Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles

26 août 2013

Lady Vixen

Cet article est né dans la douleur et la frustration, dans l'agacement et les grognements de princesses. Car le pirate du jour est un old school.

Dans la romance old school il y a des livres comme les premiers tomes de la série Malory ou le Balzac romantique de Chi-Chi, qui en plus d'être représentatifs d'une époque, sont des romances qu'une lectrice du 21ème siècle pourra apprécier à sa juste valeur - si tant est qu'elle garde en tête que ces histoires contiennent des éléments caractéristiques du old school - mais quelque peu destabilisant pour une princesse moderne. Et puis il y a des livres comme Passions Captives

Loin de moi l'idée de déprécier la valeur de ce dernier, mais je ne peux nier les évidentes différences dans le traitement de l'histoire, dans la psyché des personnages, dans la dynamique des histoires d'amour rendant Passions Captives "indigeste" et faisant du Woodiwiss un must read de Chi-Chi.

Si bien que je ne peux résister à l'invention d'une nouvelle échelle. Point de Hugh Jackman ici, mais juste l'échelle de Sirena (et pour comprendre la référence, il va falloir aller lire la chronique ici).

Lady Vixen de Shirlee Busbee, publié en 1980, se situe quelque part non loin de Passions Captives, tellement près que le relire pour vous présenter cette chronique aujourd'hui, et se dévouer pour la cause de la romance et ses pirates, m'a demandé beaucoup de courage.

Pourtant, le pitch de l'histoire fait vraiment envie, voyez donc:

"Orpheline, Nicole Ashford s'enfuit de chez elle: tout, plutôt que subir les humiliations infligées par ses tuteurs. Déguisée en garçon, elle se présente dans une auberge. Le capitaine y recrute son nouvel équipage. Il la toise: bien jeune, bien fragile, ce mousse. Pourtant, il l'engage.
A bord de la Belle-Garce, Nick sillonne les océans, aborde dans des iles lointaines, repaires de dangereux pirates. L'aventure l'enchante: elle a conquis sa libreté.
Libre, certes... si ce n'est qu'elle partage la cabine du capitaine Saber. Normal pour un mousse. Mais Saber n'est pas dupe: il la rudoie, la provoque, se dénude devant elle. Elle rougit? Il se moque! Elle se met en colère? Il éclate de rire! Jusqu'au jour où il arrache les vêtements de Nick, fait vibrer ce corps satiné qui n'a jamais appartenu à personne..."

Traduisons le résumé:
Nicole a été élevée par des opportunistes qui veulent la marier de force pour profiter ad vitam eternam se sa grande fortune.
Travestie, elle prend la mer (comme dans la chanson) à bord du navire du pirate Saber (le nom pourri, le retour de la vengeance). 
Ce dernier est un vieux singe a qui on ne la fait pas. Il la met dans sa cabine parce que vraiment, il "sait" et entend bien en profiter (comprendre Saber est un homme avec des "besoins").
Et puis un jour... BAM!!

L'histoire va plus loin, il est question de la guerre de 1812 dans les Caraïbes, de deux hommes qui jouent à chat. L'un se battant pour la gloire du Royaume-Uni, l'autre se battant pour sa liberté (et son égo). Il est question de pirates, d'aventure, de batailles... Mais arrrhhhhhh!!!! Que j'ai pu detester cette histoire!

Je n'ai rien contre un auteur qui fait passer ses héros par un peu de douleurs avant le feu d'articice du happy-end. Mais ici, Shirlee est une sadique, qui a joué avec mes nerfs!

Christopher Saxon, aka Capitaine Saber, est un mâle alpha et monstre de sexualité débordante. C'est le genre de héros décrit comme un homme qui pourrait faire soupirer tout élément portant en lui une part de féminité, qu'elle soit femme, enfant, ou pierre, les transformant en guimauves sirupeuses animées d'un feu intérieur dévorant... Et bien entendu, comme c'est un homme, un vrai. Il le sait, il en profite, il en abuse et s'enorgueillit de son petit effet.

Sauf quand soudainement, Nick apparait dans sa vie et sur un malentendu, à l'insu de son plein gré, le rend tout faible de désir... Saber n'aime pas perdre son sang froid, et comme c'est un butor macho dans l'âme, il le lui fait payer.

Et c'est là que commence le sadisme de l'auteur. Pourquoi tant de haine? Quel est l’intérêt de ce conflit qui dure sur toute la longueur du livre? Cette absence totale de communication entre les personnages, et j'irai même plus loin, cette absence totale de confiance entre les personnages est fatiguante et a complétement empêché la moindre empathie de ma part. D'autant qu'ils ne résoudront pas leur problèmes avant la toute fin du livre, soit pratiquement 600 pages à vouloir les étrangler!

Nick non plus n'est pas en reste. Je veux dire, cette histoire de femme déguisée en homme. Je peux à la grande limite comprendre que cela puisse marcher tout au début, mais (attention spoilers) elle passe 5 ANS dans la piraterie. Sans parler de cette insistance à revenir vers un homme violent qui l'a molestée dès leur rencontre.

C'est pourtant un élément caractéristique du old school, issu d'une forme (perverse selon moi) de pudeur dans l'envie charnelle de cette époque. Vouloir, désirer et accueillir avec plaisir l'acte sexuel était "trop osé", à la limite de l'intolérable. Les auteurs contournaient alors cette pudibonderie par le viol (oui, la logique du siècle), car le "non" de la femme rendait alors l'acte acceptable. Le désir incommensurable qui les "embrase" rend leur résistance inutile à la passion. Mais mon cerveau est trop rationnel pour réussir à avaler la naissance d'un amour.

Ainsi, pour moi qui suis pourtant une lectrice aguerrie qui s’était préparée à la lecture d'un old school, j'ai souffert.
Et même si je sais que ce livre constitue pour certaines amatrices de romance un monument de la romance pirate, je ne peux pas, en mon âme et conscience, vous la recommander. La virilité de Saber ne rachètera rien, l'histoire de trame ne sera pas suffisante, et l’héroïne ne vous fera pas rire! Trop de old school, tue le old school!

 
Bon lundi,
Tam-Tam

PS: 1980, c'est pile dans le créneau imposé par Karine. Je peux donc faire de la lecture douloureuse de ce livre une participation aux Harlequinades Vintage!

PS2: je mérite une médaille pour ne pas avoir mentionné ce titre horrible (évocateur de trucs hyper scandaleux) qui fait pouffer le prince pas si charmant à chaque fois qu'il aperçoit le livre. Vraiment, une médaille!

Rendez-vous sur Hellocoton !

19 août 2013

Un cadeau empoisonné

Lundi est de retour, j'ai jeté l'encre et pris mon clavier et j'ai un thème à aborder (petit jeu de mot au passage, attention, je suis en forme!).

Les pirates, aujourd'hui, c'est en compagnie de Sara Winchester et Nathan Saint James que nous allons les étudier.

Dans "Un cadeau empoisonné" de Julie Garwood, nos héros se voient mariés par injonction du roi à l'âge canonique de 4 et 13 ans.
Pourquoi?

Parce que les Winchester et les Saint James nous la font un peu à la Montague et Capulet et que ça agace prodigieusement son Altesse Royale qui voudrait bien profiter de son royaume sans avoir à départager des querelles qui prennent du temps sur son cours de bilboquet et ses soirées de rami (oui, quelques jours avec les munchkins, ça vous change un vocabulaire) (pour celles qui se demanderaient, je suis nulle en bilboquet, mon pouce s'en souvient encore, et j'ai explosé le score de rami, oh yeah!)

Mais revenons en à Sara et Nathan qui grandissent dans leurs familles respectives et vaquent à leur occupations dans l'attente du jour où ils seront réunis... ou pas en fait.

Sara attend, parce que Sara est pure, naïve et pleine d'optimisme sur le monde. Mais sa famille n'est pas vraiment décidée à la laisser partir, et avec elle, à céder des terres fertiles qui valent une fortune aux mains d'un Saint James...

Nathan, de son côté, a essayé d'être réglo, mais les Winchester ne souhaitant pas jouer le jeu, il a été poussé dans ses retranchements et a donc décidé d'enlever la donzelle au giron protecteur (et quelque peu malsain) de sa douce (et cruelle) famille (de barrés).

