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21 septembre 2012

Sweet nothings - Libre d'aimer

Mes petits lecteurs chéris, il n'aura pas échappé à votre œil de lynx que je ne suis pas suuuuper présente en ce moment... Le boulot, la vie, tout ça tout ça...

Et le résultat, c'est que je ne lis pas. Mais genre vraiment pas. Je n'ai pas lu une seule ligne depuis plus d'un mois. Parlez d'une panne de lecture, c'est une traversée du désert !

Bref, quelle plus belle occasion que cette panne pour revenir vers mes classiques et continuer à reprendre pour vous la série des Kendrick/Coulter ? En plus, on est venu nous reprocher sur Facebook de ne pas être à jour (n'est-ce pas Fabienne...), autant dire que j'ai la pression...
 

Retrouvons donc la série avec Jake Coulter, rancher qui murmure à l'oreille des chevaux. Oui, vous avez le droit de vous imaginer Robert Redford dans le rôle. Juste un peu plus jeune, mais tout aussi sexy dans le genre qui fleure bon les grands espaces, la vie saine et rurale perdue au fin fond de l'Oregon... Sinon vous avez toujours l'option Brokeback mountain, Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, ou n'importe quel autre cow-boy de cinéma, bref, Jake Coulter est jeune, riche, beau, sexy, talentueux, et je manque de qualificatifs !

Et quand Jake voit débarquer Molly, au volant d'un van, avec un étalon pour le moins agité (comprendre, complètement traumatisé) à l’arrière, Jake se montre aussi noble et chevaleresque. Un vrai prince charmant. 

Et parce que je suis vicieuse, je ne veux pas en dire plus sur l'histoire en elle-même, et vous obliger à aller lire ce tome 3, qui est mon préféré de la série !

Molly est super sweet, une femme un peu paumée mais attendrissante, qui va vraiment se révéler et prendre un nouveau départ. Jake... est Jake ! Ce qui veut tout dire...

Lisez Sweet nothings (Libre d'aimer) de Catherine Anderson, et vous pourrez apprécier par vous-même !

  
Bon week-end,
Chi-Chi 

 
PS : Oui, cet article est scandaleusement court... Mea culpa, je ferai mieux la prochaine fois (enfin j’espère!!!). Pour me faire pardonner, je vous propose une photo de cupcake, offert par Milady à l'occasion de la sortie de Baiser sucré (Sugar rush), tome 1 de la série Cupcake club de Donna Kauffman... Je vous en parle très vite ! 



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6 juillet 2012

Annie's song - La chanson d'Annie





Avant de commencer, un petit mot pour vous dire que notre petit blog a eu deux ans hier ! 
Alors, Tam-Tam, ma chère, joyeux bloganniversaire à nous deux! ^_^
(oui, un smiley, c'est mon cadeau pour toi...)



Une fois cette formalité écartée, dans la lignée du dernier article de Tam-Tam, je reprends un de mes vieux vieux livres, un de ceux qui ont eu la chance d’être publiés pour la première fois avec une couverture affreuse que je vous épargnerai ici, votre pauvre rétine ne s'étant probablement pas encore remise de mercredi… Dieu merci, les éditeurs ont fait d'énormes efforts en la matière ces dernières années ! 

Mais La chanson d’Annie (Annie’s song), c’est également l'un de mes chouchous, maintes fois republié en français et en anglais. 

Catherine Anderson, vous connaissez déjà. Les Kendrick Coulter, les histoires d’indiens et toujours, un talent pour les histoires tendres et les héros aux petits soins pour leurs héroïnes. 

Ici, il s’agit d’un contexte est un peu différent, puisque c’est un historique se déroulant dans une petite ville de l’Amérique des années 1880, ambiance Tom Sawyer en Oregon, en un peu moins fun…

C’est là que vit Annie. Annie est la fille d’un notable local, mais Annie est aussi un peu simplette. Elle est gentille, elle est jolie, mais elle ne parle pas, elle ne semble jamais comprendre quand on lui adresse la parole, elle est sauvage. Un peu désemparés, ses parents l’ont laissée grandir un peu n’importe comment, et maintenant adulte, elle passe ses journées à errer dans la nature, sans que quiconque ne songe à la déranger ou à la surveiller. 

