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18 mars 2013

Le journal de Mr. Darcy

Bicentenaire oblige, la scène littéraire a vu fleurir ces derniers moi un certains nombre d'austinerie. Entre le très merveilleux vlog "Lizzie Bennet Diaries" ou la collection Pemberley de chez Milady (dont le livre d'aujourd'hui est extrait), une adoratrice de cette "dear Jane" peut très bien respirer Jane Austen, dormir Jane Austen et manger Jane Austen tant les possibilités sont nombreuses.

Car les auteurs n'ont pas attendu le bicentenaire pour s'en donner à coeur joie. Chi-Chi en son temps vous a parlé de "Acting up", Duchess V a évoqué le polar "La mort s'invite à Pemberley" et pour ma part, je me rappelle avoir choisi et lu plusieurs livres parce que leurs titres portaient la mention "Mister Darcy".

Le virus est donc bien là. Et j'aime à me dire que c'est un bon virus. Car quand un livre, un film, une série nous donne envie de découvrir l’œuvre originale de l'auteur, c'est que la réadaptation (ou la fanfiction) a rempli son office. Non seulement elle nous a ravi le temps d'un livre, mais elle nous a ouvert des horizons plus beaux et chatoyants encore...

Il y a quelques années, c'est grâce à Clueless que j'ai eu envie de voir le film Emma qui m'a ensuite donné envie de lire le livre... Aujourd'hui, ce sont les LBD qui m'ont redonné envie de me plonger dans l'univers de Jane avec Mansfield Park (dont la lecture est en pause, mea culpa) et l'austinerie que je m’apprête à vous présenter :

Le journal de Mister Darcy d'Amanda Grange. Tout un programme!

Bien entendu, je ne saurais que vous conseiller de connaitre l'histoire originale avant. Non que le livre ne soit pas intéressant seul. Mais la double lecture est vraiment une partie intégrante de l'histoire et celle qui m'a vraiment tenue en haleine. En effet, à chaque nouvelle entrée du journal, on attend de découvrir Elizabeth au détour d'une phrase, on espère la mention de Jane. 

Parce que la double lecture, c'est savoir ce qui va se passer "dans l'absolu", mais ne pas savoir comment Darcychou va le vivre. La double lecture, c'est savoir qu'Elizabeth va rejeter une première fois notre héros avant de réaliser sa grossière erreur et se mettre elle aussi à fantasmer sur une chemise mouillée... Mais qu'est ce que je raconte... La double lecture, c'est connaitre le point de vu de Lizzie, et enfin savoir ce qui se passe dans la tête du grave et noble Darcy.

Je sens que j'en perds certains. Je m'en vais donc annoncer que si vous ne connaissez pas P&P, les paragraphes qui suivent vont contenir des spoilers de cette histoire. Pour ceux qui n'auraient pas lu le "Journal", promis, je ne spoile pas ce dernier... mais comme les deux histoires sont liées................... Bref, revenons à Fitzwilliam!

Le format journal et cette histoire re-racontée à la première personne nous donne son point de vue sur l'histoire, sur Caroline, Bingley, Georgiana, Whickam, et bien entendu toute la famille Bennet! Bien évidement, on reste parfois loin de l'histoire d'Elizabeth, mais étrangement, j'ai trouvé intéressant d'en découvrir plus sur Bingley et ses soeurs.

Mais au delà de l'histoire, du point de vue de Darcy et du happy-end tant attendu, la prouesse de l'auteur est sans doute d'avoir toujours repris les lignes de l'auteur quand la scène s'y prêtait. Ce sont des clins d’œil, des références, comme autant de marques de respect envers Jane et son ouvrage.

Toutefois, l'auteur n'aura pas réussi à "sonner" comme Jane. Et si certains argueront que ce n'est finalement pas si mal, je regrette pour ma part de ne pas avoir pu me plonger dans le style fleuri au vocabulaire recherché de Jane Austen. Mais à quelque chose, malheur est bon, puisque cela rend finalement "Le journal de Mister Darcy" beaucoup plus accessible à la lecture.

