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17 décembre 2012

When the duke returns

Je pense être victime d'une conspiration visant à me ralentir le plus possible. L'univers veut me voir échouer. Non, je ne suis pas paranoïaque. Je vous promets, l'univers se ligue contre moi. J'ai commencé Mansfield Park et je suis coincé à 8 % depuis plus d'une semaine.

Pourquoi? Mais parce que je suis aussi étourdie qu'une girouette un jour de grand vent et que j'ai oublié Alfred vendredi au travail. Et que bien entendu, je ne m'en suis rendu compte que vers 23h. Autant vous dire que l'angoisse a été longue pendant le weekend.

Je l'ai récupéré sans une égratignure lundi, mais entre les cadeaux de Noël et ma découverte récente de "Hart of Dixie" (une série qui se passe en Alabama) (merci Stéphanie), Alfred va finir par se  sentir délaissé.

Heureusement pour votre lundi, j'ai profité de mon weekend pour relire un livre en version PAPIER (genre trop wouahhhh, vive la technologie), et c'est donc avec plaisir que je vous présent aujourd'hui "When the Duke returns" de Eloisa James.

Parce qu'il est bon de parler par mots clés, je vais aller droit au but. Cet opus s'articule sur deux éléments: le mariage arrangé et la virginité du héros.

Alors qu'elle n'était qu'une enfant. Lady Isidore a été mariée par procuration au Duc de Cosway. Ce dernier ayant passé un certains nombre d'années à l'étranger à découvrir les charmes de l'aventure, la jeune demoiselle a grandi de manière fort peu conventionnelle.

Je n'entends pas que son bras gauche a grandi avant son bras droit, ou que ses pieds aient arrêtés leur croissance vers l'âge de 9 ans. Non, loin de là. Mais plus que contrairement à certaines jeunes fille en fleurs coccoonées dans le sein protecteur de leur possessive famille, Isidore a joui d'une certaine liberté et a pu découvrir ses capacités, trouver la personne qu'elle était. 

Elle sait ne pas entrer dans le moule préformaté de la haute société Londonienne, mais elle ne semble pas moins bien s'en porter. Bon, l'absence de son époux ont tout de même eu quelques conséquences dont elle se passerait bien, notamment parce que tous les obsédés du royaume semblent croire que cela fait d'elle une proie (consentante) de choix... Mais globalement, la vie d'Isidore est plutôt agréable. 

Et là, Bam!!! Son "mari" mari revient.

Et si Simeon, après toutes ses années passées à amasser une fortune considérable, s'est montré fidèle à sa tendre épouse (comprendre, monsieur est vierge), il s'attendait plus à une créature docile, discrète et soumise, et pas vraiment au feu follet de sensualité que sa femme s'avère être.

Mais nous sommes en romance, et qui dit mariage arrangé, dit dialogues absolument irrésistibles. Eloisa James a toujours le talent de peindre des situations complexes avec beaucoup de style et de goût. La rencontre et la collision entre Simeon et Isidore est absolument délicieuse. D'autant que le traitement de la virginité est un élément que j'affectionne.

Tout d'abord parce qu'il va à contre courant du cliché  "homme hyper doué entre les draps/jeune oiselle pure et innocente". Mais aussi parce qu'il est intéressant de voir comment l'héroïne réagit à ce genre d'annonce.

En effet, elles sont légion les romances où la jeune fille "omet" de mentionner que son hymen est encore confortablement en place - cet oubli débouchant bien souvent sur une réalisation masculine tardive (comprendre pendant "The" acte) et initiant quasi systématiquement un crise d'hystérie de la part du héros (comprendre "comment! tu ne me l'a pas dit, je suis heurté dans mon âme délicate de mâle").

Mais aussi rares que soient les romances où Monsieur n'a pas encore connu la douce caresse d'une femme, je n'en ai encore jamais trouvé où l'homme ne dévoile pas cet élément avant; la-dite révélation provoquant des séances "confessions intimes"  (ou comment je te révèle des choses sur moi, homme dur au cœur sensible) qui n'ont pas leur pareil pour me faire swooner à qui mieux mieux.

Si j'admets que c'est sans doute parce que le livre s'adresse à un public féminin, j'aime me bercer de douces illusions et me dire que c'est parce que les vrais hommes n'ont pas peur de la réaction de leur mie (de pain…).

Enfin, mon premier "puceau" était Jamie, du coup, je ne pense plus pouvoir jamais être totalement objective quant à la virginité des hommes (après l'échelle de la sexytude de Hugh Jackman, voici l'échelle de la virginité de Jamie Fraser) (cet article part en sucette) (euh, en vrille…).

