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22 mars 2012

Baby love

Chers lecteurs, il ne vous aura pas échappé que, depuis la semaine dernière, nous avons un bel index de nos lectures sur ce blog… Un index qui vous permet bien sur de retrouver tous nos articles plus facilement, mais qui nous a également permis, à Tam-Tam et moi-même, de faire un petit bilan sur tout ce que nous avions pu vous présenter depuis presque 2 ans et bientôt 200 articles !

Conclusion, parmi nos classiques, il y en a encore un sacré paquet dont nous ne vous avons jamais parlé ! C’est qu’il n’est pas si facile de rassembler ici l’essence de 15 ans de lecture assidue, multiplié par deux, même si la plupart de nos références se croisent (ce n'est pas pour rien si nous avons fait bibliothèque commune pendant si longtemps) !

Enfin, pour aujourd’hui, sur les bons conseils de ma comparse, j’ai décidé de parler de Catherine Anderson, et du tome 1 de sa série emblématique, les Kendrick/Coulter, puisque cette dernière sera très prochainement rééditée ! 
 
Baby love commence mal pour Maggie, notre héroine... Qui s’est enfuie de chez elle avec son bébé, à peine âgé de quelques jours (voir de quelques heures), en pleine nuit, en plein hiver. Et qui, pour couronner le tout, se sait poursuivie. Obligée donc de faire profil bas, ce qui n'est pas chose aisée avec un nouveau-né. C'est que ces petites choses, il faut les nourrir (et quand Maman est épuisée, la montée de lait ne se fait pas très bien j'ai appris), les changer (mais Maggie a oublié les langes dans sa précipitation) et accessoirement leur trouver un coin pour qu'ils dorment tranquilles, sinon ils pleurent et font du bruit. Et ça, ce n'est pas discret. Maggie monte donc dans un train bondé, mais en plus d'avoir tout laissé derrière elle, elle ne peux utiliser les moyens de paiement habituels, cela laisse des traces. C'est donc dans le wagon à marchandises qu'elle tente de s'installer. Manque de chance (vous constaterez vite que Maggie n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie jusque là), le wagon est malencontreusement déjà occupé par une bande de clochards, tous assez mécontents d’être dérangés.
 
Heureusement, alors que quelques-uns essayent de voler à Maggie le paquet qu'elle tient si précieusement caché sous son manteau (cela s'appelle un bébé messieurs, mais je comprends qu'après 5 ou 6 bouteilles de scotch vous ayez du mal à vous en rendre compte), l'un des vagabonds moins énervé que les autres s'interpose.
 
Rafe Kendrick, pas du tout contente d’être dérangé dans son tête-à-tête tranquille avec sa bouteille, se dit que tout de même, laisser dépouiller sous ses yeux une femme, ce serait mauvais pour son karma ! Et encore, il n'avait pas réalisé qu'il y avait un bébé dans l'histoire (on parle beaucoup du bébé là, vous commencez à voir un lien avec le titre peut-être?)...
 
Mais voila, malgré la bouteille, malgré le mode de transport, malgré tout, Rafe n'est pas vraiment un vagabond. Il a une famille (les Kendrick, cf. le titre de la série, hint hint!) et si il s'est retrouvé dans cette situation c'est car il fait une sacrée dépression bien dans les règles de l'art. Dépression dont il va sortir comme par magie, sous l'influence miraculeuse de Maggie et de son bébé.
 
Laquelle Maggie est tout de assez méfiante de voir cet ivrogne décider de s’attacher à ses pas, alors qu’elle cherche plutôt à voyager discrètement. Mais Rafe est un homme qui a de la volonté et de la ressource et il saura la convaincre de lui faire confiance, pour mieux la sauver...
 
Pas d’erreur, Rafe est bien notre héros, qui a besoin de son héroïne pour le guérir de ses maux. Maggie aussi de son coté a été durement marquée par la vie, et tous deux vont tout doucement apprendre à s’aimer mais surtout, à avoir confiance, ce qui est probablement le plus difficile pour eux !
 
Et maintenant que j’ai pu bien vous effrayer avec ce pitch, laissez moi vous dire que cette série vaut vraiment le détour ! Catherine Anderson s’intéresse pour ses personnages à des problématiques qui sont complexes, lourdes, sans jamais tomber dans le sordide ou le misérabilisme. Je ne vous dirait évidemment pas quel est le problème de Maggie, mais vous avez bien compris que Rafe est dépressif et alcoolique, c'est pourtant un héros dans toute sa splendeur, et il saura vous faire rêver !
 
Le chemin de la guérison serait presque parsemé de petits cœurs roses et d'arc-en-ciels amoureux, tout en conservant assez de réalisme pour y croire finalement. Dans ce livre, tout est centré autour du personnage de Maggie, la rédemption de Rafe ne passant que par sa guérison à elle et, dans la série entière, on retrouvera ce schéma. Le personnage le plus important de l'histoire sera toujours l'héroine, et son héros, son fidèle chevalier servant, pour ma plus grande satisfaction.
 
Catherine Anderson est parmi celles qui ont amorcé la tendance des séries contemporaines à rallonge qui n'en finissent pas et j'avoue avoir décroché après le tome 6, My Suhshine (Le soleil de ma vie), quand la religion a commencé à prendre une place centrale dans la morale des personnages, parfaite illustration d'une certaine idée de l'Amérique puritaine... C'est bien dommage car cette auteur, aidée par un style d’écriture fluide et agréable, nous invite à explorer des romances qui, basées sur des personnages un peu abimés, sont pleines d’espoir et de confiance en l’avenir.

Pour aujourd'hui, et en attendant la suite de la série, je vous souhaite donc une bonne lecture en compagnie de Rafe, Maggie, et des multiples personnages qui gravitent autour d'eux !