  
Bonne lecture,
Tam-Tam

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7 janvier 2013

Le diable s'habille en tartan

Cet article aurait aussi pu s'appeler "Bilan challenge boule de neige et jour de l'an". Cependant, on fait bien assez de bilans à l'annonce de la nouvelle année, alors je me suis dit que j'allais faire l'impasse... 

Mais ma conscience a une voix qui sait se faire entendre. J'avoue, c'est plus mon échec sur certains points de ma liste qui explique ma réticence à vous parler de mon challenge. Mais puisque vous insistez (vous et ma satanée conscience) :

  • Je n'ai pas fini Mansfield Park. Il faut croire que la période festive ne se prête pas à ma lecture des classiques. Il y a toujours un munchkin à chatouiller, un festin à manger... Les pauvres Fanny et Edmund auront plus de chance en 2013 j'espère (je vous rassure néanmoins, ce que j'ai lu jusqu'à présent me plait)
  • Je n'ai même pas commencé le dernier Jamie (bouhouh!!) mais j'ai découvert un autre Jamie (dont je vous parle ci-dessous, patience)
  • Je pense avoir trouvé ma jupe, mais j'attends patiemment les soldes
  • J'ai trié ma bibliothèque... Il faut que je trouve le courage au fond de moi de vous faire la liste de mes VO (pour les intéressés) (les VF je les garde pour Little. B.) (vous comprendrez)
  • J'ai fait mon escapade "Marché de Noel" en Tam-Tamland (c'était beau) et chez la douce Eudoxie (c'était beau bis)
  • Mes voyages diplomatiques ne sont pas finis, mais mon foie est coopératif et mon ventre est en effet en communion avec le chocolat
  • J'ai vu l'épisode de Noël du Doctor Who, j'ai hurlé, j'ai swooné et j'ai partagé tout cela avec Persie par textos interposés!! J'ai aussi vu l'épisode de Downton Abbey, et bien entendu j'ai adoré! (vous pensez, il se passe en Ecosse)
  • Mon cadeau Secret Santa est en préparation. Mais chuuuttt... je ne peux en dire plus!
  • Bon, les paillettes... ce n'est pas encore ça. Mais à ma décharge, munchkin #5 a eu des cartes à customiser avec des paillettes pour Noël. Et j'ai la sensation que cela fait 15 jours que j'en suis couverte de la tête au pieds!
  • Pink Martini a fait son travail. Il résonne à ce moment précis, telle l'inspiration musicale de cet article.... "Should auld acquaintance be forgot, and never brought to mind? Should auld acquaintance be forgot, and auld lang syne?" (sans doute mon Xmas Carrol préféré)
  • La flemme a gagné, le sapin est resté rangé, mais les cadeaux ont fait leur effet!
  • Je me suis amusée avec mes mini-munchkins (et les moins minis, Little B. était de la partie vous comprenez) (pour ceux qui se demandent, les munchkins sont les petits de la fratrie) (large fratrie)
  • La météo n'a pas été coopérative, la mer sous la neige, ce n'est pas pour cette année...

Globalement mon challenge est plutôt positif, mais je suis contrariée de n'avoir pu finir Jane Austen, ni d'avoir pu retrouver mon Jamie préféré...

Heureusement, j'ai découvert un autre Jamie qui à défaut de compenser, a su sérieusement me séduire!

Alors qu'Emmaline est sur le point de s'unir au puissant (et définitivement passé la date de consommation) (comprendre vieux et fripé) laird du clan Hepburn pour éponger les dettes de son père et sauver sa mère et ses sœurs de la pauvreté, un puissant destrier fait une entrée fracassante dans l'église. Son cavalier, tout aussi puissant et formidable (faites les analogies et tirez les conclusions qui s'imposent, c'est gratuit), n'est autre que le renégat Jamie Sinclair, chef et ennemi juré du clan Hepburn venu tout spécialement pour kidnapper la douce Emmaline...

