu, libertin et Marquis de Kervalec, disparu en pleine Révolution.

Charlotte (qui est donc généalogiste) accepte malgré les réticences. En effet, elle sait qu'elle n'a que peu de chance de trouver la moindre trace du-dit neveu et ne souhaite pas donner de faux espoirs à la vieille dame.

Mais la Bretagne a ses charmes, son employeur possède des boites entières de correspondance, un château en "presque ruines", et un compte en banque qui assure à Charlotte l'arrivée d'un salaire. Charlotte s'attendait à beaucoup de choses, sauf peut-être à tomber sur Benjamin, en chair et en.......draps.

Sur un lit à baldaquins trônant dans une chambre richement meublée (dips sur le Fragonnard au mur), gît un superbe spécimen de la gente masculine: grand, châtain, un dos magnifique, un sourire séducteur... Monsieur prétend s'appeler Benjamin, marquis de Kervalec.

Charlotte croit à une blague, une caméra cachée, un tournage de film, un perte momentanée de la raison... Tout plutôt que l'impossible, à savoir que Benjamin est bien le marquis de Kervalec, et qu'il a même le jargon fleuri, le sourire de libertin et le trésor caché pour le prouver.

Notre marquis pour l'an 2000 nous est conté du point de vue de Charlotte (comprendre, le roman est à la première personne). Et si Chi-Chi a ses pet-peeves, j'ai moi aussi mes bêtes noires et autres éléments qui contrarient ma lecture et me font froncer les sourcils.

Comme je ne suis qu'amour et envolées de poneys à paillettes, le froncement de sourcils est souvent là en "anticipation" de la "fausse bonne idée". Un peu comme quand on ouvre un livre et qu'on flaire le coup fourré dès la page 16 avec héros pourri au costume chatoyant, une énième héroïne TSTL, des courgettes hallucinogènes ou une barbie safari.

Fort heureusement pour mon petit cœur et pour vous, bien souvent, nos auteurs relèvent le défi, mon front se décontracte, et je me retrouve à marteler religieusement mon clavier à la gloire du dieu paillettes, au génie du héros sexy et vous invite à vous procurer le livre au plus vite.

Lire un livre en "JE", chez moi c'est prendre ce risque et permettre à l'auteur (ou pas) de me montrer que passer en partie à coté du point d'un des deux points de vue (ici, celui de Ben) est tellement bien mené que je profite de l'histoire.

Je suis ravie de vous annoncer que "Un marquis pour l'an 2000", passe l'épreuve! (yeah) En plus l'auteur a eu la douce idée de faire une histoire de time travel, qui vous le savez, est un genre que j'affectionne tout particulièrement (l'équation du plaisir étant Jamie, ou l'histoire d'un mariage arrangé en time travel). L'auteur a réagi il y a quelques jours sur le blog de Jeanne en expliquant qu'elle pris avait en référence le "Vint un chevalier" de Jude Deveraux. Perso je déteste. Mais son histoire à elle, j'ai aimé et j'ai presque regretté qu'elle ne soit plus longue!

Que demander de plus?

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
   
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14 janvier 2013

The Duchess War


... Ou comment je me suis fait un marathon Courtney Milan en un weekend!

Car après la série des Carhart et des Tuner, voici enfin venue la nouvelle série de l'auteur: les frères Sinister. Et je peux vous dire que si l'attente fut longue (pour une addict comme moi, l'attente est toujours trop longue avec les bons auteurs), la qualité fut au rendez-vous.

Tout a commencé par une nouvelle intitulé "The governess Affair".

Notre livre s'ouvre sur une discussion animée entre le Duke de Clermont (un fiéffé s*****ard) et Hugo Marshall, son "conseiller financier" en quelque sorte. Il est question de la nouvelle femme du Duc, du fait que cette dernière n'est pas satisfaite par la tournure de son mariage, et que cette dernière tient fermement les cordons de la bourse. 

Ce qui contrarie quelque peu les plans de son mari, qui se voyait bien dilapider sa fortune en femmes de mauvaise vie et autres parties de débauche... D'ailleurs en parlant de débauche, un jeune fille attend patiemment dans le vestibule pour faire entendre sa voix. Car, à trop se concentrer sur son plaisir, il semblerait que le Duc en ai oublié le sens du mot "NON", et Serena demande à présent réparation. Et comme à l'ordinaire, voilà Hugo chargé de "s'occuper du problème"...

S'ensuit bien entendu une nouvelle tout à fait délicieuse où notre "conseiller financier" va devoir faire face à bien plus qu'une simple gouvernante et faire des choix... compliqués.

Je ne vous en révèle pas plus, mais sachez qu'à la fin, nous découvrons le héros du premier tome de la nouvelle série et fils du Duc de Clermont.