Les voilà donc tout deux en mer, à bord d'un navire, essayant tant bien que mal de "communiquer". Car soyons clair, la communication n'est jamais un point fort chez le héros (fille ou garçon) de romance. Vous pensez bien, ce serait trop simple, et l'histoire se finirait en une conversation!

Mais Sara et Nathan essayent. Ce qui est tout à leur honneur. Mais c'était sans compter sur la gourditude et la quichauderie de Sara. Car quand je parlais plus haut de naïveté et d'optimisme, ce que je voulais dire en fait, c'est que la jeune fille a été élevée dans une bulle arc-en-ciel de petits poneys à paillettes, le tout baignant dans une mer de moelleux petits cœurs roses irisés... Autant dire que la "vraie vie des gens normaux", Sara ne connait pas. Et son voyage sur le navire de Nathan, c'est un peu comme si elle se retrouvait projetée dans l'émission "Seul face à la nature" (Man vs. Wild) et où Nathan serait Bear Grylls qui lui expliquerait ce qu'elle doit faire pour survivre (ce que je ne préciserai pas ici, parce que la maîtresse de l'étiquette me sauterait dessus sans préavis, et je finirais privée de romance) (oui, ici, on ne prive pas de dessert, on fait PIRE!)

En résumé, Sara n'est pas vraiment taillée pour la mer : elle est maladroite, gauche, gourde et quiche à ses heures, manque de jugeote, peut se montrer un tantinet agaçante et par dessus tout TSTL (je vous renvoie à l'explication de Chi-Chi sur le sujet). J'en veux pour preuve les diverses catastrophes qui surviennent sur son passage. "Là où l'ombrelle passe, le marin trépasse", cette phrase, somme toute obscure dans sa signification, devrait prendre tout son sens une fois la lecture du livre faite!

Alors comment se fait-il que je n'ai pas jeté violemment mon livre contre le mur en poussant un grognement (très digne et plein d'élégance) et que j'en suis au stade où je vous recommande le-dit livre?

Parce que Sara arrive à supplanter son statut de TSTL (elle a frôlé la frontière de l’agacement ultime pendant ma lecture) et se rendre finalement hilarante au yeux de la lectrice avertie. 

Et puis toutes ces tentatives pour se racheter aux yeux de l'équipage, ces efforts qu'elle fait pour s'adapter à l’environnement, et enfin, son infaillible optimisme la rendent hyper attachante et font d'elle un personnage très positif dans son évolution et finalement parfait pour Nathan.

Nathan qui est un héros magnifique, régalien, macho, tout puissant.... patient! Et qui avait finalement besoin du grain de sable Sara pour retrouver le goût des choses et comprendre le sens général de la vie (envolées lyriques Tam-Tam? Oui, j'aime bien Nathan, et il a beaucoup de mérite).

Et les pirates dans tout ça?
Ce serait spoiler... Mais disons qu'il est question d'un certain Pagan le pirate, mais que l'histoire de ce dernier passe au second plan dans l'histoire. Sachez seulement que vous aimerez beaucoup Pagan. Voilà... Faudra vous débrouiller avec cela!

Avant de vous laisser, j'ai une dernière chose à partager. Je vous ai beaucoup parlé de Sara, de son côté TSTL irritant, et j'ai passé sous silence le côté overmacho tout aussi pénible du héros.

Parce que soyons honnête, un héros qui pense avoir tout le temps raison, c'est contrariant et cela peut faire naître des pulsions violente chez la plus douce des lectrices.
D’où cette interrogation: pourquoi ai-je été beaucoup plus facilement agacée par les travers de l’héroïne, alors que j'ai pardonné en un clin d’œil au héros d'être un tantinet butor par moment?

Après étude approfondie, je me demande même ce qui dans l'écriture de l'auteur, a permis la transformation logique et cohérente de Sara? Comment l'auteur a-t-elle réussi à me vendre le passage du TSTL à la Sara de la fin (je ne donnerai pas de détails, spoilers!)?

Aurais-je branché mon cerveau sur le mode "old school" qui me  permet d'encaisser certaines tendances caractéristiques de cette époque sans avoir les cheveux qui se dressent sur la tête (quand bien même, Garwood ne soit pas vraiment une old school)? Certains disent que la lecture d'un Garwood ne peut engendrer que 2 sortes de réactions: soit on adore le côté "over the top"/excessifs des héros, soit on déteste. C'est un peu comme la Marmite...

Il ne me reste plus qu'à m'en remettre à votre bon jugement...

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

PS: la première parution datant de 1991, et la couverture suintant le kitch à plein nez, ce livre fera aussi partie des Harlequinades Vintage de Karine...
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

12 août 2013

Lady Pirate

Il n’y a pas que L’île au trésor qui est classée en littérature générale.

Lady Pirate n’est pas classée en romance et c’est une histoire divisée en 2 tomes, Les valets du roi et La parade des ombres. De quoi donc vous occuper au moins le temps d’un weekend à l’ombre d’un parasol en compagnie de votre poison préféré - café/thé/rosé, rayer la mention inutile.

Mireille Calmel nous raconte ici la destinée de Mary.

A l’aube de notre histoire, Mary se voit contrainte par sa mère Cecily à se faire passer pour un garçon. Alors âgée de 7 ans, elle ne comprend pas vraiment la raison de ce choix maternel, mais cela semble faire plaisir à sa chère maman qui a bien du tourment depuis qu’elle est seule.

D’abord mariée au fils d’un riche armateur Londonien, John Reed, puis éprise d’un marin… Cecily se retrouve désertée et sans ressource et a alors l’idée de faire passer Mary pour le défunt fils de son défunt mari.

C’est ainsi que Mary Jane devient Mary Oliver et grandit dans la supercherie. Mais si au départ cette mascarade l’a intriguée, elle s’est vite prêté au jeu en découvrant la liberté et la quantité de choses qu’elle pouvait faire sous les traits d’un garçon !


Education littéraire et maîtres d’escrimes, leçons d’étiquette. La jeune Mary est éduquée pour devenir un gentilhomme sous la houlette de la riche et puissante grand-mère (qui ne veut cependant pas entendre parler de Cecily, qu’elle tient pour responsable de la mort de son fils).

Mais une série d’évènements (parmi lesquelles on trouve la mort de sa mère, la puberté et une chasse au trésor) la poussent à tout quitter.

Après une rencontre avec la sulfureuse Emma de Mortefontaine, elle reprend la fuite, « s’engage à bord d’un vaisseau » (pour reprendre les paroles de la désormais célèbre chanson) et quitte les îles britanniques.

Les aventures de Mary Read vont la pousser loin. Elle va faire de nombreuses rencontres : le Capitaine Forbin, Corneille, son fidèle lieutenant, et Niklaus Olgersen, le fringant Maréchal des Logis.

Et elle va connaitre son lot d’aventures, de joies et de peines.


Car sous les traits d’un garçon, et profitant de la crédulité de la quasi-totalité de la population, elle va partir à la guerre, naviguer sur les océans, tuer, se battre mais aussi aimer, haïr et jurer vengeance.

Je n’ai pas envie de vous dévoiler qui sera le grand amour de Mary, même si vous imaginez bien qu’il se trouve dans les 3 hommes cités un peu plus haut. A leur manière, ils font écho à un aspect de la personnalité aux mille facettes de notre héroïne et, si j’ai bien mon chouchou (pour des raisons qui me sont complètement personnelles), vous douterez, vous fondrez, vous frémirez et vous enragerez.

Ce livre n’est pas une romance conventionnelle. La trame se concentre trop sur Mary et sa quête (là encore je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler) pour que la romance soit la focalisation première de notre lecture. Mais amour il y aura. Et pirate aussi !

Oui, parce que c’est quand même le thème. Et donc, dans un souci de transparence, je vous annonce quelques spoilers à suivre dans l’étude approfondie du pirate sexy.

Enfin, quand je dis pirate, je parle de marin au sens plus large. Parce qu’en l’an de grâce 1696, existaient une « race particulière » de pourfendeurs des mers : les corsaires !

