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12 août 2013

Lady Pirate

Il n’y a pas que L’île au trésor qui est classée en littérature générale.

Lady Pirate n’est pas classée en romance et c’est une histoire divisée en 2 tomes, Les valets du roi et La parade des ombres. De quoi donc vous occuper au moins le temps d’un weekend à l’ombre d’un parasol en compagnie de votre poison préféré - café/thé/rosé, rayer la mention inutile.

Mireille Calmel nous raconte ici la destinée de Mary.

A l’aube de notre histoire, Mary se voit contrainte par sa mère Cecily à se faire passer pour un garçon. Alors âgée de 7 ans, elle ne comprend pas vraiment la raison de ce choix maternel, mais cela semble faire plaisir à sa chère maman qui a bien du tourment depuis qu’elle est seule.

D’abord mariée au fils d’un riche armateur Londonien, John Reed, puis éprise d’un marin… Cecily se retrouve désertée et sans ressource et a alors l’idée de faire passer Mary pour le défunt fils de son défunt mari.

C’est ainsi que Mary Jane devient Mary Oliver et grandit dans la supercherie. Mais si au départ cette mascarade l’a intriguée, elle s’est vite prêté au jeu en découvrant la liberté et la quantité de choses qu’elle pouvait faire sous les traits d’un garçon !


Education littéraire et maîtres d’escrimes, leçons d’étiquette. La jeune Mary est éduquée pour devenir un gentilhomme sous la houlette de la riche et puissante grand-mère (qui ne veut cependant pas entendre parler de Cecily, qu’elle tient pour responsable de la mort de son fils).

Mais une série d’évènements (parmi lesquelles on trouve la mort de sa mère, la puberté et une chasse au trésor) la poussent à tout quitter.

Après une rencontre avec la sulfureuse Emma de Mortefontaine, elle reprend la fuite, « s’engage à bord d’un vaisseau » (pour reprendre les paroles de la désormais célèbre chanson) et quitte les îles britanniques.

Les aventures de Mary Read vont la pousser loin. Elle va faire de nombreuses rencontres : le Capitaine Forbin, Corneille, son fidèle lieutenant, et Niklaus Olgersen, le fringant Maréchal des Logis.

Et elle va connaitre son lot d’aventures, de joies et de peines.


Car sous les traits d’un garçon, et profitant de la crédulité de la quasi-totalité de la population, elle va partir à la guerre, naviguer sur les océans, tuer, se battre mais aussi aimer, haïr et jurer vengeance.

Je n’ai pas envie de vous dévoiler qui sera le grand amour de Mary, même si vous imaginez bien qu’il se trouve dans les 3 hommes cités un peu plus haut. A leur manière, ils font écho à un aspect de la personnalité aux mille facettes de notre héroïne et, si j’ai bien mon chouchou (pour des raisons qui me sont complètement personnelles), vous douterez, vous fondrez, vous frémirez et vous enragerez.

Ce livre n’est pas une romance conventionnelle. La trame se concentre trop sur Mary et sa quête (là encore je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler) pour que la romance soit la focalisation première de notre lecture. Mais amour il y aura. Et pirate aussi !

Oui, parce que c’est quand même le thème. Et donc, dans un souci de transparence, je vous annonce quelques spoilers à suivre dans l’étude approfondie du pirate sexy.

Enfin, quand je dis pirate, je parle de marin au sens plus large. Parce qu’en l’an de grâce 1696, existaient une « race particulière » de pourfendeurs des mers : les corsaires !

Et parce que la chaleur m’a rendue un peu feignasse sur les bords, j’ai décidé que tout le monde serait un pirate, et que je traiterai les marins sexy de ce livre comme des pirates. En plus, le livre d’appelle quand même « Lady Pirate », donc ce n’est pas comme si une partie de l’histoire n'était pas fondée sur le concept de la piraterie.

Donc après étude, le pirate est :

Beau :

Globalement, les trois hommes de Mary sont beaux à leur manière.
Forbin est magnifique et régalien. Le macho dans l’âme, le charmeur et séducteur au sourire irrésistible
Corneille est d’une beauté discrète. Il a perdu un bras, donc il doit savoir qu’il ne peut rivaliser avec le charme brut. Il fait dans la subtilité, l’écoute, la patience…
Niklaus est courageux et loyal (un peu comme Lassie, oui). Géant blond, il est de ces hommes que l’on suit avec confiance dans les pires situations, il commande les hommes, il inspire la confiance et le respect.

Séducteur et charmeur :
Oui, parce que faire fondre la jeune Mary Read, qui n’a d’yeux que pour la quête de son trésor, cela demande du talent, de la persistance et de la volonté.

Sexy :
Oui, même Corneille. Il m’a fait fondre. Ce qui était moins gagné qu’avec les deux autres.

Et la piraterie dans l’histoire ?
Nous avons un trésor, deux parties qui se le disputent, une course autour du monde pour le récupérer, des combats… Je ne sais pas ce qu’il vous faut d’autre ?
En savoir un peu plus sur l’héroïne sans doute…

Mary Read est une héroïne de littérature qui emprunte beaucoup de choses aux clichés de la romance :
Elle est une femme habillée en homme.
Elle est dotée d’un caractère qui en fait de ces héroïnes de la trempe d’Angélique. Elle fait « face à son destin ».
Elle est envoutante pour les hommes (et les femmes) qui croisent sa route
Elle se fait des ennemis puissants mais trouve toujours sa force dans l’adversité de la situation.
Elle est guerrière et maitresse, mère et amante, amie et furie.

Même lorsque vous aurez envie de la secouer, vous ne pourrez qu’apprécier sa force et sa volonté. Et puis sinon, le roman ne manque pas de héros yummy !
 

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
 
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24 mai 2013

Avec vue sur l'Arno - Chambre avec vue

Petit retour du côté des classiques en ce vendredi, je ne sais pas si c’est parce que je me sens coupable de vous parler autant d’ebooks non traduits, et que je sais que cela empêche certains d’entre vous de profiter de mes précieux conseils, mais cela faisait un moment.
 
Après une boulimie de contemporains cute et pas mal de relecture (je suis en train de me faire mentir, moi qui était une non-relectrice autoproclamée), il est temps.
 
Et il est temps de revenir à un classique de la littérature anglaise, A room with a vue de E. M. Forster, traduit en français par Avec vue sur l’Arno.
 
Mais je pense que la plupart d’entre vous auront, comme moi, découvert l’histoire avec l’adaptation en film de James Ivory en 1986, sous le titre Chambre avec vue.
 
C’est sur le roman de 1908 que votre attention doit se porter, l’adaptation sera pour après. Tandis que mon amie la météo continue de me martyriser, je rêve d’aller visiter l’Italie, comme Miss Lucy Honeychurch, notre héroïne.
 
Lucy qui joue les touristes à Florence, sous le chaperonnage attentif et sévère de sa cousine Miss Charlotte Bartlett. C’est le traditionnel « Grand Tour » que toute personne bien éduquée faisait à l’époque pour découvrir les civilisations classiques et parfaire son éducation. Hélas pour nos demoiselles, à leur arrivée à Florence, elles découvrent que les chambres avec vue sur l’Arno que l’on leur avait promises ne sont pas libres. Ce qui contrarie fort Miss Charlotte, qui ne manque pas de s’en plaindre lors du repas partagé avec les autres hôtes de la pension de famille où elles se trouvent.
 
Condamnées à passer leur séjour à admirer la cour intérieur du bâtiment et à subir les odeurs les plus désagréables, le séjour florentin s’annoncerait bien mal si M. Emerson, autre pensionnaire à la tendance chevaleresque, ne leur proposait pas un échange, son fils George et lui-même disposant justement de chambres avec vue. Proposition ô combien scandaleuse aux yeux de Miss Charlotte, outrée par tant d’audace et d’inconvenance de la part d’un illustre inconnu.
 
Cet épisode initial n’est qu’un prétexte pour faire se rencontrer les protagonistes de l’histoire qui suivra, Lucy et Miss Charlotte, M. Emerson et Georges mais aussi Révérend Beebe, Miss Eleanor Lavish, Miss Catherine et Miss Teresa Alan, et la Signora Bertolini, patronne des lieux… 
 
C’est le portrait d’une société en plein changement, d’une tension permanente entre la jeunesse, la beauté, et les convenances sociales que nous raconte réellement E. M. Forster.
 