Fort heureusement pour mon petit coeur qui aurait du lutter contre une violente envie de pulvériser de ma force herculéenne mon pauvre kindle (qui n'y aurait pas survécu), Clermont père n'est pas dans ce livre. Ou si, mais mangeant les pissenlits par la racine. Et dans "The duchess war", c'est Robert qui a désormais la lourde responsabilité du titre.

Très conscient de l'immonde ordure qu'était son père, ce dernier a réalisé il y a bien longtemps que son titre de Duc lui donnait la quasi-immunité. Sauf qu'au lieu de s'en servir pour être un égoïste patenté, il a décidé de redresser les torts commis par son papounet.

Ce qui explique sa présence dans le Leicester (cette fameuse contrée de l'Angleterre dont tout francais écorche la prononciation au moins une fois) où son père avait une usine textile. Autant dire que les ouvriers ne nageaient pas dans la béatitude et le bonheur du travail bien fait.

Qu'à cela ne tienne, Robert les libérera du joug de l'oppresseur en attisant le feu de la révolte chez les travailleurs (pour cette phrase, je m'inspire très largement des discours d'Arlette, aussi veuillez excuser mon ton enflammé, héhé). En plus comme il est Duc, jamais personne ne le soupçonnera.

Car Robert veut sauver
un peu le monde entier, mais il ne veut surtout pas blesser des innocents dans la foulée. Si bien que lorsque la jeune (enfin, plus si jeune que cela) Wilhelmina Pursling vient tempêter chez lui un beau jour en l'accusant de lui créer des ennuis avec ses activité révolutionnaires, il est surpris et reste quelque peu désarçonné par l'esprit de déduction de notre héroïne (il ne croyait pas être aussi transparent). 

Sous son déguisement de petite souris sans saveur qui vit chez ses grand-tantes, s'habille dans des tons sombres et porte d’épaisses lunettes, se cacherait une tout autre personne. Et au-delà du fait que Robert souhaite blanchir la réputation qu'il a entaché sans le vouloir, tout en continuant à lutter dans l'ombre pour la classe ouvrière, il est intriguée par Miss Pursling et son passé. Par le fait qu'en public, elle semble disparaitre alors qu'en privé, des éclairs lui sortent des yeux lorsqu'elle est contrariée...

Et j'aime bien quand un héros est intriguée par une jeune fille mystérieuse. On veut en savoir plus. Et ce que l'on veut surtout savoir, c'est comment nos héros vont gérer les multiples secrets dans lesquels ils sont impliqués. 

Ici, la gestion, c'est avec fracas qu'elle se fera. Les répliques fusent et mes éclats de rire ont fait hausser plus d'un sourcil. J'ai presque retrouvé les fous-rire que j'ai parfois avec Julia Quinn. Ce qui, sur une histoire aussi grave que celle-ci (il est quand même question de révolte ouvrière et d'arrestation) est une grande réussite. Bien entendu, à force de croiser le fer verbalement, nos héros vont se découvrir (et plus si affinités...) et faire face ensembles aux conséquences de leurs actes passés (comment je ne vous dit rien et je vous appâte, je suis éblouie moi-même).

Le premier roman de la nouvelle série confirme que Courtney Milan maitrise son histoire à la perfection. Et en voyant apparaitre le mot fin, j'étais triste de voir partir mes héros.

J'ai soigné ma peine avec la dernière nouvelle sortie en date "A kiss for Midwinter", celle qui raconte l'histoire de Lydia Charingford, la meilleure amie de Miss Pursling, et d'un médecin qui a de la suite dans les idées...

Fort heureusement, Courtney annonce la sortie du tome 2 de la série dans la première partie de l'année... Je vais retenir ma respiration jusque là.

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

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24 octobre 2012

On édite des livres à Vera-Cruz

Hello hello, c'est mercredi ! 
Et mercredi, je ne fais pas de blague pourrie. Non mercredi je travaille comme une pauvre malheureuse, et je travaille trop. Mais je ne vous oublie pas malgré tout, non non, jamais. Sauf quand il est mardi soir, une heure indécente, et que je réalise que je n'ai pas encore écrit mon article. Phénomène hélas de plus en plus commun... Vivement les vacances. 
C'est quand déjà? 
En 2013? 
Oh bon bah c'est bientôt, tout va bien...
... 

J’arrête le massacre... Aujourd'hui, un petit passage très rapide (j'ai un livre à finir pour vendredi moi), pour vous glisser un mot à propos des Éditions Laska.