Et parce que la chaleur m’a rendue un peu feignasse sur les bords, j’ai décidé que tout le monde serait un pirate, et que je traiterai les marins sexy de ce livre comme des pirates. En plus, le livre d’appelle quand même « Lady Pirate », donc ce n’est pas comme si une partie de l’histoire n'était pas fondée sur le concept de la piraterie.

Donc après étude, le pirate est :

Beau :

Globalement, les trois hommes de Mary sont beaux à leur manière.
Forbin est magnifique et régalien. Le macho dans l’âme, le charmeur et séducteur au sourire irrésistible
Corneille est d’une beauté discrète. Il a perdu un bras, donc il doit savoir qu’il ne peut rivaliser avec le charme brut. Il fait dans la subtilité, l’écoute, la patience…
Niklaus est courageux et loyal (un peu comme Lassie, oui). Géant blond, il est de ces hommes que l’on suit avec confiance dans les pires situations, il commande les hommes, il inspire la confiance et le respect.

Séducteur et charmeur :
Oui, parce que faire fondre la jeune Mary Read, qui n’a d’yeux que pour la quête de son trésor, cela demande du talent, de la persistance et de la volonté.

Sexy :
Oui, même Corneille. Il m’a fait fondre. Ce qui était moins gagné qu’avec les deux autres.

Et la piraterie dans l’histoire ?
Nous avons un trésor, deux parties qui se le disputent, une course autour du monde pour le récupérer, des combats… Je ne sais pas ce qu’il vous faut d’autre ?
En savoir un peu plus sur l’héroïne sans doute…

Mary Read est une héroïne de littérature qui emprunte beaucoup de choses aux clichés de la romance :
Elle est une femme habillée en homme.
Elle est dotée d’un caractère qui en fait de ces héroïnes de la trempe d’Angélique. Elle fait « face à son destin ».
Elle est envoutante pour les hommes (et les femmes) qui croisent sa route
Elle se fait des ennemis puissants mais trouve toujours sa force dans l’adversité de la situation.
Elle est guerrière et maitresse, mère et amante, amie et furie.

Même lorsque vous aurez envie de la secouer, vous ne pourrez qu’apprécier sa force et sa volonté. Et puis sinon, le roman ne manque pas de héros yummy !
 

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

26 juillet 2013

Once upon a tower - On nous ment encore!

Parlons publicité mensongère de nouveau ! Pour un livre qui pourtant est bon, Once upon a tower, le dernier Eloisa James. Bon, mais qui nous ment.
 
Dans la tradition de ce qu’a fait T., je vous présente le synopsis :
 
To win her love...
As an extremely wealthy laird, Gowan Stoughton, Duke of Kinross, can have any of the maidens at the ball he attends. The only problem is they are all English and Gowan is not so certain they are suitable. He is accustomed to the hard-working lasses from his Highlands, not these dainty noblewomen who spend their days drinking tea or some other such nonsense. But then he makes the acquaintance of Lady Edith Gilchrist. Utterly bewitched by the emerald-eyed beauty with lush golden locks, he knows he must have her.

He must free her from her tower...
"Edie" had the misfortune of being dreadfully ill at her debut ball and barely remembers what Gowan looks like. Even worse, she accepted his proposal the following day. Edie's only true passion is playing music—until Gowan writes a scandalous letter and stirs the most irresistible desire. Yet when they marry, Edie realizes her husband needs a lesson and locks herself in a tower. Somehow Gowan must find a way to enter the tower and convince his new bride that she belongs in his arms.

 
Pour gagner son amour…
Gowan est le très riche et écossais Duc de Kinross, et il n’a que l’embarras du choix en ce qui concerne ces demoiselles. Le seul problème est qu’elles sont toutes anglaises, et Gowan n’est pas certain que ce soit acceptable. Il est habitué aux jeunes filles sérieuses et travailleuses de ses Highlands natales, et non pas à ces nobles délicates qui passent leurs journées à boire du thé ou autre activité tout aussi inutile. Mais il rencontre Lady Edith Gilchrist. Envouté par cette beauté aux yeux d’émeraude et aux boucles d’or, elle doit lui appartenir.

Il devra la délivrer de sa tour…
« Edie » a le malheur d’être terriblement malade le soir de son bal des débutantes, et se souvient à peine de ce à quoi ressemble Gowan. Pire, elle accepte sa demande en mariage dès le lendemain. La seule vraie passion d’Edie est la musique, jusqu’à ce que Gowan lui écrive une lettre scandaleuse qui éveille en elle un désir nouveau. Mais, quand ils se marient, Edie réalise que son époux a besoin d’être éduqué, et elle s’enferme dans une tour. Gowan devra, d’une manière ou d’une autre, trouver le moyen d’accéder à cette tour et de convaincre sa jeune épouse que sa place est bien entre ses bras.
 
Voilà un résumé qui laisse penser à un mariage rapide, et une histoire qui se développe avec les personnages chacun de leur côté, apprenant à se connaitre et à s’apprivoiser sans que l’aspect physique ne vienne interférer. Cela laisse penser que Gowan, fasciné par son épouse, va prendre en charge la séduction d’Edie. Cela laisse penser qu’Edie est pleine d’assurance, qu’elle sait ce qu’elle attend de son mariage (qu’elle aurait choisi) et qu’elle utilise la tour pour imprimer sa marque sur ce nouveau mariage.
 
Je crie au scandale.
 
Rien que dans la 4ème de couverture, il y a des erreurs.
 
Edie n’accepte pas la demande en mariage, c’est son père qui l’accepte pour elle sans même la consulter avant. Gowan n’écrit pas une lettre à Edie, il répond à une lettre qu’elle lui a envoyée avant.
 
Quant au reste ? L’entente entre Gowan et Edie est immédiate (pas le soir du premier bal, où elle est malade, mais dès la seconde rencontre), à tel point qu’ils décident d’un commun accord de raccourcir leurs fiançailles pour profiter plus vite de leur vie maritale. Sauf que le mariage arrive finalement assez tard dans le livre, presque au tiers. Mariage suivi par un LONG voyage de Londres vers l’Ecosse qui prend plusieurs chapitres où ils arrivent à la moitié du livre. Puis une succession d’évènements divers qui retardent encore la progression des choses. Parce que, en lisant, je n’attendais qu’une chose : mais quand Edie va-t-elle donc s’enfermer dans sa tour ? Et pourquoi, alors que les choses semblent plutôt bien se passer entre elle et Gowan ?
 
Quand le fameux « enfermement » arrive enfin, il ne ressemble en rien à ce qui nous a été annoncé. Il reste alors à peine une centaine de pages au livre, Edie y reste quelques jours (moins d'une semaine) et tout le monde peut entrer sauf notre héros, à qui la porte restera fermée… une soirée ! Soirée bien trop longue à son gout, mais il s’agirait de remettre les choses en perspective !
 
Alors voilà. Voilà comment un excellent livre (car oui, c’est un excellent livre, qui explore des thématiques trop peu abordées en romance, comme ce qui se passe lorsque l'accomplissement du devoir conjugal se passe mal. Mais vraiment mal. Ou lorsque ce devoir n'est pas couronné d'un héritier. Ou lorsque chacun va chercher son bonheur ailleurs, dans les bras d'un autre ou au fond d'une bouteille. Vous vous en doutez, toutes ces problématiques ne touchent pas les héros mais elles sont présentes, et intéressantes), je disais donc un excellent livre peut décevoir par le simple fait d’une 4ème de couverture terriblement mal calibrée.
 
Alors je suis frustrée, car Once upon a tower est le dernier Eloisa James, adapté d'un mélange de Roméo et Juliette (que je n'aime pas) et de Raiponce (dont j'aime le dessin animé - moins le vrai conte qui est bien plus cruel), que j’aime Eloisa, que j’aime surtout sa série sur les contes de fées, que When Beauty tamed the Beast reste encore et toujours un de mes chouchous absolus, et car je n’ai pas eu la romance que l’on m’avait promise.
 
Je n’ai pas eu ce que l’on m’a vendu. J’ai eu une romance digne d’Eloisa, avec un héros émouvant, qui se donne beaucoup de mal pour reconquérir son héroïne, mais hélas un héros qui s’est également conduit comme un goujat et qui mérite que son héroïne lui ferme la porte ! J’ai eu une héroïne qui s’affirme au fur et à mesure que l’histoire avance mais qui n’est pas du tout la jeune femme audacieuse et un peu rebelle que l’on m’avait laissé sous-entendre.
 