Mais revenons à Simeon, sa virginité est abordée avec beaucoup de panache, et je vous recommande la scène où enfin il s'en débarrasse… En bref, sur l'échelle de Jamie Fraser, Simeon se débrouille pas mal et cumule les bon points suivants:

- passif de folie justifiant des choses que je ne vais pas vous dévoilez (faudrait pas spoiler non plus)
- volonté de garder un corps sain (de nos jours, Siméon mangerait bio et vegan) (Simeon, hipster avant l'heure)
- capacité d'apprentissage (très important)
- grande appétence à l'écoute (sur un malentendu, une femme pourrait avoir quelque chose à dire)
- talent (que dire d'autre?)

Allez, pour parfaire votre éducation, ce livre est parfait (comme si il vous fallait encore d'autres arguments).

Bonne lecture,
Tam-Tam
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9 juillet 2012

Thief of Shadows - Maiden Lane, Tome 4

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Oui, en bonne early adopteuse et lectrice de VO, vous pensez bien que j’étais sur le coup. Le 4ème opus de la série Maiden Lane est sorti en ce début de mois, et pour vous chers lecteurs, je l’ai lu…. en une journée. C’est plutôt positif, non ?

Alors normalement, avec ce genre de déclaration, vous pouvez sortir votre optimisme et vous réjouir, mais n’allons pas trop vite en besogne, parce que ce tome est bien certes, mais loin d’être parfait. Pourquoi ?

Revenons sur l’histoire je vous prie. La 4ème de couverture (et votre sens accru de l’observation lors de la lecture des précédents tomes) vous dévoile le secret de polichinelle qui plane encore : Winter Makepiece, frère de Temperance (héroïne du premier opus), et de Silence (héroïne du troisième) mène une double vie.
Directeur de l’école/orphelinat/refuge pour enfants démuni des bas-fonds de Londres le jour, il est le "fantôme de Saint Giles" la nuit. Redresseur de torts et ennemi juré des barons de la pègre ET de l’autorité de sa royale Majesté.

Or, une double vie, c’est 1) chronophage, avec toutes ces heures d’entrainement pour affûter son art et 2) très exigent quand on ne veux pas que son secret soit éventé. Du coup, notre héros ne connaît pas grand chose d’autre que sa vie de dévouement aux pauvres et infortunés.

Comprendre, Winter, cet homme au charisme de prof de Latin et au look de prêcheur (tout comme Mister Collins et autres incompris de la littérature), est aussi innocent et pur que la jeune fille en fleur. Winter, cet homme d’allure taciturne et au sourire rare, n’a jamais connu la douceur de la caresse féminine, le réconfort de la gorge palpitante d’une amante, ni l’abandon sensuel dans les bras du plaisir…

En un mot comme en cent, Winter est vierge. Et ça, mes chère amies, en romance c’est TOUJOURS intriguant. Au-delà de la question du "pourquoi", il y a la grande question du "qui". Qui sera l’élue imaginée par le cerveau fertile de nos auteurs, qui se dévouera à son corps défendant pour montrer la voie de la luxure à ces chers héros.

Lady Isabel Beckinghall est une des nouvelles "dames patronnesses" de l’orphelinat. Elle est veuve et investit temps et argent dans la noble cause qu’est la protection des moins fortunés. Là, normalement, vous êtes en train de réprimer un bâillement… Mais je vais spoiler un peu, et je vais vous donner envie de lire le livre, vous verrez !

Isabel est certes une veuve fortunée, mais pas une grenouille de bénitier dévouée aux pauvres et laissés-pour-compte. Non, Lady Isabel, est une femme de son temps.

Ce n’était peut être pas déductible des impôts à l’époque, mais cela faisait certainement bien en société de dire que l’on sponsorisait des bonnes causes. De plus, c’est l’une de ses bonnes copines, Lady Hero (héroïne du tome deux), qui l’a entrainée dans l’aventure. Le bénévolat devient une sorte de prétexte pour boire (du thé), manger des biscuits et discuter (si possible de potins et beaux mâles, cela m’arrangerait).

De fil en aiguille, la voilà chargée de donner à notre héros une formation accéléré pour briller en société. Oui, parce que lorsque les grands de ce monde s’intéressent à vous, vous devez bien vous tenir, sinon cela donne une mauvaise image de vous et des gens qui ont choisi de vous soutenir…

Je vous laisse imaginer à quel point Winter est emballé par le projet. Rappelons à notre aimable lectorat que Winter n’a pas que cela à faire…Mais il faut croire que Isabel saura trouver les mots (ou autres) pour le faire fondre.

Et c’est d’ailleurs ces "autres" choses du livre qui valent la peine que je m’arrête un instant dessus. Cela fait bien longtemps maintenant que Chi-Chi et moi-même suivons cette auteur. Elle nous a dès le début montré qu’elle n’avait pas son pareil pour élaborer des scénarios sensuels sans précédent, c’était rouge aux joues et débordement sexy.