De son coté, Alex est également un notable de la ville. Il se débat comme il peut avec ses nouvelles responsabilités de chef de famille, surtout en ce qui concerne son jeune frère, un individu charmant, égoïste et impulsif. Un individu qui, apparemment, considère qu’Annie ne pourrait accueillir ses attentions qu’avec gratitude, la pauvre petite simplette livrée à elle-même… Et des attentions qui vont un peu trop loin, pour dire les choses délicatement. 

Lorsqu’Annie se trouve enceinte et que le responsable est découvert, ce charmant jeune homme s’empresse de prendre la poudre d’escampette, horrifié à l’idée qu’Alex lui demande de « réparer » comme cela se faisait à l’époque, en épousant la jeune femme. C’est donc là que notre héros entre en scène, proposant de prendre la place de son frère… 

Pauvre Alex, se disent les voisins, contraint d’épouser cette malheureuse, condamné à vivre toute sa vie avec une femme idiote… Pauvre Annie, se dit Alex, qui voit sa vie bouleversée sans rien comprendre de ce qui lui arrive… 

Car Alex, en pur héros de romance qui se respecte, est bien décidé à tirer le meilleur parti de cette situation délicate. Et le meilleur parti commence par le fait de réussir à apprivoiser sa femme, à obtenir qu’elle lui fasse confiance et à tenter de trouver un équilibre dans ce mariage pour le moins étrange. C’est donc avec beaucoup de patience et de détermination d’Alex va observer Annie et tenter de la comprendre. Et petit à petit, une idée germe en lui. Et Annie n’était pas aussi idiote que l’on voulait bien le croire ? Et si le problème était tout autre ? Et si la négligence de ses parents avaient en réalité privé Annie de l’aide qu’elle aurait pu recevoir depuis longtemps ? 

Je ne vous en dirais pas plus, pour mieux vous laisser la joie de découvrir ce qu’il en est réellement, et la raison du silence d’Annie, pour mieux vous laisser apprécier l’amour qu’il faudra à Alex pour l’aider à sortir de ce monde dans lequel elle était enfermée et surmonter les épreuves. 

Je ne vous en dirais pas plus, pour que vous découvriez vous-même à quel point il s’agit d’une histoire d’amour magnifique, d’une histoire d’amour où le handicap tient évidemment une place centrale, mais surtout, d’une histoire tout en tendresse et en douceur, avec un héros qui est une merveille de patience et de retenue, laissant à sa femme tout le temps dont elle a besoin pour guérir, grandir, et venir vers lui d’elle-même. 

La chanson d’Annie est un livre que je garde précieusement, qui me fait sourire du simple fait d’en parler, et c’est un livre que je vous recommande chaudement (d’autant que l’on peut toujours le trouver en VF, donc aucune excuse de valable !) ! 


Bonne lecture, 
Chi-Chi

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30 avril 2012

Phantom walz - Celle qui avait peur d’aimer

La semaine dernière se voyait dévoilé pour vous un coffre au trésor de lecture (tiens, puisque l’on parle de ce fameux coffre, j’en profite pour vous transmettre le message du prince qui est très flatté par votre admiration devant son cliché).

Pour notre post n°200, je vous avais concocté une booklist en "bonnet de forme" (néologisme du jour, bonjour) pour initier les masses à la religion qui vise à rendre la dentelle obligatoire, à la mise en place du mercredi rouge à lèvres et qui prône le retour du satiné…

Comme vous avez étudié ladite liste avec toute la diligence dont je vous sais capables, vous avez bien entendu noté les quelques (rares) ouvrages qui n’ont pas encore été chroniqués par nos soins (le scandale !). Rassurez-vous chers sujets, cette erreur ne saurait perdurer bien longtemps. Et c’est livre par livre que nous la rectifierons, foi de princesse !

Sur cette note, une fois n’est pas coutume, j’ai mis la procrastination de côté et j’ai attrapé ma version vintage de "Celle qui avait peur d’aimer" de Catherine Anderson. A l’époque, en bas à droite de la 4ème de couverture, il y avait 4 composantes listées et un certain nombre d’étoiles allouées pour chaque composante. La lectrice avertie était normalement en mesure de choisir son livre en fonction du degré de "Suspense", "Sensualité", "Aventure", "Romantisme", etc. … On obtenait ainsi une sorte de carte d’identité du roman que l’on tenait entre les mains.

