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26 juillet 2013

Once upon a tower - On nous ment encore!

Parlons publicité mensongère de nouveau ! Pour un livre qui pourtant est bon, Once upon a tower, le dernier Eloisa James. Bon, mais qui nous ment.
 
Dans la tradition de ce qu’a fait T., je vous présente le synopsis :
 
To win her love...
As an extremely wealthy laird, Gowan Stoughton, Duke of Kinross, can have any of the maidens at the ball he attends. The only problem is they are all English and Gowan is not so certain they are suitable. He is accustomed to the hard-working lasses from his Highlands, not these dainty noblewomen who spend their days drinking tea or some other such nonsense. But then he makes the acquaintance of Lady Edith Gilchrist. Utterly bewitched by the emerald-eyed beauty with lush golden locks, he knows he must have her.

He must free her from her tower...
"Edie" had the misfortune of being dreadfully ill at her debut ball and barely remembers what Gowan looks like. Even worse, she accepted his proposal the following day. Edie's only true passion is playing music—until Gowan writes a scandalous letter and stirs the most irresistible desire. Yet when they marry, Edie realizes her husband needs a lesson and locks herself in a tower. Somehow Gowan must find a way to enter the tower and convince his new bride that she belongs in his arms.

 
Pour gagner son amour…
Gowan est le très riche et écossais Duc de Kinross, et il n’a que l’embarras du choix en ce qui concerne ces demoiselles. Le seul problème est qu’elles sont toutes anglaises, et Gowan n’est pas certain que ce soit acceptable. Il est habitué aux jeunes filles sérieuses et travailleuses de ses Highlands natales, et non pas à ces nobles délicates qui passent leurs journées à boire du thé ou autre activité tout aussi inutile. Mais il rencontre Lady Edith Gilchrist. Envouté par cette beauté aux yeux d’émeraude et aux boucles d’or, elle doit lui appartenir.

Il devra la délivrer de sa tour…
« Edie » a le malheur d’être terriblement malade le soir de son bal des débutantes, et se souvient à peine de ce à quoi ressemble Gowan. Pire, elle accepte sa demande en mariage dès le lendemain. La seule vraie passion d’Edie est la musique, jusqu’à ce que Gowan lui écrive une lettre scandaleuse qui éveille en elle un désir nouveau. Mais, quand ils se marient, Edie réalise que son époux a besoin d’être éduqué, et elle s’enferme dans une tour. Gowan devra, d’une manière ou d’une autre, trouver le moyen d’accéder à cette tour et de convaincre sa jeune épouse que sa place est bien entre ses bras.
 
Voilà un résumé qui laisse penser à un mariage rapide, et une histoire qui se développe avec les personnages chacun de leur côté, apprenant à se connaitre et à s’apprivoiser sans que l’aspect physique ne vienne interférer. Cela laisse penser que Gowan, fasciné par son épouse, va prendre en charge la séduction d’Edie. Cela laisse penser qu’Edie est pleine d’assurance, qu’elle sait ce qu’elle attend de son mariage (qu’elle aurait choisi) et qu’elle utilise la tour pour imprimer sa marque sur ce nouveau mariage.
 
Je crie au scandale.
 
Rien que dans la 4ème de couverture, il y a des erreurs.
 
Edie n’accepte pas la demande en mariage, c’est son père qui l’accepte pour elle sans même la consulter avant. Gowan n’écrit pas une lettre à Edie, il répond à une lettre qu’elle lui a envoyée avant.
 
Quant au reste ? L’entente entre Gowan et Edie est immédiate (pas le soir du premier bal, où elle est malade, mais dès la seconde rencontre), à tel point qu’ils décident d’un commun accord de raccourcir leurs fiançailles pour profiter plus vite de leur vie maritale. Sauf que le mariage arrive finalement assez tard dans le livre, presque au tiers. Mariage suivi par un LONG voyage de Londres vers l’Ecosse qui prend plusieurs chapitres où ils arrivent à la moitié du livre. Puis une succession d’évènements divers qui retardent encore la progression des choses. Parce que, en lisant, je n’attendais qu’une chose : mais quand Edie va-t-elle donc s’enfermer dans sa tour ? Et pourquoi, alors que les choses semblent plutôt bien se passer entre elle et Gowan ?
 
Quand le fameux « enfermement » arrive enfin, il ne ressemble en rien à ce qui nous a été annoncé. Il reste alors à peine une centaine de pages au livre, Edie y reste quelques jours (moins d'une semaine) et tout le monde peut entrer sauf notre héros, à qui la porte restera fermée… une soirée ! Soirée bien trop longue à son gout, mais il s’agirait de remettre les choses en perspective !
 
Alors voilà. Voilà comment un excellent livre (car oui, c’est un excellent livre, qui explore des thématiques trop peu abordées en romance, comme ce qui se passe lorsque l'accomplissement du devoir conjugal se passe mal. Mais vraiment mal. Ou lorsque ce devoir n'est pas couronné d'un héritier. Ou lorsque chacun va chercher son bonheur ailleurs, dans les bras d'un autre ou au fond d'une bouteille. Vous vous en doutez, toutes ces problématiques ne touchent pas les héros mais elles sont présentes, et intéressantes), je disais donc un excellent livre peut décevoir par le simple fait d’une 4ème de couverture terriblement mal calibrée.
 