Elizabeth est de ces auteurs qui osent. Dans le tome un de cette série, déjà, elle abordait la sexualité particulière du héros sans aucune honte. Et après lecture de ce tome, je me demande si elle n’est pas en train de prendre un virage dans son écriture, osant toujours plus, donnant toute liberté à ses personnages sans aucune inhibition.

En effet, après une grande réflexion et une rapide vérification dans les précédents livres, je ne me rappelle pas qu’elle ait jamais été aussi crue ni explicite. Que les oreilles chastes et les yeux innocents passent leur chemins, je m’apprête à vous citer une phrase scandaleuse de la page 11 (ce n’est presque pas spoiler, non ?) :

His genitals were revealed, his cock thick and long, even at rest, his bollocks heavy.
(Ces parties génitales furent révélées, son membre épais et long, même au repos, ses testicules lourdes.)

Je n’ai pas peur des mots, et j’ai beaucoup aimé cette histoire puisque je n’ai pu reposer le livre avant de l’avoir fini. Mais tant de crudité, je m’interroge. D’autant que je n’imagine pas cette phrase (ni toutes les autres du livre) traduite ainsi dans la version française…

Winter et Isabel, c'est clairement chaud bouillant et il n'y aucune ambiguïté là-dessus, c'est le moins que l'on puisse dire!


Bonne lecture,
Tam-Tam

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17 mai 2012

My stubborn heart

Pour vous lecteurs, je repousse toujours plus loin les bornes de mes limites, j’ose tout, je me mets en danger, je lis n’importe quoi… enfin presque !

Pour l’amour de la romance, je continue mon exploration des genres improbables qui ne m’attiraient pas plus que ça a priori… Après le steampunk et la saga, je vous présente la romance chrétienne.

Eh bien oui, lecteurs, vous n’imaginiez pas qu’une chose pareille pouvait exister ?

Mais si, la religion a bien compris que les livres étaient un moyen de propager son message, il était logique que des auteurs s’intéressent à un marché aussi florissant que la romance.

Et comme je ne recule devant rien, je me suis jetée à l’eau pour lire My stubborn heart de Becky Wade.

Avant de commencer, soyons bien clairs… Il n’y a aucun sous-entendu ou jugement de valeur dans ce qui va suivre ! Ce livre étant recommandé par Kristan Higgins elle-même, je l’ai lu en étant parfaitement déterminée à aimer ce que j’y trouverai. Enfin, dans la mesure où c’était une bonne romance, évidemment !

Bon mais alors, c’est quoi, une romance chrétienne ? Eh bien c’est tout simplement une romance où les personnages (enfin surtout les héros, les autres peuvent aller en enfer c’est moins grave) vivent selon les principes de l’église (ou s'y efforcent, on accepte aussi les brebis égarées). Comprendre, ils vont à l’église, étudient la Bible, et, dans le contexte de la romance, je sais bien que la question vous brule les lèvres, il ne se passe rien avant le mariage. Cela veut dire que la religion fera partie des conversations et que nos héros s’interrogent sur la place de Dieu dans leur vie, et sur l’influence qu’il exerce sur eux, cela veut dire que les préceptes chrétiens seront au cœur des problématiques qu’ils devront affronter.

Vous connaissez cette théorie qui veut que la psychanalyse ait pris la place de la religion dans notre vie moderne ? Eh bien pour ces héros là, point de psy mais un pasteur. Et au final, exactement les mêmes problèmes que ceux de n’importe quel autre héros, et la même réponse, avec simplement une justification un peu différente ! Autant dire que, mentions de la Bible mis à part, rien ne différencie ce livre de n’importe quelle « small town contemporary romance »…

Kate, la petit trentaine et une grand-mère récemment veuve, prend un congé sabbatique pour aller retaper la demeure ancestrale, dans une petite ville de la côte Est où elle n’a jamais mis les pieds. Elle laisse donc Dallas et ses soucis derrière elle et prends la route, grand-mère sous le bras, pour aller passer trois mois à arracher du papier peint et poncer des planchers qui n’ont pas vu un balai depuis 50 ans.

Un seul petit souci, Kate, malgré tout son enthousiasme, n’a jamais termine (ou commencé, c’est au choix) ses études de plombier/maçon/charpentier/électricien/déménageur. Sa grand-mère (encore elle, vous verrez que l’on n’a pas fini d’en entendre parler, en vieille dame qui se respecte, elle se mêle toujours scrupuleusement de ses affaires) a donc engagé Matt Jarreau pour aider au gros-œuvre…

Remarquez, Matt non plus n’a pas son diplôme, mais quand on est un homme, un vrai, fort et viril avec une ceinture à outils, on apprend sur le tas. Et de préférence, on cache un lourd secret sous la casquette de baseball que l’on porte vissée au crâne (Sauf quand on salue une dame. Là, on enlève toujours la casquette. Mais on a le droit de la remettre après, pour que la dame en question ne devine pas trop quel est ce lourd secret qui se cache sous la casquette. Et ce n’est pas une calvitie, je vous rassure !).