J’ai eu un livre où aucune mention n’avait été faite des histoires secondaires, pourtant bien présentes et ayant un impact très fort sur le comportement de nos héros. La présence de la belle-mère d’Edie, de son père, de la sœur de Gowan, d’un secrétaire trop zélé, va avoir un poids considérable sur les relations qui se lient et rien ne m’y avait préparé.
 
Malgré la publicité mensongère, j’ai donc eu un livre touchant, mordant et drôle dans le plus pur style de l’auteur, que je vous conseille évidemment (et je ne doute pas que la traduction soit en route, maintenant que le mouvement a été lancé) !
 
Comme quoi, l’erreur de casting n’est pas toujours signe de mauvais livre. Juste signe d’une erreur de marketing peut-être ? 
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

22 juillet 2013

How to romance a rake

Il y a des matins pourris où se réveiller est un effort qui demande toute l’énergie dont nous sommes capables. Que ce soit parce que il n’y a plus de café/thé/chicorée dans le placard, ou parce que votre pull préféré porte le souvenir de la sauce bolognaise de la veille, ces matins sont horribles.

Fort heureusement, il n’y a pas de fatalité dans ces matins là. Car il suffit d’une chose pour vous amener le sourire aux lèvres et illuminer votre journée.

J’ai vécu un de ces matins fin juin. Je me suis réveillée, il pleuvait. J’ai tiré ma carcasse hors du confort de mon lit, et il n’y avait plus de céréales. Et laissez moi vous dire qu’une princesse en hypoglycémie ce n’est pas beau à voir. Ce n’est pas encore le stade Gremlins, mais on n’est pas loin.

Mais en revenant du supermarché local (le majordome était en vacances) avec ma boite de corn-flakes, j’ai ouvert ma boîte aux lettres… et j’y ai trouvé... un colis amazon !

Alors c’était peut-être le manque de sucres dans mon système, ou de la sénilité précoce, mais en observant ce paquet, j’ai pris conscience que je n’avais aucun souvenir d’un achat…

Prise d’une excitation soudaine, je suis rentrée précipitamment, j’ai presque jeté mes céréales dans la cuisine et me suis concentrée sur le colis.

J’ai trouvé à l’intérieur ‘’How to romance a rake’’, une romance régence de Manda Collins. Et le nom de ma bénéfactrice : Pirouette !

Ce qu’il faut savoir à propos de Pirouette, c'est qu’elle est très difficile en matière de romance historique, voire impossible à satisfaire. Si bien qu’elle reste souvent une lectrice fidèle des contemporains de tous poils, et nous laisse le soin de faire vivre la planète historique sans elle.

Alors recevoir une régence de sa part, c’était à la fois adorable et l'assurance d’une romance de qualité exceptionnelle.

Et je n’ai pas été déçue, voyez donc…

How to romance a rake est le second opus de la série des ‘’Ugly Ducklings’’ (les vilains petits canards, en français) qui raconte l’histoire de trois cousines. Notre opus du jour se concentre sur Juliet Shelby, de prime abord bien sous tous rapports, charmante, séduisante… mais affublée d’un boitement qui la rend invisible aux meilleurs partis du marché et la cible de moqueries de la part des pestes en tout genre qui peuplent les bals londoniens.

Et c’est dans un salon de musique, à l’occasion d’un de ces bals, que notre histoire commence.

Fatiguée par la foule, Juliet s’est réfugiée là en espérant sans doute pouvoir profiter de quelques instants de quiétude en compagnie de son instrument fétiche. 
C’était sans compter sur l’arrivée des deux pestes en chef de la saison.

Juliet a juste le temps de se cacher derrière un paravent avant d'assister à une conversation dont elle est le sujet… malheureusement. Nos deux pestes dissertent allègrement sur les différents défauts dont sont affublés notre héroïne et ses cousines. Et bien entendu, elles sont loin d’être délicates sur le sujet (opération hippopotame dans un magasin de porcelaine, ON!).

Juliet se demande combien de temps la torture va encore durer quand le Vicomte Alec Deveril, hôte de la soirée, fait son apparition dans la pièce et abrège la souffrance de notre jeune éclopée.

Mais alors que Juliet pensait s’en sortir sa dignité intacte, Alec l’invite à sortir de sa cachette, révélant ainsi sa connaissance totale de la situation…


Fort heureusement, notre héros est un homme bien, qui a passé sa vie à tenter de racheter la réputation catastrophique que sa famille avait par le passé dans la bonne société, et il réconforte Juliet comme il peut.

De cette rencontre nait une amitié… etc (sous entendre, il se marièrent et eurent plein de spendides enfants aux joues roses). Mais qu'importe la destination en romance, c'est le chemin emprunté qui importe. Et le chemin ici, c'est le paradis!

J’ai dévoré cette régence en moins de 24h. Entre l’histoire absolument délicieuse et les personnages sweet à souhait, je n’ai pas pu m’arrêter.

Juliet est criante de vérité avec ses insécurités, sa mère absolument horrible, qui veut la marier (de force) à un déplaisant lord, son père absent, trop occupé par sa carrière de diplomate, et le mystère entourant son infirmité.

Quant à Alec, il a beau être un rake, séduisant, charmeur et irrésistible, il a lui aussi beaucoup à faire avec son passé familial : une mère dépressive, un père sans aucun respect pour la gente féminine (qui quand elle dit non, veut dire oui…) ou pour le travail des autres (payer les artisans ? vraiment ?). Ce qui a laissé Alec avec un profond sens du devoir, et quelques problèmes de confiance…

C’est le grand pouvoir de ce livre, un mix d’humour, de personnages attachants et beaucoup de cohérence dans leur histoire.

Et ce moment de swoonage intense, je le dois à Pirouette… Un grand MERCI !!!
 

Je m’en vais à présent rattraper mon retard de lecture des livres de cette auteur.
 
 


Bonne lecture,
Tam-Tam

 
Rendez-vous sur Hellocoton !

1 juillet 2013

Episode 3 et fin: Sans orgueil ni préjugés

Résumé des épisodes précédents : les synopsis vous mentent !
 
Que l'on cherche un livre aux allures de vieux Harlequin old school, un nerd au potentiel de sexitude sous exploité ou que l'on ai envie de se plonger dans une régence aux évocations du monde de Jane Austen... 

On nous ment (on nous spolie, et je n'appelle pas à la révolution, promis) et depuis deux semaines, en passant un peu ma frustration, je vous fais rire en vous racontant ce que je cherchais dans mes lectures et ce que j'y ai trouvé.

Le livre d'aujourd'hui est un historique, récent et français. Sans orgueil ni préjugés de Cassandra O'Donnell est le premier tome de la série des sœurs Chabrey et il nous conte l'histoire de Malcolm et Morganna.

Sans plus attendre passons au synopsis :
Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Elle préfère son indépendance et les sciences, passion qu’elle dissimule derrière une prétendue maladie, loin des regards courroucés de la bonne société. Lorsqu’elle apprend que le manuscrit de sa sœur a été refusé par un éditeur méprisant l’intellect féminin, Morgana décide d’aller confronter ce personnage cynique et détestable. Si ce dernier pense pouvoir confondre la demoiselle à coups de reparties cinglantes et de sourires enjôleurs, il ne sait pas encore à qui il a affaire…

A la lecture de ce dernier, la lectrice de romance se dit que 1) elle va avoir le droit à une romance historique pleine d'humour avec 2) un personnage féminin au caractère bien trempé et 3) un héros qui a besoin urgemment de se faire remettre à sa place. 

Une lecture dans la lignée des Lisa Kleypas, Julia Quinn et autres Eloisa James. C'est à dire une régence moderne, avec une dose suffisante d'anachronisme(s) dans le caractère des personnages pour que l'humour soit au rendez-vous...

Pour ne pas risquer une nouvelle déconvenue, j'avais même lu plein de chroniques hyper enthousiastes et loin de moi l'idée de dire que le livre est mauvais, mais il ne correspond juste pas à ce que j'attendais.