Sauf qu'il s'attendait à trouver une jeune fille pédante, snobinarde, hautaine et pleurnicharde... le parfait cliché de l'anglaise et qu'a défaut d'être déçu, il va être séduit. 

Le mot clé est ici cliché. 

Parce que ne rêvons pas, le schéma est cousu de fil à paillettes : une jeune fille est condamnée à épouser un vieux bouc parce que papa a bu et joué la fortune de la famille, le jour des noces elle est enlevée par un superbe spécimen de la gente masculine parce que ce dernier voue une haine sans nom au futur mari. Ils vont passer du temps dans la nature sauvage des Highlands, où la pureté de la voie lactée, le froid persistant, la sexytude irradiante du héros vont être autant de facteurs qui..............

Bref, pas besoin d'être astrophysicien ni de sortir des théories fumantes sur le syndrome de Stockohlm pour résoudre l’équation. Mais c'est magique tout pareil. 

J'ai adoré les dialogues, j'ai adoré les personnages qui, sous les clichés, sont finalement surprenants. Emmaline est forte et indépendante, Jamie... Bon, disons qu'il partait déjà avec l'avantage de son nom, de sa nationalité... Mais il avait beaucoup à faire pour ne pas décevoir.

Il est fort, entêté comme il faut, mais reconnait ses fautes. Il est canon, a un lourd passé qui en fait un de ces hommes que l'on veut prendre dans nos bras pour les réconforter, mais comme ils sont trop pleins de muscles bien confortables, on finit par être nous-même dans leurs bras... Mais je m'emballe.

Le diable s'habille en tartan rassemble les qualités d'un old-school (les clichés, les stéréotypes, les descriptions "imagées" qui pourrait faire grimacer si ce n'était pas si drôle) et celles d'une romance moderne (héroïne forte, dialogue à mourir de rire). Du Medeiros comme je les aime!

A Noël, entre deux ripailles, j'ai adoré. En plus j'avais Little B. à mes côtés qui finissait le dernier tome de la série des Chicago Stars, donc on a gloussé sur le canapé comme deux gamines (c'est à dire qu'elle tenait son rôle et que j'ai perdu toute retenue d'adulte, oui).

 
Bonne lecture,
Tam-Tam 
  
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30 novembre 2012

Pour un tweet avec toi, take two!

Hello friends!

Un tout petit minuscule passage éclair aujourd'hui...

Je vous ai manqué (oui, venez flatter mon ego, please...)?
Vous en tout cas, vous me manquez... J'ai l'impression de faire l'école buissonnière et un petit coin de ma tête se demande pourquoi je ne suis pas en train d'écrire plus souvent!

Du coup, pour le sujet du jour, je reprends la plume et je viens vous faire un petit coucou.

Mais revenons à notre sujet... T. vous disait mercredi que Pour un tweet avec toi, aussi connu sous le nom de Goodnight Tweetheart, était sorti en VF. Et en ce qui me concerne, la semaine dernière, par un hasard mystérieux, ce livre exactement m'est tombé entre les mains. Officiellement, c'était pour faire un cadeau. (qui est parti chez une sale ingrate qui ne l'a même pas encore lu mais bon, il parait que Medeiros ne provoque pas cette compulsion de lecture chez tout le monde alors je serai magnanime...)

Je disais donc, j'ai acheté la version VF et papier de Goodnight Tweetheart.

Et j'en profite pour venir vous révéler deux informations de la plus haute importance :

La traduction est réussie, Abby et Mark ont gardé tout leur charme et en relisant mes passages favoris (oui oui, dans le livre que je voulais offrir, et donc en étant très prudente à ne pas l’abîmer, ce qui veut dire en tenant le livre avec tout le respect et la révérence qu'un chouchou pareil mérite), je disais donc, en relisant mes passages favoris, j'ai retrouvé toute la magie qui m'avait fait regretté de ne pas passer plus de temps avec nos héros...