Si Miss Charlotte est la garante d’une certaine rigueur morale, la personnification du sacrifice au service du devoir, Lucy de son coté, est la jeunesse, l’innocence, l’audace parfois aussi de braver les règles.
 
Entre Lucy et Georges s’esquisse les prémisses d’une idylle, et sous la plume de l’auteur, la campagne italienne se fait le miroir radieux des émotions qui s’emparent d’eux, pour un moment.
 
Car, vous vous en doutez, la confrontation entre cette tentative de liberté et les conventions écrasantes d’une Angleterre edwardienne, ne sauraient tolérer une résolution si simple des tourments qui agitent chaque personnage du roman. De l’Italie au Surrey, Lucy devient le point central d’une véritable étude de la société de son temps, de son snobisme, du système de classes qui évolue, le tout sous la plume ironique et amusée d’un auteur qui sait aussi bien parler de satyre que de beauté ou de philosophie.
 
Avec vue sur l’Arno est réellement un roman d’apprentissage, celui de Lucy, et tout le talent de Forster s’exprime dans la caractérisation de son personnage, la rendant vivante et réelle à nos yeux plus que n’importe quel autre personnage de l’histoire. C’est d’ailleurs un reproche que l’on pourrait faire à l’œuvre, de n’avoir pas donné autant de vie à Miss Bartlett, à Georges ou à M. Emerson… Mais un reproche bien mineur quand on considère l’œuvre dans son ensemble et la maitrise avec laquelle elle est menée.
 
Cette histoire s’achève sur un dernier chapitre qui à lui seul vaut la lecture de tout le roman, un discours sur l’amour et le romantisme, sur la capacité de chacun à discerner en lui sa vérité, sur la liberté qu’il faut savoir saisir, quitte à en assumer le prix.
 
Sans vous dire un mot de plus, je ne peux que vous encourager à découvrir, si ce n’est pas encore fait, le livre, qui ne peut que plaire aux amateurs de Jane Austen et des sœurs Brontë. Et quand cela sera fait, alors seulement, je vous recommande d’aller voir l’excellent film dont je parlais plus haut, avec Helena Bonham Carter, Maggie Smith, Judi Dench, Daniel Day-Lewis pour ne citer qu’eux !
 
  
Bonne lecture et bon film,
Chi-Chi
 
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1 février 2013

The Perks of Being a Wallflower


Quand j’ai vu qu’il s’agissait d’une histoire d’adolescent, je me suis dit « Merci, mais non merci ». Je veux dire, ces choses ne m’intéressent guère plus. C’est derrière moi tout ça. Je suis une adulte. I’m an adult. Bon certes, mes colocataires sont mes parents. Mais je veux des histoires de femmes matures (et belles, comme moi). Mais (son altesse royale) Lady V. m’a dit « Non, tu verras, il est vraiment très bien », et du coup je me suis laissée tenter.

Deux jours plus tard, a plus le bouquin. Oui, c’est ce qu’on appelle dévorer un livre. Le manger tout cru. 

Une fois n’est pas coutûme, le narrateur de ce roman est un garçon. Charlie rentre au lycée après un été difficile. Charlie a besoin de se confier et de parler de lui, de ce qui lui arrive, de ses envies, de ses peurs. Donc Charlie se lance dans un échange épistolaire unilatéral (comment ça c’est contradictoire ?). En fait, Charlie écrit des lettres à une personne anonyme.  Charlie a envie d’être heureux, de faire des efforts pour l’être mais ce n’est pas toujours facile. Car Charlie est différent. Il est spécial. Cependant Charlie se fait des amis. Et il tombe amoureux. Et Charlie nous raconte tout. Il nous parle également de sa famille. De son frère qu’il admire, de ses parents qu’il aime, de sa sœur, de sa tante. 

Charlie a une façon d’écrire extrêmement touchante. Et si je pensais être haut dessus de tout cela, le lycée, le journal d’un Princesse, One Tree Hill, j’avais tourné la page, et bien j’ai pu aller me rhabiller. Et chaudement pour l’hiver. Parce que, même si je n’ai pas eu une expérience similaire, et que je ne peux pas tellement m’identifier au personnage, cette histoire m’a réellement troublée. 

Toutefois,  j’ai conscience de vous délivrer ici une chronique très personnelle et je conçois que certains n’en penseront pas tant d’un si petit livre.

Mais enfin, si vous êtes comme moi, et que vous tombez sous le charme de Charlie, je vous recommande chaudement de regarder le film ensuite. Le réalisateur en est aussi l’auteur. Stephen Chbosky, est donc resté très fidèle à ce qu’il avait imaginé dans son livre. Et si le casting, m’avait laissée sceptique de prime abord, j’ai révisé mon jugement. Je peux vous l’avouer, je ne suis pas la première fan d’Emma Watson (inutile de vous préciser le rôle qu’elle tient, vous comprendrez bien assez vite). Je la trouve très jolie certes, mais autant vous dire que j’ai de sérieux doutes quant à ses talents d’actrice. Mais elle ne m’a pas déçue et j’irai même jusqu’à dire qu’elle m’a très agréablement surprise. Et en ce qui concerne le reste de la distribution, c’est un sans-faute. 

Somme toute, au risque de me répéter, ce livre est d’après moi une petite perle, il se lit vite mais vous marque longtemps !

Agréable lecture,

Lady D. pour servir.

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4 janvier 2013

Les sirènes de Saint-Malo

Nous sommes le 26 décembre. Je m’apprête à prendre le train pour Trouville sans livre pour me tenir compagnie. Me voilà donc à errer dans les rayons du Virgin de Saint Lazare. C’est ainsi que j’ai découvert « Les sirènes de Saint-Malo » de Françoise Bourdin que j’allais entamer pendant les deux heures de trajet.

Bretagne, cathédrale de Saint-Malo, Joël revient après huit ans d’exil pour les obsèques de son père. 

On parle des prénoms ? Oui parce que la trame se déroule en Bretagne donc laissez moi vous dire que question originalité vous allez être servi… Jaouëns, Mariannick, Servane…

Bon, personnellement, Joël, cela me rappelle mon moniteur d’auto-école qui portait des petites chemises noires avec des bagues aux doigts. Bref, pas le rêve. Mais revenons-en à Joël, notre héros donc, qui, à la suite d’une grande dispute avec le dit père, avait quitté la maison familiale une nuit pour se réfugier à Rennes dans un premier temps et y faire ses études, et plus tard à Paris sans jamais remettre les pieds en Bretagne.

En effet, une erreur de jeunesse commise avec son acolyte de toujours, Thierry, avait bien failli faire sombrer la société d’armement J.Carriban, transmise de père en fils depuis plusieurs générations. Joël et sa sœur décident alors de reprendre la société, de continuer à la faire vivre malgré tout. Ils n’envisagent pas les choses autrement, celle-ci leur tient trop à cœur. Bien entendu, il va falloir s’imposer et convaincre, car autant vous dire que le retour de Joël n’est pas franchement vu d’un très bon œil… Mais ce dernier veut se racheter et surtout réalise à quel point il est attaché à cette région.

J’aimerais vous parler un peu de la romance qui a lieu mais je crains de vous spoiler légèrement… Pas qu’elle ne soit repérable à cent mille lieux à la ronde mais pour ceux qui entretiendraient des petits espoirs au début… Bon, je fais court, et si vous ne voulez rien savoir abstenez-vous de lire les trois lignes qui suivent.

Elle est jeune, d’origine très modeste, s’en sort tout juste en travaillant à mi-temps. Très droite, franche et honnête, elle est surtout très belle. De beaux cheveux roux (à faire baver Chi-Chi), fine et élégante, elle fait chavirer bien des cœurs. Je vous en ai déjà dit beaucoup.

Le livre ne transcende pas son genre, une ou deux choses m’ont peut-être un peu déçue mais il est très agréable à lire et fait référence à des choses, des endroits, des ambiances que l’on connait. La Bretagne, l’océan, la voile. Sans être bretonne, cette ambiance me parle, me touche, j’y adhère et je comprends l’amour que nos protagonistes portent à cette région.
 