Evidemment, quand, comme Matt, on est une ancienne star du hockey qui a tout plaqué sur un coup de tête suite à la mort tragique et prématurée de sa jeune épouse, le secret est moyennement bien gardé. Comme Kate ne tarde pas à le savoir !

Or, Matt, non content de s’être recyclé en plombier/maçon/charpentier/électricien/déménageur, s’est aussi transformé en ermite. Une situation intolérable pour toute vieille dame qui se respecte et qui, si vous avez bien suivi ce que je disais plus tôt, ne songerai même pas à se mêler de ce qui ne la regarde pas.

Est-il besoin de continuer à vous en dire davantage ou l’intrigue hautement complexe et subtile de cette histoire commence-t-elle à se dessiner sous vos yeux ?

Par un hasard tout à fait extraordinaire, il se pourrait bien que Kate et Matt finissent ensembles. Mais ce serait vraiment une coïncidence incroyable, vous avouerez…

Trêve de plaisanteries… J'ai vraiment aimé My stubborn heart! Mais, car il fallait bien un mais, un détail m’a chiffonnée… Je vous l’ai dit, rien avant le mariage. Soit. L’absence de scènes sexy ne me perturbe pas, je ne les trouve pas toujours essentielles à la réussite d’une histoire. Mais ce qui me dérange plus, c’est l’absence totale de question sur le sujet !

Tant qu’à lire une romance chrétienne, c’était LA question que je me posais… Sans qu’il soit question de jugement de valeur, cela ne peut pas être simple et évident d’appliquer au quotidien dans nos sociétés occidentales des préceptes religieux vieux de 2000 ans, souvent vus comme rétrogrades et coincés.

Alors oui, Dieu est au cœur de la vie de Kate, mais dans une Amérique moderne, j’ai du mal à croire qu’aucun des hommes qu’elle peut fréquenter (et elle en fréquente un autre pendant quelques chapitres d’ailleurs, et il n’est pas chrétien !) ne lui ait jamais posé la moindre question, n’ai jamais essayé de la convaincre. Matt, de son coté, n’est pas franchement un modèle de rigueur religieuse au début de leur histoire (heureusement, Kate est là pour le remettre sur le droit chemin)… 

Et pourtant, rien. Serait-ce pour ne pas mettre de mauvaises idées dans l'esprit des jeunes filles innocentes? Ou simplement une volonté d'éviter un sujet délicat? Mystère... J’ai donc trouvé dommage que rien ne soit dit sur le sujet, qui est pour moi crucial car emblématique de la difficulté de la romance et de la religion aujourd'hui.

 My stubborn heart est cependant une romance toute en douceur et en délicatesse, une romance qui prend son temps et sait provoquer l’émotion. Un exercice qui aurait été parfaitement réussi pour Becky Wade si je n’avais pas été frustrée par l’absence mentionnée plus haut, mais un succès tout de même.


Bonne lecture,

Chi-Chi

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23 février 2012

Unclaimed, un héros pas comme les autres

Aujourd'hui, le tome 2 des aventures des frères Turner qui, si vous avez bien suivi ce que j'ai dit les dernières fois, se place après le tome 1, Unveiled, et la nouvelle Unlocked (qui est officiellement très détachée de la série par ailleurs, aucun des Turner n'y faisant une apparition !).

Unclaimed nous raconte donc l'histoire de Mark, le benjamin de la fratrie.

Mark, ou plutôt Sir Mark, a été anobli par la reine. Souvenez-vous, les Turner ne sont pas nobles, mais Mark a été fait chevalier, en remerciement de services rendus à la nation. Le service en question, c'est d'avoir écrit un best-seller, faisant la promotion de la chasteté. Un essai philosophique qui a eut un succès si retentissant qu'il a été édité à plusieurs reprises, qu'une association en fait la promotion, que les membres de ladite association paradent dans tout le pays avec une cocarde bleue pour indiquer leur statut « chaste », et que Mark est une véritable star qui déclenche des émeutes partout où il va.

Mark, qui est un homme de presque trente ans, est le champion de la chasteté en Angleterre. Ce qui signifie, et ce détail est assez fondamental pour la suite de l'histoire pour que je ne laisse aucun doute planer dans votre esprit, qu'il est vierge.