Pour "Celle qui avait peur d’aimer", cela donne :
Aventure : **
Sensualité : ***
Romantisme : *****
Suspense : **

En y repensant, je crois bien avoir choisi des livres sur la base de ces étoiles uniquement et sans même avoir lu le résumé… Mais je m’égare…

Catherine Anderson donc… et sa saga des Kendrick et des Coulter. Chi-Chi vous avait déjà parlé du tome 1 avec Rafe Kendrick et Maggie Stanley.

"Celle qui avait peur d’aimer" rassemble enfin les deux familles, Ryan Kendrick et Bethany Coulter. Oui, parce que c’est bien beau de nous annoncer que la série s’appelle "les Kendrick et les Coulter", mais j’ai failli crier au scandale après lecture du premier tome, moi ! Et si l’on en croit les étoiles de J’ai lu, l’histoire s’annonce romantique à souhait avec juste ce qu’il faut de sensualité pour faire monter le rose aux joues (pour ce qui est de l’aventure et du suspense, je me gausse, désolée).

Notre histoire s’ouvre sur un Ryan Kendrick sexy en diable mais un tantinet énervé parce que les pièces de son tractopelle/gros camion/Massey Ferguson ne sont pas arrivées. Et les pièces de rechange sont in-dis-pen-sable pour ce rancher aux hanches étroites et aux larges épaules. En plus, au domaine (oui, parce que c’est pas Joe le clodo notre ami Ryan), il a une jument qui va bientôt mettre bas et il a autre chose a faire qu’enfiler des perles à attendre que la jeune demoiselle au guichet lui accorde enfin toute son attention…

Elle est pourtant bien jolie la jeune fille du guichet. Le genre de petit lutin aux grands yeux bleu et aux pommettes constellées de taches de rousseur. Il en oublierait presque l’objet de sa visite…

Une fois les pièces égarées enfin traquées et remises sur le bon chemin, Ryan sort son numéro de charme et tente d’obtenir un rendez-vous et un téléphone. Mais Bethany, quoique flattée se raidit, clairement sur la défensive, pour finir par repousser son fauteuil pour que Monsieur Joli-cœur en ait une vue globale. Qu’il découvre enfin les jambes interminables, la taille de guêpe... Et le fauteuil.

Là, c’est le moment où Ryan va gagner des points. Parce que non seulement il ne fait pas semblant de n’avoir rien vu, mais il persiste dans son invitation, à la grande surprise de Bethany !

Le reste, le reste…

Je m’en vais vous laisser découvrir avec émerveillement comment l’auteur, dans toute sa sagesse et son talent, réussit à nous vendre du rêve à partir d’un postulat qui en aurait fait fuir plus d’un :
- Une héroïne loin d’être parfaite et pleine de doutes sur elle-même et sa capacité à avoir une vie dite normale. Je vous avait déjà conté les aventure d’une paraplégique vue par Didier Van Cauwelaert, mais Catherine Anderson n’a rien à lui envier, loin de là !
- Un héros gravure de mode qui mettrait la puce à l’oreille de toutes les femmes modernes que nous sommes. Il est trop beau pour être vrai et trop parfait pour être honnête, mais il nous donnera systématiquement tort !

Ryan et Bethany forment un couple qui fonctionne, un couple qui émeut et sans jamais tomber dans la niaiserie larmoyante. Les éléments déployés par l’auteur ont su faire battre mon petit cœur d’artichaut. Vous trouverez dans le désordre :
- une course de tracteurs (la sexytude du Massey Ferguson ne pourra que vous faire frémir, croyez-moi)
- une danse (d’où le titre anglais "Phantom danse" la danse fantôme)
- un poulain (gnnniiii les bébés animaux)
- un grand frère protecteur (il en faut toujours un, qui cassera loyalement la binette de tous les goujats qui croiseront notre route avant Hugh Jackman)
- une étreinte pleine de sensualité (oui, parce qu’on finit par tous se poser la question !)


Bonne lecture,
Tam-Tam
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22 mars 2012

Baby love

Chers lecteurs, il ne vous aura pas échappé que, depuis la semaine dernière, nous avons un bel index de nos lectures sur ce blog… Un index qui vous permet bien sur de retrouver tous nos articles plus facilement, mais qui nous a également permis, à Tam-Tam et moi-même, de faire un petit bilan sur tout ce que nous avions pu vous présenter depuis presque 2 ans et bientôt 200 articles !

