Affichage des articles dont le libellé est Chronique roman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chronique roman. Afficher tous les articles

30 août 2013

Breathe ou l'overdose

Je ne sais pas ce qui m’a pris de vouloir lire ce livre.
 
Peut-être parce que les quelques New adult lus récemment ont été des succès, ou parce que je n’aime pas me faire trop vite un avis sur une nouvelle tendance (encore que je peux vous dire que pour le moment ce n’est guère concluant, je suis une créature d’habitudes finalement).
 
Tout cela pour dire, je voulais découvrir Abbi Glines dont j'avais souvent entendu parler, et j’ai passé des heures sur goodreads à éplucher les résumés, dans l’espoir d’en trouve un qui me plairait. Déjà, une majorité me promettait un triangle amoureux, éliminé d’office !
 
J’ai fini par porter mon dévolu sur Breathe qui paraissait prometteur, avec une star dans le paysage (j'aime les stars dans mon paysage).
 
Et donc... Sadie est une pauvre petite malheureuse pas orpheline mais elle pourrait aussi bien l’être vu qu’elle a son irresponsable de mère a charge. Et quand je dis irresponsable, je veux dire qu’elle ne sait pas faire la cuisine, se balade en sous-vêtements sous le nez des voisins, qu’elle est enceinte de 7 mois d’un coup d’un soir (alors que pourtant, sa fille de 17 ans faisait bien attention de se priver de gouter pour lui acheter des préservatifs, vraiment, preuve que l’on ne peut pas compter sur elle), et dès le premier jour des vacances d’été de ladite fille chérie, elle s’étale sur le canapé, la clim à fond (on s’en fiche bien de savoir qui paye, surtout que c’est Sadie qui tient les cordons de la bourse), et gémit qu’elle est E-PUI-SEE, et que fifille « si tu m’aimes vraiment » va pouvoir prendre son travail épuisant de femme de ménage dans une grande demeure du coin.
 
Parce que Sadie et sa maman si merveilleuse ont emménagé récemment en Alabama, quittant leur Tennessee natal pour un nouveau départ. Lequel a priori n’implique rien de nouveau sauf la perspective d’une bouche de plus à nourrir pour notre héroïne.
 
Sadie est fantastique de toute façon, vous le saurez très vite. Elle est fantastique parce que elle, elle est responsable, elle change même régulièrement leurs économies de place pour que sa mère ne gaspille pas tout en pédicures (avec ce gros ventre de femme enceinte elle n’arrive plus à se peindre les orteils elle-même). Elle est fantastique parce que, même si elle est subliiiiiimeeeee de beauté étincelante (comme sa maman), elle a une personnalité ennuyeuse. Oui, parfaitement. Et ça, eh bien ça rend moche en fait. Enfin c’est ce que Sadie croit puisque en fait, elle est subliiiiiiimeeeee et tout le monde s’en rend compte sauf elle. Et sa mère.
 
Elle est tellement subliiiiimeeeee qu'elle ne porte que des vêtements achetés en dépôt-vente, qui tombent toujours parfaitement et sont presque à la mode (de l'an dernier, le drame fashion, non mais vous imaginez avec quoi cette pauvre petite doit vivre ??). Et au cas où vous risqueriez de l'oublier, on vous le répètera à chaque fois que Sadie s'habille. Souvent donc. Ou que sa mère (enceinte de 7 mois) lui pique ses fringues. Tout aussi souvent. Parfaitement. L'ado bombasse-mais-qui-ne-le-sait-pas et sa mère qui a soi-disant un ventre tel qu'elle ne peut pas se pencher pour mettre ses chaussures. Je suis la seule à voir un problème dans la logique de l'auteur ?
 
Mais rassurez-vous, les complexes de Sadie nous donneront l’occasion d’assister à de merveilleuses conversations du type « non mais je ne suis pas moche, mais comme ma personnalité est nulle, ben en fait je ne suis pas jolie non plus » « Sadie, mais tu es aveugle ? Ta personnalité c’est justement ce qu’il y a de mieux chez toi » « ah bon ? Tu crois ? » « tu es merveilleuse, j’espère que tu garderas toujours cette innocence ».
 
Ben oui chéri, elle a 17 ans et toi 20, je pense que tu peux en toute objectivité taper sur le fait qu’elle est innocente et va le rester toute sa vie.
 
Mais. Quelle. Dinde.
 
Sadie n'est pas seulement une dinde (devant laquelle tout le monde s'extasie) (reine de la basse-cour), c'est un véritable paillasson. Ou une lavette. Ou une serpillère. Ou n'importe quel truc dépourvu de colonne vertébrale vraiment...  Quelle que soit la situation, elle prend tout avec philosophie, elle n'a pas une once de rébellion en elle, pas de volonté, pas de colère. Non Monsieur, Sadie est phi-lo-so-phe. Elle sait que c'est comme ça, que sa mère est un cas désespéré, et que c'est plus simple de faire ce qu'on lui dit. Mais ça, en fait, c'est un signe de maturité. C'est Sadie qui le dit. Elle est plus mature que les jeunes de son âge. Attends, dans sa tête, elle a au moins 20 ans, facile. J'aime bien l'héroïne qui se trouve nulle mais quand même se sent bien supérieure au commun des mortels parce que elle, elle est mature. J'aime la logique. (j'ai une furieuse envie d'écrire tout cet article en lettres capitales tellement je suis scandalisée) (J’espère que vous appréciez mes efforts à leur juste valeur)
 
Sur la supplication de sa mère donc (il fait trop chaud pour que je travaille mais toi tu es une bonne fille et tu peux crever de chaud), Sadie se présente donc à son travail, et là, normal, on accepte de la prendre pour remplacer la femme enceinte. L’ado de 17 ans, normal. Sans sourciller. Enfin si pardon, elle a une journée d'essai. Et évidemment, elle fait la conquête de tout le personnel en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. A part, ça, personnalité pourrie. Oui oui... Et quand je vois la quantité de travail à abattre, je suis admirative qu’une femme qui ne pense qu’à bronzer en bikini sur son balcon n’ait jamais pu en faire autant. (En passant, on aurait pu la prévenir pour les taches de grossesse ou on admet qu’il n’y a absolument aucun réalisme là-dedans ?) (On l'oblige d'ailleurs à éplucher des crevettes, beurk non mais quelle horreur, une fille du Tennessee ça n'aime pas les fruits de mer) (Et c'est important que Sadie n'oublie pas ses origines)
 
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes… En fait, la demeure appartient à Jax Stone, la super méga star, l’idole des jeunes, le One direction du rock and roll. Oui, donc, quelqu’un d’aussi éloigné de Sadie que possible. Pas de panique, il est très jeune, il a connu un succès foudroyant à 15 ans, et en a 19 (ou 20 je ne me souviens pas). Presque convenable pour arranger un petit couple. Jax se méfie un peu au début, c'est normal, une ado dans la maison, cela doit être un fan hystérique. Mais une micro-conversation de 10 secondes plus tard, en fait non, il est convaincu que Sadie est exceptionnelle puisqu'elle n'est pas intéressée par lui. Il est aussitôt fasciné.
 
Sauf qu’il y a Marcus, qui est un brave gars du coin travaillant lui aussi dans la maison pour l'été (mais à part ça, la politique maison ce n’est pas d'ados pour éviter que Jax soit envahi de fans - on ne saura jamais ce qu'a fait Marcus pour bénéficier d'une dispense) et qui aime bien Sadie aussi. Triangle amoureux ? Mais c’est une manie chez l’auteur on dirait !!! Je serre les dents, passons.
 
Notre subliiiiiiiiimeeee héroïne ne s’était jamais rendu compte qu’elle était jolie et la voilà avec deux gars sur les bras. Bon je ne vous fais pas un dessin, vous aussi vous auriez choisi le plus riche non ? Surtout qu’il lui chante du Bon Jovi sur sa guitare, et qu’il lui tient la main, et qu’il se lève pour prendre le petit déjeuner avec elle le matin quand elle arrive au travail (à 7h30, l’horreur quand c’est l’été franchement), et qu’il offre des places pour ses concerts aux petites filles croisées dans la rue.

Ah oui et aussi, Sadie porte un uniforme de soubrette sexy noir et blanc (comment ça ce n’est pas supposé être sexy mais juste professionnel – personne n’a donc prévenu l’auteur ?), et tout le personnel de la maison appelle Jax « Master Jax ». Maitre. Enfin, ne vous y méprenez pas, Jax vient là pour se détendre et passer un été en toute intimité (et simplicité) (c'est pour cela qu'à table, il y a un service à l'assiette avec une personne pour porter chaque assiette) (et notre héroïne fait le service remarquablement bien) (la simplicité je vous dis)... 
 