Souvenez-vous, en des temps lointains, j'avais promis de vous écrire un article sur les héros vierges. Ils sont rares mais existent bel et bien en romance. Après tout, pas de raison que ce soit toujours l’héroïne qui demeure pure et délicate. Mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui, car après Jamie et Mark, il y a encore un héros dont je veux vous parler. La dissertation sur la virginité masculine attendra encore un peu !

Je dois vous avouer que je n'avais encore rencontré aucun héros chez qui ce statut soit aussi bien justifié, aussi bien mené, aussi bien géré. La jeune fille vierge est légion dans les historiques (encore qu'elle le reste rarement), en contemporain, c'est un phénomène plus rare. Mais, dans la plus pure tradition, cette virginité est le symbole de son innocence, et il est présumé, jusqu'à preuve du contraire. Pour un héros, la virginité, si elle signifie innocence, serait donc un trait anti-sexy. Qui a envie d'un héros naïf qui découvrirait la vie au contact de l’héroïne? Pas moi, personnellement. Comme Tam-Tam, j'aime mon héros viril et sûr de lui.

Eh bien soyons directes, ici, Mark est vierge, certes, mais il n'est pas innocent, il n'est pas naïf. Lui aussi traîne quelques bagages un peu lourds, hérités de sa mère et d'autres problèmes dans son enfance. Ce qui ne l'empêche pas, comme son frère Ash avant lui, d’être intelligent et de vivre la vie qu'il a choisi. Il est chaste par choix. S'il accepte de flirter, il sait aussi ne pas dépasser les limites qu'il s'est fixé, en attendant le mariage.

Si Mark a choisi de ne pas être "familier" avec les femmes, c'est car il n'est que trop conscient en ces temps reculés, où contraception et MST sont des mots bannis, du risque que cela pourrait présenter pour sa partenaire. Il est question de religion, mais pas dans le sens strict et bigot du terme, il est question de respect et d'amour dans la façon dont Mark voit les choses. Il est question de féminisme. Et j'ai trouvé cette vision profondément touchante et tendre, en totale opposition avec les rakes qui sont si souvent les héros de mes romances ! 

Je vous le dit tout de suite, j'ai adoré Mark. A-DO-RÉ !!!

Il est la preuve flagrante pour moi que le héros viril et sûr de lui de mon cœur peut aussi être un type bien... Maintenant que c'est dit, j'avouerai avoir aussi aimé son héroïne.

Jessica est courtisane depuis l'adolescence. Et je veux dire, le tout début de l'adolescence. Très nettement mineure lors de ses débuts dans la "profession", victime du comportement d'un homme, le parfait exemple ce que Mark cherche à empêcher par sa philosophie. Son exact opposé, une vraie femme perdue qui vient de passer sept ans à passer d'un protecteur à un autre. Mise au ban de la société, isolée, sérieusement abîmée par ses expériences, et quelque peu désespérée.

Et Jessica se trouve à présent dans une situation délicate... Pour s'en sortir, elle accepte un contrat : séduire l'inaccessible Sir Mark puis ruiner sa réputation en vendant les détails croustillants aux journaux.

Un plan qui marcherait comme sur des roulettes si notre héroïne n'avait pas un semblant de conscience morale, lequel se manifeste de plus en plus fort à mesure qu'avance notre histoire. Un plan qui ne s'arrête pas à l'instant où notre héros apprends avec fracas la réelle raison de l'entrée de Jessica dans sa vie. 

J'ai un peu de mal à articuler mon idée là, tant je soupire d'aise en repensant à Mark et Jessica ensembles, à une certaine scène quand il la rejoint à Londres, aux sacrifices qu'il fait pour elle et elle pour lui....

Vous vous doutez bien qu'avec un début d'histoire comme je vous l'ai décrit, les choses sont compliquées entre eux, mais comme elles en valent la peine ! Car évidemment, entre l'homme qui, plus que tout autre, représente la vertu, et la femme qui symbolise le vice, toute alliance paraît compromise. Et même s'ils le voulaient, même si Jessica n'allait pas au bout de son plan, même si Mark acceptait qui elle est réellement, comment sauver une relation bâtie sur un mensonge, comment résister à un scandale qui ruinerait tout sur son passage ?

Je vous laisse comme il se doit le découvrir en lisant Unclaimed, et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le 3ème et dernier tome, Unraveled. Un dernier détail, en parallèle, nous en apprenons ici davantage sur la famille Turner en général, sur le passé des trois frères, sur la relation qu'ils s'efforcent de construire comme adultes et qui est l'une des meilleures descriptions de fratries que j'ai pu lire depuis longtemps (aussi bien que les Bridgerton, quoique dans un style différent).