Et j'en viens donc à la seconde information :

Dans une nouvelle édition, Teresa, sous la pression de ses fans, a publié un épilogue (oh mais un tout petit, à peine une dizaine de pages), un épilogue où on retrouve Abby et Mark, un épilogue qui n'est pas en tweets mais qui nous montre nos amoureux ensembles. Plus tard... Heureux et amoureux comme il se doit à la fin de toute bonne romance qui se respecte (et dieu sait si j'ai besoin de romances qui se respectent en ce moment...). Et comme c'était bon, de les retrouver comme de vieux amis, et de les retrouver inchangés! Pour moi, cet épilogue vient répondre aux dernières questions que je me posais, et il me permet de dire, aujourd'hui, que ce livre est encore meilleur que la première fois que je vous l'ai conseillé!

Sur ces bonnes paroles, je retourne travailler et lire plein de choses super sérieuses et pas marrantes, et je vous conseille plus que jamais de lire ce livre (comment ça, je radote?)

 
Bonne lecture, bon vendredi, bon week-end et à bientôt,
 
With much love
Chi-Chi (qui devient sentimentale avec l'âge...)
 
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28 septembre 2012

Sugar rush - Baiser sucré

Je l’avais dit sur FB la semaine dernière, et évoqué vendredi dernier, je suis donc allée manger des cupcakes, invitée par Milady pour parler de leur collection de romance. Et pour l’occasion, je suis repartie avec Baiser sucré (Sugar rush), tome 1 du Cupcake club de Donna Kauffman.

Le Cupcake club comme le Fight club, c’est secret, c’est mystérieux, c’est… bon, j’avoue, ce n’est pas aussi intriguant, le nom indique tout de même assez bien de quoi il est question !

Revenons à nos cupcakes… C’est la folie, en ce moment, ces petits gâteaux américains, une génoise toute simple surmontée de crème au beurre. Ne vous y trompez pas, il faut un sacré dose de talent pour les réussir, et obtenir une pâtisserie légère et savoureuse.

Un talent dont ne manque pas Leilani, dite Lani, dite Lei, dite Lani Mae, notre héroïne et pâtissière qui a ouvert une boutique consacrée au cupcake sous toutes ses formes sur une ile perdue au large de la Georgie.

Un talent que Lei a eu le temps de développer pendant son apprentissage, d’abord en Europe puis à New-York, auprès du célèbre chef Baxter Dunne, dont elle a été le bras droit avant de tout plaquer pour retrouver la nature, la mer, une vie plus saine, et le gout de la simplicité dans ses cupcakes.

Et si, en quittant New-York et Baxter, Lei y a laissé un petit bout de son cœur, eh bien tant pis. Il arrive un moment dans la vie de toute femme où il faut savoir admettre que votre amour restera sans retour et passer à autre chose… C’est une attitude qui me parle et que j’ai apprécié chez Lei, sa volonté de ne pas se morfondre dans un amour à sens unique, sa volonté de ne pas compromettre ses idéaux et ses ambitions.

Un seul petit souci dans ce plan bien rodé… Baxter a décidé de venir tourner sa nouvelle émission de cuisine dans la petite cuisine de Lei ! Comment réussir à oublier un homme qui a décidé de ne pas se laisser oublier ? Et surtout, pourquoi Baxter débarque-t-il, suivi de toute son équipe de production, dans le petit cocon tranquille de Sugarberry ?

Aha, vous voudriez bien en savoir plus n’est-ce pas ?

Eh bien non… Il vous faudra lire Baiser sucré et vous faire votre propre opinion !
(en même temps vous vous doutez qu'il n'y a pas là de grand mystère...)