 
Bonne lecture…
Lady D.
 
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28 décembre 2012

La mort s'invite à Pemberley - Death comes to Pemberley

Il y a quelque mois, je vous avais parlé de cette très belle histoire, celle de Lizzie et Darcy : Orgueil et Préjugés. 

Pour ceux et celles qui n’auraient pas encore lu ce livre (ce dont je doute fortement si vous lisez ce blog…), je vous conseille de ne pas poursuivre cet article car je commence par la fin de l’ouvrage de Jane Austen. Si vous connaissez la fin, suivez-moi…

Lizzie et Darcy ont mis du temps, ils se sont ignorés, ne se sont pas aimés, se sont connus, appréciés, et ont fini par se marier ! L’histoire finit parfaitement bien, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants… 

Enfin, c’est ce que l’on suppose. Le roman s’arrête au mariage. Qui n’a jamais souhaité connaître la suite ? Leur vie de couple, l’installation de Lizzie comme maitresse de Pemberley, la naissance des enfants ! 

C’est ce que nous offre P.D. James dans Death comes to Pemberley (La mort s'invite à Pemberley en VF). Certes, le titre est surprenant. L’on sort d’une romance pour entrer dans un vrai roman policier. Est-ce possible ?

Oui ! 

Tout l’art de l’auteur est de nous offrir une suite en respectant parfaitement la psychologie des personnes que l’on connaît. Et quelle joie de les retrouver ! Lizzie, Darcy mais aussi Jane et Bingley, Lydia, Mr. Bennet et… Wickham. 

C’est autour de ce dernier que se situe l’intrigue. Etant une fan absolue des romans policiers, je ne vous en dirai pas plus, par crainte de gâcher le suspens. Ce n’est certainement par le meilleur « polar » de tous les temps ; toutefois, retrouver les personnages rattrape les quelques petites insuffisances et longueurs du roman. Sans déflorer l’intrigue, et pour vous mettre l’eau à la bouche, je peux vous dire que Bingley et Jane se sont installés très près des Darcy, que Lydia est toujours aussi insupportable et que vous allez en apprendre long sur Wickham… 

Amis de la romance et du polar (parce qu’il n’y a aucune raison que cela soit incompatible), ce livre est fait pour vous !


Bonne lecture,
Duchess V.

PS : dans un tout autre style, mais toujours avec cette association romance/polar, je vous recommande également le livre que m’a conseillé Chi-Chi pour m’initier aux romances : Mister Perfect.
 
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3 décembre 2012

Crocodile sur un banc de sable - Crocodile on a sandbank

J'avais juré. Mais j'ai encore craqué. Je n'ai pas encore tourné la page sur la série du protectorat de l'ombrelle. Mais je ne suis pas la seule responsable dans cette affaire. En effet, tout est parti d'un commentaire sibyllin de YueYin "Moi, Connal, je lui préférerais toujours son original". 



Une partie de moi s'est insurgée, a crié à l'injustice, pendant que l'autre a procédé à un interrogatoire en règle:

- pas original de quoi?

- et qui est l'original?

- et pourquoi, et comment et dans quelles circonstances?



YueYin, dans son infinie compréhension de l'addiction littéraire, a répondu avec précision à toutes mes questions. J'ai alors découvert que l'inspiration derrière Connal, le puissant, le vaillant, le velu loup-garou qui avait fait palpiter mon petit cœur d’artichaut portait le doux nom d'Emerson, et que si je voulais découvrir le couple "originel", il me fallait explorer l’œuvre de Elizabeth Peters et les aventures d'Amélie Peabody.



Explosion de poney à paillettes dans mon esprit en manque et en pleine période de sevrage post "Amelia et Connal". Quand YueYin m'a proposé de me fournir la "came" (en plus), j'ai à peu près hésité 3 secondes… Je sais, je suis faible.



Mais je suis sûre que cet article parlera à toutes les addicts des séries ici-bas. C'est dur d'abandonner des personnages. Et je serais pour ma part prête à tout pour faire renaître les sentiments qui m'animent lors d'une lecture formidable.



C'est donc un peu honteuse de ma rechute, mais définitivement excitée par cette trouvaille que je vous présente cette semaine "Crocodile sur un banc de sable" le premier tome de la série des Amélia Peabody de Elizabeth Peters.



Notre histoire s'ouvre sur la délicieusement pragmatique Amélia Peabody. Toujours célibataire à l'âge canonique de 28 ans, et confortable financièrement grâce à un héritage, notre héroïne a décidé de profiter de sa liberté pour explorer les chemins du savoir et découvrir les merveilles de l’Égypte. 

Alors qu'elle traverse l'Europe pour rejoindre le continent africain, elle croise sur sa route Evelyne, alors en détresse: une sombre histoire de réputation ruinée, d'un grand-père en colère, d'un cousin plein de bonnes intentions et d'un amant en fuite...
 

Amélia, elle-même en mal d'une dame de compagnie, prend la jeune fille sous son aile, et les voilà en partance pour le pays des pyramides, des momies et des malédictions vieilles de plusieurs millénaires.

Et ce sont les trois que notre Amélia découvrira. Son pragmatisme légendaire aura beaucoup à faire car entre deux sarcophages et trois apparitions de momie, elle devra aussi  croiser le fer (au figuré) avec Emerson.

Leurs échanges pendant cet opus sont délicieux. C'est d'ailleurs ce qui selon moi rend ce livre si irrésistible. Il la fait tourner en bourrique, elle le rend chèvre. Un mélange qui fait des étincelles et qui laisse affamé! Heureusement, cette série, elle va me durer, parce qu'avec une quinzaine de tomes, j'ai le temps de voir venir!

Il ne me reste plus que qu'à me trouver une romance sweet et bien doudou la semaine prochaine, des suggestions?

 
Bonne lecture,
Tam-Tam
   
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12 novembre 2012

Quand souffle le vent du nord

... je sors ma bouillotte, perso. 

Mais bon, ça c'est moi hein, parce que même si je ne suis pas frileuse pour deux sous, quand le vent souffle, je frissonne (et là je réalise que ce genre de fin de phrase pourrait presque sonner sensuel)(par ailleurs si j'en suis à parler de chair de poule, c'est qu'il doit faire bien frais chez moi).

Mais le vent du nord ne souffle pas, la météo, quoique froide, nous a accordé quelques jours de soleil et j'en ai profité pour m'enchainer à mon bureau et travailler (et là je réalise que vous n’êtes pas ici pour parler météo) (ni vraiment de mon travail, puisqu'on est sur le sujet des choses à ne pas évoquer).

Le vent du nord, en revanche, a soufflé sur ma lecture.

Tout a commencé un après-midi par une excursion dans une librairie en Tam-Tamland. Je m'étais levée le matin avec Maccon et Alexia (pardon pour l'aspect quasi obsessionnel que prend cette série, mais promis, c'est la dernière fois) et je n'avais absolument aucune intention d'acheter un livre.

Mais j'étais accompagnée (d'ailleurs, je blâme entièrement Stéphanie pour m'avoir attirée dans cet antre tentateur), et j'ai été faible. J'ai craqué sous la verve qu'a déployée Stéphanie pour me présenter "Quand souffle le vent du nord" de Daniel Glattauer:

"c'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'échangent des mails"
"au début ils ne se connaissent pas du tout, ce n'est que par hasard que leur correspondance débute"
"au fur et a mesure, ils se prennent au jeu"
"la fin est parfaite"

Vous admettrez qu'il m'était très difficile de ne pas fondre devant une telle présentation.

D'abord, parce que le principe des lettres envoyées à un ou une inconnu(e) n'est pas sans me rappeler "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" Mary Ann Shaffer et Annie Barrows où Juliet est le pivot d'une correspondance épistolaire avec les habitants de l'île de Guernesey. Par ailleurs le concept de l'échange de "mails" spécifiquement ne pouvait que me rappeler le terriblement savoureux "Pour un Tweet avec toi" de Teresa Medeiros.

Bref, au moment où Stéphanie prononçait ces paroles, elle me condamnait à plusieurs heures de lecture. Vous me direz, ce n'est pas très grave d'être condamnée à lire, je vous répondrais que tout dépend des circonstances...