Alors je suis frustrée, car Once upon a tower est le dernier Eloisa James, adapté d'un mélange de Roméo et Juliette (que je n'aime pas) et de Raiponce (dont j'aime le dessin animé - moins le vrai conte qui est bien plus cruel), que j’aime Eloisa, que j’aime surtout sa série sur les contes de fées, que When Beauty tamed the Beast reste encore et toujours un de mes chouchous absolus, et car je n’ai pas eu la romance que l’on m’avait promise.
 
Je n’ai pas eu ce que l’on m’a vendu. J’ai eu une romance digne d’Eloisa, avec un héros émouvant, qui se donne beaucoup de mal pour reconquérir son héroïne, mais hélas un héros qui s’est également conduit comme un goujat et qui mérite que son héroïne lui ferme la porte ! J’ai eu une héroïne qui s’affirme au fur et à mesure que l’histoire avance mais qui n’est pas du tout la jeune femme audacieuse et un peu rebelle que l’on m’avait laissé sous-entendre.
 
J’ai eu un livre où aucune mention n’avait été faite des histoires secondaires, pourtant bien présentes et ayant un impact très fort sur le comportement de nos héros. La présence de la belle-mère d’Edie, de son père, de la sœur de Gowan, d’un secrétaire trop zélé, va avoir un poids considérable sur les relations qui se lient et rien ne m’y avait préparé.
 
Malgré la publicité mensongère, j’ai donc eu un livre touchant, mordant et drôle dans le plus pur style de l’auteur, que je vous conseille évidemment (et je ne doute pas que la traduction soit en route, maintenant que le mouvement a été lancé) !
 
Comme quoi, l’erreur de casting n’est pas toujours signe de mauvais livre. Juste signe d’une erreur de marketing peut-être ? 
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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17 décembre 2012

When the duke returns

Je pense être victime d'une conspiration visant à me ralentir le plus possible. L'univers veut me voir échouer. Non, je ne suis pas paranoïaque. Je vous promets, l'univers se ligue contre moi. J'ai commencé Mansfield Park et je suis coincé à 8 % depuis plus d'une semaine.

Pourquoi? Mais parce que je suis aussi étourdie qu'une girouette un jour de grand vent et que j'ai oublié Alfred vendredi au travail. Et que bien entendu, je ne m'en suis rendu compte que vers 23h. Autant vous dire que l'angoisse a été longue pendant le weekend.

Je l'ai récupéré sans une égratignure lundi, mais entre les cadeaux de Noël et ma découverte récente de "Hart of Dixie" (une série qui se passe en Alabama) (merci Stéphanie), Alfred va finir par se  sentir délaissé.

Heureusement pour votre lundi, j'ai profité de mon weekend pour relire un livre en version PAPIER (genre trop wouahhhh, vive la technologie), et c'est donc avec plaisir que je vous présent aujourd'hui "When the Duke returns" de Eloisa James.

Parce qu'il est bon de parler par mots clés, je vais aller droit au but. Cet opus s'articule sur deux éléments: le mariage arrangé et la virginité du héros.

Alors qu'elle n'était qu'une enfant. Lady Isidore a été mariée par procuration au Duc de Cosway. Ce dernier ayant passé un certains nombre d'années à l'étranger à découvrir les charmes de l'aventure, la jeune demoiselle a grandi de manière fort peu conventionnelle.

Je n'entends pas que son bras gauche a grandi avant son bras droit, ou que ses pieds aient arrêtés leur croissance vers l'âge de 9 ans. Non, loin de là. Mais plus que contrairement à certaines jeunes fille en fleurs coccoonées dans le sein protecteur de leur possessive famille, Isidore a joui d'une certaine liberté et a pu découvrir ses capacités, trouver la personne qu'elle était. 

Elle sait ne pas entrer dans le moule préformaté de la haute société Londonienne, mais elle ne semble pas moins bien s'en porter. Bon, l'absence de son époux ont tout de même eu quelques conséquences dont elle se passerait bien, notamment parce que tous les obsédés du royaume semblent croire que cela fait d'elle une proie (consentante) de choix... Mais globalement, la vie d'Isidore est plutôt agréable. 

Et là, Bam!!! Son "mari" mari revient.

Et si Simeon, après toutes ses années passées à amasser une fortune considérable, s'est montré fidèle à sa tendre épouse (comprendre, monsieur est vierge), il s'attendait plus à une créature docile, discrète et soumise, et pas vraiment au feu follet de sensualité que sa femme s'avère être.

Mais nous sommes en romance, et qui dit mariage arrangé, dit dialogues absolument irrésistibles. Eloisa James a toujours le talent de peindre des situations complexes avec beaucoup de style et de goût. La rencontre et la collision entre Simeon et Isidore est absolument délicieuse. D'autant que le traitement de la virginité est un élément que j'affectionne.

Tout d'abord parce qu'il va à contre courant du cliché  "homme hyper doué entre les draps/jeune oiselle pure et innocente". Mais aussi parce qu'il est intéressant de voir comment l'héroïne réagit à ce genre d'annonce.

En effet, elles sont légion les romances où la jeune fille "omet" de mentionner que son hymen est encore confortablement en place - cet oubli débouchant bien souvent sur une réalisation masculine tardive (comprendre pendant "The" acte) et initiant quasi systématiquement un crise d'hystérie de la part du héros (comprendre "comment! tu ne me l'a pas dit, je suis heurté dans mon âme délicate de mâle").

Mais aussi rares que soient les romances où Monsieur n'a pas encore connu la douce caresse d'une femme, je n'en ai encore jamais trouvé où l'homme ne dévoile pas cet élément avant; la-dite révélation provoquant des séances "confessions intimes"  (ou comment je te révèle des choses sur moi, homme dur au cœur sensible) qui n'ont pas leur pareil pour me faire swooner à qui mieux mieux.