Bonne lecture,
Chi-Chi
  
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23 décembre 2010

Here comes the bride

Noël est presque là, et j'ai décidé de changer d'ambiance avant l'overdose (comme si il était possible de faire une overdose d'esprit de Noël...) pour parler mariage! Spécifiquement, de la nouvelle série de Nora Roberts, The Bride Quartet ou Quatre saisons de fiançailles. Les 4 tomes sont parus en anglais, les 2 premiers ont été traduits et le 3 est attendu pour mai prochain...

Mon avis sur la série est mitigé. Je suis plutôt une adepte de Nora Roberts, mais en toute franchise, voilà longtemps qu'elle n'a pas écrit une vraie bonne série, où j'ai apprécié tous les personnages du début à la fin. L'île des trois sœurs peut-être? Et encore, il y avait une affaire de retrouvailles et vous savez ce que je pense des retrouvailles... Mais après avoir lu les 4 tomes de cette dernière série, je me devais de vous faire un rapport!

Mac, Emma, Laurel et Parker sont comme les 4 doigts de la main (oui, 4, parfaitement). Elles se connaissent depuis leur plus tendre enfance. Devenues adultes, Mac est photographe, Emma fleuriste, Laurel pâtissière, et Parker... Eh bien Parker avait de l'argent, elle aurait pu ne pas travailler mais finalement, elle a préféré proposer à ses amies d'ouvrir avec elle une entreprise de Wedding Planner, « Vœux de bonheur ». Entreprise qu'elle dirige d'une main redoutablement efficace, et qui est évidemment spécialisée dans le mariage de grand luxe...

Ne vous attendez pas à de grandes histoires d'amour romanesque ici. Si, dans Magie irlandaise le vrai point central était l'Irlande, ici, c'est le mariage. Et plus précisément la cérémonie du mariage... Sous toutes ses formes possibles et imaginables, et avec tout le raffinement et la sobriété que l'on peut imaginer dans un cliché de mariage de riche  fiancée américaine hystérique (oui, l'homme n'a qu'un seul but ici, signer les chèques, et surement pas avoir une opinion sur la couleur des serviettes de table)... Que l'auteur se fait un plaisir de nous raconter jusque dans les moindres détails.

Elle ne nous épargne rien de ces préparatifs, depuis le premier rendez-vous des fiancés avec nos amies, jusqu'au ménage post-cérémonie... En passant par toutes les discussions minutieuses sur les mérites des roses oranges versus les dahlias blancs, et tous les problèmes que peuvent poser l'odeur trop forte des lys, il vaudrait donc mieux opter pour du lilas, et puis c'est bien lourd à porter tous ces pots de fleurs, et la mère de la mariée est une alcoolique notoire, comment gérer la situation en toute discrétion, et que faire lorsqu'un couple débarque avec ses enfants non prévus dans le plan de table, et comment remettre à sa place l'oncle libidineux aux mains baladeuses, et où placer dans la cérémonie la nouvelle bimbo du père du marié, et un gâteau génoise citron avec une crème au chocolat et glaçage à la framboise peut-il être teint aux couleurs de l'arc-en-ciel pour mieux s'accorder aux rideaux de la salle de réception, oui, mais attention il ne faut pas non plus que cela jure avec la couleur des yeux de la cousine de la mariée, etc, etc, etc.

En parlant d'overdose, je ne veux plus voir une robe de demoiselle d'honneur en peinture pendant au moins six mois. A trop vouloir nous allécher avec les descriptions somptueuses des cérémonies, Nora Roberts écœure ses lecteurs, même les plus fervents. Un peu moins de compositions florales et un peu plus de dialogues aurait été bénéfique à nos héroïnes. Héroïnes qui, selon la grande tradition de la série, auront chacune droit à leur histoire d'amour, je ne vous dirais pas avec qui pour ne pas tout vous révéler!

Mac est selon moi la plus sympathique des quatre, j'ai vraiment aimé et son histoire et le héros auquel elle a droit! Et je n'en dirais pas plus pour vous obliger à aller le lire...

Emma... Emma présente à mes yeux un défaut majeur : elle confond grands gestes pseudo-romantiques et amour. Du genre à considérer que si son chéri n'a pas au minimum privatisé un jardin pour le décorer de bougies partout (quelqu'un lui déjà parlé de consigne de sécurité pour les incendies??!), sans compter les tonnes de fleurs, le champagne, les fraises au chocolat et le quatuor à cordes, le tout pour lui faire sa demande en mariage, eh bien c'est qu'il ne l'aime pas assez, et donc elle refuse! Chez moi, il y a un mot pour désigner ce genre de personne : superficielle (ou complètement cruche, au choix). Donc, je ne suis pas une grande fan d'Emma...

Laurel : qui parmi vous a déjà gouté un gâteau américain, ces empilages de génoises sans goût couvertes de fondant, un genre de pâte de sucre parfaitement écœurant? Ce sont souvent des œuvres d'art, car il faut beaucoup de dextérité pour manier le fondant et il permet de créer des décors très fins et complexes. Alors, même si les descriptions ne m'ont pas du tout mis l'eau à la bouche (comme je suppose que cela aurait du être le cas), Laurel a un sacré caractère et beaucoup de volonté et son histoire m'a intéressée. De plus, connaissant personnellement une pâtissière, je n'ai pas été déçue!

Enfin, Parker, dans le genre psycho-rigide qui veut tout contrôler, est parfaitement crédible! Le parfait prototype de la success woman américaine, qui, en plus d'être brillante dans son travail, est toujours perchée sur des talons de 9cm, met un point d'honneur à courir une heure tous les jours pour entretenir son corps de rêve, a le brushing parfaitement lissé et les ongles toujours manucurés... Et comme son histoire arrive en dernière, on a le temps de voir s'esquisser sa relation avec le héros, et d'avoir envie d'en savoir plus. C'est probablement, avec Mac, le personnage le plus complexe du groupe et son héros est à la hauteur!