Conclusion, parmi nos classiques, il y en a encore un sacré paquet dont nous ne vous avons jamais parlé ! C’est qu’il n’est pas si facile de rassembler ici l’essence de 15 ans de lecture assidue, multiplié par deux, même si la plupart de nos références se croisent (ce n'est pas pour rien si nous avons fait bibliothèque commune pendant si longtemps) !

Enfin, pour aujourd’hui, sur les bons conseils de ma comparse, j’ai décidé de parler de Catherine Anderson, et du tome 1 de sa série emblématique, les Kendrick/Coulter, puisque cette dernière sera très prochainement rééditée ! 
 
Baby love commence mal pour Maggie, notre héroine... Qui s’est enfuie de chez elle avec son bébé, à peine âgé de quelques jours (voir de quelques heures), en pleine nuit, en plein hiver. Et qui, pour couronner le tout, se sait poursuivie. Obligée donc de faire profil bas, ce qui n'est pas chose aisée avec un nouveau-né. C'est que ces petites choses, il faut les nourrir (et quand Maman est épuisée, la montée de lait ne se fait pas très bien j'ai appris), les changer (mais Maggie a oublié les langes dans sa précipitation) et accessoirement leur trouver un coin pour qu'ils dorment tranquilles, sinon ils pleurent et font du bruit. Et ça, ce n'est pas discret. Maggie monte donc dans un train bondé, mais en plus d'avoir tout laissé derrière elle, elle ne peux utiliser les moyens de paiement habituels, cela laisse des traces. C'est donc dans le wagon à marchandises qu'elle tente de s'installer. Manque de chance (vous constaterez vite que Maggie n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie jusque là), le wagon est malencontreusement déjà occupé par une bande de clochards, tous assez mécontents d’être dérangés.
 
Heureusement, alors que quelques-uns essayent de voler à Maggie le paquet qu'elle tient si précieusement caché sous son manteau (cela s'appelle un bébé messieurs, mais je comprends qu'après 5 ou 6 bouteilles de scotch vous ayez du mal à vous en rendre compte), l'un des vagabonds moins énervé que les autres s'interpose.
 
Rafe Kendrick, pas du tout contente d’être dérangé dans son tête-à-tête tranquille avec sa bouteille, se dit que tout de même, laisser dépouiller sous ses yeux une femme, ce serait mauvais pour son karma ! Et encore, il n'avait pas réalisé qu'il y avait un bébé dans l'histoire (on parle beaucoup du bébé là, vous commencez à voir un lien avec le titre peut-être?)...
 
Mais voila, malgré la bouteille, malgré le mode de transport, malgré tout, Rafe n'est pas vraiment un vagabond. Il a une famille (les Kendrick, cf. le titre de la série, hint hint!) et si il s'est retrouvé dans cette situation c'est car il fait une sacrée dépression bien dans les règles de l'art. Dépression dont il va sortir comme par magie, sous l'influence miraculeuse de Maggie et de son bébé.
 
Laquelle Maggie est tout de assez méfiante de voir cet ivrogne décider de s’attacher à ses pas, alors qu’elle cherche plutôt à voyager discrètement. Mais Rafe est un homme qui a de la volonté et de la ressource et il saura la convaincre de lui faire confiance, pour mieux la sauver...
 
Pas d’erreur, Rafe est bien notre héros, qui a besoin de son héroïne pour le guérir de ses maux. Maggie aussi de son coté a été durement marquée par la vie, et tous deux vont tout doucement apprendre à s’aimer mais surtout, à avoir confiance, ce qui est probablement le plus difficile pour eux !
 
Et maintenant que j’ai pu bien vous effrayer avec ce pitch, laissez moi vous dire que cette série vaut vraiment le détour ! Catherine Anderson s’intéresse pour ses personnages à des problématiques qui sont complexes, lourdes, sans jamais tomber dans le sordide ou le misérabilisme. Je ne vous dirait évidemment pas quel est le problème de Maggie, mais vous avez bien compris que Rafe est dépressif et alcoolique, c'est pourtant un héros dans toute sa splendeur, et il saura vous faire rêver !
 