Si j'admets que c'est sans doute parce que le livre s'adresse à un public féminin, j'aime me bercer de douces illusions et me dire que c'est parce que les vrais hommes n'ont pas peur de la réaction de leur mie (de pain…).

Enfin, mon premier "puceau" était Jamie, du coup, je ne pense plus pouvoir jamais être totalement objective quant à la virginité des hommes (après l'échelle de la sexytude de Hugh Jackman, voici l'échelle de la virginité de Jamie Fraser) (cet article part en sucette) (euh, en vrille…).

Mais revenons à Simeon, sa virginité est abordée avec beaucoup de panache, et je vous recommande la scène où enfin il s'en débarrasse… En bref, sur l'échelle de Jamie Fraser, Simeon se débrouille pas mal et cumule les bon points suivants:

- passif de folie justifiant des choses que je ne vais pas vous dévoilez (faudrait pas spoiler non plus)
- volonté de garder un corps sain (de nos jours, Siméon mangerait bio et vegan) (Simeon, hipster avant l'heure)
- capacité d'apprentissage (très important)
- grande appétence à l'écoute (sur un malentendu, une femme pourrait avoir quelque chose à dire)
- talent (que dire d'autre?)

Allez, pour parfaire votre éducation, ce livre est parfait (comme si il vous fallait encore d'autres arguments).

Bonne lecture,
Tam-Tam
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28 novembre 2012

The pink side à Vera Cruz

Si j'en crois les dires de Chi-Chi, il peut m'arriver d'avoir des éclairs d'humour assez exceptionnels. Je compense bien entendu cette tendance avec des périodes de médiocrité avéré. Du coup, je reste une personne très cotoyable et pas prétentieuse pour deux sous. 

J'ai même une conscience éclairée de mes propres incompétences. Par exemple, je suis celle qui se perd dans un supermarché/musée/tout endroit où tout est fléché. Je vous entends murmurer que j'exagère sans doute, que cela ne doit pas être aussi catastrophique... Ô comme j'aurais aimé exagérer!

Ensuite, si l'avenir du monde repose sur ma performance sur la dictée de Bernard Pivot, je suis au regret de vous dire que nous allons tous mourir. Profitez-en pour mettre vos affaires en ordre.

Mais parfois, quand on gratte la bêtise et la maladresse, je peux sortir des petits perles dont celle qui est à l'origine de l'illustration de cette semaine. 

Bienvenue du coté rose de la force!

Et comme on a toujours besoin de munitions pour convertir les foules. Un petit point sur les sorties littéraires que vous devez absolument vous procurer:

L'amour et tout ce qui va avec: Parce que c'est le premier Kristan Higgins que nous avons lu Chi-Chi et moi et qu'il tient une place particulière dans nos coeurs. Du contemporain doudou. De la romance réconfortante. Parfait pour la saison!

Pour un tweet avec toi: Teresa Medeiros signait il y a presque 2 ans cette romance pas comme les autres en répondant à cette question: peut on tomber amoureux en 140 caractères. Nous avons toutes les deux dit OUI!

Tout feu, tout flamme: Dernier tome de la série des Chicago Stars. Une série de Susan Elizabeth Phillips qui se dévore, qui se savoure et qui se relit sans modération!

Acheron: Pour celles pour qui ma chronique endiablée n'aurait pas suffit! Sherrilyn Kenyon signe ici un tome dense et prenant (si j'en crois les échanges intenses que j'ai eu avec Hydromielle sur le sujet)

Puritaine et catin, Liaisons inconvenantes: Tout deux réédités. Elizabeth Hoyt verra le tome 3 de cette série (Les trois princes) ressortir en décembre. C'est le moment de vous le procurer. En plus vous pourrez faire ainsi des économies de chauffage!

Et puisque j'en suis aux annonces, ouvrez vos agendas et notez bien qu'en décembre sortent Coup de chaud en Alaska d'Addison Fox et Douzième coup de minuit d'Eloisa James. Si le premier fleure bon les aurores boréales, les étendues sauvages du grands nord et les évènements sportifs pas comme les autres, le second et tout simplement incontournable pour les amoureuses des contes de fées. Car l'auteur démarre ici sa série qui reviste au fur et à mesure les classiques de notre enfance. Un must have, un chef d'oeuvre... Le cadeau de noel parfait?

Bon shopping, 
Tam-Tam

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10 septembre 2012

Vilain petit canard deviendra cygne

Petite pause dans ma saga estivale sur les espions. 

Je sais vous êtes déçus, mais considérez que cette interruption est comme une compétition de sport dans une grille de programmation, elle est incontournable.

D’autant que vous allez me remercier puisque j’ai lu pour vous le dernier Eloisa James. L’auteur revisite depuis quelques temps les contes de fées. Après Cendrillon, la Belle et la bête (mon ultimate favori) et la Princesse au petit pois, c’est au tour du Vilain petit canard d’être adapté en romance historique.

Un petit mot sur le conte d’origine avant de poursuivre. Le vilain petit canard est un conte où il n’y a pas de couple. Si bien que je me suis vraiment demandé comment l’auteur allait réussir à me vendre son histoire en allant au-delà du simple physique ingrat de l’héroïne. 

Mais parce que parfois il est bon de se renseigner un peu sur les inspirations de l’auteur, j’ai ainsi découvert que le vilain petit canard est un conte initiatique. Il est question de maturité, d’épreuves à surmonter pour atteindre le bonheur. Et après lecture de "The Ugly Duchess", je peux vous assurer que l’auteur a vu dans le mille, meme si le roman n’est pas sans défaut.