Pour conclure, une série agréable à lire, bien qu'inégale, et quelques longueurs dans les innombrables descriptions de mariages. Allez Nora, courage, cette série est déjà bien meilleure que les précédentes, la prochaine marquera le retour de ta grande époque...

Sur ces entrefaites, il me reste à vous souhaiter un Joyeux Noël, riche en livres (le livre étant l'objet de désir numéro 1 de ma liste au père Noël, je ne peux pas vous souhaiter autre chose!)... 


Chi-Chi
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22 novembre 2010

Seconde chance

Le cerveau est une chose vraiment formidable, un petit malin a déterminé qu’à la question « pensez à  un outil et une couleur », 99%  des gens pensent à un marteau rouge…C’est fou ce que les statistiques peuvent nous faire découvrir ! 

Si vous deviez, là, maintenant, tout de suite, vous imaginer en train de lire, comment seriez-vous installés ?

Confortablement pelotonné dans un fauteuil, une couverture bien moelleuse pour garder vos petits orteils délicats bien au chaud, et une tasse de thé à portée de main ? 
Ou dans un jardin ensoleillé, allongé avec délice dans un transat à l’ombre d’un chêne centenaire, un thé glacé à portée de main ?
Vous sauriez, j’en suis sûre, me donner bien des variantes de ces scénarios, mais tous ont néanmoins un point commun : le calme.

Pourtant le calme requit pour lire est une chose toute relative. J’en veux pour preuve les  nombreux autres lieux qui sont propices, parfois sans le savoir, à la lecture :
- les moyens de transports : bus, voiture, métro, avion, ferry, pousse-pousse, dos d’éléphant…
- les lieux d’attentes : chez le dentiste, sur les toilettes, dans la file d’attente de la poste à l’heure de pointe, dans les embouteillages de l’A20 le week-end du 14 juillet…
Certaines personnes ont même développé des techniques de snipers pour lire : devant le fourneau en surveillant la sauce tomate, en faisant le ménage, en pédalant sur un vélo, sous l’eau (audiobook + lecteur waterproof, true story). Personnellement je lis en marchant, sur des trajets dont je connais le moindre caillou et où les voitures sont rares…


Au bout du compte, ce sont de nombreuses minutes de lecture que je gagne par jour, et finalement, sur le temps moyen que je passe à lire par semaine, je pense passer 5% de ce temps confortablement assise dans un fauteuil moelleux…

La force de mon addiction, plus grande que le danger qui me guette au coin de la rue (un nouveau panneau que la DDE aurait installé sournoisement pendant la nuit) ou que  le bruit du bébé qui hurle à deux sièges de ma place…

 Vous combinez le cerveau (et sa capacité d’abstraction) à l’habitude, et vous avez une arme surpuissante de lecture intensive ! 

Prenez un parisien bibliovore moyen. Ce dernier part tous les jours pour son travail à 7h42. Il en a pour 45 minutes de trajet, dont 16 stations de métro, qu’il a 90% de chance de faire debout. Et bien, debout en équilibre, le nez dans son livre, il sera néanmoins capable de savoir à quel moment il sera temps pour lui de descendre de la rame. Qu’importe si, à ce moment précis, lui est révélé la véritable identité du père du héros, apprenant par là même que le psychopathe qui a tué toutes les femmes de sa famille à l’âge de 26 ans et 25 jours est en fait son cousin issu de germain échangé au berceau et élevé par les loups du Gévaudan… Non, la force de l’habitude a ancré son trajet dans sa mémoire, et c’est sans doute avec un brin de regret qu’il se dirigera vers l’ascenseur en panne de la station Lamarck-Caulaincourt…

Le livre que je vais vous présenter aujourd’hui, je l’ai lu dans des conditions d’extrêmes ! J’ai risqué les engelures, bravé le vent et la pluie, luté contre l’hypothermie…Tout ça pour Caresse Indienne (Only by your touch), de Catherine Anderson.

J’avais rendez-vous avec le prince des fées, et l’histoire a voulu que je souffre du mal de mer pendant la traversée en ferry-boat de la mer d’Irlande… Du coup, pour ne pas imposer à mon auguste hôte mon visage verdâtre (en présence d’un prince, j’essaye de ne pas jurer avec sa couronne), j’ai du me résoudre à me retrancher sur le pont arrière et regarder la trace que le navire laissait dans son sillon maritime…

Sauf qu’entre une vague et une autre vague, j’ai eu tôt fait de m’ennuyer à périr. J’ai donc sorti mon livre, et alors que le mois de février se rappelait à mes orteils, je me suis plongée dans l’histoire de Claire, Ben et Jeremy, oubliant le froid, et la houle.
Alors que je risquais la perte de mes extrémités, je découvrais avec émotion leur histoire.

Claire vient d’arriver dans une petite ville de l’Oregon et travaille comme dispatcher au bureau du sherif. Son fils et elle n’ont pas eu une année très facile (un mari violent assombrit le tableau du bonheur familial) et elle a décidé de prendre un nouveau départ (jusqu’à maintenant, on colle au schéma type).

Ben, un quart indien et accusé d’avoir tué un homme par le passé, est le paria de la ville. Il est le sujet de bien des ragots. Grand et intimidant, il se promène toujours avec Diablo, mi-chien mi-loup. Mais Ben a aussi été vétérinaire à Seattle, où il était marié.
Voilà pour le synopsis en deux mots.

