Bicentenaire oblige, la scène littéraire a vu fleurir ces derniers moi un certains nombre d'austinerie. Entre le très merveilleux vlog "Lizzie Bennet Diaries" ou la collection Pemberley de chez Milady (dont le livre d'aujourd'hui est extrait), une adoratrice de cette "dear Jane" peut très bien respirer Jane Austen, dormir Jane Austen et manger Jane Austen tant les possibilités sont nombreuses.
Car les auteurs n'ont pas attendu le bicentenaire pour s'en donner à coeur joie. Chi-Chi en son temps vous a parlé de "Acting up", Duchess V a évoqué le polar "La mort s'invite à Pemberley" et pour ma part, je me rappelle avoir choisi et lu plusieurs livres parce que leurs titres portaient la mention "Mister Darcy".
Le virus est donc bien là. Et j'aime à me dire que c'est un bon virus. Car quand un livre, un film, une série nous donne envie de découvrir l’œuvre originale de l'auteur, c'est que la réadaptation (ou la fanfiction) a rempli son office. Non seulement elle nous a ravi le temps d'un livre, mais elle nous a ouvert des horizons plus beaux et chatoyants encore...
Il y a quelques années, c'est grâce à Clueless que j'ai eu envie de voir le film Emma qui m'a ensuite donné envie de lire le livre... Aujourd'hui, ce sont les LBD qui m'ont redonné envie de me plonger dans l'univers de Jane avec Mansfield Park (dont la lecture est en pause, mea culpa) et l'austinerie que je m’apprête à vous présenter :
Le journal de Mister Darcy d'Amanda Grange. Tout un programme!
Bien entendu, je ne saurais que vous conseiller de connaitre l'histoire originale avant. Non que le livre ne soit pas intéressant seul. Mais la double lecture est vraiment une partie intégrante de l'histoire et celle qui m'a vraiment tenue en haleine. En effet, à chaque nouvelle entrée du journal, on attend de découvrir Elizabeth au détour d'une phrase, on espère la mention de Jane.
Parce que la double lecture, c'est savoir ce qui va se passer "dans l'absolu", mais ne pas savoir comment Darcychou va le vivre. La double lecture, c'est savoir qu'Elizabeth va rejeter une première fois notre héros avant de réaliser sa grossière erreur et se mettre elle aussi à fantasmer sur une chemise mouillée... Mais qu'est ce que je raconte... La double lecture, c'est connaitre le point de vu de Lizzie, et enfin savoir ce qui se passe dans la tête du grave et noble Darcy.
Je sens que j'en perds certains. Je m'en vais donc annoncer que si vous
ne connaissez pas P&P, les paragraphes qui suivent vont contenir des
spoilers de cette histoire. Pour ceux qui n'auraient pas lu le
"Journal", promis, je ne spoile pas ce dernier... mais comme les deux
histoires sont liées................... Bref, revenons à Fitzwilliam!
Le format journal et cette histoire re-racontée à la première personne nous donne son point de vue sur l'histoire, sur Caroline, Bingley, Georgiana, Whickam, et bien entendu toute la famille Bennet! Bien évidement, on reste parfois loin de l'histoire d'Elizabeth, mais étrangement, j'ai trouvé intéressant d'en découvrir plus sur Bingley et ses soeurs.
Mais au delà de l'histoire, du point de vue de Darcy et du happy-end tant attendu, la prouesse de l'auteur est sans doute d'avoir toujours repris les lignes de l'auteur quand la scène s'y prêtait. Ce sont des clins d’œil, des références, comme autant de marques de respect envers Jane et son ouvrage.
Toutefois, l'auteur n'aura pas réussi à "sonner" comme Jane. Et si certains argueront que ce n'est finalement pas si mal, je regrette pour ma part de ne pas avoir pu me plonger dans le style fleuri au vocabulaire recherché de Jane Austen. Mais à quelque chose, malheur est bon, puisque cela rend finalement "Le journal de Mister Darcy" beaucoup plus accessible à la lecture.
Bonne lecture,
Tam-Tam