Notre vilain petit canard porte ici le nom de Theodora Saxby, mais elle aime qu’on l’appelle Theo. Son prince charmant se nomme James Ryburn, il est en ligne pour hériter d’un duché et il préfère appeler notre canard Daisy. Je ne vous dis pas pourquoi, ce serait pêcher. 


Leur histoire va se passer en deux temps.

Première partie :
Theo/Daisy n’est pas jolie, c’est un fait. Son visage est trop allongé, son profil trop prononcé, elle a trop d’angles et pas assez de courbes. Elle le sait, la saison londonienne le sait, les journaux le savent… Même sa mère doit le savoir au fond d’elle puisqu’elle persiste à vouloir la couvrir de dentelles et volants, comme si elle craignait que sans cela on ne prenne sa fille pour un jeune garçon.

Heureusement pour la jeune fille, et pour sa valeur pécuniaire sur le marché du mariage, elle est à la tête d’un héritage conséquent. Sauf que le père de James, qui avait en charge la jeune fille, est à ses heures idiot, joueur et escroc. Si bien qu’au début de notre roman, il somme son fils d’épouser la demoiselle afin de lui éviter le scandale et le cachot. La raison est simple, il aurait, à l'insu de son plein gré, dépenser l'argent qui n'était pas le sien (oups).

James aime beaucoup Daisy, mais il l’imagine plus comme sa sœur que comme sa future épouse. 


Mais que ne ferait-on pas pour la famille. Et les voici donc mariés…

Sauf que dans l’histoire,
Theo y croyait et qu’elle n’aurait jamais pensé que son compagnon d’enfance, son ami de toujours puisse un jour la trahir ainsi. Blessée en plein cœur, Theo chasse James et la presse à scandale se régale de leur séparation.

Deuxième partie :
James prend la mer, devient un pirate et jure de ne jamais revenir.
Theo part panser ses plaies sur le continent. Nos deux héros vont grandir, pour mieux se retrouver…

Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler. Mais à mon avis, c’est de cette division en deux parties que vient le problème majeur du livre. Les parties sont inégales. Alors que la première partie est intrigante, explore les personnages en profondeur, la seconde partie fait "précipitée".

Dans la première partie, on découvre les personnages, les liens qui les unissent, leur mariage, la découverte de leur sentiments, etc… Et alors que la-dite partie se termine, le livre en est déjà à plus de la moitié. Dans mon esprit, une partie se finissant sur une trahison constituait en un sens une introduction au réel travail d’évolution des personnages.

Car la seconde partie est riche en rebondissements (attention, quelques spoilers à suivre). James devient pirate pendant que
Theo devient la coqueluche de Paris. Alors qu’à Londres elle n’était que le vilain petit canard, elle se transforme en cygne de l’élégance et du style dans la capitale française. Sept ans passent avant que les deux ne rentrent à Londres. Et c’est long comme intervalle.

Pourtant peu de chapitres restent pour traiter leurs retrouvailles. Et je vous rappelle que
Theo avait chassé James et que ce dernier avait par la suite juré de ne jamais revenir…

Trop rapide. Cette partie n’est pourtant pas bâclée. Sans doute Eloisa a-t-elle trop de talent pour cela, mais les personnages et leur histoire auraient gagné en profondeur si quelques chapitres de plus avaient été alloué à la résolution de leurs différends.

Je suis plus émue par qui ils sont jeunes que par les adultes qu’ils deviennent.


Quoiqu’il en soit, ce livre reste une réussite, puisque l’auteur a réussi l’exploit de ne pas faire de cette histoire une histoire autour du physique de l’héroïne, de sa transformation magique en une beauté fatale. C’était un des écueils que je craignait plus que tout au départ. Mais Theo, ou Daisy, reste fidèle à elle-même (c'est à dire pas vraiment une beauté), et James reste aussi séduisant du début à la fin, malgré ses maladresses.
 

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

  
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19 janvier 2012

Et si on remplaçait le Prince charmant par un Duc?

The Duke is mine, le nouveau Eloisa James, tout beau, tout neuf, tout frais sorti de l'imprimeur le 27 décembre était dans mes souliers le matin de Noël ! (enfin presque… un bon pour… tout pareil !)

Pour l'occasion, j'ai refait lecture commune avec Pimpi (dont vous trouverez l'article ici), bien décidées que nous étions à ne pas rester sur nos deux précédentes mauvaises expériences ! Et en prime, l'article de Fashion, qui l'a lu en même temps que nous...

The Duke is mine est donc le 3ème opus de la série d'Eloisa sur les contes de fées (et comme je ne recule devant aucun sacrifice, je vous ai déjà parlé des tomes Un et Deux), et il s'articule avec une nouvelle parue en e-book, Winning the wallflower. Et comme j'aime faire les choses dans l'ordre (et parce que je m'impatientais) j'ai lu la nouvelle le mois dernier, en préparation du roman.

Alors voilà, pour la nouvelle, c'était super sympa, mais terriblement trop court. Une jeune fille fiancée par convenance à un homme qu’elle connait à peine, un héritage bienvenu (pour elle) qui lui permettent de rompre lesdites fiançailles et un fiancé pas du tout décidé à se laisser quitter. La mise en place de la relation entre héros et héroïne est charmante, l’idée me plait (devoir reconquérir ce que l’on pensait acquis est un bon ressort de romance) mais tout s'accélère trop vite, et l’héroïne accepte d'épouser le héros après quelques jours à peine. Trop rapide, pour moi. Mais c'est une nouvelle, donc c'est normal. Je n'adore pas les nouvelles pour ça, même quand je les aime, je suis frustrée.