Catherine Anderson a ce don pour peindre les émotions. On pourrait parfois lui reprocher de tomber très légèrement dans le pathos, avec des situations jamais simples pour les protagonistes, et on pourrait lui en vouloir d’avoir recours aux clichés qui marchent… Mais non…

Ses romans sont souvent construits sur les mêmes profils de personnages. Elle, est une petite chose quand même un peu fragile mais brave. Elle a du faire face, dans un passé très proche,  à certains revers de fortune allant du mari psychotique/violent/pervers à l’accident aux conséquences diverses (paraplégie, surdité, séquelles cérébrales...). Au début du livre l’héroïne prend un nouveau départ.

Lui est un protecteur dans l’âme. Il est parfois la victime d’injustice et travaille souvent en présence d’animaux (entre les ranchers, les vétérinaires et les éleveurs de chevaux, nous sommes servies !). Enfin, c’est bien souvent un très bel homme qui aime vivre au grand air (couper des rondins et caracoler de clôture en clôture, ça vous façonne une silhouette !). Sa rencontre avec l’héroïne va souvent lui permettre de surmonter un événement de son passé et affronter le futur avec le sourire.

Voilà sans doute ce qui fait le charme des histoires de cette auteur. Tout le monde a sa chance.

Lorsque quelque chose va mal dans notre vie, il se trouve toujours une « bonne âme » pour nous rappeler que cela pourrait être pire. Personnellement, ce genre d’attitude me fait grincer des dents ! D’une part, les situations sont rarement comparables, et même lorsqu’elles le sont, cette réaction va à l’encontre de l’attitude espérée : l’empathie. D’autant que le discours nous reproche souvent notre manque d’empathie pour ces femmes et ses hommes encore moins bien lotis que nous… mais revenons à notre histoire…

Si je ne devais garder qu’un mot pour décrire cette histoire, ce serait celui-là : j’ai éprouvé de l’empathie pour les personnages. J’ai eu un peu peur pour eux, même si la partie rationnelle de ma personne se raccroche toujours à la certitude du happy-end. Et même si parfois mon clichéomètre passait dans l’orange au niveau de certains dialogues, j’ai profité de cette seconde chance que Catherine Anderson sait si bien donner à ses personnages. Et j’ai refermé le livre la tête pleine d’espoirs.

J’ai passé mon séjour irlandais complètement aphone, mais je n’ai perdu ni mes doigts ni mon déjeuner sur cette traversée vers la verte Erin. On peut faire des erreurs, et avoir son happy-end.



Tam-Tam
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15 novembre 2010

Géométrie analytique de la série

Ce samedi, je réceptionnais un colis Amazon contenant les deux premiers tomes d’une série dont j’espère vous vanter bientôt les mérites. Deux jours plus tôt, après lecture de l’article de Chi-Chi, je devenais accro à la série White Collar. Hier dans la nuit, un personnage fort patibulaire essayait de me voler mon carrosse, abimant le barillet de ma serrure et apportant la touche finale à une longue série de d’infortunes.

La loi des séries est partout…

Je ne reviendrais pas sur l’intérêt d’une série littéraire, d’autres l’ont fait avant moi. Néanmoins, je  m’interroge. Comment une série fonctionne-t-elle ? Celui qui me répond, tu prends un premier tome, tu lui accoles 4 autres livres qui se suivent et tadaaa voilà une série, il sort !

Non, ma question porte plus sur le fonctionnement de la série en temps qu’œuvre complète.

Un fait extraordinaire a en effet été porté à mon attention : rares sont les gens à commencer une série par un tome au hasard. Par ailleurs, s’il n’est pas rare de trouver des personnes assumant parfaitement ne pas avoir aimé tel ou tel tome dans une série, elles ne nieront pas non plus les avoir lus, ne serait-ce que parce que l’histoire suivait le livre d’avant et précédait celui d’après.

Comme quoi, suivre une série, c’est mathématique. Il est entendu qu’une série commence par le premier tome… et se poursuit dans l’ordre (et la discipline) croissant des livres.

J’en ai donc tiré les conclusions suivantes : une série, bien que composée de plusieurs livres aux personnalités individuelles, est une entité à part entière. Les tomes pris dans leur ensemble forment une nouvelle œuvre à apprécier.

Il existe deux corolaires à ce théorème :

- Si l’on apprécie une série dans son ensemble, il ne sera pas rare d’en avoir un tome préféré. J’ai un tome préféré dans la série des Hathaway et des Bridgerton, ce qui ne m’empêche pas de chanter les louanges de ces séries dans leur ensemble.

- Si une série dans son ensemble ne sait retenir votre attention, il vous sera difficile d’en retenir un tome, fut-il bon.

C’est une alchimie délicate, la série. Ma grand-mère vous ferait sans doute l’analogie culinaire avec la mayonnaise…

D’où mon interrogation ? Une bonne série, c’est quoi ?

Afin de parfaire ma démonstration, j’ai relu la série des frères MacKade, de notre très chère Nora Roberts, laquelle est une coutumière du fait. Les séries, sagas et autres trilogies sont presque devenues sa marque de fabrique ! Et je suis bien placée pour le savoir, ayant déjà avoué au public la monomanie dont j’ai souffert il y a quelques années pour cette auteur…

En refermant le dernier tome, j’ai réalisé que certaines séries de l’auteur ne fonctionnent pas (le quatuor MacKade n’en fait heureusement pas partie), et que, malgré les années, ce cordon bleu de la série peut encore rater une mayonnaise !

Mais aujourd’hui est un jour de logique, voici donc mon théorème de la réussite :

Une série fonctionne si, et seulement si, l’auteur nous présente un très bon premier tome, de très bons personnages secondaires/futurs héros et un très bon fil conducteur.

Dans le premier tome, l’auteur nous appâte. Un bon premier tome est capital. C’est le déclencheur de notre envie de lire la suite. Si le deuxième tome le surpasse, c’est encore mieux, car le lecteur n’aura alors de cesse de mettre ses mains sur les suivants (quitte à le faire passer à la VO). Il faut rendre le lecteur dépendant.