Je m'explique.
Ce roman s'établit comme un dialogue entre Leo Leike et Emmi Rothner.  
Emmi envoie un mail de résiliation, se trompe d'adresse, tombe sur Leo. Des mois plus tard, encore par erreur, Leo recoit un mail commun de bonne année. Mal luné ce jour là, il répond, surprise par le ton cassant de l'homme, Emmi répond à son tour...
 
Si les premiers mails sont fortuits, une relation très intime nait au fil des mails. Avec elle se dessine au fil des pages Leo et Emmi, chaque mail révélant un ou deux détails, chaque phrase déshabillant peu à peu les personnages: Emmi et ses humeurs, ses envies son mariage; Leo et sa maladresse, son intelligence, sa rupture...

Chaque lecteur aura son interprétation propre des personnages, mais l'auteur, dans son infini génie, saura faire monter la tension, toujours un peu plus loin dans la mystère; il saura vous faire vous interroger avec hargne (sans jamais vraiment poser la question) et saura vous séduire de ses mots. 

Il a titillé ma curiosité jusqu'à me faire mourir d'envie d'aller commettre l'irréparable (tricher et lire la fin). Stéphanie m'a enjoint d'être forte. Ce fut dur mais j'ai tenu bon et j'ai vu. J'ai vu qu'il fallait résister et que le jeu de l'auteur valait bien quelques heures de sommeil en moins. Attention, point de fin en explosion de poneys à paillettes mais une fin "parfaite".

En plus bonne nouvelle, il parait que le tome 2 est sorti en poche....

Bonne lecture, 

Tam-Tam 

PS à l'intention de ma chère Chi-Chi: je profite honteusement de ton absence pour chroniquer une fausse romance, c'est mal je sais, mais tu as vu la belle photo? Ce collier va tellement bien t'aller!
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3 septembre 2012

CIA – charisme, intelligence, awesomitude

Dans cette série qui entame son 4ème épisode, j’ai du bon et du mauvais. Mais qu’il soit régence ou contemporain, mes espions étaient jusqu’à présent plus occupés à découvrir les conséquences de leurs sentiments et la puissance de ce que l’amour peut leur faire faire, qu’à réfléchir aux conséquences de leurs actions sur la paix mondiale, sur la destinée des populations.

Parce que j’ai beau aimer les espions débordant de testostérone ou ceux qui savent briller dans les salons Londoniens, la partie purement cartésienne de mon esprit n’arrive pas a avoir peur pour eux, à craindre ne serait-ce qu’un instant que le méchant les atteigne.

Or, une des dimensions du roman d’espion est ce suspense haletant, cette incertitude quand à l’issu de la course poursuite entre le héros et son adversaire. Parfois, la ligne qui définit le bien est le mal est elle-même incertaine, les héros ne sont pas tout à fait exempts de défauts et ils se tiennent sur le fil, constamment tiraillés entre leur honneur, leur égo, et la peur de mourir (qui vous fait oublier l’honneur, croyez moi !).

Cette semaine, je mets donc à l’honneur un livre qui possède ses caractéristiques. "Les lions du Panshir" de Ken Follet ouvre son premier chapitre en 1981. Alors pour ceux qui ne savent pas, en 1981, le mur n’est pas tombé. Nous sommes (encore) dans le contexte de la guerre froide, où deux blocs s’affrontent, un peu comme dans une partie d’échecs.

Le terrain de jeu ? L’Afghanistan. Chaque puissance place ses pions pour consolider ses positions.

Tout commence à Paris, où Jane, jeune étudiante en linguistique, tombe sous le charme d’Ellis. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’Ellis, est un espion de la CIA. Lorsqu’elle découvre l’homme de sa vie n’est qu’une illusion et que sa relation n’est qu’un mensonge, Jane épouse (sans doute un peu par dépit) Jean-Pierre, un jeune médecin qui l’emmène en mission humanitaire pour "Médecins de la liberté" en Afghanistan. 


Et alors que Jean-Pierre assoit sa réputation de médecin, Jane essaye de dispenser des leçons basiques d’hygiène dans les contrées reculées du Panshir. Elle se lie avec les femmes du village, s’immerge dans la culture linguistique locale et pense qu’enfin elle a trouver un sens à sa vie…

Bon là, je caricature… Parce que ce qu’elle ne sait pas, c’est que Jean-Pierre est lui aussi un espion, à la solde du bloc soviétique et qu’il a pour mission de rendre la vie des rebelles très compliquée. Rebelles qui se trouvent au sein même de la communauté.

Jane n’est pas stupide et alors qu’elle encaisse à peine la trahison de son mari, voilà qu’Ellis réapparait…

Vous dire que le gentil dans l’histoire c’est Ellis serait mentir. Vous dire que Jean-Pierre est un gougeât manipulateur serait trop simple. Ils sont tout deux bien trop complexes pour cela. Dans le Panshir, on donne plus dans les nuances de gris (oui, je me permets la référence, oui !) que dans le manichéen pur et simple. Car les motivations de Jean-Pierre sont finalement très semblables à celle qui animent Monsieur Ellis CIA. J'aime quand tout n'est pas si simple et que l'auteur nous plonge dans la complexité du cerveau humain et ses désirs.

Ken Follet est d’ailleurs suffisamment talentueux pour que son histoire, les virages qu’elle finit par prendre jusqu’à son final surprenant soit orchestré de main de maitre. Jane est le point d’ancrage de cette histoire, et les évènements semblent graviter autour d’elle. Aucune chose n’est certaine avant le mot "fin" qui à mon sens vient bien trop vite.

Bonne lecture,
Tam-Tam
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20 juillet 2012

Attachments - Attachement


Attachements est le premier livre de Rainbow Rowell. C’est l’histoire de Lincoln, Beth et Jennifer. Et c’est le livre dont je vous parle cette semaine, quelle surprise ! 

La première fois que j’ai rencontré Fashion, elle m’en a chanté les louanges. La première fois que j’ai rencontré Karine, elle a confirmé. Définitivement un livre sous le thème des premières rencontres... Quoi de mieux pour une histoire d'amour vous me direz ! Encore qu'ici, les premières rencontres soient pour le moins... étranges...  

Mais vous me connaissez, je n’écoute personne quand il s’agit de romance (tu parles, je suis over influencable, parlez moi de héros qui ressemblent à Hugh Jackman - ici plutôt Harrison Ford période Indiana Jones 1 - et je suis fichue)… Mais quand les avis commencent à se faire unanimes, je suis bien obligée de me rendre à l’évidence, il y a quelque chose à découvrir, ne serait-ce que pour ne pas mourir idiote ! 

Et puisqu’en prime, j’apprends que cette romance supposément trop bien va être éditée en français (sous le titre super original d’Attachement, sortie prévue pour le 24 aout 2012 chez Milady), il était temps de m’y mettre. 

Je disais donc… Lincoln a 28 ans, un job de nuit dans un journal et une vie plus ou moins en standby depuis que sa copine l’a quitté… il y a 9 ans ! 

Son job de nuit, qui répond au titre ronflant de « responsable de la sécurité informatique », veut surtout dire passer énormément de temps à jouer au solitaire, un peu de temps à surveiller du coin de l’œil l’équipe de geeks supposés programmer les ordinateurs pour éviter le bug de l’an 2000 (oui, car nous sommes en septembre 1999) et un tout petit peu de temps à lire les mails des employés, pour vérifier qu’ils ne font pas un usage abusif du matériel de la société. 

C’est comme cela que Lincoln commence à lire les mails que s’échangent Beth et Jennifer. Parce qu’elles utilisent des mots interdits, parce qu’elles envoient des mails comme une conversation, et parce que, s'il faisait son travail correctement, Lincoln devrait leur envoyer un avertissement leur intimant de cesser au plus vite ces agissements outrageants. 

Mais Lincoln s’ennuie profondément, et Beth et Jennifer le font rire. Alors il ne dit rien et continue à lire leurs mails… 

Le décor est planté. 

D’un coté, Lincoln, sa vie, son œuvre, et de l’autre, Beth et Jennifer et leurs nombreux échanges par mails. Et la vie qui passe, et les mois qui défilent, et l’influence que ces mails vont avoir sur la vie de Lincoln, et chacun qui grandit, petit à petit, à son rythme.