De toute façon, Winning the wallflower n'existe qu'en e-book alors je ne voudrais pas éveiller la frustration chez certaines. Sachez simplement que l’héroïne est la meilleure amie d’Olivia, que nous retrouvons dans The Duke is mine...

Et pour cette romance, je suis perplexe.

Eloisa a choisi comme thème La princesse au petit pois... Je ne vous rappelle pas l'histoire, une princesse qui prouve qu'elle est vraiment une princesse en étant capable de sentir un petit pois à travers l'épaisseur de cinq, vingt ou cent matelas (selon les versions). Ce n'est pas mon conte préféré, loin de là... Je n’ai jamais bien compris où était l’élément magique de l’histoire, et la préciosité de la princesse à la peau si fragile m’a toujours parue terriblement superficielle. De plus, j'avoue avoir eu du mal à imaginer comment Eloisa pourrait le transposer. Je vous rassure, c'est chose faite. Avec le talent habituel d’Eloisa, avec humour et d’une manière originale. A deux reprises. Donc, pas de souci de ce coté-là, le quota conte de fée est bien respecté !

Olivia a été élevée dans un seul objectif : devenir une Duchesse parfaite pour son fiancé de toujours, le jeune Rupert. Mais ce futur Duc, qui a cinq ans de moins qu'elle, est aussi un peu naïf. Ce qui est un euphémisme. Il est naïf comme le serait un enfant de dix ans, ou comme le serait un bébé qui ne respirait pas à la naissance et que l'on a cru mort. Et Rupert s'est récemment mis en tête que, pour la gloire de son nom, il devait partir combattre cet affreux Napoléon sur le continent (oui, dans une romance régence, il y a toujours de vilains français à aller combattre). Ce qui ne risque pas d’arranger les affaires d’Olivia, éternelle fiancée approchant de l’âge canonique de vingt-trois ans.

Olivia a aussi une sœur jumelle Georgiana, qui a subi le même programme de « duchessification » qu'elle. Mais si cette éducation particulière était une bonne idée pour Olivia, déjà assurée d’être une Duchesse (encore que le succès de l’opération n’ait pas été le même sur les deux sœurs), les effets sont beaucoup moins heureux pour Georgie. La famille est de petite noblesse et la « duchessification » a plutôt tendance à faire fuir les prétendants de ce niveau. Georgie, trop posée, trop raffinée, trop cultivée, fait donc tapisserie dans les soirées chics, tandis qu’Olivia profite de sa relative liberté de fiancée pour divertir la galerie de bons mots osés.

Mais quand l'opportunité de rencontrer le Duc de Sconce, Tarquin (Quin de son petit nom) se présente, Georgie est extatique. Un vrai Duc, non marié, qui saura apprécier les multiples talents que l'on lui a inculqué? Et en prime, le spécimen rare a chargé sa mère de lui choisir une nouvelle épouse, n'est-ce pas merveilleux?

Voilà donc Olivia et Georgie en visite chez le Duc, avec en guest-star la future belle-mère qui a écrit un livre culte sur les bonnes manières chez les jeunes filles (je vous laisse imaginer la pression), le neveu original (qui répond au doux nom de Sir Justin Fievbre) et une dénommée Lucy qui ne manque pas d'attirer l'attention de tous. Et, of course, un héros absolument dreamy, swoonesque, chevaleresque... Les mots me manquent !

Et, comme dans tout conte de fée, ce qui devait arriver arriva... ou pas.

Le conte déraille un peu, les surprises apparaissent et rien n'est à sa place, pour le plus grand bonheur du lecteur ! Encore une fois, Eloisa réussit son coup. The Duke is mine est une romance magnifique, pleine d'obstacles entre nos amoureux (et pas des moindres), et surtout des références à n'en plus finir. Comme ne pas adorer une romance qui réussit à combiner Le mouron rouge et la Bieber fever ?

Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? Une seule solution, lisez The Duke is mine !

(oui, on dirait une pub... Juré, je ne suis pas payée pour dire ça ! )


Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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1 septembre 2011

Blog, Acte I, Scène 1

Aux origines de ce blog, il y a...
- Deux princesses pourvues de bibliothèques plus que conséquentes
- Notre rencontre, un jour de Salon du livre, il y a trois ans et des poussières
- Notre amour commun de la romance, genre ô combien négligé et maltraité
- Un trafic de bibliothèques (avec l'échange de valises entières de livres) entre nos appartements voisins
- Le prince pas si charmant qui a emmené ma comparse vivre dans de lointaines contrées (et j’aime autant vous dire que le trafic de valises est beaucoup moins marrant depuis…)
- L'idée qu'il fallait trouver un truc pour continuer à discuter pendant des heures de nos dernières lectures sans en oublier la moitié au passage (puisque certaines princesses ont une mémoire de poisson rouge pour les noms, mais je ne citerais personne ici ^_^ )
- Et finalement, THE décision qui en a entrainé plein d'autres et qui nous tient bien occupées depuis maintenant plus d'un an !

A l’acte II, il y a donc eu une réunion au sommet, où nous nous sommes posé les questions sérieuses :
- Saurons-nous nous tenir à un rythme?
- Y a-t-il un public pour un blog sur la romance?
- Allons-nous nous étriper à devoir toujours tout décider à deux?
- Quelle sera notre ligne éditoriale?