Autre merveille des merveilles, depuis 4 ans que la star vient passer ses étés dans la région, personne n’a jamais rien deviné. Le secret est si bien gardé que les locaux ne savent rien de sa présence dans leur petite bourgade. Tant de loyauté de la part du petit personnel, il doit vraiment bien les payer. Ou pas. Quand il croise des petites filles qui le reconnaissent dans la rue, c'est très civilisé, elles ne hurlent pas et elles acceptent sans problème de se taire aussi. (rue où il se balade incognito par la magie d'une paire de lunettes de soleil qui permettent en fait de mieux y voir même à la nuit tombée alors comme ça personne ne trouvera suspect qu'il ne les retire jamais - je suis perplexifiée, cela existe, ces lunettes??!)
 
Après des semaines de tourments (deux semaines et trois conversations donc), Jax décide qu’il ne peut pas vivre sans Sadie, qu’elle est son « air ». Aaahhh mais je comprends mieux le titre alors ! Sans elle il ne peut pas respirer. Oh que c’est beau. Rappelez-moi, ce gars est supposé écrire les paroles de ses propres chansons et être un génie c’est bien ça ? Bon, ben on n’est pas sortis de l’auberge…
 
Mais voilà, elle hésite, elle l’aime passionnément (ca va vite à cet âge…) certes, pourtant le star-système, cela la fait un peu flipper. Surtout que les journaux disent qu’il sort avec une autre star, et que Marcus a l’air de penser que c’est vrai. Les ragots et le type qui vient de se prendre un râteau, il n'y a pas de sources plus fiables, c’est sur…
 
Et puis Jax fait privatiser une salle de cinéma rien que pour eux deux (dans la ville) (mais personne ne se doute toujours qu’il est là) (vous parlez d’un secret bien gardé, où sont les paparazzis quand on a besoin d’eux, hein ?), et elle fond. Il a aussi ramené 47 kilos de nourriture en tout genre, parce qu'il ne savait pas ce qu'elle aimait. Moi je suis surprise que la parfaite Sadie, si responsable, mature (on nous le répète toutes les trois pages) et économe, ne sourcille pas devant un tel gaspillage.  Enfin, ils s'embrassent, c'est un festival de feu d'artifices, c'est sublime et incroyable, une expérience presque surnaturelle, Jax lui dit qu'elle a un gout extraordinaire, il en perd ses mots, puis il l'embrasse de nouveau puis il arrête parce qu'elle est trop tentante, et ils finissent de regarder le film sagement.
 
C'est l'homme de sa vie, c'est certain, mais à la fin de l'été, elle sait déjà qu'elle aura le cœur brisé quand il va la quitter. Sauf qu'il l’invite à une première de film. Oh mon Dieu, il s’agit de faire son coming-out au public ? Est-ce que cela veut dire qu'il veut quelque chose de plus durable ? Et rencontrer tous ces gens qui ne sont pas du même monde ??! Mais non Sadie ne t’inquiète pas, tu n’auras besoin de parler à personne, juste à moi. Viens je t’en prie ma chérie, j’ai besoin de mon air pour survivre, tu es tellement merveilleuse et unique et je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi, en plus tu es émue par le fait que je sois gentil avec les enfants, et ça, cela ne m’était jamais arrivé.
 
Oui donc, excusez-moi, je fais une overdose de sucre, un petit malaise et je reviens. Déjà que je lisais en diagonale, mais là, les haut-le-cœur se font trop forts, j'abandonne... 
 
Lecteur chéri, je n’en suis qu’à la moitié du livre et je rends les armes. Tous les clichés possibles et imaginables sont dans ce livre. Tous. Jusqu'à l'héroïne super fière qui travaille pour le héros mais qui est prête à lâcher son job rémunérateur pour un autre tout pourri, juste par éthique (à part qu'elle n'a pas un radis, mais vivre d'amour et d'eau fraiche n'est peut-être pas un mythe en fait ?). Je ne connaitrais jamais la fin sans doute tragique (un couple aussi gnangnan cela ne peut être que tragique) de Sadie et Jax. Qui vivront heureux et auront beaucoup d’enfants. Mais pas trop vite, parce qu’on est aux Etats-Unis et qu’ils ne sont pas mariés encore, Sadie est mineure, c’est compliqué. (Ceci dit, sa mère pourrait bien la vendre pour trois séances de massages – encore mieux que trois chameaux)
 
Vous l’aurez compris, je ne recommande pas la lecture de Breathe. Pour une fois, cela devrait faire plaisir à certains… J'espère au moins vous avoir fait rire de mon malheur, les conseils, ce sera pour la semaine prochaine !
 
 
Bon vendredi, 
Chi-Chi
   

Rendez-vous sur Hellocoton !

26 août 2013

Lady Vixen

Cet article est né dans la douleur et la frustration, dans l'agacement et les grognements de princesses. Car le pirate du jour est un old school.

Dans la romance old school il y a des livres comme les premiers tomes de la série Malory ou le Balzac romantique de Chi-Chi, qui en plus d'être représentatifs d'une époque, sont des romances qu'une lectrice du 21ème siècle pourra apprécier à sa juste valeur - si tant est qu'elle garde en tête que ces histoires contiennent des éléments caractéristiques du old school - mais quelque peu destabilisant pour une princesse moderne. Et puis il y a des livres comme Passions Captives

Loin de moi l'idée de déprécier la valeur de ce dernier, mais je ne peux nier les évidentes différences dans le traitement de l'histoire, dans la psyché des personnages, dans la dynamique des histoires d'amour rendant Passions Captives "indigeste" et faisant du Woodiwiss un must read de Chi-Chi.

Si bien que je ne peux résister à l'invention d'une nouvelle échelle. Point de Hugh Jackman ici, mais juste l'échelle de Sirena (et pour comprendre la référence, il va falloir aller lire la chronique ici).

Lady Vixen de Shirlee Busbee, publié en 1980, se situe quelque part non loin de Passions Captives, tellement près que le relire pour vous présenter cette chronique aujourd'hui, et se dévouer pour la cause de la romance et ses pirates, m'a demandé beaucoup de courage.

Pourtant, le pitch de l'histoire fait vraiment envie, voyez donc:

"Orpheline, Nicole Ashford s'enfuit de chez elle: tout, plutôt que subir les humiliations infligées par ses tuteurs. Déguisée en garçon, elle se présente dans une auberge. Le capitaine y recrute son nouvel équipage. Il la toise: bien jeune, bien fragile, ce mousse. Pourtant, il l'engage.
A bord de la Belle-Garce, Nick sillonne les océans, aborde dans des iles lointaines, repaires de dangereux pirates. L'aventure l'enchante: elle a conquis sa libreté.
Libre, certes... si ce n'est qu'elle partage la cabine du capitaine Saber. Normal pour un mousse. Mais Saber n'est pas dupe: il la rudoie, la provoque, se dénude devant elle. Elle rougit? Il se moque! Elle se met en colère? Il éclate de rire! Jusqu'au jour où il arrache les vêtements de Nick, fait vibrer ce corps satiné qui n'a jamais appartenu à personne..."

Traduisons le résumé:
Nicole a été élevée par des opportunistes qui veulent la marier de force pour profiter ad vitam eternam se sa grande fortune.
Travestie, elle prend la mer (comme dans la chanson) à bord du navire du pirate Saber (le nom pourri, le retour de la vengeance). 
Ce dernier est un vieux singe a qui on ne la fait pas. Il la met dans sa cabine parce que vraiment, il "sait" et entend bien en profiter (comprendre Saber est un homme avec des "besoins").
Et puis un jour... BAM!!

L'histoire va plus loin, il est question de la guerre de 1812 dans les Caraïbes, de deux hommes qui jouent à chat. L'un se battant pour la gloire du Royaume-Uni, l'autre se battant pour sa liberté (et son égo). Il est question de pirates, d'aventure, de batailles... Mais arrrhhhhhh!!!! Que j'ai pu detester cette histoire!

Je n'ai rien contre un auteur qui fait passer ses héros par un peu de douleurs avant le feu d'articice du happy-end. Mais ici, Shirlee est une sadique, qui a joué avec mes nerfs!

Christopher Saxon, aka Capitaine Saber, est un mâle alpha et monstre de sexualité débordante. C'est le genre de héros décrit comme un homme qui pourrait faire soupirer tout élément portant en lui une part de féminité, qu'elle soit femme, enfant, ou pierre, les transformant en guimauves sirupeuses animées d'un feu intérieur dévorant... Et bien entendu, comme c'est un homme, un vrai. Il le sait, il en profite, il en abuse et s'enorgueillit de son petit effet.

Sauf quand soudainement, Nick apparait dans sa vie et sur un malentendu, à l'insu de son plein gré, le rend tout faible de désir... Saber n'aime pas perdre son sang froid, et comme c'est un butor macho dans l'âme, il le lui fait payer.

Et c'est là que commence le sadisme de l'auteur. Pourquoi tant de haine? Quel est l’intérêt de ce conflit qui dure sur toute la longueur du livre? Cette absence totale de communication entre les personnages, et j'irai même plus loin, cette absence totale de confiance entre les personnages est fatiguante et a complétement empêché la moindre empathie de ma part. D'autant qu'ils ne résoudront pas leur problèmes avant la toute fin du livre, soit pratiquement 600 pages à vouloir les étrangler!