 
Je ne sais que dire de plus, à part bien sur, bonne lecture !
Chi-Chi
 
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30 janvier 2012

Le Chardon et le Tartan, ou la sexytude de la jupe

Le livre d’aujourd’hui est une institution dans ma bibliothèque. A chaque regard que je lance à ma bibliothèque, je me lamente que Chi-Chi n’aime pas les sagas. Imaginez, c’est comme si dès le début de notre relation littéraire je lui avais annoncé que "la régence, c’est pas possible". J’imagine que notre amitié aurait peut-être pu naître, mais je suis pratiquement persuadée que si j’avais ajouté que les séries, c’était "no way", j’aurais sûrement atterri sur les fesses, sur le paillasson de son château en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Bridgerton.

Heureusement, j'aime les séries et la régence et elle a eu la sagesse de ne pas mentionner ce petit détail immédiatement. Je n’ai appris son aversion pour les histoires en 10 tomes qu’une fois notre amitié irrémédiablement établie (you know I still love you anyway, don’t you dear ?). Sauf que, amitié ou pas, je n’avais pas la même motivation pour écrire mon billet.

Que ce dernier soit d’une qualité exemplaire, écrit dans une style formidable, plein de références hilarantes, tourné avec beaucoup d’intelligence le tout sans une seule faute d’orthographe (qui est mon objectif à chaque fois, sachez le), Chi-Chi n’irait pas lire le-dit livre.
Et vous le savez à présent, j’aime vivre dans l’urgence. Sans l’urgence de faire lire un livre fétiche, ce poste est donc resté bloqué dans mon imagination pendant de longs mois…

Jusqu’à ce que Pimpi me dévoile son affection pour les histoire sur plusieurs tomes. C'était par là même l'occasion pour moi de faire avec elle une lecture commune. Comme elle est délicieusement compréhensive, elle a consentie à découvrir Outlander et Jamie Fraser, tandis que j’en faisais la (énième) relecture.

Et si le concept de LC (oui, ici on aime parler en acronyme, ça fait toujours plus pro) ne m’avait jamais tenté pour moi-même, cette lecture avec elle m’a ravie. Imaginez, c’est un peu comme regarder Star Wars avec quelqu’un qui ne l’a jamais vu et observer son visage tandis qu’il découvre (avec effroi) qui est le père de Luke (toutes mes excuses pour les infortunées qui ne le savaient pas). La personne qui sait vit le cliffhanger par anticipation.

"Je suis ton père Luke".
Toute une oeuvre se résume en une phrase. "James Alexander Malcolm MacKenzie Fraser"...

Pimpi, c’est à ce moment précis qu’elle a fondu. Je vous avouerais, moi depuis le temps, je ne sais plus quand Jamie est devenu la personnification de toute la perfection du héros écossais. AnimeJune, auteur de Gossamer Obsessions a d’ailleurs trouvé la phrase parfaite pour résumer la personne de Jamie Fraser (je lui pardonne ainsi de ne pas avoir aimé le livre autant que moi).
"There's never been, nor will there ever be, a man born of a human woman who can ever even hope to approach the pure and glorious manliness of Jamie Fraser".
Ce qui donne en français dans le texte (référence aux comptine de l’enfance inclues): "Jamais on a vu, jamais on ne verra, un homme né d’une femme humaine, qui pourra ne serait-ce que caresser l’espoir d’approcher la pure et glorieuse masculinité de Jamie Fraser".

Voilà, le héros est posé. Je pourrais presque vous laissez aller vous précipiter chez votre libraire pour vous en procurer un exemplaire - du livre hein, pas du héros.  Malheureusement !

Mon travail est quasi bouclé. Mais pour les quelques dubitatives, voyons comment vous faire craquer... Pour vous, l’homme grand, roux, en kilt, puceau, et écossais est l’antéchrist de la sexytude ? C’est bien simple, Le chardon et le tartan, au-delà de son intrigue historique hyper documentée et fort élégamment écrite, c’est le livre qui vous fera (normalement) changer d’avis.

Préparez-vous à êtres séduites !

Il était donc une fois Claire, infirmière de son état, qui vient de subir six années sur le front pendant la Seconde Guerre Mondiale et s’en va en vacances en Ecosse avec son mari Franck. C'est en effet en Ecosse que nos deux touristes avaient été unis et avaient passé quelques jours de voyages de noces à l’aube du conflit.

Plusieurs années ont passé, et le téléphone portable, internet et Skype n’existant pas alors, ils n’ont pas eu beaucoup d’échanges et cherchent à recréer l’atmosphère intime et enthousiaste des premiers temps.