Pourquoi donc?
Parce que ce livre n'est pas aussi moderne qu'il veut se vendre. Pour étayer mon argumentation, il va me falloir faire un petit bond dans le temps, et revenir aux décennies précédentes. 

La romance, dixit Chi-Chi (qui a joué le rôle aujourd'hui de mon wikipanion perso), trouve ses premiers balbutiements chez nos amis les Grecs du 3ème et 4ème siècle, il y a donc très très longtemps (dans une galaxie très très lointaine...)(non, je m'égare), ce qui lui a bien laissé le temps d'évoluer. 

Cependant, la romance telle que nous la connaissons remonte aux années 70 (à la louche). C'était alors le règne de ce que l'on qualifie de "old-school", où le héros était macho et dominateur, l’héroïne était belle, fragile et plutôt sans défense et où la pâmoison et le butor étaient rois dans les traductions.

Les experts s'accordent à dire que le virage entre le old-school et la romance moderne s'est fait autour d'un roman, AKISA (A Knight In Shinning Armor, en français, Vint un chevalier) de Jude Deveraux. 

La romance, dite moderne, pris alors son envol dans les années 80 (bonjour mulet et épaulettes) avant de s'installer comme la dominante dans les années 90 où les héros étaient certes toujours masculins, mais où ils écoutaient aussi leur douce qui n'était plus sans défense, qui avait un avis et même parfois raison (miracle!).

La romance moderne, aurait ainsi suivi les modifications des aspirations des femmes, et les héroïnes ont repris le contrôle des romances tandis que nos mères prenaient le contrôle de leurs vies (pour faire dans le schématique).

Sans orgueil ni préjugés se veut une romance moderne. Son héroïne y est férue de sciences, souhaite mener sa barque et veut faire fi des conventions. Son héros se veut de la trempe des machos qui ont juste besoin de LA femme qui saura leur faire entendre la voix de la sagesse. Ce que j'applaudis à gorge palpitante. 

Sauf quand la lecture me révèle du old-school qui n'était absolument pas dans le contrat!

Certes, notre héroïne est toujours aussi passionnée de sciences, sauf qu'il lui suffit de voir le héros pour 1) le détester (vous me direz qu'étant donné son attitude c'est tout à fait normal) comme le butor qu'il est et 2) ne pas lui résister (parce que des choses physiques se passent en elle et qu'elle ne peut maitriser le désir qui déferle). Et cela, mes amies, c'est clairement du cliché old-school où on pourrait presque dire que la jeune Morganna n'a pas le cerveau nécessaire pour dire non et résister.

Et le héros dans l'histoire? Il est de la même trempe. 

Deuxième rencontre, l’héroïne lui tient tête... le désir l'assaille, et hop, je t'embrasse pour te punir ! Et s'il y a bien un trait qui est propre au old-school c'est celui-là. L’hégémonie masculine sur la femme, cette dernière qui dit non mais qui veut dire oui. On forcit un peu les trait et BAM ! Passions Captives ! (pour celles qui n'auraient pas lu l'article, allez donc rire!)

Comme je suis têtue, j'ai continué ma lecture au-delà de la deuxième rencontre. Mais l'intrigue est fainéante. Résoudre tous les problèmes de communication à coup de désir irrépressible, c'est très difficile à croire. 

D'ailleurs revenons à ce désir débordant. La régence en romance est un genre qui s'appuie sur une série d'anachronismes pour nous vendre du rêve. On croit au mariage d'amour dans une société qui fonctionnait sur les mariages d’intérêts et de convenances, on avale en souriant l'improbabilité des situations où les héros se laissent aller à leurs hormones avant le passage devant Monsieur le curé/pasteur/capitaine de bateau. 

Mais notre désir d'y croire s’arrête quand le bouchon a été poussé trop loin (et ce n'est pas Maurice qui me dira le contraire). C'est pour cela que dans ce livre précisement, cela va au delà de la crédibilité historique et touche la crédibilité littéraire de base. 

Je m'explique et je vous plante le décor. Morganna et sa sœur arrivent à Londres, se rendent chez Malcolm, lord et éditeur, pour protester quant au refus d'éditer le roman de la jeune soeur. Notre héros se montre arrogant et répond qu'il a ses raisons (comprendre, il a un gogo-gadget-o-p*****, et on ne peut pas comprendre). 

Le même jour, Malcolm se rend au domicile des Chabrey, et au lieu d'attendre d'être introduit par le majordome, il force le passage. S'en suit une discussion qu'on pourrait fort aisément qualifiée de houleuse, conclue par un baiser du monsieur à la demoiselle.

Ainsi, si on me vend un historique, je vais avoir du mal à croire qu'un lord à la réputation correcte (comprendre qu'il n'est pas connu pour visiter les chambres des domestiques de toutes les demeures dans lesquelles il est invité) va soudainement forcer l'entrée d'une maison où il n'a jamais été reçu pour ensuite embrasser la personne qui aura consentie à le recevoir, et ce, malgré la scandaleuse enfreinte à l'étiquette. 

Quand cette scène arrive autour de la page 50, il y a de quoi être refroidie.

Alors que l'auteure elle-même dit qu'elle a cherché à créer une ambiance désuète avec un langage que n'utilisent pas les anglo-saxons et que la romance offrait une plus grande liberté car il n'y a pas de vérité historique. 

Oui, lire un historique ne veut pas dire lire une biographie sur la vie de la femme au Second Empire, ni les mémoires d'un moine franciscain à la Renaissance. Mais il existe une limite à notre capacité à "gober" les anachronismes. Et certes, on peut s'amuser en romance, mais de là à mélanger les genres comme cela, j'ai juste la sensation qu'on me prend pour une (ravissante) idiote qui ne saura pas voir la différence. Ainsi, la régence, c'est une dose nécessaire de conventions et de règles que l'auteur peut choisir de "tordre" avec talent.

Enfin, je finirai sur une dernière réflexion : si cette même scène était adaptée dans un contemporain, je crois que je tiquerais tout autant, parce qu'un homme qui embrasse pour faire taire parce qu'il ne sait résister au désir qui monte en lui la deuxième fois qu'il me voit, je lui envoie mon genoux dans... bref, vous savez où!
Comme quoi, certaines conventions traversent les époques.

 
Bon Lundi,
Tam-Tam
Rendez-vous sur Hellocoton !

28 juin 2013

The Duke's tattoo

Voici encore un livre repéré sur Goodreads, ce temple de la tentation et le pire ennemi de mon budget. 

Le titre à lui tout seul m’a intriguée : The duke’s tattoo, Four horseman of the apocalypse 1
Le tatouage du Duc, Les quatre cavaliers de l’apocalypse 1
 
Jusque-là, rien que de très classique. 

Mais le sous-titre promettait quelque chose de plus drôle :
A regency novel of love and revenge, though not in that order, by Miranda Davis.
Une régence à propos d’amour et de vengeance, mais pas dans cet ordre-là.
 
Nettement plus intriguant ! (pas tellement la promesse de vengeance, mais l'humour qui pointe sur la formulation et qui change agréablement des promesses de drames, mélo et autres sentiments intenses et passionnés qui me fatiguent plus qu'autre chose - ce n'est jamais aussi bon que ce que l'on nous promet - autant ne pas faire de publicité mensongère et les hippopotames seront bien gardés !!!)
 
Pitchons donc :
Miss Prudence Haversham est pharmacienne à Bath. Depuis  10 ans, elle rumine sa vengeance contre le Duc d’Ainsworth, qui l’a compromise alors qu’elle avait à peine 16 ans, la condamnant à une vie en marge de la bonne société où elle est née. Et quand je dis rumine, je veux dire que Prudence a prévu un plan diabolique impliquant un enlèvement, une drogue puissante, un artiste tatoueur chinois et un dessin grivois. Un plan tout ce qu’il y a de plus simple, mais qu’elle ne comptait jamais mettre en œuvre. Jusqu’au soir fatidique où, en visite à Londres, son personnel de maison un peu trop zélé débarque dans son salon avec un Duc drogué sur l’épaule. Emportée (pas par la foule mais par l’émotion), le plan est rondement mené. Sauf que…
 
Sauf qu’il y a eu erreur sur l’identité et que le Duc en question, qui répond pourtant bien au nom d’Ainsworth, n’est pas l’homme dont Prudence se souvient !
 