Nick non plus n'est pas en reste. Je veux dire, cette histoire de femme déguisée en homme. Je peux à la grande limite comprendre que cela puisse marcher tout au début, mais (attention spoilers) elle passe 5 ANS dans la piraterie. Sans parler de cette insistance à revenir vers un homme violent qui l'a molestée dès leur rencontre.

C'est pourtant un élément caractéristique du old school, issu d'une forme (perverse selon moi) de pudeur dans l'envie charnelle de cette époque. Vouloir, désirer et accueillir avec plaisir l'acte sexuel était "trop osé", à la limite de l'intolérable. Les auteurs contournaient alors cette pudibonderie par le viol (oui, la logique du siècle), car le "non" de la femme rendait alors l'acte acceptable. Le désir incommensurable qui les "embrase" rend leur résistance inutile à la passion. Mais mon cerveau est trop rationnel pour réussir à avaler la naissance d'un amour.

Ainsi, pour moi qui suis pourtant une lectrice aguerrie qui s’était préparée à la lecture d'un old school, j'ai souffert.
Et même si je sais que ce livre constitue pour certaines amatrices de romance un monument de la romance pirate, je ne peux pas, en mon âme et conscience, vous la recommander. La virilité de Saber ne rachètera rien, l'histoire de trame ne sera pas suffisante, et l’héroïne ne vous fera pas rire! Trop de old school, tue le old school!

 
Bon lundi,
Tam-Tam

PS: 1980, c'est pile dans le créneau imposé par Karine. Je peux donc faire de la lecture douloureuse de ce livre une participation aux Harlequinades Vintage!

PS2: je mérite une médaille pour ne pas avoir mentionné ce titre horrible (évocateur de trucs hyper scandaleux) qui fait pouffer le prince pas si charmant à chaque fois qu'il aperçoit le livre. Vraiment, une médaille!

Rendez-vous sur Hellocoton !

19 août 2013

Un cadeau empoisonné

Lundi est de retour, j'ai jeté l'encre et pris mon clavier et j'ai un thème à aborder (petit jeu de mot au passage, attention, je suis en forme!).

Les pirates, aujourd'hui, c'est en compagnie de Sara Winchester et Nathan Saint James que nous allons les étudier.

Dans "Un cadeau empoisonné" de Julie Garwood, nos héros se voient mariés par injonction du roi à l'âge canonique de 4 et 13 ans.
Pourquoi?

Parce que les Winchester et les Saint James nous la font un peu à la Montague et Capulet et que ça agace prodigieusement son Altesse Royale qui voudrait bien profiter de son royaume sans avoir à départager des querelles qui prennent du temps sur son cours de bilboquet et ses soirées de rami (oui, quelques jours avec les munchkins, ça vous change un vocabulaire) (pour celles qui se demanderaient, je suis nulle en bilboquet, mon pouce s'en souvient encore, et j'ai explosé le score de rami, oh yeah!)

Mais revenons en à Sara et Nathan qui grandissent dans leurs familles respectives et vaquent à leur occupations dans l'attente du jour où ils seront réunis... ou pas en fait.

Sara attend, parce que Sara est pure, naïve et pleine d'optimisme sur le monde. Mais sa famille n'est pas vraiment décidée à la laisser partir, et avec elle, à céder des terres fertiles qui valent une fortune aux mains d'un Saint James...

Nathan, de son côté, a essayé d'être réglo, mais les Winchester ne souhaitant pas jouer le jeu, il a été poussé dans ses retranchements et a donc décidé d'enlever la donzelle au giron protecteur (et quelque peu malsain) de sa douce (et cruelle) famille (de barrés).

Les voilà donc tout deux en mer, à bord d'un navire, essayant tant bien que mal de "communiquer". Car soyons clair, la communication n'est jamais un point fort chez le héros (fille ou garçon) de romance. Vous pensez bien, ce serait trop simple, et l'histoire se finirait en une conversation!

Mais Sara et Nathan essayent. Ce qui est tout à leur honneur. Mais c'était sans compter sur la gourditude et la quichauderie de Sara. Car quand je parlais plus haut de naïveté et d'optimisme, ce que je voulais dire en fait, c'est que la jeune fille a été élevée dans une bulle arc-en-ciel de petits poneys à paillettes, le tout baignant dans une mer de moelleux petits cœurs roses irisés... Autant dire que la "vraie vie des gens normaux", Sara ne connait pas. Et son voyage sur le navire de Nathan, c'est un peu comme si elle se retrouvait projetée dans l'émission "Seul face à la nature" (Man vs. Wild) et où Nathan serait Bear Grylls qui lui expliquerait ce qu'elle doit faire pour survivre (ce que je ne préciserai pas ici, parce que la maîtresse de l'étiquette me sauterait dessus sans préavis, et je finirais privée de romance) (oui, ici, on ne prive pas de dessert, on fait PIRE!)

En résumé, Sara n'est pas vraiment taillée pour la mer : elle est maladroite, gauche, gourde et quiche à ses heures, manque de jugeote, peut se montrer un tantinet agaçante et par dessus tout TSTL (je vous renvoie à l'explication de Chi-Chi sur le sujet). J'en veux pour preuve les diverses catastrophes qui surviennent sur son passage. "Là où l'ombrelle passe, le marin trépasse", cette phrase, somme toute obscure dans sa signification, devrait prendre tout son sens une fois la lecture du livre faite!

Alors comment se fait-il que je n'ai pas jeté violemment mon livre contre le mur en poussant un grognement (très digne et plein d'élégance) et que j'en suis au stade où je vous recommande le-dit livre?

Parce que Sara arrive à supplanter son statut de TSTL (elle a frôlé la frontière de l’agacement ultime pendant ma lecture) et se rendre finalement hilarante au yeux de la lectrice avertie. 

Et puis toutes ces tentatives pour se racheter aux yeux de l'équipage, ces efforts qu'elle fait pour s'adapter à l’environnement, et enfin, son infaillible optimisme la rendent hyper attachante et font d'elle un personnage très positif dans son évolution et finalement parfait pour Nathan.

Nathan qui est un héros magnifique, régalien, macho, tout puissant.... patient! Et qui avait finalement besoin du grain de sable Sara pour retrouver le goût des choses et comprendre le sens général de la vie (envolées lyriques Tam-Tam? Oui, j'aime bien Nathan, et il a beaucoup de mérite).

Et les pirates dans tout ça?
Ce serait spoiler... Mais disons qu'il est question d'un certain Pagan le pirate, mais que l'histoire de ce dernier passe au second plan dans l'histoire. Sachez seulement que vous aimerez beaucoup Pagan. Voilà... Faudra vous débrouiller avec cela!

Avant de vous laisser, j'ai une dernière chose à partager. Je vous ai beaucoup parlé de Sara, de son côté TSTL irritant, et j'ai passé sous silence le côté overmacho tout aussi pénible du héros.

Parce que soyons honnête, un héros qui pense avoir tout le temps raison, c'est contrariant et cela peut faire naître des pulsions violente chez la plus douce des lectrices.
D’où cette interrogation: pourquoi ai-je été beaucoup plus facilement agacée par les travers de l’héroïne, alors que j'ai pardonné en un clin d’œil au héros d'être un tantinet butor par moment?

Après étude approfondie, je me demande même ce qui dans l'écriture de l'auteur, a permis la transformation logique et cohérente de Sara? Comment l'auteur a-t-elle réussi à me vendre le passage du TSTL à la Sara de la fin (je ne donnerai pas de détails, spoilers!)?

Aurais-je branché mon cerveau sur le mode "old school" qui me  permet d'encaisser certaines tendances caractéristiques de cette époque sans avoir les cheveux qui se dressent sur la tête (quand bien même, Garwood ne soit pas vraiment une old school)? Certains disent que la lecture d'un Garwood ne peut engendrer que 2 sortes de réactions: soit on adore le côté "over the top"/excessifs des héros, soit on déteste. C'est un peu comme la Marmite...

Il ne me reste plus qu'à m'en remettre à votre bon jugement...