Vous avez sûrement déjà remarqué sur la colonne de gauche de notre blog, que nous sommes partenaires des éditions. Pas du tout pour recevoir des livres gratuits (parce que franchement, un seul livre de plus ruinerait définitivement l'harmonie colorée si délicieusement recherchée de ma bibliothèque arc-en-ciel, et ce n'est pas tolérable), mais pour soutenir un projet que nous trouvons, Tam-Tam et moi-même, à la fois fou, audacieux, ingénieux et original. Cela fait une éternité que je veux en parler et le temps passe, et je manque à tous mes devoirs (as usual).

Notre copine Jeanne s'est en effet lancé un défi, il y a déjà quelques temps, celui de monter sa propre maison d'édition pour publier de la romance. 

Basé au Québec, et publiant exclusivement en e-book sur un principe d'abonnement, Laska veut promouvoir la romance francophone avant tout (et vous me connaissez, dès qu'il s'agit de promouvoir la romance sous quelque forme que ce soit, je suis partante!). Ainsi, fini les affres de la VO, des séries trop longues à traduire, et surtout, fini la frustration de tous ces auteurs qui écrivent en français et sont exclus d'office de la publication chez les grands éditeurs de romance (eh oui, Harlequin - à part quelques très rares exceptions dans les années 80, J'ai Lu et même Milady qui se veut si moderne, ne publient que des traductions...) ! 

Une idée pareille, un projet aussi ambitieux, pour une cause que je trouve si noble, comment ne pas vouloir l'encourager et lui souhaiter un succès monstre (grâce bien sûr à votre soutien indéfectible). 

J'en profite également pour vous dire qu'en plus d'avoir créé une entreprise, monté un forum de discussion et ouvert les candidatures aux auteurs, les Éditions Laska organisent en ce moment un concours de nouvelles « Romance et bit-lit », auquel je vous encourage tous vivement à participer !

Cela devrait vous donner de quoi lire pendant quelques jours...

  
Bonne journée,
Chi-Chi
 
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15 octobre 2012

Married by monday

La semaine dernière, je vous dévoilais ma quête inaboutie du Colin inconnu...

Quête qui, à défaut de porter ses fruits, m'avait fait découvrir un roman surprenant, lequel, tout en surfant allégrement sur un des clichés les plus éculés de la romance, avait tout de même réussi à ne pas tomber dans des écueils pourtant très nombreux!

Il faut dire que réussir une romance contemporaine sur le schéma du mariage de convenance n'est pas donné à tout le monde! J'admets que les détracteurs des clichés et les sceptiques en tout genre ne résisteront sans doute pas à l'envie de réduire l'histoire en cendres, mais j'ai choisi pour ma part d'y croire, et d'aller jusqu'à acheter le tome suivant, et de le lire en un temps record pour vous le présenter aujourd'hui.

Married by monday de Catherine Bybee suit plus ou moins le même genre de schéma. Et à bien y réfléchir, je pense pouvoir m'avancer sans trop de crainte et dire que la série entière sera construite sur des unions "flash éclair" de type "mariage arrangé" & Co.

Ce fut d'ailleurs très intriguant pour moi : ouvrir un livre (et pour une fois savoir que c'était un contemporain que je tenais dans les mains) et me demander comment l'auteur arriverait à me faire croire à son histoire de mariage arrangé une nouvelle fois.

Carter Billings est le meilleur ami de Blake, le héros de l'opus précédent. Jeune politicien en plein boum, il a pu assister avec plaisir à la chute de son ami. Car contrairement à Blake qui s’annonçait comme un héros cynique et sombre, Carter fait partie du gang des éternels optimistes et autres personnages solaires qui vous illumine un livre par sa bonne humeur et ses facéties.

Et Carter en pince pour Eliza, l'associée de Sam (oui, on garde les choses dans la famille, c'est plus simple). Mais Eliza ne semble pas intéressée par une relation sérieuse, elle aime rester à l'écart et envisager une relation avec un politicien n'est pas vraiment compatible avec l'ombre (comprendre rester dans l'ombre hein, pas aller en prison)...

Pourtant, les joutes verbales dont ces deux-là nous régalent n'est que la manifestation la plus visible d'une étincelle de sensualité dont ils ont tous deux conscience...

Fort heureusement, le sort passe par là, la réputation et l'image de notre gouverneur en herbe est en danger et voilà Eliza propulsée sur le devant de la scène, liée à Carter dans une union de forme (et j'insiste) (et ce, malgré les fameuses étincelles)...

Je ne vous en dévoile pas plus, mais sachez que des secrets dévoilés vous attendent au bout du chemin, et que si cet opus m'a moins plu que le premier, c'est surtout car j'ai toujours eu un faible pour les bad boy torturés et que la personnalité solaire du héros est moins en accord avec ma tendance à préférer Batman à Superman...

 
Bonne lecture,
Tam-Tam
 
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