Chez les MacKade, le premier tome suit le manuel à la lettre. Outre la rencontre des personnages, Rafe et Reagan, la romancière plante le décor dans une petite ville avec ses ragots, ses piliers de bars et ses légendes locales. Sur fond d’histoire de guerre de sécession et saupoudré d’un zeste de fantomatique, elle place ça et là des indices qui nous interpellent, nous font hurler intérieurement « mais que va-t-il se passer !?! » - NDLR : à la relecture, mes ardeurs étaient bien plus modérées, mais à l’époque j’ai hurlé ! Je me souviens de mon impatience à l’achat de l’opus suivant, mon angoisse avant de le trouver…

Une bonne histoire n’est pas suffisante car « une bonne histoire » peut se découvrir dans un « one shot ». Non, il faut aussi de très bons personnages, tous liés les uns aux autres de manière rationnelle. Dans une série de 4 livres, vous aurez donc minimum 8 personnages centraux qui a un moment ou un autre ont été des personnages secondaires. L’idéal est d’en avoir d’autres afin de ménager le suspense et rendre les choses plausibles. Les personnages doivent avoir une histoire, une famille, des amis. L’histoire d’un ermite rencontrant une solitaire est assez délicate à faire durer sur plusieurs livres… et tout personnage catapulté dans l’œuvre fera l’effet d’un cheveu sur la soupe.

Et puisqu’on parle de recette, notre auteur a sa recette personnelle pour ses protagonistes. On retrouve souvent les même « profils » :

Il y a le mauvais garçon, l’artiste, la douce aimante/petite chose fragile, le col blanc au physique de charpentier, la beauté fatale, la fille-mère, le serviteur de l’ordre, l’amoureux de sa terre, la scientifique, le voleur, l’indépendante, le charmeur, le cerveau… Il est bien entendu qu’un seul personnage peut porter plusieurs casquette et que les genres sont interchangeable.

Ce qui nous donne ici Rafe, mauvais garçon revenu au pays, au sourire ravageur ,qui tombe sous le charme de Reagan, la beauté glacée traditionnelle à l’esprit indépendant.

Le second couple est formé de Savannah, fille-mère, un corps à damner un saint, de longues boucles qui dégringolent avec sensualité dans son dos (rahhhhh… la garce), qui se laisse prendre au jeu de Jared, l’avocat de la fratrie.

En troisième position arrive Devin, le sherif de la ville. C’est un faux calme intimidant mais qui cache un fond aussi tendre qu’un nounours à la guimauve. Ce dernier est amoureux depuis toujours de Cassie fraichement divorcée de son violent mari.

Enfin on assiste à la chute de Shane. Et l’instrument de sa chute se nomme Rebecca, scientifique brillante dont le cerveau sur-développé lui assure un certain nombre d’années d’avance sur ses compatriotes au niveau académique, mais un certain nombre d’années de retard sur le plan relationnel.

Sans parler bien sûr de tous les autres personnages qui gravitent autour de nos héros : la commère locale toujours au courant de la dernière rumeur, une tripotée d’enfants et de bébés cadum, un méchant facilement détestable, une patronne de café haute en couleurs et saturée de nicotine, un bar local avec son billard et son tenancier…

Enfin, pour rendre le tout cohérent, il est essentiel d’avoir un fil conducteur. Il permet au lecteur de se laisser porter par une histoire de fond tandis que les personnages évoluent autour d’un problème central. Nul besoin d’aller très loin pour trouver le fil parfait, il suffit d’un mystère à résoudre, d’une vengeance à accomplir, d’une enquête à mener, ou tout simplement une histoire de famille à suivre.

Car s’il est évident dès le prologue que la conclusion se fera sur un happy-end, le chemin emprunté pour arriver à cette conclusion est lié au fil conducteur. Le chemin suivi par les personnages est une conséquence de l’histoire par-delà leur histoire. Chez les MacKade, Nora Roberts joue sur plusieurs tableaux, avec une fratrie à découvrir, la petite ville  d'Antietam à explorer et une légende locale à dévoiler - La légende des deux caporaux.

Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le mystère de ces deux soldats. Allez plutôt le découvrir par vous-même !


Bonne Lecture

Tam-Tam

PS: pour ceux qui s'interrogent, l'image est une illustration de la bataille d'Antietam durant la guerre de Sécession.
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30 septembre 2010

Just a hint of sweetness

Au programme d'aujourd'hui, Ain't she sweet ou Un retour inattendu de Susan Elisabeth Phillips.
 
Il est difficile pour moi de vous parler de ce livre.
 
Difficile parce que l'enjeu est énorme. Si je ne devais garder qu'un seul livre dans toutes mes romances, ce serait celui-là. Et parce que je l'aime tellement, je suis probablement la personne la moins bien placée pour vous en parler, mon manque d'objectivité est flagrant!
 
Je voudrais pouvoir dire « lisez-le, c'est un livre extraordinaire » et ne pas avoir à me justifier, mais bizarrement, les gens sont rarement réceptifs à cet argument. Et pourtant, c'est avec lui que j'ai converti, non pas une, ni deux, mais bien trois personnes à la romance, rien que l'an dernier... C'est vous dire à quel point il est merveilleux à mes yeux!
 