J’ai bien aimé cette romance toute rose et douce, elle ne sera surement pas inoubliable mais j’ai trouvé Baxter touchant dans son comportement, sa volonté de récupérer Lei et sa façon de chercher à la comprendre. J’ai trouvé Lei attendrissante dans l’idée totalement erronée qu’elle se faisait de son ancienne vie et crédible dans sa manière de réajuster son regard et ses perspectives.

J’ai apprécié que tout ne se résolve pas d’un coup de baguette magique (même si ce n’est pas non plus le parcours du combattant, n’exagérons pas, nous sommes dans une romance !!!) et que, si ils font des compromis, aucun des deux ne renonce à ses ambitions pour l’autre (et surtout pas Lei, car avouons-le, c’est trop souvent la femme qui renonce à tout pour suivre son homme… Avez-vous vu le film 5 ans de réflexion –The five-year engagement avec Jason Segel et Emily Blunt ? Très bon film, très drôle mais pas trop cliché, très chouette histoire d’amour… Même problématique !). Mais je m’égare…

Je disais donc, Baiser sucré est une chouette romance mais sans plus, faite dans les règles de l’art bien qu'un peu longue à démarrer, avec des personnages principaux sympathiques (particulièrement le héros chouchou), quelques scènes sexy bien écrites, une ribambelle de personnages secondaires hauts en couleur et, comme il se doit, la promesse de plusieurs suites pour retrouver bientôt nos héros !

  
Bonne lecture,
Chi-Chi
  
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20 juillet 2012

Attachments - Attachement


Attachements est le premier livre de Rainbow Rowell. C’est l’histoire de Lincoln, Beth et Jennifer. Et c’est le livre dont je vous parle cette semaine, quelle surprise ! 

La première fois que j’ai rencontré Fashion, elle m’en a chanté les louanges. La première fois que j’ai rencontré Karine, elle a confirmé. Définitivement un livre sous le thème des premières rencontres... Quoi de mieux pour une histoire d'amour vous me direz ! Encore qu'ici, les premières rencontres soient pour le moins... étranges...  

Mais vous me connaissez, je n’écoute personne quand il s’agit de romance (tu parles, je suis over influencable, parlez moi de héros qui ressemblent à Hugh Jackman - ici plutôt Harrison Ford période Indiana Jones 1 - et je suis fichue)… Mais quand les avis commencent à se faire unanimes, je suis bien obligée de me rendre à l’évidence, il y a quelque chose à découvrir, ne serait-ce que pour ne pas mourir idiote ! 

Et puisqu’en prime, j’apprends que cette romance supposément trop bien va être éditée en français (sous le titre super original d’Attachement, sortie prévue pour le 24 aout 2012 chez Milady), il était temps de m’y mettre. 

Je disais donc… Lincoln a 28 ans, un job de nuit dans un journal et une vie plus ou moins en standby depuis que sa copine l’a quitté… il y a 9 ans ! 

Son job de nuit, qui répond au titre ronflant de « responsable de la sécurité informatique », veut surtout dire passer énormément de temps à jouer au solitaire, un peu de temps à surveiller du coin de l’œil l’équipe de geeks supposés programmer les ordinateurs pour éviter le bug de l’an 2000 (oui, car nous sommes en septembre 1999) et un tout petit peu de temps à lire les mails des employés, pour vérifier qu’ils ne font pas un usage abusif du matériel de la société. 

C’est comme cela que Lincoln commence à lire les mails que s’échangent Beth et Jennifer. Parce qu’elles utilisent des mots interdits, parce qu’elles envoient des mails comme une conversation, et parce que, s'il faisait son travail correctement, Lincoln devrait leur envoyer un avertissement leur intimant de cesser au plus vite ces agissements outrageants. 

Mais Lincoln s’ennuie profondément, et Beth et Jennifer le font rire. Alors il ne dit rien et continue à lire leurs mails… 

Le décor est planté. 