Pour moi, l’intérêt principal de ce roman réside en un seul mot. Lincoln. J’aime Lincoln. Pour une fois, c’est vraiment lui le personnage principal, et les deux filles sont des personnages secondaire ! J’ai tout compris de ses questions existentielles sur le début de la vie adulte, la difficulté de savoir où l’on veut aller, l’ennui profond du job alimentaire, la geekitude qui parait vous couper du monde et, petit à petit, cette sortie de sa chrysalide pour enfin s’épanouir. Lincoln est tout à fait le genre de gars auquel je peux m’identifier dans la vraie vie. 

Alors oui, il n’a rien de romantique. 

Il vit chez sa mère qui lui prépare son diner tous les jours, il a un job pourri, il ne sait pas ce qu’il veut, il joue à Donjons et Dragons le samedi soir. Il n’est pas du tout comme nos héros de romance habituels. Mais ce n’est pas grave, c’est un héros quand même. Un héros quotidien. Un de ceux qui sont presque transparents au début du livre, a tel point que je me suis demandé d’où venait l’emballement autour de ce livre. Mais aussi un de ceux qui se révèlent petit à petit et qui font que je tourne la dernière page à 2h du matin au lieu de dormir sagement dans les bras de Morphée… 

Le reste autour, ne m’a semblé être là que pour entourer Lincoln et lui permettre d’évoluer. Et pourtant, je dois bien reconnaitre que la magie prend et que c’est une lecture charmante, tendre et émouvante sans tomber dans la guimauve. En un mot, attachante. 

Un reproche, un seul. Comme avec Goodnight Tweetheart, j’ai regretté qu’il y ait aussi peu de moments où nos héros sont ensembles. Car oui, bien sur, il y aura de l’amour, des bons sentiments, des cœurs et des papillons. Mais pas seulement. Il y aura aussi des larmes, des ruptures et des déceptions… J’ai regretté de ne pas pouvoir voir évoluer le couple davantage et ne pas pouvoir m’attacher à eux ensembles et non pas seulement à chacun individuellement. 

Mais voila, dans ma grande magnanimité, j’ai décidé de pardonner cette minuscule toute petite lacune, et d’avouer, j’ai aimé. 


Bonne lecture, 
Chi-Chi 

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22 juin 2012

North and South - Nord et Sud

Après le chef d’œuvre de la semaine dernière, je m’ennuyais, je n’avais pas assez de choses à lire, alors je me suis dit que j’allais entamer un pavé de 600 pages. Normal quoi !

Non en vrai, mes copines me harcèlent depuis des mois en me disant que c’est une honte que je n’ai pas encore vu la série BBC Nord et Sud, adaptée du roman d’Elisabeth Gaskell, avec le divin Richard Armitage dans le rôle du héros… (*soupir*… Richard et sa chocolate voice et son regard intense… je défaille…)

Donc, je n’ai pas vu Nord et Sud, la série, mais, en bonne fille obéissante, je ne demandais qu’à combler cette lacune. Sauf que je voulais avoir lu le livre avant… Le fameux pavé de 600 pages donc.

Voila, c’est chose faite, j’ai lu 600 pages en anglais victorien (ce qui m’a donné l’occasion de constater que mon anglais plus « littéraire » que mes romances habituelles était un peu rouillé), et dans la foulée, je me suis précipitée pour voir la série, pour mon (et votre) plus grand bonheur ! (Richard…)

Bref résumé, donc, si tant est que l’on puisse résumer en une, deux ou même trois pages une œuvre aussi longue, dense et complexe que ce livre. Nord et Sud (North and South) est ce que l’on peut appeler un roman industriel, un roman qui parle de cette époque charnière de l’histoire où l’homme est peu à peu remplacé par la machine. Publié en 1855, au cœur de l’Angleterre victorienne, il se fait le miroir de l’opposition qui existe alors entre la vieille société, celle qui s’attarde doucement sur la Régence chère à nos auteurs de romance, et l’essor économique de la révolution industrielle, dans une veine bien plus réaliste.

A travers les yeux de Margaret Hale, son héroïne, l’auteur dresse le portrait contrasté du Sud et du Nord, ruralité contre industrie, et utilise chaque personnage pour mettre en lumière les aspects aussi bien positifs que négatifs de cette évolution, pour chacune des parties concernées.

Elevée à Londres par sa tante, Margaret ne connait de la vie que les salons cossus de la petite noblesse et les paysages tranquilles du minuscule village du Hampshire où elle passe une partie de l’année, et où son père est pasteur. Mais lorsque ce dernier décide de quitter le clergé pour devenir professeur à Milton, dans le Darkshire (le pays noir), Margaret et sa mère suivent le mouvement.

Milton, ville industrielle inspirée de Manchester, n’aurait pas pu être plus éloignée de tout ce que connaissait la famille Hale. Ses usines enfumées, grouillantes d’ouvriers, ses rues boueuses et sales, ses maisons minuscules et noires de suie, forment un contraste terrible avec la verdoyante et paisible campagne anglaise et les brillants salons londoniens !

Nord et Sud sera donc l’histoire de Margaret, de sa découverte du Nord, et de son évolution, loin des préjugés du début. Réputée être fière et réservée, elle est choquée par la violence des rapports humains, notamment ceux entre patrons et ouvriers. Si elle admire le courage des ouvriers, dont la vie lui semble misérable et plus difficile que celle des paysans du Sud, les patrons, nouveaux riches souvent sans grande éducation lui inspirent du mépris. Et c’est là, enfin mes chers lecteurs, à cet instant précis, qu’apparait John Thornton… John, que j’imagine déjà sous les traits de Richaaaard ! Mais je m’égare…

John Thornton (Richard !), patron de l’une des plus grandes filatures locales, self-made man de la première heure, a décidé de parfaire son éducation en prenant des leçons de philosophie avec Mr Hale. Margaret méprise cet homme, qu’elle trouve trop dur avec ses ouvriers, sans éducation, en un mot, ayant une conduite indigne d’un gentleman. Ce qui parait d’autant plus naturel que Thornton (je me retiens de ne pas ajouter des petits cœurs à chaque fois que j’écris ce nom) n’est pas un gentleman ! Mais si Margaret se laisse aveugler par son orgueil et une série de malentendus, Thornton (au cas où vous n’auriez pas compris, j’aime ce personnage), de son coté, tombe instantanément sous le charme de cette princesse froide, tout en sachant qu’il n’a aucune chance de la conquérir. Un amour non-partagé, comme c’est romantique…

Hum, comment vous décrire plus en détails les multiples péripéties de la vie à Milton et tous les événements qui amèneront Margaret à apprécier Mr Thornton, John, (Richard quoi…), et à travers lui, les aspects positifs du Nord, au-delà de ses premières impressions.

Beaucoup comparent Nord et Sud à un Orgueil et préjugés de l’époque victorienne, notamment à cause de cet antagonisme qui existe au début entre les héros, mais la comparaison s’arrête là. (et heureusement, car nul ne peut égaler Darcy et Elisabeth, et je préfère me dire qu’ils sont uniques en leur genre). En effet, là où Jane Austen s’attache à une étude de mœurs, Elisabeth Gaskell peint une fresque sociale qui dépasse largement ses personnages principaux, et s’attache autant aux questions de conditions de vie des ouvriers qu’à la place de la religion et aux changements qui secouent la société de l’époque. Autant le dire, la romance dans Nord et Sud, le livre, occupe réellement une place secondaire !

Maintenant que vous connaissez la trame principale du roman, je peux vous avouer que, si j’ai aimé le livre, j’ai préféré la minisérie. Justement parce qu’elle se centre beaucoup plus autour du couple principal et que, en bonne princesse romantique qui se respecte, cela ne pouvait que me plaire !