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

PS: la première parution datant de 1991, et la couverture suintant le kitch à plein nez, ce livre fera aussi partie des Harlequinades Vintage de Karine...
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

16 août 2013

Dublin street

(Scroll down for english)

A force de voir passer la couverture de ce livre un peu partout, j’ai fini par me dire qu’il était temps de me renseigner. Pourtant, le côté furieusement inspiré de Fifty shades de la couverture aurait plutôt du me faire fuir. Pour ne pas parler de ce sous-titre… « Hantée par le passé, délivrée par la passion ». Achevez-moi !!! Pardon pour celles qui aiment, mais quand je lis ça, je n’ai qu’une envie, fuir le plus vite possible en sens inverse. Pitié, pas encore une histoire de pauvre âme torturée qui est sauvée par l’amouuuuur ! Impression qui n’est que renforcée par la 4ème de couverture :
 
« Quand Jocelyn Butler pénètre dans le magnifique appartement de Dublin Street, elle croit vivre un rêve. Un cadre somptueux, un quartier agréable d'Édimbourg, et une future colocataire des plus adorables. Ellie Carmichael est certes un peu trop enjouée et curieuse pour le caractère secret de Jocelyn, pour qui se lier d'amitié avec autrui a toujours été une épreuve, mais elle lui est aussitôt sympathique. Son frère, en revanche... Beau comme un dieu, mais aussi arrogant que déstabilisant, Braden Carmichael fait voler en éclats son fragile équilibre. Car en plaquant tout pour venir s'installer en Écosse, la jeune femme espérait laisser derrière elle son passé tragique. Or la passion qui la lie bientôt au ténébreux Braden fait resurgir ses peurs les plus profondes, et les exorcise... »
 
Je suis fatiguée que l’on essaye de me vendre du sexe, pardon de la passion, comme de l’amour. Ce n’est pas la même chose. On peut vivre des expériences sexuelles formidables avec quelqu’un dont on n’est pas amoureux, et inversement, on peut aimer quelqu’un et que les choses se passent mal au lit ! Alors oui, dans la romance, le but est justement de réunir les deux. Mais je suis, je me répète, excédée par cette invasion systématique (qui ne date pas d’hier mais qui ne fait hélas que s’amplifier) qui voudrait que pour attirer le chaland, il faille nous promettre du sexe.
 
Seulement, Dublin Street est vendu au rayon romance érotique, avec Fifty shades, Beautiful Bastard et compagnie. Des livres qui, vous le savez, n’ont pas laissé dans ma mémoire un souvenir impérissable. 
 
Je craignais le pire, et je vous avoue que pour une fois, la première impression n’était pas la bonne. Dublin Street est bien meilleur que ces autres livres avec lesquels on veut le ranger.
 
Mais je reste encore bien loin du coup de cœur. Alors pourquoi ?
 
Parce que j’ai eu des problèmes avec le héros.
 
Comme trop souvent dans ce type de livres, Braden est un énorme dominateur, qui poursuit son héroïne avec un acharnement à la limite du harcèlement. Après une rencontre accidentelle, où Joss ne sait pas qu’il s’agit de frère de sa coloc, les présentations se font quand Braden se pointe à l’appart. Sans sonner, sans frapper. Ok, il a une clé. Mais il sait aussi qu’il y a une nouvelle coloc qu’il ne connait pas, il pourrait se dire qu’il va éviter de lui coller une crise cardiaque en mode de présentation non ? Quant à la réaction qu’il a à la situation dans laquelle se trouve Joss ? Disons que si j’avais été elle, j’aurais déménagé aussi sec.
 
A la suite de quoi Braden a décidé qu’il l’a voulait, et il va tout, mais alors tout mettre en œuvre pour l’avoir. Sans aucune limite. Je ne compte pas le nombre de fois où Joss lui demande de la laisser tranquille, lui dit qu’elle n’est pas intéressée, lui dit qu’elle ne veut rien de plus qu’être amis. Alors se pointer à son travail tous les soirs et  débarquer dans l’appartement quand il sait pertinemment qu’Ellie n’y est pas, je trouve cela juste flippant.
 
Quand Joss lui dit qu’elle ne veut pas discuter de ses raisons, il s’offusque. Depuis quand une femme doit-elle des explications à un homme dont elle repousse les avances ? Quelles que soient ses raisons (et même si nous lecteurs pouvons penser que les raisons en questions ne sont pas valables – je vous rappelle que Braden n’en sait strictement rien), elle ne devrait pas avoir à s’expliquer si elle ne le souhaite pas ! Non, c’est non !!!! Et non ne veut pas dire « j’ai envie alors si tu insistes suffisamment je vais céder ». Non signifie qu’il devrait la laisser tranquille quand elle le lui demande. De la même manière, attraper une femme, la bloquer physiquement quand elle essaye de quitter une pièce alors qu’il a décidé que la discussion n’était pas finie, sont autant de choses qui m’ont fait paniquer à la place de l’héroïne.
 
Oui, Braden a de bons moments. Il est adorable avec sa sœur, et c’est cela qui rassure Joss. Oui, il est très généreux, oui, lui aussi a un passé compliqué. Et oui, au fur et à mesure que le livre avance, il se révèle être quelqu’un sur qui on peut compter, souvent la voix de la raison dans la relation qu’il entretient avec Joss. Oui, il peut être très tendre avec elle, oui, il se couperait un bras pour Ellie (et pour Joss aussi apparemment). Et OUI, au final, le lecteur (y compris moi) est bien content qu’il ait insisté assez pour franchir les barrières dont Joss s’entoure.
 
Mais pour moi il y a un vrai problème dans la manière dont ce personnage est décrit pendant la première moitié du livre, car rien dans ce qui nous est dit de Joss ne permet de penser qu’elle l’a à aucun moment encouragé à insister, même quand elle disait non ! J’ai eu du mal à dépasser cette mauvaise première impression pour apprécier le reste de la lecture et c’est d’autant plus dommage que pour le reste, j’ai aimé ce livre.  

L’histoire est à la fois tendre et sensuelle (mais pas franchement érotique, je ne suis pas certaine de bien comprendre d'où vient l'association) (oui il y a pas mal de scènes sexy réussies, mais à part ça...), entre ces deux-là. Il n’y a pas de grands rebondissements mais en ce qui me concerne c’est un point positif. L’auteur se concentre sur la relation et sur Joss qui va littéralement être transformée au fil des mois et des pages qui s’écoulent. Transformation qui, merci mon dieu, n’arrive pas par la magie de l’amouuuuur mais grâce à un travail sérieux avec une psy ! Fait assez rare pour mériter d’être souligné et que j’approuve totalement. Non, on n’apprend pas à vivre avec un traumatisme tout seul. Le commun des mortels a besoin d’aide et c’est bien que pour une fois, la romance nous le rappelle.

Voilà pourquoi, malgré tout, je vous recommande Dublin street qui reste une romance de qualité ! 

Bonne lecture, 
Chi-Chi  

    
  
After weeks and weeks of seeing the cover for this book everywhere, I felt like I had to look into it. Even though the very Fifty shades inspired image was kind of a turn off for me. Not to mention the subtitle “Haunted by the past, freed by passion”. Come on!!! I’m sorry for everyone out there who liked it but it just makes me want to run in the opposite direction. Please god, not yet another story about a poor little soul who lived through the worst nightmares imaginable only to be saved by true love! A feeling that wad only made worst by the back cover blurb… 

"Jocelyn Butler has been hiding from her past for years. But all her secrets are about to be laid bare… Four years ago, Jocelyn left her tragic past behind in the States and started over in Scotland, burying her grief, ignoring her demons, and forging ahead without attachments. Her solitary life is working well—until she moves into a new apartment on Dublin Street where she meets a man who shakes her carefully guarded world to its core. Braden Carmichael is used to getting what he wants, and he’s determined to get Jocelyn into his bed. Knowing how skittish she is about entering a relationship, Braden proposes an arrangement that will satisfy their intense attraction without any strings attached.But after an intrigued Jocelyn accepts, she realizes that Braden won’t be satisfied with just mind-blowing passion. The stubborn Scotsman is intent on truly knowing her… down to the very soul."

I am getting so tired of publishers selling me sex (I’m sorry, passion), as love. It is not the same! You can enjoy yourself in bed with someone you are not in love with, and you can also live a very disappointing experience with someone you love deeply! So, yes, in the romance world, the point would be to have the two of them together at all times. But, it is becoming more and more difficult to find books that don’t try to sell you sex as a way to fall into love. I am not attracted to a book just because it promises steamy scenes, and more often than not, it feels like a shortcut to explaining the falling in love. 

But On Dublin Street is sold on the same shelf as Fifty shades, Crossfire and Beautiful Bastard, so I guess that makes it an erotic romance or erotica, not quite clear on that yet. 
But I had to read it in order to get an opinion, didn’t I?
 
Well, the book was way better than those I just mentioned, but I still had issues with it.
Why?
 
Because of Braden…

He is the kind of overbearing hero I am really getting tired of, pursuing Joss with a determination that borders on harassment. After an accidental (and anonymous) first meet, Joss really meets Braden the first time he comes to his sister’s apartment. Without knocking, using he own key. Even though he knows she has a new roommate, whom he hasn’t met. Was he trying to give her a heart attack? I found that kind of creepy. Not to mention the reaction he has when he meets Joss. I would have moved right away, that is not acceptable behavior!
 
After that, Braden decides he wants Joss, and he is determined to do anything to get her. I can’t count how many times she asks him to leave her alone, tells him she is not interested, that she only wants to be friends. So to me, him showing up at her workplace, coming to the apartment when Ellie is not here, insisting that she tells him where she goes, who she sees, is just creepy. 
 