Et surtout, LA question… Comment allons-nous appeler ce blog ??! Tam-Tam a trouvé, j’étais hésitante… « Un titre en anglais, vraiment, mais est-ce que cela ne va pas perturber les gens alors que nous écrivons en français? »

Elle a insisté et elle a eu raison, je n’imagine plus autre chose !

Quand à nos pseudos (oui, car aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne m'appelle pas Chi-Chi dans la vraie vie), c’est le prince pas si charmant (qui a eu le malheur de passer par là au mauvais moment) qui nous a baptisé toutes les deux ! Avouez qu'un spécimen aussi doué, elle a eu raison de l'épouser...

Enfin, en ce qui concerne la répartition des taches, si je suis la maîtresse de l'étiquette en ces lieux, c'est Tam-Tam la responsable créatrice, elle a mis son crayon au service de notre look de princesses pour dessiner notre belle bannière !

Voilà comment est né In need of prince charming, I don't think so...

Et sur cette fameuse bannière se trouve l’image du dernier livre que nos valises magiques venaient d’échanger à l’époque, j'ai nommé A kiss at midnight d'Eloisa James ! Il était donc inévitable qu’une petite chronique se retrouve un jour sur cette page…

Si j'ai déjà chroniqué When beauty tamed the beast, réinterprétation plus que réussie de La belle et la bête, avant cela, Eloisa avait expérimenté le genre conte de fée avec Cendrillon.

Posons le décor :

Kate, notre héroïne, est légèrement cynique. Elle est dotée d'une belle-mère épouvantable, comme il se doit, et d'une demi-sœur plus évaporée qu'un flacon d'éther. Et cette chère sœur est dans une situation délicate, qui l'empêche de se rendre à un bal où sa présence est absolument essentielle pour des raisons bien trop complexes et tordues pour vous les expliquer ici. Belle-maman a donc l'idée de génie d'envoyer Kate déguisée en sa sœur ! Il n'y a qu'une vague ressemblance, mais avec beaucoup de poudre et une perruque, tout le monde n'y verra que du feu...  

Voilà un plan à toute épreuve, Kate est ra-vie.

De son coté, Gabriel est un prince. Un peu fauché, un peu exilé, mais un prince tout de même. Doté lui d'une riche fiancée certes plutôt sympathique mais qu'il n'aime pas d'amour, et d'une ribambelle de courtisans qu'il considère comme une pesante responsabilité.

C'est que ça coute cher à entretenir, tout ce petit monde, d'où le mariage de raison...

Maintenant que vous savez qui et pourquoi, voici comment :

Kate et Gabriel, pour une raison qui leur échappe complètement, se retrouvent irrésistiblement attirés l'un envers l'autre, ce qui a le don de les contrarier tous les deux, puisque cela perturbe les plans soigneusement étudiés pour l'avenir qu'ils se sont respectivement fixés.

Et comme il s'agit d'un conte de fée, pour aider au déroulement de l'histoire, on retrouvera ici une Marraine-la-bonne-fée, une pantoufle de vair (qui est ici en cristal – donc en verre, pour l'exactitude historique on repassera), un complot fort inopportun, un héritage, lui, fort opportun, un lion qui louche (ah non, ça c'est Daktari - juste un lion donc), des chiens, des cornichons, un accident de barque, un majordome mystérieux, un baiser au douzième coup de minuit et un happy-end digne des plus beaux Walt Disney...

Et maintenant que vous savez tout…
 
 
... bonne lecture !
Chi-Chi

 
PS : le prochain tome de sa série sur les contes de fées, The duke is mine, sort en décembre. Il s'agit de la Princesse au petit pois, je trépigne !
   
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10 mars 2011

La Belle et la Bête, the remake

Aujourd'hui, j'aimerais pouvoir résumer ma chronique en un seul mot : WOW !!!

Alors oui, forcément, cela ne va pas beaucoup vous aider pour savoir que quoi parle le livre. Mais comme souvent alors mes coups de cœur, j'ai un peu de mal à mettre des mots sur mes idées.

Mais je vais faire un effort, ne serais-ce que car je crois que ce serait un crime que vous ne vous précipitiez pas pour lire When Beauty tamed the Beast d'Eloisa James.
Eloisa, nous vous en avons déjà parlé, mais c'est la première fois qu'elle est à l'honneur, et je suis finalement contente d'avoir attendu ce livre pour lui consacrer une chronique, car il est entré directement au Panthéon de mes meilleures romances, et est incontestablement (Tam-Tam a approuvé) le meilleur d'Eloisa !

De quoi parle When Beauty tamed the Beast?
 
C'est l'histoire de Linnet, une jeune fille plus belle encore que tout ce que nos mots de simples mortels peuvent exprimer. Une peau d'albâtre, des yeux où scintillent toutes les étoiles du ciel, des dents de perle, une chevelure de soie et un rire plus exquis que le tintinnabulement des grelots.

C'est l'histoire de Piers, un ours qui vit reclus dans un château du Pays de Galles. Un ours qui est aussi médecin, éhontément copié (pour mon plus grand bonheur) sur le personnage du Dr. Gregory House (que j'aime d'amour).

C'est l'histoire d'un scandale : une jeune fille aurait été compromise hors des liens sacrés du mariage, et peu importe que cela soit complètement faux, il faut lui faire quitter Londres au plus vite.