Sugar Beth, notre héroïne, a grandi dans une petite ville du Sud américain. C'était la reine du lycée, la fille la plus populaire, une jolie blonde bien née qui semblait avoir une vie dorée, régnant sur un groupe de jeunes filles aussi jolies et bien mises qu'elle, et martyrisant sans pitié les autres pour asseoir son pouvoir. Celle que l'on déteste, celle sur laquelle on rêve de prendre sa revanche bien longtemps après la fin du lycée, tant les souvenirs de ses humiliations restent cuisants. Et SEP n'essaye pas d'adoucir le portrait qu'elle fait de Sugar Beth qui a bien mérité sa réputation de garce, même si il faut lui reconnaître quelques circonstances atténuantes. Jusqu'au jour où elle va trop loin dans sa soif de pouvoir, et accuse son professeur de littérature de harcèlement sexuel, accusation inventée de toutes pièces car il avait eu le malheur de ne pas céder à son chantage. A la suite de cet épisode peu glorieux, Sugar Beth quitte sa ville natale, et vous, vous vous demandez pourquoi je voudrais vous conseiller de lire l'histoire d'un personnage aussi peu sympathique. Et pourtant, en temps que lectrice, j'adore Sugar Beth. Elle n'est pas parfaite, mais elle est honnête, elle a beaucoup de caractère mais sait faire preuve d'humilité, elle a un solide sens de l'humour et de l'auto-dérision, ce qui lui permet de prendre avec une certaine philosophie les galères que la vie met sur son chemin. En un mot, elle est réelle.
 
Quand débute le livre, 15 ans ont passé depuis le lycée, et Sugar Beth est obligée de revenir dans sa ville natale pour y chercher un héritage. 15 ans, c'est long, les gens changent. Surtout Sugar Beth, avec qui la vie n'a pas été tendre. Elle revient donc, sachant que si elle admis ses erreurs passées et appris à vivre avec le poids de sa culpabilité, les gens gardent en mémoire celle qu'elle était, et personne n'a l'intention de lui faire de cadeau. Surtout pas Colin, le professeur dont elle a ruiné la carrière et qui vit toujours dans la ville. Elle n'en attend d'ailleurs pas tant, et ne cherche pas le pardon, elle comprend les rancœurs envers elle et veut juste repartir aussi vite que possible.
 
Je vous laisse imaginer que ce retour ne va pas se faire sans difficultés... Mais Sugar Beth est vraiment un personnage extrêmement bien dessiné par son auteur, elle a pris du recul sur son adolescence, sans pour autant tomber dans un misérabilisme de bas-étage ou une auto-flagellation permanente, sans se chercher des excuses. Une auteur moins talentueuse que SEP en aurait fait une méchante de pacotille reconvertie en pseudo-sainte. Ce n'est pas le cas ici. Elle fait profil bas, mais ne se laisse par marcher dessus non plus, un peu par fierté et un peu parce que ce n'est pas un paillasson, dieu merci!
 
Je ne révélerai rien de plus sur l'histoire, il faut lire le livre pour apprécier pleinement la subtilité de l'évolution, non seulement de Sugar Beth, mais aussi de tous ceux qui gravitent autour d'elle. C'est une histoire de rédemption, et pas seulement pour l'héroïne. Chacun des personnages est parfaitement ciselé, complexe, subtil. Et si sur le fond on nous raconte une histoire profondément touchante, la forme du récit elle est bien plus légère, avec des dialogues percutants et souvent amusants.
 
Ain't she sweet est un livre drôle, c'est une romance magnifique, certes, mais surtout, un livre qui va bien au-delà des traditions du genre, plus qu'une romance pour devenir ce qui à mon avis est tout simplement un livre culte!

 
Excellente lecture,
Chi-Chi
  
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27 septembre 2010

Le poids du savoir

Pour votre prochain grand bonheur, j’ai récupéré la semaine dernière la totalité de ma bibliothèque (NDLA : Il y a 5 ans, je partais pour l'étranger. J'ai encartonné ma bibliothèque et je l'ai stocké chez mon grand-père. J'ai emménagé il y a peu dans un nouveau palais suffisamment spacieux pour accueillir une bibliothèque de princesse...).

Tous ces livres fabuleux, qui ont acquis durement, et souvent au prix d’un dilemme d’ordre cornélien, leur titre de séjour dans ma bibliothèque.

Les lectrices averties le savent, à un moment ou un autre dans notre vie, nous serons amenées à faire un tri. Déménagement, manque de place, ménage de printemps… peu importe le nom, le résultat se chiffre souvent en pile de livres portant les doux noms d’Emmaüs, bibliothèque municipale et bouquiniste !

En regardant ces cartons bien ordonnés, remplis de mon tri d’il y a quelques années, j’ai songé aux heures passées à me demander si tel ou tel livre méritait sa place dans mon nirvana personnel. Sans que la sénilité ne me guette (je vous rassure, j’ai encore quelques belles années devant moi), mon souvenir reste flou, mon impression du passé se résume à plusieurs trajets chez le bouquiniste (qui de fait me connaissait par mon prénom), de nombreux cartons transportés à la sueur de mon front, d’escaliers maudits et de marches traîtres, mais de l’actuel tri, pas grand-chose…

Car un tri, c’est un peu une bataille… on y va la fleur au fusil, toute confiante dans l’idée que cela ne durera que quelques heures, et on y passe finalement plusieurs weekends, parce qu’entre les déplacements chez le bouquiniste, les sessions de relecture en diagonale et le rangement… on finit par y laisser quelques plumes…

Un tri, c’est un peu une introspection personnelle, à chaque livre qui passe entre nos doigts, ce sont des souvenirs qui remontent à la surface. Car en réalité, pourquoi gardons-nous nos livres finalement ?

La réponse évidente à cette question serait "Ce sont de bons livres"…

Mais ma voix intérieure se permet de faire remarquer qu’à une époque, j’avais toute la collection des "Monsieur Madame" et que j’avais juré sur ma girafe en peluche que jamais au grand jamais je ne m’en séparerai…

Et me voilà, des années plus tard, avec un seul et unique "Monsieur madame" planqué dans ma bibliothèque. Madame Magie, en espagnol, acheté lors de mon premier voyage à Barcelone… Autant dire que cela ne compte pas car il ne date pas de l’époque où je ne me déplaçais jamais sans Madame Chipie ou Monsieur Gourmand dans mon sac à goûter…

Se pourrait-il donc que notre perception de ce que constitue un "bon livre" change avec le temps ?