When Joss refuses to discuss the reasons she doesn’t want to sleep with him, he demands an explanation. In what world does a woman owe an explanation to a man, just because she doesn’t want to sleep with him? Even if I, as a reader, could maybe think that said reasons are not enough, Braden has no way of knowing that, and yet he doesn’t respect Joss’s wish not to talk about it.  But no means no! In every language! No doesn’t mean « keep trying until I give in », it doesn’t mean « I’m playing hard to get ». It means “leave it alone just like I asked you to”. Not to mention the fact that repeatedly grabbing someone to stop her from leaving the room when she really doesn’t want to talk to you could be considered abuse.
 
If I were Joss, I would have felt harassed. 
 
Of course, Braden has his shining moments. He really is good to his sister, has a great family and good friends. He works hard, is generous, has a complicated past too, that ends up explaining a lot of his behavior. And yes, he does reveal himself, and he would give up an arm for Joss. And yes, the reader, me included, is going to be really glad in the end that he insisted enough to break through Joss’s wall.
 
But the way he is described really was problematic for me, because nothing on Joss’s side had let him know that he should have continued pursuing her even when she said no. That bad first impression was really hard to get over, and it really is a shame because the book as a whole is quite good!
 
The story between the two of them is at the same time tender and sexy. Without lots of big, dramatic events (except at the end), Samantha Young just tells us a story of two people falling in love and as far as Joss is concerned, a story of getting better, reclaiming her life.
 
And, as a side note, I’m so glad that there is a therapist involved, and that no one pretends that love is enough to cure everything! Traumas are a hard thing to deal with, and getting professional help is the best way to do it. Romance often tends to forget about that, and I’m really happy that it wasn’t the case here, it makes our heroin’s recovery much more realistic…
  
Despite my reservations, I would still recommend On Dublin Street, it was a nice read, and I think most of you will enjoy it!
 
Chi-Chi 
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

12 août 2013

Lady Pirate

Il n’y a pas que L’île au trésor qui est classée en littérature générale.

Lady Pirate n’est pas classée en romance et c’est une histoire divisée en 2 tomes, Les valets du roi et La parade des ombres. De quoi donc vous occuper au moins le temps d’un weekend à l’ombre d’un parasol en compagnie de votre poison préféré - café/thé/rosé, rayer la mention inutile.

Mireille Calmel nous raconte ici la destinée de Mary.

A l’aube de notre histoire, Mary se voit contrainte par sa mère Cecily à se faire passer pour un garçon. Alors âgée de 7 ans, elle ne comprend pas vraiment la raison de ce choix maternel, mais cela semble faire plaisir à sa chère maman qui a bien du tourment depuis qu’elle est seule.

D’abord mariée au fils d’un riche armateur Londonien, John Reed, puis éprise d’un marin… Cecily se retrouve désertée et sans ressource et a alors l’idée de faire passer Mary pour le défunt fils de son défunt mari.

C’est ainsi que Mary Jane devient Mary Oliver et grandit dans la supercherie. Mais si au départ cette mascarade l’a intriguée, elle s’est vite prêté au jeu en découvrant la liberté et la quantité de choses qu’elle pouvait faire sous les traits d’un garçon !


Education littéraire et maîtres d’escrimes, leçons d’étiquette. La jeune Mary est éduquée pour devenir un gentilhomme sous la houlette de la riche et puissante grand-mère (qui ne veut cependant pas entendre parler de Cecily, qu’elle tient pour responsable de la mort de son fils).

Mais une série d’évènements (parmi lesquelles on trouve la mort de sa mère, la puberté et une chasse au trésor) la poussent à tout quitter.

Après une rencontre avec la sulfureuse Emma de Mortefontaine, elle reprend la fuite, « s’engage à bord d’un vaisseau » (pour reprendre les paroles de la désormais célèbre chanson) et quitte les îles britanniques.

Les aventures de Mary Read vont la pousser loin. Elle va faire de nombreuses rencontres : le Capitaine Forbin, Corneille, son fidèle lieutenant, et Niklaus Olgersen, le fringant Maréchal des Logis.

Et elle va connaitre son lot d’aventures, de joies et de peines.


Car sous les traits d’un garçon, et profitant de la crédulité de la quasi-totalité de la population, elle va partir à la guerre, naviguer sur les océans, tuer, se battre mais aussi aimer, haïr et jurer vengeance.

Je n’ai pas envie de vous dévoiler qui sera le grand amour de Mary, même si vous imaginez bien qu’il se trouve dans les 3 hommes cités un peu plus haut. A leur manière, ils font écho à un aspect de la personnalité aux mille facettes de notre héroïne et, si j’ai bien mon chouchou (pour des raisons qui me sont complètement personnelles), vous douterez, vous fondrez, vous frémirez et vous enragerez.

Ce livre n’est pas une romance conventionnelle. La trame se concentre trop sur Mary et sa quête (là encore je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler) pour que la romance soit la focalisation première de notre lecture. Mais amour il y aura. Et pirate aussi !

Oui, parce que c’est quand même le thème. Et donc, dans un souci de transparence, je vous annonce quelques spoilers à suivre dans l’étude approfondie du pirate sexy.

Enfin, quand je dis pirate, je parle de marin au sens plus large. Parce qu’en l’an de grâce 1696, existaient une « race particulière » de pourfendeurs des mers : les corsaires !

Et parce que la chaleur m’a rendue un peu feignasse sur les bords, j’ai décidé que tout le monde serait un pirate, et que je traiterai les marins sexy de ce livre comme des pirates. En plus, le livre d’appelle quand même « Lady Pirate », donc ce n’est pas comme si une partie de l’histoire n'était pas fondée sur le concept de la piraterie.

Donc après étude, le pirate est :

Beau :

Globalement, les trois hommes de Mary sont beaux à leur manière.
Forbin est magnifique et régalien. Le macho dans l’âme, le charmeur et séducteur au sourire irrésistible
Corneille est d’une beauté discrète. Il a perdu un bras, donc il doit savoir qu’il ne peut rivaliser avec le charme brut. Il fait dans la subtilité, l’écoute, la patience…
Niklaus est courageux et loyal (un peu comme Lassie, oui). Géant blond, il est de ces hommes que l’on suit avec confiance dans les pires situations, il commande les hommes, il inspire la confiance et le respect.

Séducteur et charmeur :
Oui, parce que faire fondre la jeune Mary Read, qui n’a d’yeux que pour la quête de son trésor, cela demande du talent, de la persistance et de la volonté.

Sexy :
Oui, même Corneille. Il m’a fait fondre. Ce qui était moins gagné qu’avec les deux autres.

Et la piraterie dans l’histoire ?
Nous avons un trésor, deux parties qui se le disputent, une course autour du monde pour le récupérer, des combats… Je ne sais pas ce qu’il vous faut d’autre ?
En savoir un peu plus sur l’héroïne sans doute…

Mary Read est une héroïne de littérature qui emprunte beaucoup de choses aux clichés de la romance :
Elle est une femme habillée en homme.
Elle est dotée d’un caractère qui en fait de ces héroïnes de la trempe d’Angélique. Elle fait « face à son destin ».
Elle est envoutante pour les hommes (et les femmes) qui croisent sa route
Elle se fait des ennemis puissants mais trouve toujours sa force dans l’adversité de la situation.
Elle est guerrière et maitresse, mère et amante, amie et furie.

Même lorsque vous aurez envie de la secouer, vous ne pourrez qu’apprécier sa force et sa volonté. Et puis sinon, le roman ne manque pas de héros yummy !
 

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

9 août 2013

Whiskey creek

Encore une série pour l'été dont je parle aujourd’hui et, vous allez me détester, une série non traduite… 

Mais je plaide non coupable, c’est de la faute des promotions Amazon !
 
Le mois dernier, au détour d’une page, je suis tombée sur un résumé auquel je n’ai pas pu résister. Et de fil en aiguille, me voici à vous parler de Brenda Novak, dont j’avais souvent entendu parler mais encore jamais testé les ouvrages. 
 
Et quel résumé, pour When lightning strikes, premier tome de sa série Whiskey Creek...

Simon, la star de cinéma aux 12 000 frasques, s’est fait virer par Gail, son attachée de presse. En guise de représailles, il a emmené avec lui la quasi-totalité de sa clientèle. Gail, au bord du désespoir, décide donc de tenter le tout pour le tout et de présenter ses excuses à Simon, dans l’espoir que cela fasse revenir quelques clients. Des excuses qui lui coutent d’autant plus que Simon a largement mérité de se faire taper sur les doigts et que ce n’est pas parce qu’on est une star de cinéma que l’on a tous les droits. En tout cas, c’est comme ça que Gail voit la vie. Mais, en grande fille réaliste qui vit à Hollywood depuis 10 ans, elle sait bien que tout le monde ne partage pas cette opinion.

Coup de chance pour elle, elle réussit à cueillir Simon à un moment où il est touche vraiment le fond…  et lui fait une offre qu’il ne peut pas refuser, pour des raisons que je vais me faire un plaisir de vous laisser découvrir !
 