L’adaptation, au demeurant très réussie, a pris assez de libertés avec la narration pour modifier complètement le rythme du roman, qui se déroule sur plus de deux ans, contrairement à un peu moins de dix-huit mois dans la série, et avec une ambiance assez différente. Ainsi, le roman ne commence pas avec le voyage des Hale vers le Nord, mais avec le mariage d’Edith, la cousine de Margaret. De même, la scène finale de la série (que j’ai adoré...) ne se déroule pas du tout comme dans le roman, pour mon plus grand bonheur (j’étais frustrée dans les deux cas, mais moins dans la série que dans le livre). La rencontre entre nos héros, les visites chez les ouvriers, la demande en mariage, le personnage de Mr Bell, toutes ces choses ont été modifiées pour mieux répondre aux besoins narratifs de la série, sans pour autant trahir l’esprit du roman.

Pour moi, ces modifications permettent de mieux apprécier la partie intéressante de l’œuvre, l’histoire d’amour (eh oui, que voulez-vous, j’ai une réputation à tenir et un article à écrire) ! Car vraiment, si le roman nous offre bien plus de détails sur les sentiments de Thornton (Richard !!!), la série s’attarde davantage sur le couple, ensemble, et elle nous offre en prime quelques moments romantiques que jamais la plume d’un écrivain victorien n’aurait osé décrire !

Sur ces bonnes paroles, lisez Nord et Sud, et regardez la série, mais pas pour les mêmes raisons !


Bonne lecture,
Chi-Chi



PS : Le billet de Marijo, qui m'a fait découvrir Richard et à qui je voue, du coup, une reconnaissance éternelle, et celui de Pimpi, juste parce que... 

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29 mars 2012

Precious bane - Sarn

Aujourd'hui, je reprends le chemin des livres qui ont bercé mon adolescence...

Celui-là est beaucoup moins connu que Jane Eyre, mais pour moi, il s’assimile tout à fait à ce roman classique et mériterait d'être tout aussi bien connu. Precious bane, traduit en français sous le titre de Sarn, est un roman de Mary Webb paru en 1924.

Sarn, c’est le nom de l’étang auprès duquel se déroule notre histoire, c’est aussi le nom du domaine de la famille Sarn, fermiers de la région. C’est l'histoire d'une Angleterre campagnarde du début du 19ème siècle, superstitieuse, à l’ignorance teintée de violence, dans un temps qui paraît presque suspendu, hors de la réalité tant il est figé dans ses certitudes.

L’histoire est dominée par la figure de Gédéon, le fils de famille qui hérite de la ferme, personnage caricatural dans sa dureté cruelle, son ambition dévorante et sa cupidité aveugle, qui règne en maître sur la vie de la mère et de sa sœur, Prue. 

Pourtant, Gédéon n’est pas un personnage entièrement mauvais et, au début, l’auteur parvient à nous communiquer un peu de l’affection qu’il éprouve pour sa famille. Affection qui hélas ne fait pas le poids face à son ambition et son attrait pour l’argent. C'est cette passion néfaste va peu à peu le pousser vers la folie sous notre regard de lecteur, son ambition devenant une vindicte impitoyable qui ruinera la vie de ses proches et les entraînera dans son malheur.

Voila un tableau qui ne serait guère réjouissant, et un livre guère adapté à ces lieux, s’il n’y avait Prue. 

Prue qui est la véritable héroïne de cette histoire, Prue qui nous permet de découvrir l’histoire à travers les lignes de son journal intime. Car, même si Gédéon est le moteur principal des évènements, l'élément qui déclenche tous les autres, c'est la vision que Prue porte sur lui qui nous permet d'en prendre la mesure. 

Prue qui a eu le malheur de naître défigurée par un bec-de-lièvre. Dans cette Angleterre d’un autre siècle, cette difformité est vue comme signe de sorcellerie et Prue est la cible de brimades constantes, quolibets et agressions infligées par les villageois ignorants et effrayés par l'idée qu'elle soit une fille de Satan, une sorcière. Prue dont l'intelligence lui permet de rester forte face à cette méfiance....

Et puisqu'il s'agit de ne pas perdre de vue qu'ici, on parle d'amour, il existe bien sûr un élément romantique ! La douceur de Prue et sa volonté seront récompensées par l'arrivée d'un nouveau personnage, Kester Woodseaves, qui saura passer outre les apparences, sa malformation, les préjugés, son « héritage familial », et l'opposition de Gédéon!

Le livre est écrit dans une langue fine et délicate qui n'est pas sans rappeler le naturalisme de George Sand, décrivant avec une grande poésie la nature autour de l'étang de Sarn, la campagne anglaise et ses mœurs teintés de superstitions, les animaux et la vie fermière, la cruauté des sentiments humains et la folie qui s'empare de certains...

Le titre anglais, Precious bane, vient d'un extrait du poème Paradise Lost de John Milton, et l'ambition de Mary Webb était bien de montrer, dans un poème en prose, l'affrontement entre le bien et le mal, réduits à l'échelle humaine. 

Pour Prue, ce bec-de-lièvre était un fardeau précieux (« precious bane ») envoyé par le ciel afin de la rendre meilleure : elle supporte avec philosophie la cruauté des villageois, bien qu’elle en souffre, mais se montre forte et décidée à supporter cette croix. L’héroïne répond alors à un certain idéal de femme douce, forte mais humble et résignée, du moins c'est l'apparence que l'on pourrait voir au premier abord. 

Mais comme Jane avant elle, Prue est un personnage moralement très solide, ce qui lui permet de survivre à la descente aux enfers dans laquelle l'ambition de son frère entraîne la famille Sarn. Mary Webb fait de Prue une femme qui cherche à se libérer dans l'apprentissage de la lecture, puis de l'écriture, parée par sa volonté de qualités traditionnellement masculines, déterminée tout en rêvant d'amour, ce qui en fait une vraie romantique.

Sarn est donc un roman envoûtant, où la violence du monde quotidien apparaît, dans le flou d'une campagne perdue dans la brume. C'est un roman témoin de son époque, où il est question de la vie difficile des paysans et des superstitions populaires. Mais surtout, c'est un roman où il est question d'amour ! L'amour de Prue pour sa famille, pour la nature, et enfin pour Kester, qui saura voir au-delà des apparences et des préjugés pour apprécier la beauté de son âme.

Enfin c'est un roman où se mélangent deux histoires, celle de Prue et de Gédéon, le frère et la sœur que tout oppose, le jour et la nuit, la bonté et la cupidité en une symbolique du bien et du mal... 

J’espère ne pas vous avoir fait fuir avec cette lecture certainement moins légère que ce à quoi nous vous avons habitué, et j'insiste en disant que c'est un roman que je vous recommande absolument !

Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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14 novembre 2011

In her shoes

Il paraît qu’ici, on est des pro de l’amour. Et il est vrai qu’en romance, on en voit passer des sentiments. Selon moi (et sans me vanter, ce qui va suivre est d'un esprit et d'une intelligence rare), l’amour est au cœur de toutes les relations humaines.

Ainsi, aujourd’hui n’est pas coutume, le roman que je vais vous présenter parle d’amour (mouahaha, quel suspense de malade, vous ne vous y attendiez pas du tout!).

Mais d’un amour un peu particulier. Alors non, il ne s’agit pas de l’amour d’un vampire et d'une sirène qui défierait les lois de la nature (vous imaginez le rejeton de ces deux là ?).

Mais tout simplement de l’amour fraternel, familial, et de manière plus primaire, de l’amour que l’on se porte à soi-même.

Et ce ne sont pas Maggie et Rose Feller, les héroïnes du roman « In her shoes » (Chaussure à son pied en français) qui iront me contredire. Sans vouloir donner dans le cliché, mais un peu quand même puisque c’est bien souvent le cas dans une fratrie, les deux sœurs sont aussi différentes que le jour et la nuit.

Maggie est sexy, envoutante, charmeuse, pétillante, "socialite" et modeuse en puissance. Elle est belle et le sait. Elle sait surtout que c’est sa plus grande arme, sa compétence première, sa grande réussite. Ce qui n’est d'ailleurs pas grand chose, on en tous conscience, et elle aussi. Parce que du côté de la réussite académique et professionnelle, c’est Rose qui décroche la palme. Diplômée de Princeton « Suma cum laude » (mention très bien en français, mais admettez, c’est plus sexy en latin ?), jeune associée d’un prestigieux cabinet d’avocats de Philadelphie, elle a même un certain Jim au début de notre histoire. Le jackpot quoi!

Deux sœurs, un précipice entre les deux avec un seul point commun, leur taille de chaussures.