Fort embarrassée de s'en rendre compte seulement après avoir mené à bien sa vengeance, celle-ci abandonne donc notre homme sur un banc et s’en retourne à ses petites affaires, à Bath. Puis, elle croise très fort les doigts pour que le Duc ne découvre jamais qui est responsable pour le tatouage qui décore désormais une partie fort délicate de son anatomie. Oui oui, vous avez bien compris, non contente de tatouer des hommes inconscients, Miss Prudence Haversham choisit ses emplacements avec un aplomb que n'aurait pas désavoué le plus hard-core de nos bad-boys tatoués, pour les décorer de dessins colorés à des endroits forts improbables. Souffrir par là où on a pêché, tout ça tout ça…
 
Je vous laisse imagine le bonheur du Duc quand il se réveille avec une sacré gueule de bois le lendemain matin, rasé de près là où il n’est pas supposé l’être et avec cette nouvelle décoration… pour le moins embarrassante ! 

Maintenant que Prudence a eu sa vengeance, c'est donc au tour du Duc. Et dans tout cela, pour l'amour, on verra plus tard !
 
Cette histoire m’a fait rire. Mais vraiment rire. Tout est à l’avenant. Du tatouage du Duc jusqu’à la manière dont il va (bien évidemment) retrouver la responsable, de la manière dont Prudence accueille les projets de vengeance de notre Duc, de la façon dont les fameux cavaliers de l’apocalypse sont persuadés de devoir voler à la rescousse même quand on ne leur a rien demandé, des employés qui ne sont jamais zélés quand il le faudrait, aux chiens qui n’impressionnent personne, tout est fait pour amuser la galerie… pardon, le lecteur.
 
Et ça marche ! Prudence est un personnage original, complètement anachronique, mais divertissante. On n’y croit pas une seconde, à cette pseudo-vieille fille à moitié pudique, comme une jeune fille de son temps mais capable d’imaginer une vengeance pareille, exerçant un métier d’homme et ayant des méthodes digne d’un médecin de notre siècle (vous ne trouvez pas cela merveilleux vous comme dans les romances, les héros sont toujours les seuls personnages de toute la société à avoir des idées très avancées sur la médecine, idées qui ne feront pourtant leur chemin que près d’un siècle plus tard, comme l’existence des microbes et leur mode de propagation ou les effets négatifs de la saignée ?) (j’ai toujours pensé que les personnages de romance étaient plus intelligents que le reste de la société dans laquelle ils évoluent).
 
On n’y croit pas une seconde, à ce Duc qui, de retour de Waterloo à deux doigts de l’amputation du bras, se réveille un matin avec un drôle de tatouage et reste étonnement calme, qui finit par guérir en à peine quelques semaines sous les doigts experts de notre pharmacienne (je vous l’ai dit, méthodes médicales révolutionnaires), qui planifie sa vengeance pour ne jamais la mettre en œuvre (elle n’implique pas de tatouage mais des méthodes bien plus traditionnelles), et qui est pathologiquement incapable de dire ce qu’il pense de façon claire, donnant lieu à une série de quiproquos tous plus sots les uns que les autres.
 
On ne croit pas non plus une seconde au style de l’auteur, ampoulé jusqu’à devenir illisible par moments, utilisant un vocabulaire passé et complexe, qui m’a obligé à aller chercher des informations dans le dictionnaire (la honte, cela ne m’était pas arrivé depuis des années) (mais autant vous dire tout de suite que si vous n’êtes pas très bons en anglais vous allez souffrir).
 
On n’y croit pas une seconde mais on s’amuse.
 
A ce point d’ailleurs que je ne pense pas que l’auteur se soit prise au sérieux en écrivant son histoire. Elle semble avoir voulu au contraire écrire une parodie de la romance régence par excellence, empilant les clichés les uns sur les autres pour mieux nous amuser et noyant le lecteur dans une prose fleurie old-school comme on n’en trouve plus beaucoup de nos jours !
 
Alors, sans vraiment pouvoir dire que j’ai adoré ce livre, je vous propose d’y jeter un œil, vous pourriez vous aussi vous surprendre à aimer et à rire de cette romance improbable et décalée, qui vous fera passer un bon moment !
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi

 
Rendez-vous sur Hellocoton !

24 mai 2013

Avec vue sur l'Arno - Chambre avec vue

Petit retour du côté des classiques en ce vendredi, je ne sais pas si c’est parce que je me sens coupable de vous parler autant d’ebooks non traduits, et que je sais que cela empêche certains d’entre vous de profiter de mes précieux conseils, mais cela faisait un moment.
 
Après une boulimie de contemporains cute et pas mal de relecture (je suis en train de me faire mentir, moi qui était une non-relectrice autoproclamée), il est temps.
 
Et il est temps de revenir à un classique de la littérature anglaise, A room with a vue de E. M. Forster, traduit en français par Avec vue sur l’Arno.
 
Mais je pense que la plupart d’entre vous auront, comme moi, découvert l’histoire avec l’adaptation en film de James Ivory en 1986, sous le titre Chambre avec vue.
 
C’est sur le roman de 1908 que votre attention doit se porter, l’adaptation sera pour après. Tandis que mon amie la météo continue de me martyriser, je rêve d’aller visiter l’Italie, comme Miss Lucy Honeychurch, notre héroïne.
 
Lucy qui joue les touristes à Florence, sous le chaperonnage attentif et sévère de sa cousine Miss Charlotte Bartlett. C’est le traditionnel « Grand Tour » que toute personne bien éduquée faisait à l’époque pour découvrir les civilisations classiques et parfaire son éducation. Hélas pour nos demoiselles, à leur arrivée à Florence, elles découvrent que les chambres avec vue sur l’Arno que l’on leur avait promises ne sont pas libres. Ce qui contrarie fort Miss Charlotte, qui ne manque pas de s’en plaindre lors du repas partagé avec les autres hôtes de la pension de famille où elles se trouvent.
 
Condamnées à passer leur séjour à admirer la cour intérieur du bâtiment et à subir les odeurs les plus désagréables, le séjour florentin s’annoncerait bien mal si M. Emerson, autre pensionnaire à la tendance chevaleresque, ne leur proposait pas un échange, son fils George et lui-même disposant justement de chambres avec vue. Proposition ô combien scandaleuse aux yeux de Miss Charlotte, outrée par tant d’audace et d’inconvenance de la part d’un illustre inconnu.
 
Cet épisode initial n’est qu’un prétexte pour faire se rencontrer les protagonistes de l’histoire qui suivra, Lucy et Miss Charlotte, M. Emerson et Georges mais aussi Révérend Beebe, Miss Eleanor Lavish, Miss Catherine et Miss Teresa Alan, et la Signora Bertolini, patronne des lieux… 
 
C’est le portrait d’une société en plein changement, d’une tension permanente entre la jeunesse, la beauté, et les convenances sociales que nous raconte réellement E. M. Forster.
 
Si Miss Charlotte est la garante d’une certaine rigueur morale, la personnification du sacrifice au service du devoir, Lucy de son coté, est la jeunesse, l’innocence, l’audace parfois aussi de braver les règles.
 
Entre Lucy et Georges s’esquisse les prémisses d’une idylle, et sous la plume de l’auteur, la campagne italienne se fait le miroir radieux des émotions qui s’emparent d’eux, pour un moment.
 
Car, vous vous en doutez, la confrontation entre cette tentative de liberté et les conventions écrasantes d’une Angleterre edwardienne, ne sauraient tolérer une résolution si simple des tourments qui agitent chaque personnage du roman. De l’Italie au Surrey, Lucy devient le point central d’une véritable étude de la société de son temps, de son snobisme, du système de classes qui évolue, le tout sous la plume ironique et amusée d’un auteur qui sait aussi bien parler de satyre que de beauté ou de philosophie.
 