Résultat, voici Gail mariée à Simon, qu’elle prend sous le bras pour le trainer à Whiskey Creek, la petite ville où elle a grandi, le présenter à sa famille et donner à ce mariage (de façade) une illusion de crédibilité. Aussi pour échapper aux médias et essayer de donner à Simon le temps de retomber sur ses pieds et de remettre de l’ordre dans sa vie. 

J’aime les mariages forcés ou arrangés en tout genre, j’aime les livres avec une star de cinéma qui tombe amoureux d’une banale inconnue (même si une attachée de presse de haute volée à Hollywood n’est pas exactement une inconnue banale qui ne connaît rien au star système) et Gail et Simon n’ont pas fait mentir leur réputation. Ensemble, ils nous offrent une petite bulle de comédie romantique pure, que j’ai adoré et dévoré au point de me précipiter séance tenante sur le tome 2 la série.
 
Autour d’eux, la bande d’amis de toujours de Gail, chacun ayant fait sa vie un peu de son coté, certains restés à Whiskey Creek, d’autres partis, parfois pour mieux revenir. Schéma classique maintenant de la petite ville américaine bien sous tous rapports, où les voisins se mêlent de vos affaires les plus intimes et où vous ne pouvez pas faire trois pas sans que les pires commères du coin soient au courant. Mais aussi petite ville où vous pouvez amener votre super star de mari sans craindre que l’épicier donne votre adresse aux paparazzis, ce qui est appréciable dans le cas qui nous intéresse ici!
 
Comme toujours dans ces cas-là, l’histoire va au-delà de nos héros et se compose aussi d’une histoire de la ville et de ses habitants, s’étale sur des années, des décennies, avec des personnages secondaires qui, pour une fois, ont un vrai rôle à jouer dans l’histoire et ne sont pas là que pour servir de décor à nos héros. Avec un arc développé sur plusieurs tomes, des indices semés au fur et à mesure, l’auteur s’assure que son lecteur ait envie de revenir pour découvrir non seulement les autres membres du groupe, mais aussi en savoir plus sur ce qui n’est que suggéré pour le moment. 
 
Comme en ce qui concerne Cheyenne, (When snow falls), dont l’histoire commence quand Gail et Simon ont résolu leurs difficultés, et que chacun repart chez soi pour les fêtes de Noël. J'aime les histoires de Noël, à condition qu'elles ne soient pas dégoulinantes de bons sentiments, et ici, l'équilibre est d'autant plus réussi que Cheyenne considère n'avoir rien de particulier à fêter... 

Cheyenne qui est amoureuse depuis toujours de Joe, le frère de Gail, et qui décide de prendre son courage à deux mains pour enfin passer à l’action, histoire de se distraire des responsabilités qui pèsent sur elle, entre une mère à l'agonie après des années de maladie et une sœur complètement paumée dont l'histoire complexe qui m’a donné de sueurs froides jusqu’à la dernière page. Son histoire d’amour improbable, un peu moins facile que la précédente mais tout aussi prenante, m’a charmée et poussée vers le tome suivant…
 
Tome qui raconte l’histoire de Callie (When summer comes), et commence quelques mois plus tard, avec les symptômes de plus en plus présents d’une grave maladie qu'elle gardait jusque là secrète et dont elle pourrait bien ne pas guérir (je m’en voudrais de vous spoiler la fin, mais je crois qu’elle va s’en remettre quand même). 

Callie dont je vous avoue que je l’ai moins aimée que les deux précédentes, avec Levi, le héros dont je n’ai pas réussi à comprendre les motivations et leur entêtement à tous les deux à prétendre que non, tout va très bien dans notre vie merci beaucoup, et surtout, n’essayons pas d’avoir la moindre conversation importante avec la personne dont nous pensons être en train de tomber amoureux. Sans être une affaire de grand malentendu, leur histoire est une affaire de mauvaise communication, et pour un couple qui vit ensemble dès le jour de leur rencontre, c’est un peu problématique.
 
Ceci dit, les histoires secondaires que l’on voit se développer au fur et à mesure des tomes, et les personnages annoncés (je ne vais pas vous dire les couples car Brenda Novak a réussi à me surprendre dans certains choix) me tentent suffisamment pour que le tome 4 soit sagement dans ma PAL, et à l’heure où j’écris ces lignes, je pense qu’il ne devrait pas tarder à en sortir.
 
Quant au problème épineux de la VO… Cette auteur a une vingtaine de livres publiés en VF, ce ne sont bien évidemment pas ceux que j’ai lu (ce serait trop facile sinon), mais il me semble que cela vaut la peine de les tenter, si j’en crois la qualité de ce que j’ai lu pour cette série !
 

Bonne lecture,
Chi-Chi
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

2 août 2013

Mon mari, cet étranger et les Harlequinades vintage

Poussée et forcée par Karine (si si voyons, vous pensez bien que je n’aurais jamais lu un livre pareil sans y être encouragée, tellement pas mon genre), j’ai relu des vieux Harlequin comme ceux qui inspirent nos chroniques au 72ème degré.
 
Et quand je dis vieux, c’est 1990 ou avant. Toute ma jeunesse, toute ma découverte de la romance, toute la nostalgie de mes… 13 ans ! Et de la lecture de ces petits livres déjà vieux à l’époque car récupérés auprès d’une amie de ma mère (quand j’y pense, ma mère a de drôles de fréquentations)…
 
Doublement poussée et forcée par Karine même puisque je vous parle comme elle de Mon mari, cet étranger, dans un exercice de haute voltige qui veut que je n’ai pas relu ce livre depuis… 5 ans ? Et que je viens de retourner toute ma bibliothèque pour réaliser qu’il a fait partie de la cargaison malheureuse qui est partie ce printemps dépérir dans le grenier parental, en attendant un hypothétique déménagement dans un château pourvu de bibliothèque (laquelle devra au moins égaler celle de la Bête dans La belle et la bête).
 
Mon mari, cet étranger de Anne Mather est l’un des rares à avoir survécu au passage du temps et à mes crises de folie épuratrices (je pleure encore ma collection mythique donnée chez un bouquiniste un jour d’égarement).
 
Alors j’imagine bien que vous vous dites tous « Mon Dieu, mais quel est donc ce chef d’œuvre ? ».
 
Eh bien c’est l’histoire d’un mariage arrangé, dans la plus pure tradition romance. En bonne héroïne 70’s, Hélène se retrouve fort dépourvue quand la bise vient, avec la mort de son père et une montagne de dettes. En bonne héroïne 70’s, si elle a fait des études, ce n’est pas pour travailler, non madame, c’est pour être la parfaite petite épouse aux côtés d’un mari aussi riche et influent que feu son papa (mais de préférence plus doué en affaires, les dettes à éponger, une fois suffira, merci).
 
Et donc en bonne héroïne 70’s, Hélène accepte la proposition de Jake Howard, vautour ambitieux qui n’a de cesse de profiter du désarroi dans lequel la plonge cette épineuse question financière, et qui lui propose… le mariage ! Notez qu’il aurait pu lui proposer de devenir sa maitresse contre rémunération, mais cela aurait été un tout autre genre d’histoire, et chez Harlequin (comme chez moi), on aime les mariages arrangés, si plausibles historiquement.
 
Hélène a donc épousé Jake, mariage de raison qui fonctionne parfaitement depuis trois ans. Elle tient la maison (avec un peu de personnel, on ne peut tout de même pas lui demander de nettoyer la salle de bain quand elle passe autant de temps chez la manucure), et joue les ravissantes potiches pour un mari qui n’est jamais là, avec un talent rare. Mariage qui n’est que de façade, puisque nos deux tourtereaux ne dorment pas ensemble. Comme dans, vous avez bien compris, le mariage n’a jamais été consommé.
 
Scandale ! Surtout qu’Hélène commence un peu à s’ennuyer, qu’à l’époque il n’y avait pas Skype et que son cher époux est en voyage d’affaires depuis des semaines à l’autre bout du monde. Surtout que quand Jake revient sans avoir annoncé la date et l’heure exacte dudit retour, il n’est pas content du tout de voir que sa chère épouse n’est pas en train de broder au coin du feu à l’attendre, pire, qu’elle est *gasp* sortie diner avec un autre homme !!!
 
Enfer et damnation, cela ne se passera pas comme ça ! Que les choses soient claires, c’est fini la belle vie pour Hélène, à partir de maintenant, elle va se comporter comme une épouse digne de ce nom, décide notre cher héros, plein de l’élégance et de la classe que l’on peut attendre d’un bon héros 70’s…
 
Traduction, Jake veut que sa potiche soit encore plus disponible, et possiblement, qu’elle lui ouvre la porte de sa chambre (ce qui, pour une potiche, par définition dépourvue de bras peut s’avérer délicat) (mais Jake n’est pas difficile, il veut bien la forcer d’un coup de pied si nécessaire) (quelle âme chevaleresque, vraiment).
 
Vous l’aurez deviné, à partir de là, il y aura une magnifique scène de consommation des liens sacrés du mariage et accomplissement du devoir conjugal par une jeune épouse complètement vierge effarouchée qui n’est que modérément consentante (mais comme c’est une héroïne 70’s, ce n’est pas grave parce qu’après tout ils sont mariés alors Jake a le droit), et de l’amour.
 