C'est l'histoire d'une rencontre au milieu d'une ribambelle de personnages secondaires tous plus savoureux les uns que les autres : un père qui veut trouver une femme à son fils, consentant ou pas, une aristocrate française, véritable icône de mode, un majordome qui n'a rien compris aux codes de la bienséance, une ribambelle de jeunes docteurs et une infirmière acariâtre...

C'est l'histoire de deux héros qui sont bien plus que ce que leur apparence laisse à penser, d'une bête au fort mauvais caractère qui sera apprivoisé par sa belle, pas intimidée pour deux sous par son attitude peu avenante.

C'est aussi, comme il se doit, l'histoire de quelques péripéties, pas forcément très roses et qui changeront à jamais le caractère de nos héros, les rendant à chaque instant plus réels à nos yeux.
En bref, c'est l'histoire d'un merveilleux conte de fée où tout est bien qui finit bien, version modernisée de La Belle et la Bête, et c'est, en ce qui me concerne, c'est l'histoire d'un énorme coup de cœur !

Eloisa nous raconte une histoire où l'amour ne cède jamais à la facilité, avec une plume experte, et j'ai été bouleversée par l'intensité avec laquelle elle nous décrit les émotions  de ses personnages, enchantée par la vivacité des dialogues entre Linnet et Piers.

Je ne m'étendrais pas davantage sur le sujet pour mieux vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce livre dévoré en 48h est un must-have absolu selon moi alors n'hésitez pas !

Bonne lecture,
Chi-Chi

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31 janvier 2011

Et si on se glissait sous les couvertures ?

En littérature féminine, la couverture est un sujet vaste qui fait débat. Il y a ceux qui assument les couvertures rose bonbon avec des hommes au torse musclé luisant dans le soleil couchant. Et puis il y a ceux qui déclarent « plutôt mourir que de me laisser surprendre un tel livre à la main ! ». Déchainer les passions de cette manière, cela donne à réfléchir.

J’aimerais vous dire que cette réputation n’est pas fondée et  qu’il s’agit d’une conspiration visant à discréditer le genre, mais ce serait malheureusement mentir. A la vision de certaines couvertures, je ne peux parfois que me demander si le graphiste daltonien n’a pas été victime d’une intoxication alimentaire au moment de la création tant la couverture rassemble toutes les conditions pour faire tourner de l’œil les lecteurs les plus aguerris. Et je ne parle même pas des couvertures sirupeuses des années 80, 90… A croire que parfois, la couverture semble dire « surtout n’essaye pas ce livre ! ».

Heureusement pour le genre, l’histoire n’est pas fonction de la couverture, et bien des diamants ont été découverts sous une couche de kitch saupoudrée de mauvais goût - il n'y a pas si longtemps, sur les couvertures de l'éditeur J’ai Lu, le héros portait invariablement un mulet et tenait l’héroïne dans une position que même une doctorante en gymnastique avec option contorsion ne pourrait tenir plus d’un ¼ de seconde.

Pour parfaire mon argumentaire, je vous propose de vous glisser sous cinq couvertures sélectionnées par mes blanches mains dans la pile de livres que j’ai lu ces derniers jours. Les histoires seront-elles à la hauteur de la couverture ? Aurais-je dû fuir à la vision de l’œuvre graphique se présentant à moi ?


 La couverture de « This Duchess of Mine » d’Eloisa James nous présente l’élégante main et le décolleté avantageux de l’héroïne, Jemma. Le corsage de la robe ne laisse aucun doute quant à la nature de l’histoire. Il s’agit d’un historique. Jusque là, l’histoire tient les promesses de la couverture. Dans certains livres en VO, la sur-couverture, celle qui se présente à nous au moment de l’achat, n’est qu’un leurre qui dissimule souvent une scène bien plus osée. Ici, vous pourrez découvrir le couple à demi-nu s’enlaçant lascivement sur la première de couverture. L’homme est beau, la femme sensuelle. Mais voyons à présent si toutes les informations rassemblées seront confirmées par la lecture…

Après plusieurs années passées en France, Jemma, Duchesse de Beaumont est de retour à Londres. Elijah, son mari, a besoin d’un héritier, mais elle n’acceptera de l’accueillir dans le lit conjugal qu’à la condition qu’il la séduise. Le Duc est un homme aux responsabilités considérables. Figure de proue de la chambre des Lords, il prend son rôle et sa position très au sérieux. Défendre la cause des plus humbles, rallier la majorité à sa cause, il sait faire. Mais lorsqu’il ne s’agit plus de politique, mais d’affaires de cœur, cela se complique.

Pour une première couverture, c’est une réussite. L’histoire est très élégamment écrite, l’héroïne a du cran et du style. Comme toujours chez Eloisa, l’intrigue est finement menée, et la relation entre les personnages se travaille. Un très bon moment passé avec le Duc et la Duchesse de Beaumont.
Cohérence de la couverture avec l’histoire : 4/5 (parce que sur la première de couverture, l’héroïne a un balayage californien dans les cheveux quand même !)


Passons au deuxième livre, A Rake’s Guide to Pleasure de Victoria Dahl. Sur la couverture, un couple s’enlace dans une surabondance de satin violet. Mes yeux ont mal, mais l’idée générale (confortée par le titre lui-même) est qu’en lisant ce livre, je découvrirais l’éveil des sens de l’héroïne.