Cerise sur le shortbread, Franck est historien, et l’Ecosse est un lieu clé pour lui et l’histoire de sa famille. Pour en savoir plus sur cet ancêtre qui hante les livres d’histoire, le capitaine Randall, il passe de longues heures farfouiller dans des archives poussiéreuses et à deviser avec l’autochtone.

Claire, qui malgré l’effort syndical de l’épouse pour s’intéresser au sujet, est vite dépassée sous le flot d’informations et décide de laisser son mari à ses occupations pour aller explorer ce petit coin des Highlands où ils logent. Entre deux fleurs et trois cailloux (oui, les cailloux sont une vieille obsession of mine), elle découvre un cercle de pierres levées. Un Stonehenge en kilt si vous le voulez. Hasard et coïncidence, Claire pose la main sur le cercle, et se retrouve catapultée plusieurs siècles plus tôt.

Et c’est là que tout se corse. Claire, passé un petit moment de surprise et une rencontre fortuite avec de fiers Highlanders finit par faire preuve d’une adaptabilité que je lui envie. La partie cartésienne de mon esprit ne peut que s’étonner d’une telle nonchalance, mais celle qui est tombée tout de suite raide dingue de l’histoire la bâillonne et hurle à qui veut bien l’entendre qu’après six années de guerre, il en faut sans doute plus pour faire paniquer une infirmière. Reste que notre anglaise est tout de même dans une posture sacrément compliquée :

- Les frères Colum et Dougal, leaders du clan des MacKenzie sur les terres desquels elle a atterri la croient espionne ; à la solde de qui, c’est encore à définir, mais ils la placent sous résidence surveillée.
- Pour la protéger d’un certain capitaine anglais aux pulsions sadiques et parfois incestueuses, la voilà mariée à Jamie, guerrier blessé rencontré dès son arrivée.
- Et parce que bon, l’Ecosse à cet époque, c’est le racisme anti-anglais à son paroxysme, c’est la place de la femme au même niveau que les oies de la basse-cour, c’est la chasse aux sorcières, la guerre, la famine et l’absence de chauffage central.

Mais il y a Jamie. Et Jamie, même pour moi qui pleure quand une chaudière en panne fait tomber le mercure en dessous de la barre fatidique des 15 degrés, j’aurais supporté !
Oui, juste pour Jamie, son courage, sa loyauté, son intelligence, son charisme, le galbe de son mollet et son regard pénétrant…

800 pages à la gloire de l’Ecosse, son histoire, ses highlanders, ses combats, ses paysages. Une saga entière à la gloire d’un homme qui me fait encore soupirer rêveusement lorsque je vois des kilts ou des motifs à carreaux.

Laissez-vous aussi séduire par ce cocktail magique et tentateur.


Bonne lecture,
Tam-Tam

PS : Les titres de la saga Le chardon et le Tartan, dans l'ordre :
Outlander (La porte de pierre & Le bucher des sorcières)
Dragonfly in amber (Le talisman &  Les flammes de la rébellion)
Voyager (Le voyage)
Drums of autumn (Les tambours de l'automne)
The fiery cross (La croix de feu, Le temps des rêves & La voie des songes)
A breath of snow and ashes (La cendre et la neige, Les grandes désespérances & Les canons de la liberté)
An echo in the bone (L'écho des cœurs lointains : Le prix de l'indépendance & Les fils de la liberté)
A venir en 2013 : Written in my own heart's blood
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30 décembre 2010

De l'héroine pure et innocente

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un cliché assez tenace de la romance : le statut « préservé » de l'héroïne. Cliché n°1 de la romance, notre héroïne doit être aussi pure que la neige fraiche, aussi blanche que la colombe innocente, aussi virginale qu'un vison d'hermine... Vous voyez le genre. Une héroïne de romance qui se respecte doit être vierge. Jusqu'au milieu des années 90, on compte sur les doigts d'une main les héroïnes qui ne remplissent pas ce critère. Même les veuves n'avaient pas consommé leur mariage, les hommes impuissants se comptant par semi-remorques entiers dans ces temps reculés... On trouvait des fausses veuves, mariées à un vieillard pour adoucir ses vieux jours, ou avec un malade à l’agonie, et même parfois un ami qui avait eu pitié d’elles lorsqu’elles attendaient l’enfant du héros qui pour une raison ou une autre les avaient quittées...

La question de la virginité a donné lieu à un échange avec Madame la Marquise, pilier du forum Les Romantiques, qui n'accepte de lire un livre qui si elle est sure que l'héroïne ne connaitra pas d'autre homme que le héros. Pour elle, la vierge garde un statut à part dans la romance, il n'y a qu'à voir la collection Azur de Harlequin, où la plupart des histoires ont des héroïnes vierges, ce qui à notre époque peut sembler bizarre. D'ailleurs, des auteurs connus et très appréciés, telles que Lynne Graham, Michelle Reid, Jacqueline Baird ou Lee Wilkinson s'en sont fait une spécialité (avec bien sûr quelques exceptions de rigueur pour confirmer la règle).