Enfin…
 
Consommation du mariage, Hélène qui s’écrase comme une carpette devant son mari over-dominateur (il aurait planqué une cravache sous le lit que cela ne m’étonnerai pas mais nous resterons à jamais dans l’ignorance, Harlequin jette un voile pudique sur cet aspect de la relation), et après une nuit que l’on supposera torride, beaucoup de malentendus, de larmes pour Hélène et de cris outragés pour Jake (c’est que c’est pénible ces bonnes femmes qui pleurent tout le temps), tout fini dans un festival d’amour et de petits cœurs à paillettes sortis de nulle part.
 
Voilà un chef d’œuvre de la littérature Harlequin vintage pour un challenge (le premier auquel participe le blog d'ailleurs, mais vous conviendrez que nous ne pouvions pas laisser laisser passer un sujet pareil...), à ne pas mettre entre toutes les mains, et pourtant, pour des raisons que je ne m’explique pas, que je garde précieusement.
 
Parce que c’est si délicieusement représentatif de l’idée que la société s’est faite de la femme et de sa place dans la relation amoureuse, parce que Anne Mather maitrise plutôt bien sa plume (ou en tout cas que ce jour-là le traducteur Harlequin était inspiré) et parce que c’est avec ces avalanches de clichés misogynes et archaïques que j’ai découvert le genre le plus génial de la littérature !
 
Merci Karine de m’avoir replongée dans ces souvenirs, et pour les autres, bonne lecture (mais si c’est d’autre chose, je ne vous en voudrai pas) !

Chi-Chi
 
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

29 juillet 2013

La route de l'arc-en-ciel

Une auteur qui s’est fait connaître à travers ses historiques aux héros parfaitement yummy et qui s’est depuis un peu tournée vers le contemporain. Une auteur qui a défaut d’être perpétuellement géniale dans ce qu’elle écrit, propose une bibliographie peuplée de pléthore de livres délectables aux histoires sensuelles et émouvantes.

Une auteur passé/présent qui a déçu Chi-Chi dans ses contemporains (surtout celui-là), mais qui a fait swooner Little B. avec ses historiques.


Une auteur dont je n’avais pas lu de livre depuis un bon moment… parce que la déconvenue de Chi-Chi avait réussi à me refroidir de manière substantielle.

Mais début juillet, alors que j’avais des envies contradictoires, je me suis surprise a vouloir laisser sa chance à la série Friday Harbor de Lisa Kleypas. J’ai pris soin de sauter le premier, Nuit de Noël à Friday Harbor, et j’ai jeté mon dévolu sur ‘’La route de l’arc-en-ciel’’.

Ce tome s’ouvre sur Lucy Marin. Après un rapide chapitre sur l’enfance de la demoiselle, on assiste impuissantes à la conversation du siècle :
Son petit copain, Kevin, lui annonce qu’en fait, il n’est plus vraiment convaincu de l’affection qu’il lui porte, qu’elle l’étouffe un peu et que, parce qu’elle a trop d’exigences, pas assez de confiance en elle (et en les autres), et est totalement inaccessible, il s’est vu contraint, à l’insu de son plein gré, à se tourner vers quelqu’un d’autre pour parler de son moi profond.
Et que une chose en entrainant une autre, bah ils sont tombés amoureux, mais que bon, c’est quand même pas sa faute hein à ce pauvre Kevin, parce qu’on a pas idée d’être telle qu’elle est. Et puis, à sa décharge Alice a su tellement bien l’écouter. Sans doute parce qu’elle connaît si bien sa sœur Lucy…

Et voilà, Kevin l’ordure vient donc de larguer Lucy pour sa sœur. Et puis parce qu’Alice vient s’installer avec lui, ce serait quand même bien que Lucy décampe dans la semaine.

Voilà comment en une conversation, notre héroïne se retrouve sans copain et sans maison…

Fort heureusement, Lucy a des amies adorables qui tiennent un B&B, ce qui résout son problème de toit. Pour ce qui est du cœur, faisons confiance à l’égocentrisme du nouveau duo Kevin-Alice…

A peine quelques semaines après la rupture d’une relation de deux ans, nos deux tourte… ordures annoncent leurs fiançailles. Sauf que pour une fois, les parents des deux sœurs n’approuvent pas de leur benjamine et refusent de payer quoique ce soit tant que leur ainée ne se sera pas remise de la trahison.

Je pourrais vous raconter ce qui se passe après, mais ce serait spoiler. Et je ne suis pas d’humeur et ne souhaite pas ruiner votre plaisir. Mais disons que cela implique :

  • un retour de faveur
  • un accident de vélo vintage
  • une équipe de bikers type hell’s angels
  • une nièce orpheline
  • la lumière de l’aube qui révèle la magie d’un vitrail
  • des antécédents familiaux compliqués
  • un vignoble et son propriétaire sexy
  • un chien ridiculement pataud
  • un mariage
  • une relation entre sœurs
  • un phobique de l’engagement
Autant dire, la recette d’une livre à la fois sweet et juste dans le traitement des émotions. Nos héros sont tous les deux blessés et l’auteur saura leur laisser du temps pour apprendre à se connaître et progressivement reconnaître l’évidence.

J’ai swooné, j’ai dévoré les pages et ce que j’ai pu aimé Sam et son coté geek (qui pourrait renoncer à un homme qui fait des références à Doctor Who ?), qui se mélange à la solidité de l’homme fier de son travail et étrangement tire sa force des craintes et faiblesses de son enfance.

Laissez vous séduire par les Nolan, du moins celui-là, et alors que le soleil brille (enfin j’espère), plongez-vous sans attendre dans La route de l’arc-en-ciel !
 

  
Bonne lecture,
Tam-Tam

 
Rendez-vous sur Hellocoton !

26 juillet 2013

Once upon a tower - On nous ment encore!

Parlons publicité mensongère de nouveau ! Pour un livre qui pourtant est bon, Once upon a tower, le dernier Eloisa James. Bon, mais qui nous ment.
 
Dans la tradition de ce qu’a fait T., je vous présente le synopsis :
 
To win her love...
As an extremely wealthy laird, Gowan Stoughton, Duke of Kinross, can have any of the maidens at the ball he attends. The only problem is they are all English and Gowan is not so certain they are suitable. He is accustomed to the hard-working lasses from his Highlands, not these dainty noblewomen who spend their days drinking tea or some other such nonsense. But then he makes the acquaintance of Lady Edith Gilchrist. Utterly bewitched by the emerald-eyed beauty with lush golden locks, he knows he must have her.

He must free her from her tower...
"Edie" had the misfortune of being dreadfully ill at her debut ball and barely remembers what Gowan looks like. Even worse, she accepted his proposal the following day. Edie's only true passion is playing music—until Gowan writes a scandalous letter and stirs the most irresistible desire. Yet when they marry, Edie realizes her husband needs a lesson and locks herself in a tower. Somehow Gowan must find a way to enter the tower and convince his new bride that she belongs in his arms.

 
Pour gagner son amour…
Gowan est le très riche et écossais Duc de Kinross, et il n’a que l’embarras du choix en ce qui concerne ces demoiselles. Le seul problème est qu’elles sont toutes anglaises, et Gowan n’est pas certain que ce soit acceptable. Il est habitué aux jeunes filles sérieuses et travailleuses de ses Highlands natales, et non pas à ces nobles délicates qui passent leurs journées à boire du thé ou autre activité tout aussi inutile. Mais il rencontre Lady Edith Gilchrist. Envouté par cette beauté aux yeux d’émeraude et aux boucles d’or, elle doit lui appartenir.

Il devra la délivrer de sa tour…
« Edie » a le malheur d’être terriblement malade le soir de son bal des débutantes, et se souvient à peine de ce à quoi ressemble Gowan. Pire, elle accepte sa demande en mariage dès le lendemain. La seule vraie passion d’Edie est la musique, jusqu’à ce que Gowan lui écrive une lettre scandaleuse qui éveille en elle un désir nouveau. Mais, quand ils se marient, Edie réalise que son époux a besoin d’être éduqué, et elle s’enferme dans une tour. Gowan devra, d’une manière ou d’une autre, trouver le moyen d’accéder à cette tour et de convaincre sa jeune épouse que sa place est bien entre ses bras.
 
Voilà un résumé qui laisse penser à un mariage rapide, et une histoire qui se développe avec les personnages chacun de leur côté, apprenant à se connaitre et à s’apprivoiser sans que l’aspect physique ne vienne interférer. Cela laisse penser que Gowan, fasciné par son épouse, va prendre en charge la séduction d’Edie. Cela laisse penser qu’Edie est pleine d’assurance, qu’elle sait ce qu’elle attend de son mariage (qu’elle aurait choisi) et qu’elle utilise la tour pour imprimer sa marque sur ce nouveau mariage.
 
Je crie au scandale.
 