Les deux sœurs s'aiment, mais les relations fraternelles sont encore plus compliquées parfois que les relations amoureuses. Pour la simple et bonne raison que l’on a pas choisi la personne avec laquelle on grandit. Rose et Maggie sont bloquées. Bloquées dans un schéma qui ne profite à aucune.

On pourrait croire que Maggie profite de Rose qui est trop bonne pour se rebeller. Ou qu’en portant assistance à Maggie, Rose s’assure d’avoir toujours le dessus. La réalité se trouve elle dans le mélange subtil des deux, comme seul l’amour fraternel sait le faire. Des années et des années d'un schéma reproduit à l’infini… Jusqu’au jour où Maggie "pousse le bouchon un peu trop loin", poussant Rose à la mettre à la porte et à la rayer de sa vie,  l’amour fraternel pouvant aller se faire voir.

Maggie et Rose vont alors devoir apprendre à vivre l’une sans l’autre.

Maggie va apprendre à vivre seule, sans filet de sureté (le filet étant Rose, vous l’aviez compris). Elle va devoir faire des choix en prenant soin d’en envisager les conséquences. Rose n’est plus là pour passer derrière et lui tendre la main lorsqu'un problème surgit, Rose n’est plus là pour passer l’éponge sur les mauvais jours.

Mais Rose, qui croyait finalement que tous ces soucis venaient de l’omniprésence de son incapable de sœur, va réaliser qu’elle ne nage toujours pas dans la béatitude. Elle va devoir elle aussi apprendre à vivre sans Maggie, si facilement blâmable. Sans Maggie occupant tant de place qu’il est facile de se trouver des excuses pour ne pas prendre de décisions dans sa propre vie, qu'il est facile de nier et d'oublier ses propres désirs. 

L’amour fraternel, Jennifer Weiner le traite ici avec beaucoup de justesse en nous embarquant dans une histoire où tous les personnages ont leur moment de parole. Rien n’est manichéen, tout est décrit dans une nuance de sentiments très justes, très intenses, très vrais.

J’ai aimé cette évolution progressive des deux personnages. Rien n’a été facile pour elles, mais on sent que ce livre, et le chemin parcouru dans cette histoire, pourrait être un chemin que toutes les sœurs peuvent vivre un jour.

Un livre à lire, à offrir, à méditer, à garder.


Bonne lecture,
Tam-Tam

PS 1 : pour les puristes qui voudraient argumenter que je m’éloigne des romances traditionnelles, n’ayez crainte, l’une des deux sœurs va trouver « The one »…

PS 2 : Un dernier mot sur l’adaptation ciné que certains d’entre vous auront peut-être vu, ce n’est pas tout à fait traité de la même manière, certains passages ont été coupés. Le film est vraiment bon, mais le livre est mille fois mieux !
 
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31 octobre 2011

La demi-pensionnaire

A l’origine, je pensais vous faire aujourd’hui un post sur la suite de ma saga James Bondienne sous Napoléon. Et puis, un truc tout bête, j’ai fait moins de kilomètres en voiture cette semaine et du coup, j’ai optimisé mes trajets de train en m’avançant dans mon travail professionnel (une princesse professionnelle est une princesse responsable). Bilan de la manœuvre : je n’ai pas fini l’écoute de The seduction of the Crimson Rose…. arrrggggggh….

Du coup, aujourd’hui, c’est chronique vintage avec un livre lu il y a pile 10 ans. Je le sais, c’est inscrit à l’intérieur (je vous promets, c’est une manie créatrice de sourires)!

Ce roman a tout pour plaire à tout le monde.

- A votre banquier d’abord, puisque La demi-pensionnaire se trouvera sans doute dans les rayons de votre bibliothèque.

- A votre capital temps, puisque 200 petites pages, c’est à peine plus qu’un Harlequin ! (mais en tellement mieux)

- A votre âme francophone : Didier Van Cauwelaert, est comme son nom ne l’indique pas, français. C’est suffisamment rare pour être souligné.

- A votre cœur de midinette, puisqu’il s’agit d’un coup de foudre…

Dans toutes les belles histoires de coup de foudre, il y a le moment où le héros tombe amoureux, et le moment où son amour est testé. La particularité de La demi-pensionnaire est que le coup de foudre à lieu à l’entrée, et le test fatidique au dessert… littéralement.

Je vous perds ? Pas de panique, je vous explique…

La demi pensionnaire, c’est donc l’histoire de Thomas, qui lors d’un déjeuner, tombe amoureux d’Hélène au premier regard. Sauf que Thomas est un gentleman, et ce n’est pas avant le dessert qu’il réalise que cette dernière est bloquée dans un fauteuil roulant puisque, jusque là, il était plongé dans ses grands yeux...

Elle est "demi-pensionnaire", mais pas figée au sol, ni amorphe dans sa propre vie. C’est d’ailleurs la force de ce livre. Absolument pas tourné vers le pathos, ni vers la colère qui semble parfois bien légitime pourtant devant l’adversité. C’est une bouffée d’optimisme et d’humour que nous crée ici l’auteur.

Tout n’est pas non plus tourné vers cette héroïne qui sort de l’ordinaire. Thomas est un être complexe, qui se dévoile au fil des pages. A l’époque de sa lecture, ce livre m’a donné de l’énergie, de l’envie de déplacer les montagnes. Oui, il y a dix ans, je donnais dans le cliché Harlequin…

Et puis il s’agit d’un coup de foudre donc, argument principal pour certain, mais qui reste un élément qui me fait grincer des dents. Ou peut être est-ce un petit reste de cynisme qui fait que je suis de celles qui disent « on ne me la fait pas à moi »… Car un coup de foudre, c’est :

- trois fois plus de travail pour l’auteur pour me convaincre.
- trois fois plus de risque de tomber dans la catégorie des couples que je ne saurais voir
- trois fois plus de pentes glissant vers le cliché Harlequin qui ne passe qu’avec du champagne
- mais trois fois plus de chance de se montrer inoubliable s’il est manié avec talent

Histoire complexe, où l'on se plonge dans une réflexion sur le sens de la vie, ce qu'on en attends... et où Hélène et Thomas nous montrent que parfois, les miracles ne sont pas nécessaires pour voir la vie du bon côté.

Didier à tout bon, la demi-pensionnaire a pris pension chez moi depuis 2001…

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
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6 octobre 2011

(presque) Mille contes et légendes

Vous connaissez tous les Mille et une nuits et certainement quelques uns des contes qui en sont issus. 

Sinbad, Aladdin, Ali Baba... Pour moi qui suis fascinée par les contes et les légendes, la lecture d'un texte aussi mythique s'imposait. 

Ce livre (enfin ces 12 tomes) qui trônaient dans la bibliothèque familiale, j'avais 14 ans quand je les ai découvert, à la même époque que le Mouron rouge et JaneEyre ! Après avoir grandi, bercée par Disney et ses contes, étant une inconditionnelle d'Aladdin, je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion. Et je vous prie de croire que j'ai eu le choc de ma vie ! Car finalement, ce que la culture populaire a retenu , ce n'est qu'une version expurgée pour les enfants...

Que ceux ici qui ont lu les Mille et Une Nuits lèvent la main.

Si vous l'avez lu, vous savez que ce recueil de contes n'est pas destiné à un jeune public!

Récits de tradition orale pleins de références à la littérature et à la culture populaire, aussi bien arabe que persane et indienne, rassemblés dans un recueil par un français, Antoine Galland, au 18ème siècle, on ne présente plus les Mille et une nuits, et Shéhérazade la conteuse.

Le cadre est simple. Dans un Orient mythique, le sultan Schahriar est devenu fou suite à l'infidélité de son épouse. Après l'avoir fait exécuter, il décide de se remarier chaque jour avec une femme qu'il décapitera à l'aube, pour ne plus jamais lui laisser le temps de le tromper. Révoltée, Shéhérazade, fille du grand vizir, se porte volontaire au mariage, bien décidée à empêcher le sultan de mettre à exécution son plan.