Partant de ce postulat, il se pourrait qu’un livre ayant obtenu le droit d’asile dans une bibliothèque se retrouve subitement parachuté dans un charter direction Emmaüs...

Car aussi vrai qu’il existe des personnes qui ont un palais dont la bibliothèque s’étend à l’infini, ou bien lisent à la vitesse du limaçon lombalgique - chez ces personnes notez que vous retrouverez TOUS leurs livres sur leurs étagères ! Depuis le Folio junior lu sous la contrainte en 5ème - portant encore souvent la couverture en plastique bleu canard mise par maman au prix de nombreux efforts (et à grand renfort de scotch), au Zola du lycée jamais vraiment lu et accompagné du traditionnel "profil" de l’œuvre ; le tri reste nécessaire chez la plupart d’entre nous.

Sur quoi se base-t-on pour sélectionner les élus ?

Avec mes cartons à déballer ce weekend, j’ai compris que je serais à même de vous dévoiler la réponse pour mon post hebdo...

Nous sommes dimanche soir, je me suis assise en tailleur (la position idéale pour la méditation) et j’ai longuement admiré mes étagères remplies avant de rédiger ces lignes… Par terre, trônent 2 cartons pleins des livres n’ayant pas obtenu leur visa. Aux murs, les livres s’alignent… avec des trouvailles !

J’ai découvert qu’il y a 5 ans, j’ai décidé que Face de moineau ferait le voyage, mais pas la Communauté du Sud de Charlaine Harris.

Il y a 5 ans, je terminais une phase assez monomaniaque de Nora Roberts avec un total de 60 livres en français qui s’alignent à présent dans les rayonnages…

Il y a 5 ans, j’ai acheté la série 2176 dont les histoires m’échappent complètement aujourd’hui. Les 5 livres attendent « en quarantaine » de savoir si ils resteront avec leurs camarades sur l’étagère...

Il y a 5 ans, je me suis débarrassé de tous mes Osborne, de mes Wodiwiss, et de mes Deveraux… Aujourd’hui, j’ai découvert que j’ai lu un Stephanie Laurens il y 6 ans en VO, que j’en ai gardé la copie et que j’en ai complètement oublié l’histoire. Il est étrange de revivre un tri en décalé. Cela m’a ramené à la personne que j’étais il y à 5 ans.

J’ai le tri nostalgique, je m’accroche au sentimental qui émane du livre.

Eurêka!!! Il ne suffit pas que le livre soit bon, il faut qu'il m'évoque un moment particulier, un après-midi ensoleillé, une nuit blanche... C'est donc cela qui détermine mon tri !

Et un autre tri se profile, car une pleine étagère de « quarantaine » attend d’être lue… De bonnes lectures en perspective !


Et vous comment triez-vous?

Tam-Tam

PS: Pour l'illustration, j'ai longuement hésité entre ça et un portrait de ma girafe en peluche...mais cette dernière n'est pas encore prête à la notoriété!

  
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2 septembre 2010

Magie irlandaise

Nora Roberts est une star de la romance, nous l'avons déjà établi... Elle a ses fans, ses moins-fans, et ceux qui ne l'aiment carrément pas, mais c'est probablement l'une des auteurs les plus prolifiques... Et personnellement, j'aime bien. Surtout ses trilogies. 

Et surtout, la trilogie des Gallagher d'Ardmore, ou Magie Irlandaise, comme l'avait traduit notre ami J'ai lu dans l'ancien temps... Soit, Jewels of the sun, Tears of the moon, Heart of the sea. En francais, Les joyaux du soleil, Les larmes de la lune, Le cœur de la mer (le premier qui dit Titanic sort d'ici). 

C'est avec eux que je suis tombée amoureuse de l'Irlande. Et comme Tam-Tam vous l'a dit, dans mon jeune temps, moi aussi je croyais que l'Irlande c'était une lointaine contrée exotique, un pays de mythes et de légendes, où même moi je pouvais croire aux contes de fées. On ne le croirait pas comme ça, mais dans la vraie vie des gens réels, je suis plutôt pragmatique et terre à terre, du genre à me souvenir que j'ai mis du lait sur le feu et à prévoir dans mon sac de Mary Poppins de quoi parer à n'importe quelle invasion extra-terrestre impromptue. Mais cet été, j'avais envie de magie... 

J'ai donc ressorti mes précieux Nora Roberts et en relisant toute la série à la suite, j'ai cherché à chaque page le souvenir des Gallagher, lus il y a déjà très très longtemps : Aidan, Shawn et Darcy. Deux frères et leur sœur, chacun son livre, sur fond de légende celtique, dans un cadre idyllique, avec une pointe de surnaturel. 

Toute la série s'articule autour d'un mythe local, la légende de l'amour qui a lié Carrick, prince des fées, et Lady Gwen, simple mortelle vivant dans un village de pêcheur. Cet amour contrarié est le fil conducteur de toute la série, car sur nos deux amoureux mythiques pèse une malédiction qui les sépare au-delà de la mort et qui ne pourra être brisée que lorsque par trois fois, deux cœurs se rencontreront et s'accepteront, qualités et défauts, sans réserves, et se promettront un amour de légende. Autant dire, quelque chose de très simple! 

A Ardmore, où vivent les Gallagher, cette légende est bien connue, elle est considérée comme partie de l'histoire locale, et au moment où se déroulent nos livres, 300 ans se sont écoulés depuis les "faits", et nos amoureux attendent toujours d'être délivrés. 