Rien que dans la 4ème de couverture, il y a des erreurs.
 
Edie n’accepte pas la demande en mariage, c’est son père qui l’accepte pour elle sans même la consulter avant. Gowan n’écrit pas une lettre à Edie, il répond à une lettre qu’elle lui a envoyée avant.
 
Quant au reste ? L’entente entre Gowan et Edie est immédiate (pas le soir du premier bal, où elle est malade, mais dès la seconde rencontre), à tel point qu’ils décident d’un commun accord de raccourcir leurs fiançailles pour profiter plus vite de leur vie maritale. Sauf que le mariage arrive finalement assez tard dans le livre, presque au tiers. Mariage suivi par un LONG voyage de Londres vers l’Ecosse qui prend plusieurs chapitres où ils arrivent à la moitié du livre. Puis une succession d’évènements divers qui retardent encore la progression des choses. Parce que, en lisant, je n’attendais qu’une chose : mais quand Edie va-t-elle donc s’enfermer dans sa tour ? Et pourquoi, alors que les choses semblent plutôt bien se passer entre elle et Gowan ?
 
Quand le fameux « enfermement » arrive enfin, il ne ressemble en rien à ce qui nous a été annoncé. Il reste alors à peine une centaine de pages au livre, Edie y reste quelques jours (moins d'une semaine) et tout le monde peut entrer sauf notre héros, à qui la porte restera fermée… une soirée ! Soirée bien trop longue à son gout, mais il s’agirait de remettre les choses en perspective !
 
Alors voilà. Voilà comment un excellent livre (car oui, c’est un excellent livre, qui explore des thématiques trop peu abordées en romance, comme ce qui se passe lorsque l'accomplissement du devoir conjugal se passe mal. Mais vraiment mal. Ou lorsque ce devoir n'est pas couronné d'un héritier. Ou lorsque chacun va chercher son bonheur ailleurs, dans les bras d'un autre ou au fond d'une bouteille. Vous vous en doutez, toutes ces problématiques ne touchent pas les héros mais elles sont présentes, et intéressantes), je disais donc un excellent livre peut décevoir par le simple fait d’une 4ème de couverture terriblement mal calibrée.
 
Alors je suis frustrée, car Once upon a tower est le dernier Eloisa James, adapté d'un mélange de Roméo et Juliette (que je n'aime pas) et de Raiponce (dont j'aime le dessin animé - moins le vrai conte qui est bien plus cruel), que j’aime Eloisa, que j’aime surtout sa série sur les contes de fées, que When Beauty tamed the Beast reste encore et toujours un de mes chouchous absolus, et car je n’ai pas eu la romance que l’on m’avait promise.
 
Je n’ai pas eu ce que l’on m’a vendu. J’ai eu une romance digne d’Eloisa, avec un héros émouvant, qui se donne beaucoup de mal pour reconquérir son héroïne, mais hélas un héros qui s’est également conduit comme un goujat et qui mérite que son héroïne lui ferme la porte ! J’ai eu une héroïne qui s’affirme au fur et à mesure que l’histoire avance mais qui n’est pas du tout la jeune femme audacieuse et un peu rebelle que l’on m’avait laissé sous-entendre.
 
J’ai eu un livre où aucune mention n’avait été faite des histoires secondaires, pourtant bien présentes et ayant un impact très fort sur le comportement de nos héros. La présence de la belle-mère d’Edie, de son père, de la sœur de Gowan, d’un secrétaire trop zélé, va avoir un poids considérable sur les relations qui se lient et rien ne m’y avait préparé.
 
Malgré la publicité mensongère, j’ai donc eu un livre touchant, mordant et drôle dans le plus pur style de l’auteur, que je vous conseille évidemment (et je ne doute pas que la traduction soit en route, maintenant que le mouvement a été lancé) !
 
Comme quoi, l’erreur de casting n’est pas toujours signe de mauvais livre. Juste signe d’une erreur de marketing peut-être ? 
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

22 juillet 2013

How to romance a rake

Il y a des matins pourris où se réveiller est un effort qui demande toute l’énergie dont nous sommes capables. Que ce soit parce que il n’y a plus de café/thé/chicorée dans le placard, ou parce que votre pull préféré porte le souvenir de la sauce bolognaise de la veille, ces matins sont horribles.

Fort heureusement, il n’y a pas de fatalité dans ces matins là. Car il suffit d’une chose pour vous amener le sourire aux lèvres et illuminer votre journée.

J’ai vécu un de ces matins fin juin. Je me suis réveillée, il pleuvait. J’ai tiré ma carcasse hors du confort de mon lit, et il n’y avait plus de céréales. Et laissez moi vous dire qu’une princesse en hypoglycémie ce n’est pas beau à voir. Ce n’est pas encore le stade Gremlins, mais on n’est pas loin.

Mais en revenant du supermarché local (le majordome était en vacances) avec ma boite de corn-flakes, j’ai ouvert ma boîte aux lettres… et j’y ai trouvé... un colis amazon !

Alors c’était peut-être le manque de sucres dans mon système, ou de la sénilité précoce, mais en observant ce paquet, j’ai pris conscience que je n’avais aucun souvenir d’un achat…

Prise d’une excitation soudaine, je suis rentrée précipitamment, j’ai presque jeté mes céréales dans la cuisine et me suis concentrée sur le colis.

J’ai trouvé à l’intérieur ‘’How to romance a rake’’, une romance régence de Manda Collins. Et le nom de ma bénéfactrice : Pirouette !

Ce qu’il faut savoir à propos de Pirouette, c'est qu’elle est très difficile en matière de romance historique, voire impossible à satisfaire. Si bien qu’elle reste souvent une lectrice fidèle des contemporains de tous poils, et nous laisse le soin de faire vivre la planète historique sans elle.

Alors recevoir une régence de sa part, c’était à la fois adorable et l'assurance d’une romance de qualité exceptionnelle.

Et je n’ai pas été déçue, voyez donc…

How to romance a rake est le second opus de la série des ‘’Ugly Ducklings’’ (les vilains petits canards, en français) qui raconte l’histoire de trois cousines. Notre opus du jour se concentre sur Juliet Shelby, de prime abord bien sous tous rapports, charmante, séduisante… mais affublée d’un boitement qui la rend invisible aux meilleurs partis du marché et la cible de moqueries de la part des pestes en tout genre qui peuplent les bals londoniens.

Et c’est dans un salon de musique, à l’occasion d’un de ces bals, que notre histoire commence.

Fatiguée par la foule, Juliet s’est réfugiée là en espérant sans doute pouvoir profiter de quelques instants de quiétude en compagnie de son instrument fétiche. 
C’était sans compter sur l’arrivée des deux pestes en chef de la saison.

Juliet a juste le temps de se cacher derrière un paravent avant d'assister à une conversation dont elle est le sujet… malheureusement. Nos deux pestes dissertent allègrement sur les différents défauts dont sont affublés notre héroïne et ses cousines. Et bien entendu, elles sont loin d’être délicates sur le sujet (opération hippopotame dans un magasin de porcelaine, ON!).

Juliet se demande combien de temps la torture va encore durer quand le Vicomte Alec Deveril, hôte de la soirée, fait son apparition dans la pièce et abrège la souffrance de notre jeune éclopée.

Mais alors que Juliet pensait s’en sortir sa dignité intacte, Alec l’invite à sortir de sa cachette, révélant ainsi sa connaissance totale de la situation…


Fort heureusement, notre héros est un homme bien, qui a passé sa vie à tenter de racheter la réputation catastrophique que sa famille avait par le passé dans la bonne société, et il réconforte Juliet comme il peut.

De cette rencontre nait une amitié… etc (sous entendre, il se marièrent et eurent plein de spendides enfants aux joues roses). Mais qu'importe la destination en romance, c'est le chemin emprunté qui importe. Et le chemin ici, c'est le paradis!

J’ai dévoré cette régence en moins de 24h. Entre l’histoire absolument délicieuse et les personnages sweet à souhait, je n’ai pas pu m’arrêter.

Juliet est criante de vérité avec ses insécurités, sa mère absolument horrible, qui veut la marier (de force) à un déplaisant lord, son père absent, trop occupé par sa carrière de diplomate, et le mystère entourant son infirmité.

Quant à Alec, il a beau être un rake, séduisant, charmeur et irrésistible, il a lui aussi beaucoup à faire avec son passé familial : une mère dépressive, un père sans aucun respect pour la gente féminine (qui quand elle dit non, veut dire oui…) ou pour le travail des autres (payer les artisans ? vraiment ?). Ce qui a laissé Alec avec un profond sens du devoir, et quelques problèmes de confiance…

C’est le grand pouvoir de ce livre, un mix d’humour, de personnages attachants et beaucoup de cohérence dans leur histoire.

Et ce moment de swoonage intense, je le dois à Pirouette… Un grand MERCI !!!
 

Je m’en vais à présent rattraper mon retard de lecture des livres de cette auteur.
 
 


Bonne lecture,
Tam-Tam

 
Rendez-vous sur Hellocoton !