Selon Madame la Marquise, son addiction pour la romance remonte à son enfance, quand son grand-père lui racontait des contes de fées. Et, tradition allemande oblige, seulement les contes de Grimm. « Les sept chevreaux ne m’emballaient pas plus que ça, je trouvais le petit chaperon rouge très idiot, la belle au bois dormant était un peu trop vieille pour son prince, mais Cendrillon... Ah! Cendrillon, c'était la jeune fille maltraitée qui à la fin rencontre l’amour et fait un pied-de-nez à ses tourmenteurs. Dans toutes les autres histoires, parfois moins connues, la pauvre princesse devait souffrir avant qu’enfin ne s’ouvrent les bras de celui qu’elle attendait.
Et puis, le temps a passé, mon grand-père ne m'a plus raconté d’histoires, et c’est à ce moment-là que j’ai découvert mon premier Harlequin. Je venais d’avoir vingt ans. Comme j’aimais ces héroïnes qui rencontraient non pas des princes, mais des hommes beaux, pleins de charme et virils, comme je n’en avais jamais rencontré dans la réalité. Et riches en plus... Même si ce n’est pas le critère le plus important, il est bon de savoir que l’on n’aura pas de fins de mois difficiles! »

Je suis complètement d'accord avec ce point de vue, si j'apprécie tant la romance moi aussi, c'est car elle me rappelle le monde enchanté des contes de fées de mon enfance... C'est par la suite, concernant la virginité de toutes ces héroïnes que nos opinions diffèrent. Pour notre Marquise, « ces jeunes filles qui ont appris de leurs mères, tantes, aïeules ou autres qu’elles ne devaient pas se donner avant le mariage avaient des principes. Elles résistent bravement aux assauts de la gent masculine, à part à ce héros, beau, viril et plein d’allant qui finit toujours par les épouser. Ces Harlequin m'ont fait rêver, même s’il faut avouer que les scènes « hot » se bornaient, après quelques baisers appuyés, à s'allonger sur le lit, canapé, divan ou autre surface... et hop, c’était le lendemain! Cela ne me gênait pas, j’ai beaucoup d’imagination. »

De mon coté, je n'ai pas d'objections à ce que l'héroïne ait connu d'autres hommes, chacune ayant sa propre histoire, il suffit qu'elle soit cohérente. Je suis bien plus perturbée par les retrouvailles ou, pire encore, par les ex « parfaits », ceux dont l'ombre plane sur le nouveau couple, quand il semble que le héros ne sera jamais à la hauteur de ce premier amour... Et surtout, il me paraît assez irréaliste de croire aujourd'hui que toutes les jeunes filles attendent le mariage. En tout cas, pas dans tous les livres, pas systématiquement! D'ailleurs, les auteurs se sont bien adaptés à l'air du temps, puisque la vierge se fait plus rare en romance.

C'est pourtant un critère qui garde ses fidèles. Même mariée, avec des enfants, même en ayant pris quelques années, et malgré le fait que, petit à petit, toutes les branches de la romance aient été envahies par de vraies veuves ou autres jeunes filles « ayant vu le loup », après plus de trente ans de lectures, Madame la Marquise reste une inconditionnelle de l'héroïne pure et innocente (avec tout de même l'exception des héroïnes ayant fauté avec le héros avant le mariage!). Elle a développé des techniques de sioux pour ne pas se tromper, dénicher des lectures répondant à ses critères, sonder les résumés, et surtout, surtout, demander l'assistance d'autres lectrices assidues! « En fin de compte, dans cette époque où la virginité n’a plus de valeur, je suis resté cette petite fille qui écoutait les histoires de son grand père... Ces derniers temps, je lis des romans en allemands, dans le genre des Série Royale, et je retrouve avec plaisir ces protagonistes qui se cherchent, se désirent et s'aiment, sans presque se toucher ni même s'embrasser ».

Sans tomber dans le cliché facile de l'héroïne de Barbara Cartland, grande prêtresse de la jeune vierge effarouchée, il y a un certain charme suranné dans une histoire où les héros exercent une certaine retenue l'un envers l'autre! Et même s'il paraît normal que les auteurs s'adaptent à l'air du temps, il est heureux de voir qu'il y en a encore pour tous les gouts, vierges ou non... Et vous, est-ce un critère qui a de l'importance à vos yeux?

Tiens, tant qu'on est sur le sujet, ma résolution pour 2011 sera de vous préparer un article sur les héros vierges, la prochaine fois...


On se retrouve l'année prochaine pour de nouvelles aventures,

Chi-Chi
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