Au début du premier livre, nos héros sont bien innocents et ne savent pas encore que ce sont eux qui ont été choisis pour lever cette petite malédiction. Le frère aîné de la famille, Aidan, gère le pub local et tient le bar, son frère Shawn s'occupe des fourneaux entre deux compositions musicales et sa sœur Darcy règne sur la salle en rêvant de voyages. Le suspense est évidemment insoutenable pour vous mes chers lecteurs, Aidan va-t-il trouver l'amour? Je vous rassure tout de suite, la réponse est OUI! Shawn et Darcy aussi, évidemment... Et à la fin, Carrick et Lady Gwen se retrouveront, enfin libres de s'aimer jusqu'à la fin des temps. 

Je pourrais détailler comment Aidan rencontrera Jude, comment Shawn et Brenna finiront par dépasser leurs différences, comment Darcy et Trevor parviendront a se faire confiance. Mais en fait, le vrai sujet de cette trilogie, bien plus que les histoires d'amour de nos héros, c'est l'Irlande et ses légendes... 

Nora Roberts utilise sa plume poétique pour détailler les us et coutumes locaux, et nous brosse une véritable image d'Épinal... Lire cette trilogie, c'est se promener dans un enchantement féerique, c'est avoir envie de croire à nouveau aux légendes, aux amours qui traversent les siècles, c'est se promener dans un pays ancien et écouter chanter les pierres des monuments celtes, prêter l'oreille à des traditions aussi vieilles que les paroles qui nous les ont apportées. Et à travers chacun de ces mots, découvrir un pays, une tradition, une culture, une ambiance qui est peut-être romancée, mais comment ne pas l'aimer? 

Et ma chère Tam-Tam, voila, rien que pour toi, une de mes belles envolées lyriques! ^_^ 

Ces livres m'ont donné envie de visiter l'Irlande et d'aller y voir si moi aussi je pourrais peut-être épouser un irlandais, aller vivre dans un village de pêcheur et passer toutes mes soirées au pub avant de rentrer dans mon cottage de conte de fées... Et puis non, j'ai fini par guérir de cette maladie étrange, finalement je reste citadine, mais la trilogie Magie Irlandaise est et restera toujours mythique à mes yeux... D'ailleurs, elle devrait être proposée dans toutes les agences de tourisme irlandaises, et je ne serais pas surprise que l'auteur ait des parts dans les compagnies aériennes pour s'y rendre!

  
Chi-Chi
  
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2 août 2010

Irish love


Dans mon jeune temps, comme disent les vieux, je croyais que l’Irlande était un pays de lutins et de farfadets. Et puis un jour j’ai lu Les dames à la licorne de René Barjavel et je suis tombée amoureuse de ce pays à la météo capricieuse et aux paysages à la violente majesté.


Dans la romance contemporaine, l’Irlande est, avec l’Ecosse, un lieu exotique de prédilection pour les auteurs américaines. C’est bien souvent que les héros de leurs livres s’y rendent en vacances/retraite/convalescence et rencontrent l’amour. Si ce n’est pas le cas, leur famille y a de profondes racines et l’on peu encore entendre l’accent de Galway ou de Inverness dans le discours de la génération supérieure.

Je pense notamment à de nombreux romans de Nora Roberts, Emily Richards, Jill Mansell, Susan Mallery…


Retrouvailles Imprévues (Fly Away Home) de Kimberly Cates n’y fait pas exception. Ce livre, lu il y a quelques années en français dans la collection Amour et Destin raconte l’histoire de Eve Danaher et de Michael Halloran.


Petite chose un peu abimée par la vie, Eve a perdu la garde de sa fille il y a une quinzaine d’année et n’a jamais pu réussir à la revoir, pas même pour un weekend. Lors de la remise de diplôme de la jeune fille, elle tente un rapprochement…un échec.

Pour se changer les idées et essayer de « tourner la page », elle décide de partir en vacances en Irlande. Elle trouve un château à louer à une adorable petite mamie un peu excentrique qui lui assure que l’Irlande va la remettre sur pied.

Ancien cavalier professionnel ayant quitté le circuit à la suite d’un accident, Michael s’est reconverti en moniteur de centre de rééducation pour les enfants ayant subi de traumatismes divers. La méthode employée : le contact avec les animaux et la saine vie au grand air…

Au centre, il y a Rory, un jeune garçon farouche et méfiant et Innisfree, un cheval indomptable et violent. Le centre est la dernière étape avant la maison de redressement pour Rory et la boucherie pour Innisfree.

Emue par le jeune garçon, Eve fait de son mieux pour lui apporter son aide, trouvant en lui une manière de compenser l’absence de sa fille.

Le cliché est là, présent entre les lignes. Mais l’histoire est bien tournée. C’est un peu comme une promenade en forêt, au détour du chemin, le promeneur SAIT qu’il y aura des arbres, mais il n’en apprécie pas moins la balade.


On soupçonne que Eve et Victoria (sa fille) n’en ont pas fini. On sourit lorsque l’on découvre la jeune fille en Irlande elle aussi pour un stage de cheval.

Mais il se dégage une atmosphère particulière qui fait que l’alchimie irlandaise fonctionne. On s’émeut sur le jeune Rory. On craint pour l’étalon Innisfree. On espère pour Eve et Michael. C’est voyage dans la vie des personnages et lorsque la promenade se termine, un petit sourire flotte encore sur nos lèvres.

Retrouvailles imprévues fait partie de ces livres qui sans avoir révolutionné le monde de la romance et ma façon de percevoir le monde, se rappellent à mon souvenir régulièrement comme une bouffée d’optimisme un peu naïf au happy-end réconfortant.


Car si en Irlande lutins et farfadets tombent rarement amoureux, il n’est pas rare de se laisser prendre au piège de la gentillesse et la joie de vivre des habitants de la verte Erin.


Tam-Tam
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