Avec vue sur l’Arno est réellement un roman d’apprentissage, celui de Lucy, et tout le talent de Forster s’exprime dans la caractérisation de son personnage, la rendant vivante et réelle à nos yeux plus que n’importe quel autre personnage de l’histoire. C’est d’ailleurs un reproche que l’on pourrait faire à l’œuvre, de n’avoir pas donné autant de vie à Miss Bartlett, à Georges ou à M. Emerson… Mais un reproche bien mineur quand on considère l’œuvre dans son ensemble et la maitrise avec laquelle elle est menée.
 
Cette histoire s’achève sur un dernier chapitre qui à lui seul vaut la lecture de tout le roman, un discours sur l’amour et le romantisme, sur la capacité de chacun à discerner en lui sa vérité, sur la liberté qu’il faut savoir saisir, quitte à en assumer le prix.
 
Sans vous dire un mot de plus, je ne peux que vous encourager à découvrir, si ce n’est pas encore fait, le livre, qui ne peut que plaire aux amateurs de Jane Austen et des sœurs Brontë. Et quand cela sera fait, alors seulement, je vous recommande d’aller voir l’excellent film dont je parlais plus haut, avec Helena Bonham Carter, Maggie Smith, Judi Dench, Daniel Day-Lewis pour ne citer qu’eux !
 
  
Bonne lecture et bon film,
Chi-Chi
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

6 mai 2013

Lord of Darkness

Stoppez les presses, le nouveau Hoyt est sorti!!! Et que ceux qui veulent crier au scandale parce que j'ai genre 1 mois et demi de retard sur la sortie freinent des 4 pieds. D'ailleurs pourquoi 4 pieds, pensez-vous que cette expression nous vienne du temps où l'homme marchait à 4 pattes? Ou alors c'est une personnification de l'homme via sa monture... Un peu comme certains hommes s'identifient maintenant à leur automobile... 

Mais je m'égare, comme toujours, revenons donc au dernier Hoyt, qui est sorti il y a de nombreuses semaines mais que j'ai lu quasi immédiatement. Il sort en français en septembre (soit presque demain en fait), je vais donc revêtir mon costume de vile tentatrice et vous présenter cet opus de la série "Maiden Lane" intitulé avec classe et distinction "Lord of Darkness".

Le maitre de l'ombre en question n'est autre que Godric St. John, un autre fantôme (en fait il y en a trois, mais chuuuttt SPOILERS) marié à Lady Margaret Reading. Même s'ils habitent séparés depuis l'aube de leur mariage et que l'on pourrait arguer que celui-ci n'a donc de mariage que le nom. Mais que voulez-vous, un accord est un accord, et ce dernier a été passé entre Griffin (le grand frère de Margaret) et Godric, sur la base d'un chantage dans la veine de :  "je connais ton identité secrète, j'ai une sœur en mal de mari, faisons un pacte et serrons-nous la main autour d'un verre de cognac".

Mais voilà que Margaret est de retour en ville pour venger celui qui était son amant (d'où la nécessité d'un mari à l'époque) et qui aurait été tué par.......... le fantôme!!! tan tan tan!!
Mystère et boule de pétanque, l'intrigue se corse.

Sauf que non, bien sûr, le fantome n'a pas tué, mais il va néanmoins falloir que :
1) Godric galère pour garder son secret (quel prénom, je ne résiste pas au gloussement)
2) résiste à sa femme (résultat d'une promesse à lui-même impliquant le souvenir de feue Carla, son amour perdu) (promis, je spoile pas, c'est révélé dès le début)
3) ne se fasse pas arrêter par un Dragon de la garde un tantinet zélé (pour ceux qui connaitraient, il n'est pas sans me rappeler l'inspecteur Quentin Chapuis dans Cat's Eyes) (on a les références qu'on mérite)

Et ces trois points, le tout orchestré par Madame Hoyt, donne un très bon opus de cette série. Il y aura :
  • de l'action à Saint Giles et sous les couvertures - oui, parce qu'il a beau vouloir résister, notre ami Godric ne fait pas le poids face à une Margaret qui a entendu l'appel de la forêt, comprendre, son Big Ben interne s'est gentiment rappelé à elle, et elle bave devant les bébés animaux et poussant des cris qui n'ont rien de distingués (à moins que ce soit moi... je m'égare)
  • des secrets révélés - Carla, Roger, fantômes, vous allez tous avoir droit à votre heure de gloire
  • la naissance de bébés chiens (véridique)
  • une scène de bal - avec des tourbillons de jupons
  • une sortie au théâtre - avec des alcôves et des zones d'ombres
  • une course poursuite finale - et un dragon qui sait courir
Non content de me faire dire que j'ai préféré ce tome au précédent, "Lord of Darkness" crée chez moi une frustration intense. Car l'auteur dillue quelques informations sur le dernier héros, et je n'ai que trop hâte d'en savoir plus.

En attendant, lisez celui-ci. Je me charge de vous tester le suivant quand il sortira!

  
Bonne lecture,
Tam-Tam
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

22 avril 2013

L'amant de Lady Sophia

Chères lectrices et chers lecteurs, 

Je me présente, je suis Little B. !! La fameuse petite sœur de Tam-Tam, et je viens vous faire un petit article sur un livre que j'ai dévoré.
 
Mais revenons en arrière un moment pour ceux qui ne suivrait pas: tout a commencé l'année dernière pendant les grandes vacances. J'étais à la mer avec Tam-Tam quand elle m'a fait découvrir le côté rose de la force avec "Course poursuite fatale" de Linda Howard (ce livre est soit dit en passant une petite tuerie mais revenons à nos moutons) après ce livre je me suis retrouvée sans romance à me mettre sous la dent. 

Mais heureusement pour moi Tam-Tam connaissait un bouquiniste où nous sommes allées me dégoter 5 merveilleuses romances. De retour à la maison je me suis mise tous de suite à lire l'"Amant de lady Sophia" de Lisa Kleypas, c'est le livre dont je vais vous parler aujourd'hui ! 

Ce livre est le deuxième tome de la série "Les Bow Street Runners", et il est tout simplement un délice (comme tous les Lisa Kleypas que j'ai lu). Elle a cette façon d'écrire en vous tenant toujours en haleine. C'est une bouffée d'air frais qui permet de respirer.

C'est l'histoire d'une jeune et jolie jeune femme (c'est le concept dans toutes les romances mais bon) qui pour venger son frère arrive à Londres pour retrouver le juge qui pour elle est responsable de la mort de son frère.

Bien sûr elle s'attendait à voir un juge proéminent et dans la force de l'âge, ce qui n'est pas la cas du juge Ross Cannon qui est tout simplement à croquer. Elle était pourtant là pour lui ruiner sa réputation que l'on disait irréprochable, en faire la risée de Londres, le ridiculiser à jamais. 


Pour cela elle avait réussi à se faire engager comme gouvernante chez lui. Sauf que tout ne c'est pas passé comme elle l'avait prévu car elle est tombée sous le charme indéniable du juge. Comme dans tous les Kleypas que j'ai lu le héros est musclé, agile, doué de ses mains, tout pour faire craquer une femme, même la plus réfractaire - ce qui est le cas de Sophia qui bien qu'ayant son frère en tête mais, va vite laisser tomber cet obstacle entre eux. Car ce juge aux mille et une facettes, au désir enfoui, au caractère mystérieux, fait craqué la belle Sophia. 

Ross est veuf depuis plusieurs années et n'a jamais eu d'autre relation depuis, on l'appelle même le moine de Bow street! Ce qui n'est pas du tout le premier qualificatif que j'aurais trouvé pour lui qui est plutôt pour moi "l'homme-radiateur" car tout de suite en voyant Lady Sophia, des pulsions "animales" ce sont réveillées en lui. 

Ce livre ne raconte pas qu'une attirance magnétique entre les deux héros (le genre où l'on attend juste le moment où ils vont se tomber dans les bras comme par magie), NON !!! Il y a une vrai histoire et une intrigue sur le mystérieux frère de Sophia. Il y a aussi un troisième personnage qui perturbe le rapprochement des deux héros, ce personnage est l'ennemi de Ross et il s'appelle Nick Gentry.


Son chemin croise régulièrement celui de Ross et Sophia et peu à peu il s’immisce dans leur relation. Sophia reçoit des cadeaux somptueux de la part de cet homme. Mais qui est cet homme ? Pourquoi fait-il ça ? Quel est son rapport avec la belle Sophia ?