Et, parce qu'elle est intelligente, elle a bien sur un plan. C'est pendant sa nuit de noces qu'elle commence à raconter sa première histoire. Une histoire si passionnante, si bien tournée, que le sultan brûle d'en connaître la fin. Et quand arrive l'aube, et que l'histoire n'est pas terminée, il ne peut se résoudre à tuer sa femme avant de savoir la fin. Un jour s'écoule, et Shéhérazade reprend son récit à la nuit tombée. Une histoire en entraînant toujours une autre, c'est ainsi que, nuit après nuit, Schahriar repousse le moment de son exécution. Tenu en haleine par Le Marchand et le Génie, Le Pêcheur et le Démon, Les Dames de Bagdad, Les Trois Calendes, Les Trois Pommes, Le Bossu, Le cheval d'ébène et bien d'autres, le sultan fait défiler les nuits, les semaines, les mois puis les années...

Après mille et une nuits passées à raconter des histoires, Shéhérazade, qui a enfin réussi à gagner la confiance de son époux (et qui a eu des enfants de lui, ce qui ne gâche rien), aura la vie sauve. Le sultan, en renonçant définitivement à vouloir la tuer, met fin à ce récit ininterrompu...

On trouve des contes dans les contes, ce qui fera au total plus d'une centaine d'histoires. Pour la petite anecdote, Ali Baba et les quarante voleurs, souvent présenté comme un conte des Mille et une nuits, ne fait pas partie des manuscrits originaux ! Quand à Sinbad et Aladdin, la question reste ouverte car ils ne remplissent pas, selon les experts, les critères de la littérature arabe traditionnelle. On soupçonne les premiers traducteurs d'avoir ajoutés ces contes au recueil...

Mais peu importe finalement, car les Mille et et une nuits, ce sont des contes pour adultes, tissés d'orientalisme et de sensualité. Ce que l'on en retiendra, c'est la fascination pour un monde mystérieux idéalisé dans notre imaginaire. C'est l'histoire d'amour qui se dessine entre Shéhérazade et son sultan, que l'on retrouve nuit après nuit, ce sont aussi les histoires de vie, de rencontres, d'amour, de peines et de ruptures de chacun des personnages qui sont évoqués pour nous. C'est un récit de voyages, une fresque formidable et magique qui a influencé des générations d'artistes, c'est la cristallisation de tout ce que l'Orient a de mythique pour nos yeux d'occidentaux et c'est une œuvre classique dont on ne compte plus les traductions et adaptations en tout genre.

En un mot, ce sont des livres à ne pas mettre entre des mains innocentes, mais sans aucun doute des livres à lire!


Bonne découverte,
Chi-Chi

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7 juillet 2011

Pride and Prejudice, Jane Austen

Qui n’a jamais rêvé de vivre au XIXe siècle, de se rendre à des bals, de rencontrer des gentlemen ? Si tel est votre rêve, plongez-vous dans ce livre ! Son incipit ? "It is a truth universally acknowledged that a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife". L’arrivé d’un tel homme dans la région excite cette chère Mrs Bennet dont le seul intérêt dans la vie est de marier ces cinq filles (Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia). Alors forcément quand Mr. Bingley débarque avec son ami Mr. Darcy, et sachant que Bingley a un revenu à hauteur de 4 000 ou 5 000 £ (voire même plus !) et que Darcy a 10 000 £ par an, c’est juste magnifique ! Bon, le problème c’est que Darcy est profondément hautain et désagréable... Mrs. Bennet jette donc son dévolu sur Mr. Bingley et, la vie étant vraiment trop bien faite au XIXe siècle, Bingley a l’air de s’intéresser à Jane, qui le lui rend bien (mais ne le montre pas vraiment).

Ah, j’allais oublier le pavé dans la mare... Mr. Collins, le pasteur, cousin de la famille, qui va hériter de la propriété des Bennet (oui, parce que dans ce monde profondément sexiste, pas d’héritage pour les filles donc c’est le cousin qui profite étant donné que les Bennet n’ont pas de fils...), débarque et fait comprendre à toute la petite famille qu’il se marierait bien avec l’une des sœurs. Jane est sauvée car Mrs Bennet fait comprendre à Collins qu’il y a quelqu’un dans la place, mais la pauvre Elizabeth plait bien à ce cher Collins... Et croyez-moi, pour vouloir de lui il faut vraiment être désespérée (ou alors une sainte, ou alors les deux) ! Vous en saurez plus en lisant... Il faut également savoir que Collins habite et officie près de la propriété de Lady Catherine de Burgh qui est la tante de Darcy (oui, le monde est très petit au XIXe siècle). Pour le moment on s’en fiche car Darcy, rappelez-vous, est hautain et désagréable, mais Lady Catherine aura son importance... Ah cette chère Catoche, pas facile à vivre !

Donc, vous avez été brièvement introduit à la famille Bennet, Bingley, Darcy, Lady Catherine et Collins. Reste Mr. Wickham, ce charmant jeune officier dont Elizabeth ferait bien son goûter et qui lui raconte à quel point Mr. Darcy est un mauvais, un gros méchant. Grosso modo, ils ont été élevé ensemble et ensuite Darcy a mené la vie dure à Wickham (ahlala ce Mr. Darcy il est vraiment pas cool). Wickham le gentil et Darcy le méchant.

Enfin, mentionnons les Gardener, oncle et tante des sœurs Bennet, sans qui beaucoup de choses n’auraient pu se passer, mais aussi la chère Charlotte, amie très proche d’Elizabeth, le genre de fille dont on dirait aujourd’hui qu’elle est « bien brave » mais c’est comme la fraicheur de Kiss Cool, ce n’est pas grave, d’autant qu’elle va débarrasser Elizabeth d’un énorme boulet...

Après cette brève présentation, vous devez vous demander pourquoi lire ce livre ? On a déjà tout compris, Jane et Bingley vont finir ensemble et puis Elizabeth va séduire Wickham et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant (en effet, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire au XIXe siècle, sauf peut-être la chasse pour ces messieurs et le piano et la danse pour ces dames). Mais ce serait beaucoup trop simple et Jane Austen a beaucoup trop de talent pour s’enfermer dans un roman à l’eau de rose sans aucun intérêt. Bingley va partir et ne plus donner de nouvelles, Wickham va également s’éloigner et va ensuite s’enfuir avec Lydia ! Darcy saura-t-il de son côté évoluer ? Que vont devenir ces sœurs sans fortune ?

Jane Austen laisse le lecteur plonger dans les différents types de relations que peuvent avoir les gens entre eux : l’amitié d’Elizabeth et de Charlotte, les relations entre sœurs qui sont parfois très proches comme Jane et Elizabeth, mais les ainées sont de temps à autres les secondes mères des plus jeunes, notamment de Lydia et Kitty. Les couples sont formés de personnes tout à fait opposées comme les Bennet ou alors de gens proches comme les Gardener qui sont très attachés l’un à l’autre. Il y a aussi les relations mères-filles mais surtout les relations entre les hommes : rivaux (Darcy-Wickham) ou meilleurs amis (Darcy-Bingley).

Jane Austen nous emmène dans ce monde impitoyable où se mêlent séduction, tendresse, infidélité, tromperie, fugue amoureuse, entraide et amitié. Elle nous permet de traverser les plus beaux paysages anglais, notamment en passant par Pemberley. Elle nous conduit, à travers ses personnages, à détester, à adorer, à être peinés et à angoisser. Vous allez aimer vous rendre à ces bals où l’on a l’impression qu’une vie peut se jouer, vous allez rire aux idioties des jeunes Bennet, être exaspérés de leur mère, souffrir pour leur père, être peinés pour les aînés mais surtout vous allez savourez cette histoire passionnante à laquelle, malgré l’époque qui y est dépeinte, nous pouvons tous nous identifier...


Duchess Virginia

Post Scriptum : ce roman a été adapté au cinéma. Si je puis me permettre, ne regardez pas la version courte avec Keira Knightley mais préférez la version longue, BBC, avec Colin Firth et Jennifer Ehle (qui se sont retrouvés 14 ans après dans Le Discours d’un Roi). Pour info, c’est en voyant cette version BBC qu’Helen Fielding a imaginé un des passages de Bridget Jones 2 : l’âge de raison, lorsque Mr... Darcy (joué par Colin Firth !) tombe dans l’eau d’une fontaine...
 
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