Le chemin de la guérison serait presque parsemé de petits cœurs roses et d'arc-en-ciels amoureux, tout en conservant assez de réalisme pour y croire finalement. Dans ce livre, tout est centré autour du personnage de Maggie, la rédemption de Rafe ne passant que par sa guérison à elle et, dans la série entière, on retrouvera ce schéma. Le personnage le plus important de l'histoire sera toujours l'héroine, et son héros, son fidèle chevalier servant, pour ma plus grande satisfaction.
 
Catherine Anderson est parmi celles qui ont amorcé la tendance des séries contemporaines à rallonge qui n'en finissent pas et j'avoue avoir décroché après le tome 6, My Suhshine (Le soleil de ma vie), quand la religion a commencé à prendre une place centrale dans la morale des personnages, parfaite illustration d'une certaine idée de l'Amérique puritaine... C'est bien dommage car cette auteur, aidée par un style d’écriture fluide et agréable, nous invite à explorer des romances qui, basées sur des personnages un peu abimés, sont pleines d’espoir et de confiance en l’avenir.

Pour aujourd'hui, et en attendant la suite de la série, je vous souhaite donc une bonne lecture en compagnie de Rafe, Maggie, et des multiples personnages qui gravitent autour d'eux !


Bonne lecture,
Chi-Chi
  
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22 novembre 2010

Seconde chance

Le cerveau est une chose vraiment formidable, un petit malin a déterminé qu’à la question « pensez à  un outil et une couleur », 99%  des gens pensent à un marteau rouge…C’est fou ce que les statistiques peuvent nous faire découvrir ! 

Si vous deviez, là, maintenant, tout de suite, vous imaginer en train de lire, comment seriez-vous installés ?

Confortablement pelotonné dans un fauteuil, une couverture bien moelleuse pour garder vos petits orteils délicats bien au chaud, et une tasse de thé à portée de main ? 
Ou dans un jardin ensoleillé, allongé avec délice dans un transat à l’ombre d’un chêne centenaire, un thé glacé à portée de main ?
Vous sauriez, j’en suis sûre, me donner bien des variantes de ces scénarios, mais tous ont néanmoins un point commun : le calme.

Pourtant le calme requit pour lire est une chose toute relative. J’en veux pour preuve les  nombreux autres lieux qui sont propices, parfois sans le savoir, à la lecture :
- les moyens de transports : bus, voiture, métro, avion, ferry, pousse-pousse, dos d’éléphant…
- les lieux d’attentes : chez le dentiste, sur les toilettes, dans la file d’attente de la poste à l’heure de pointe, dans les embouteillages de l’A20 le week-end du 14 juillet…
Certaines personnes ont même développé des techniques de snipers pour lire : devant le fourneau en surveillant la sauce tomate, en faisant le ménage, en pédalant sur un vélo, sous l’eau (audiobook + lecteur waterproof, true story). Personnellement je lis en marchant, sur des trajets dont je connais le moindre caillou et où les voitures sont rares…


Au bout du compte, ce sont de nombreuses minutes de lecture que je gagne par jour, et finalement, sur le temps moyen que je passe à lire par semaine, je pense passer 5% de ce temps confortablement assise dans un fauteuil moelleux…

La force de mon addiction, plus grande que le danger qui me guette au coin de la rue (un nouveau panneau que la DDE aurait installé sournoisement pendant la nuit) ou que  le bruit du bébé qui hurle à deux sièges de ma place…

 Vous combinez le cerveau (et sa capacité d’abstraction) à l’habitude, et vous avez une arme surpuissante de lecture intensive ! 

Prenez un parisien bibliovore moyen. Ce dernier part tous les jours pour son travail à 7h42. Il en a pour 45 minutes de trajet, dont 16 stations de métro, qu’il a 90% de chance de faire debout. Et bien, debout en équilibre, le nez dans son livre, il sera néanmoins capable de savoir à quel moment il sera temps pour lui de descendre de la rame. Qu’importe si, à ce moment précis, lui est révélé la véritable identité du père du héros, apprenant par là même que le psychopathe qui a tué toutes les femmes de sa famille à l’âge de 26 ans et 25 jours est en fait son cousin issu de germain échangé au berceau et élevé par les loups du Gévaudan… Non, la force de l’habitude a ancré son trajet dans sa mémoire, et c’est sans doute avec un brin de regret qu’il se dirigera vers l’ascenseur en panne de la station Lamarck-Caulaincourt…

Le livre que je vais vous présenter aujourd’hui, je l’ai lu dans des conditions d’extrêmes ! J’ai risqué les engelures, bravé le vent et la pluie, luté contre l’hypothermie…Tout ça pour Caresse Indienne (Only by your touch), de Catherine Anderson.