Je suppose que vous aimeriez savoir la suite ? Mais je vais vous laisser méditer sur tout ça (comme ça vous serez obligé de lire ce livre). Comme vous avez pu le comprendre, j'ai beaucoup apprécié cette romance et je vous conseille vivement de la lire (et vite).
 

  
Bonne lecture,
Little B.

  
Rendez-vous sur Hellocoton !

18 mars 2013

Le journal de Mr. Darcy

Bicentenaire oblige, la scène littéraire a vu fleurir ces derniers moi un certains nombre d'austinerie. Entre le très merveilleux vlog "Lizzie Bennet Diaries" ou la collection Pemberley de chez Milady (dont le livre d'aujourd'hui est extrait), une adoratrice de cette "dear Jane" peut très bien respirer Jane Austen, dormir Jane Austen et manger Jane Austen tant les possibilités sont nombreuses.

Car les auteurs n'ont pas attendu le bicentenaire pour s'en donner à coeur joie. Chi-Chi en son temps vous a parlé de "Acting up", Duchess V a évoqué le polar "La mort s'invite à Pemberley" et pour ma part, je me rappelle avoir choisi et lu plusieurs livres parce que leurs titres portaient la mention "Mister Darcy".

Le virus est donc bien là. Et j'aime à me dire que c'est un bon virus. Car quand un livre, un film, une série nous donne envie de découvrir l’œuvre originale de l'auteur, c'est que la réadaptation (ou la fanfiction) a rempli son office. Non seulement elle nous a ravi le temps d'un livre, mais elle nous a ouvert des horizons plus beaux et chatoyants encore...

Il y a quelques années, c'est grâce à Clueless que j'ai eu envie de voir le film Emma qui m'a ensuite donné envie de lire le livre... Aujourd'hui, ce sont les LBD qui m'ont redonné envie de me plonger dans l'univers de Jane avec Mansfield Park (dont la lecture est en pause, mea culpa) et l'austinerie que je m’apprête à vous présenter :

Le journal de Mister Darcy d'Amanda Grange. Tout un programme!

Bien entendu, je ne saurais que vous conseiller de connaitre l'histoire originale avant. Non que le livre ne soit pas intéressant seul. Mais la double lecture est vraiment une partie intégrante de l'histoire et celle qui m'a vraiment tenue en haleine. En effet, à chaque nouvelle entrée du journal, on attend de découvrir Elizabeth au détour d'une phrase, on espère la mention de Jane. 

Parce que la double lecture, c'est savoir ce qui va se passer "dans l'absolu", mais ne pas savoir comment Darcychou va le vivre. La double lecture, c'est savoir qu'Elizabeth va rejeter une première fois notre héros avant de réaliser sa grossière erreur et se mettre elle aussi à fantasmer sur une chemise mouillée... Mais qu'est ce que je raconte... La double lecture, c'est connaitre le point de vu de Lizzie, et enfin savoir ce qui se passe dans la tête du grave et noble Darcy.

Je sens que j'en perds certains. Je m'en vais donc annoncer que si vous ne connaissez pas P&P, les paragraphes qui suivent vont contenir des spoilers de cette histoire. Pour ceux qui n'auraient pas lu le "Journal", promis, je ne spoile pas ce dernier... mais comme les deux histoires sont liées................... Bref, revenons à Fitzwilliam!

Le format journal et cette histoire re-racontée à la première personne nous donne son point de vue sur l'histoire, sur Caroline, Bingley, Georgiana, Whickam, et bien entendu toute la famille Bennet! Bien évidement, on reste parfois loin de l'histoire d'Elizabeth, mais étrangement, j'ai trouvé intéressant d'en découvrir plus sur Bingley et ses soeurs.

Mais au delà de l'histoire, du point de vue de Darcy et du happy-end tant attendu, la prouesse de l'auteur est sans doute d'avoir toujours repris les lignes de l'auteur quand la scène s'y prêtait. Ce sont des clins d’œil, des références, comme autant de marques de respect envers Jane et son ouvrage.

Toutefois, l'auteur n'aura pas réussi à "sonner" comme Jane. Et si certains argueront que ce n'est finalement pas si mal, je regrette pour ma part de ne pas avoir pu me plonger dans le style fleuri au vocabulaire recherché de Jane Austen. Mais à quelque chose, malheur est bon, puisque cela rend finalement "Le journal de Mister Darcy" beaucoup plus accessible à la lecture.

  
Bonne lecture,
Tam-Tam

Rendez-vous sur Hellocoton !

11 mars 2013

One good Earl deserves a lover

Dernier-né de Sarah MacLean et 2ème opus de sa série "Rules of Scoundrel", "One good Earl deserves a lover" raconte l'histoire de la petite soeur de Pénélope, héroïne du précédent livre.

Pippa Mayberry, 5ème fille de la fratrie, est une jeune fille raisonnable. Extrêmement brillante, elle s'est toujours sentie étrangement marginale, que ce soit dans sa propre famille ou dans la bonne société londonienne. Ainsi, de son mariage, elle n'attend pas plus, pas moins.

Son fiancé aime se réconforter dans la simplicité des choses de la campagne, qu'à cela ne tienne, elle s'interrogera sur les rouages du domaine à sa place et le laissera à ses longues balades. C'est ce que l'on peut attendre d'un mariage finalement? Et puis, sous cette "simplicité d'esprit" (en réalité, comparée à elle, n'importe qui aurait l'air d'un idiot), il a eu la gentillesse de lui demander sa main, main que Pippa a consentie à lui donner.

Et l'honneur de la parole donnée, Pippa y tient. Que lui importe que sa famille toute entière lui assure qu'elle sera derrière elle, si jamais elle décidait de revenir sur sa décision. Elle l'épousera. Point.

Alors comment expliquer sa présence un soir dans le bureau de Cross, co-fondateur du club de jeu "The Angel"?
C'est très simple. Notre chère Pippa veut comprendre. Comprendre quoi? Comment les relations entre hommes et femmes fonctionnent. Car, voyez-vous, si elle est bien décidée à se marier, elle n'en sait pas moins qu'elle sera le cerveau du couple et craint que son ignorance des "choses de la vie" (que j'aime bien appeler la théorie du Lego) constitue un danger pour la fondation même de son mariage. Elle décide donc d'aller rencontrer un "rake" notoire pour l'inviter à la "ruiner", lui montrant ainsi comment on insère....... mais je m'égare......

La voila donc dans le bureau de Jasper/Cross (homme aux multiples visages), qui contre toute attente dit non.
Pippa insiste.
Cross refuse.
Pippa insiste et demande à savoir pourquoi non.
Cross refuse encore et ne dit rien de plus.
Pippa invoque des raisons cartésiennes, le chantage, le pot de vin, la violence...
Cross lève les yeux au ciel... et refuse.
Tam-Tam trépigne!!!

Car une lectrice de romance ne se laissera pas leurrer. Elle a compris!
Elle sait que Cross est le réel héros. Que le fiancé a tout faux et que, la sexytude greffée au corps, Cross est celui qui déclenchera soupirs et pâmoisons dans nos cœurs de princesses esseulées.

Et quel héros, car sous ce "déguisement" de tenancier de casino, se cache Jasper, Earl (aka Comte) de Harlow : un passé sombre, un secret mystérieux. Un 2nd fils devenu Comte, un "spare", comme on les appelle. Le fils "en rab" conçu pour s'assurer de la pérennité du nom et presque rien d'autre.

Leur histoire est une histoire de secret de famille, une histoire de chantage, de rivalité entre tenanciers de casino, d'attirance, de résistance... Et tout ça faisait beaucoup envie.

Du coup, je l'ai avalé en un weekend. Et je l'ai beaucoup aimé. C'est un très bon livre avec des personnages attachants, des scènes et des dialogues pleins d'humour. En revanche, ce n'est clairement pas mon préféré, j'attendais sans doute trop de Pippa. 

Il est très difficile d'aimer de la même manière tous les livres d'une même série, ou encore d'un même auteur. Même chez les Bridgerton, Anthony a ravi mon cœur plus que les autres...

 
Bonne lecture,
Tam-Tam
   
Rendez-vous sur Hellocoton !