D’un coté, Lincoln, sa vie, son œuvre, et de l’autre, Beth et Jennifer et leurs nombreux échanges par mails. Et la vie qui passe, et les mois qui défilent, et l’influence que ces mails vont avoir sur la vie de Lincoln, et chacun qui grandit, petit à petit, à son rythme.

Pour moi, l’intérêt principal de ce roman réside en un seul mot. Lincoln. J’aime Lincoln. Pour une fois, c’est vraiment lui le personnage principal, et les deux filles sont des personnages secondaire ! J’ai tout compris de ses questions existentielles sur le début de la vie adulte, la difficulté de savoir où l’on veut aller, l’ennui profond du job alimentaire, la geekitude qui parait vous couper du monde et, petit à petit, cette sortie de sa chrysalide pour enfin s’épanouir. Lincoln est tout à fait le genre de gars auquel je peux m’identifier dans la vraie vie. 

Alors oui, il n’a rien de romantique. 

Il vit chez sa mère qui lui prépare son diner tous les jours, il a un job pourri, il ne sait pas ce qu’il veut, il joue à Donjons et Dragons le samedi soir. Il n’est pas du tout comme nos héros de romance habituels. Mais ce n’est pas grave, c’est un héros quand même. Un héros quotidien. Un de ceux qui sont presque transparents au début du livre, a tel point que je me suis demandé d’où venait l’emballement autour de ce livre. Mais aussi un de ceux qui se révèlent petit à petit et qui font que je tourne la dernière page à 2h du matin au lieu de dormir sagement dans les bras de Morphée… 

Le reste autour, ne m’a semblé être là que pour entourer Lincoln et lui permettre d’évoluer. Et pourtant, je dois bien reconnaitre que la magie prend et que c’est une lecture charmante, tendre et émouvante sans tomber dans la guimauve. En un mot, attachante. 

Un reproche, un seul. Comme avec Goodnight Tweetheart, j’ai regretté qu’il y ait aussi peu de moments où nos héros sont ensembles. Car oui, bien sur, il y aura de l’amour, des bons sentiments, des cœurs et des papillons. Mais pas seulement. Il y aura aussi des larmes, des ruptures et des déceptions… J’ai regretté de ne pas pouvoir voir évoluer le couple davantage et ne pas pouvoir m’attacher à eux ensembles et non pas seulement à chacun individuellement. 

Mais voila, dans ma grande magnanimité, j’ai décidé de pardonner cette minuscule toute petite lacune, et d’avouer, j’ai aimé. 


Bonne lecture, 
Chi-Chi 

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13 juillet 2012

Black ties and lullabies - Smoking & layette


Tout a commencé par une affaire de couverture. La couverture, en romance, c’est un vaste sujet dont nous vous reparlons régulièrement. Ce qu’il faut savoir, c’est que les éditeurs font rarement appel à un graphisme original, il existe en réalité des banques d’images où ils piochent ce qui leur convient, parfois un peu au petit bonheur la chance. C’est ainsi que l’on se retrouve parfois avec deux livres et une couverture presque identique. 

Comme ici, avec la VF de Black ties and lullabies de Jane Graves, dont la couverture ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Her best worst mistake de Sarah Mayberry ! Autant vous dire que je ne pouvais pas résister à un signe pareil, il fallait que je lise ce livre…

Et il le fallait d’autant plus que nous n’avons pas encore parlé ici d'un livre issu de la nouvelle collection romance lancée par Milady en mai dernier. La raison, très simple, vous la connaissez déjà, c’est que Tam-Tam et moi-même lisons essentiellement en VO à présent. Et pour être honnête avec vous, cela faisait un an tout pile que je n’avais pas lu de romance en VF (Passions captives ne compte pas, c'était trop affreux!!!). 

Mais rien ne m’arrête, j’ai lu Smoking et layette de Jane Graves, collection Central Park, chez Milady, en VF !