J’avais rendez-vous avec le prince des fées, et l’histoire a voulu que je souffre du mal de mer pendant la traversée en ferry-boat de la mer d’Irlande… Du coup, pour ne pas imposer à mon auguste hôte mon visage verdâtre (en présence d’un prince, j’essaye de ne pas jurer avec sa couronne), j’ai du me résoudre à me retrancher sur le pont arrière et regarder la trace que le navire laissait dans son sillon maritime…

Sauf qu’entre une vague et une autre vague, j’ai eu tôt fait de m’ennuyer à périr. J’ai donc sorti mon livre, et alors que le mois de février se rappelait à mes orteils, je me suis plongée dans l’histoire de Claire, Ben et Jeremy, oubliant le froid, et la houle.
Alors que je risquais la perte de mes extrémités, je découvrais avec émotion leur histoire.

Claire vient d’arriver dans une petite ville de l’Oregon et travaille comme dispatcher au bureau du sherif. Son fils et elle n’ont pas eu une année très facile (un mari violent assombrit le tableau du bonheur familial) et elle a décidé de prendre un nouveau départ (jusqu’à maintenant, on colle au schéma type).

Ben, un quart indien et accusé d’avoir tué un homme par le passé, est le paria de la ville. Il est le sujet de bien des ragots. Grand et intimidant, il se promène toujours avec Diablo, mi-chien mi-loup. Mais Ben a aussi été vétérinaire à Seattle, où il était marié.
Voilà pour le synopsis en deux mots.

Catherine Anderson a ce don pour peindre les émotions. On pourrait parfois lui reprocher de tomber très légèrement dans le pathos, avec des situations jamais simples pour les protagonistes, et on pourrait lui en vouloir d’avoir recours aux clichés qui marchent… Mais non…

Ses romans sont souvent construits sur les mêmes profils de personnages. Elle, est une petite chose quand même un peu fragile mais brave. Elle a du faire face, dans un passé très proche,  à certains revers de fortune allant du mari psychotique/violent/pervers à l’accident aux conséquences diverses (paraplégie, surdité, séquelles cérébrales...). Au début du livre l’héroïne prend un nouveau départ.

Lui est un protecteur dans l’âme. Il est parfois la victime d’injustice et travaille souvent en présence d’animaux (entre les ranchers, les vétérinaires et les éleveurs de chevaux, nous sommes servies !). Enfin, c’est bien souvent un très bel homme qui aime vivre au grand air (couper des rondins et caracoler de clôture en clôture, ça vous façonne une silhouette !). Sa rencontre avec l’héroïne va souvent lui permettre de surmonter un événement de son passé et affronter le futur avec le sourire.

Voilà sans doute ce qui fait le charme des histoires de cette auteur. Tout le monde a sa chance.

Lorsque quelque chose va mal dans notre vie, il se trouve toujours une « bonne âme » pour nous rappeler que cela pourrait être pire. Personnellement, ce genre d’attitude me fait grincer des dents ! D’une part, les situations sont rarement comparables, et même lorsqu’elles le sont, cette réaction va à l’encontre de l’attitude espérée : l’empathie. D’autant que le discours nous reproche souvent notre manque d’empathie pour ces femmes et ses hommes encore moins bien lotis que nous… mais revenons à notre histoire…

Si je ne devais garder qu’un mot pour décrire cette histoire, ce serait celui-là : j’ai éprouvé de l’empathie pour les personnages. J’ai eu un peu peur pour eux, même si la partie rationnelle de ma personne se raccroche toujours à la certitude du happy-end. Et même si parfois mon clichéomètre passait dans l’orange au niveau de certains dialogues, j’ai profité de cette seconde chance que Catherine Anderson sait si bien donner à ses personnages. Et j’ai refermé le livre la tête pleine d’espoirs.

J’ai passé mon séjour irlandais complètement aphone, mais je n’ai perdu ni mes doigts ni mon déjeuner sur cette traversée vers la verte Erin. On peut faire des erreurs, et avoir son happy-end.



Tam-Tam
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