Je ne connaissais l’auteur que de réputation, des romances contemporaines légères, exactement mon état d’esprit du moment. Et autant de fans que de détracteurs, de quoi me donner envie de me faire ma propre idée. 

Bernadette « Bernie » est garde du corps (un métier assez peu commun pour une femme, vous en conviendrez), pour le compte de Jeremy Bridges, un millionnaire entrepreneur de l’internet. Et Bernie n’est pas réputée pour avoir sa langue dans sa poche. Autant vous dire que les manières de playboy décontracté et arrogant de M. Bridges, ses conquêtes à répétitions et sa manière déplorable de ne jamais rien prendre au sérieux, Bernie en a par-dessus la tête. Jusqu’au jour où toute cette animosité explose, dans une situation parfaitement cohérente en romance et qui n’arriverait jamais dans la vraie vie des gens réels, et Bernie se retrouve enceinte par accident. 

Pas besoin de vous faire un dessin, nous nous trouvons là dans le ressort classique du « de la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas »… 

Enceinte donc, Bernie est persuadée que Jeremy n’aura qu’une envie, échapper à ses responsabilités pour continuer à mener sa vie de golden boy. Grave erreur de jugement, les ennuis ne font que commencer, et contrairement aux espoirs de Bernie, Jeremy devient de plus en plus présent dans sa vie ! 

Inutile de vous en dire plus, c’est là aussi un schéma assez traditionnel en romance de bébé surprise et happy-end de rigueur. 

Quand à savoir ce que j’en ai pensé… Je suis mitigée, pour tout vous avouer. 

Les premiers chapitres sont un peu longs, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, les circonstances qui amènent nos héros à se rapprocher m’ont paru complètement tiré par les cheveux, et je n’y ai pas cru un instant. Après, quand on lit ce genre de choses, il faut être prêt à accorder une sacré marge de manœuvre à l’auteur pour nous faire accepter des choses complètement incroyables, et ce n’est pas notre chère SEP qui me contredira ! 

Donc, Bernie et Jeremy conçoivent un bébé. Soit. Admettons.

Comme si cela ne suffisait pas, Jeremy est un sombre crétin. Enfin pas tout le temps. Mais au début, sans l’ombre d’un doute ! Sans jouer dans la même catégorie que Regan, on peut dire que Mrs Graves a réussi à la perfection son personnage de playboy pourri gâté qui ne se soucie de rien en dehors de ses désirs personnels. 

Mais… Mais c’est justement le fait qu’il soit si pénible au début qui permet de mieux apprécier son évolution tout au long de l’histoire. Le héros en lui se révèle petit à petit pour laisser apparaitre un personnage plus sympathique que j’ai même fini par apprécier, et croyez-moi quand je vous dis que ce n’était pas du tout gagné ! 

Quand à Bernie, c’est une héroïne sympathique, elle a un métier original (la légende veut qu’elle sache comment tuer un homme avec un coton tige, + 27 points de charisme), des tonnes de responsabilités familiales, et finalement, un sacré cran pour gérer tout cela de main de maitre !

Après, l’histoire est un peu bancale, la trêve entre les deux vient par des moyens assez prévisibles (en tout cas je les ai vu venir à des kilomètres) et la traduction, puisqu’il faut en parler… Je ne suis pas très emballée par le langage utilisé. Rien d’aussi tragique que ce que j’ai pu voir ailleurs, mais le style est décidément familier, limite argotique par moments, et cela ne me fait vraiment pas rêver. 

Heureusement, tout cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment, même de rire franchement de quelques tours pendables que nos héros se jouent mutuellement et de lire cette histoire en quelques heures. Si Jane Graves n’est pas en danger immédiat de devenir une de mes références, Smoking et layette est une lecture agréable et légère… Une lecture de plage et de vacances, qui faut apprécier en laissant toute attente de réalisme ou de sérieux au placard ! 


Bonne lecture, 
Chi-Chi

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