L’histoire raconte la rencontre entre Emma Jensen, alias Lady Denmore, jeune femme sans le sou élevée par un père à la réputation plus que douteuse, et du Duc de Somerhart, dit Hart pour les intimes, « rake » notoire. Emma doit rassembler suffisamment de fonds pour s’assurer un avenir confortable à la campagne. En bonne héritière de son joueur de père, elle décide de gagner son argent au jeu et se fait passer pour une scandaleuse veuve tandis qu’elle dépouille les jeunes aristocrates qui ont le malheur de parier avec elle. Hart est intrigué, et décide de poursuivre de ses assiduités la jeune fille. Cette dernière veut garder son secret pour elle, mais l’attraction qu’elle éprouve pour le Duc lui fait prendre des risques…

En commençant ce livre, j’imaginais que j’aurais le droit à de la sensualité, à des scène coquines écrites avec art. C’est ce que la couverture me promettait du moins. Du satin violet, quelle décadence… Malheureusement, l’histoire n’est pas aussi sexy que la couverture. J’en attendais plus.
Cohérence : 2/5


Contrairement à l’histoire précédente, où la couverture me laisse sur ma faim, Wicked Intentions, d'Elizabeth Hoyt, affiche une couverture assez sobre (sur l’échelle de la romance, elle n’est pas non plus d’une classe folle, nous sommes d’accord). Une femme s’enfuit dans une rue éclairée par un lampadaire. Vêtue d’une robe satinée dorée (les graphistes ont un truc avec le satiné, décidément) et d’une longue cape à capuche. On la sent « aux abois », tentant de fuir en gardant son identité secrète.
Mon imagination est très fertile. C’est fou, je sais.

Rien ne laisse présager la sensualité qui va se dégager de la relation entre les deux héros. A part peut être la première de couverture, où la robe dorée se voit remontée jusqu’à la taille, dévoilant une longue jambe satinée qu'un homme à la carrure imposante explore pour prendre possession du corps alangui de l’héroïne… Et pourtant, entre Lazarus Huntigton et Temperance Dews, les étincelles vont crépiter. Elizabeth Hoyt est d’ailleurs une coutumière du fait. Le côté sombre du héros, l’héroïne avec la tête sur les épaules, la rencontre, le meurtrier à démasquer… Un cocktail de sensualité qui n’est finalement suggéré que dans le titre.

Une couverture qui au premier abord ne m’a pas fait spécialement envie, mais une auteur que je connais. L’histoire est la première de la série « Maiden Lane ». Il va sans dire que les autres tomes trouveront le chemin de ma bibliothèque, couple enlacé sur un fond rose dragée ou pas…
Cohérence : 3/5 (mais un livre tellement bon…)


Passons au quatrième, et abordons un peu le contemporain avec Something about you (Mon ange gardien) de Julie James. Un couple est présenté sur la couverture. L’homme en costume pose une main possessive sur la chute de rein de la femme mise en valeur par une robe fuchsia au décolleté dorsal très avantageux. Après une étude plus approfondie, la femme a une french manucure et porte des bijoux couteux, l’homme est en costume gris souris à fines rayures blanches.

Voyons à présent ce que l’histoire nous révèle… Cameron Lynde, assistante au bureau du procureur de Chicago, se retrouve bien malgré elle témoin d’un meurtre alors qu’elle passe la nuit à l’hôtel. Le FBI est sur l’affaire et l’agent en charge est Jack Pallas. Ils se connaissent, et entre ces deux là, ce n’est pas l’amour fou. Il y a 5 ans, un différent entre les deux a abouti à la mutation disciplinaire de Jack. Ce dernier a la mémoire longue (et de belles œillères si vos voulez mon avis…), mais rien de tel qu’un meurtrier pour vous donner le sens des perspectives.

Donc si j’ai bien compris, la femme qui sur la couverture ressemble à une actrice le jour d’une première « red carpet » serait Cameron ??? A d’autres !!! La couverture crie au couple glamour d’une romance contemporaine, pas au couple qui se forme sur la brèche d’une arrestation de meurtrier. Après, le roman se lit facilement, Julie James nous offre comme toujours des dialogues délicieux à l'humour acéré. Mais une fois encore, sous la couverture, ce n’est pas ce qui m’avait été promis…
Cohérence : 3/5
PS: ce dernier vient d'être édité aux édition j'ai lu, et je dois avouer que j'aime particulièrement la couverture française, voyez donc...


Finissons en beauté avec The Kept Woman de Susan Donovan. Voilà typiquement un livre que j’ai acheté pour la couverture. C’est assez rare pour que je me permette de le souligner. De longues jambes sexy qui sortent d’une baignoire, une main qui tient une Margarita avec désinvolture. Un fond bleu avec des bulles. Une illustration pétillante qui annonce « comédie romantique contemporaine ». Et sous la couverture, c’est exactement ce que l’on trouve.

Samantha est épuisée. Depuis que son mari l’a quitté en lui laissant toutes ses dettes à payer, elle n’a plus une minute pour elle avec son travail et ses 3 enfants (dont l’un d’entre eux en plein apprentissage de la propreté). De son côté, Sam est un politicien dans le vent qui souhaite rassurer ses électeurs et afficher une image plus responsable et adoucir sa réputation de play-boy. Le plan? Samantha et ses enfants poseront comme la nouvelle famille du politicien, le temps de gagner l’élection au Sénat qui se profile. En contrepartie, les soucis financiers de Samantha seront résolus et elle pourra enfin prendre 3 minutes pour se détendre. Comme tous les plans bien calculés, ce dernier ne prévoit pas le facteur humain, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Une romance pleine de légèreté et d’humour, facile à lire un dimanche pluvieux. Et avec le mois de février qui s’annonce, vous n’aurez pas trop d’un livre remplissant ses critères!
Cohérence 5/5

Bilan de mon expérience, sur 5 livres, j’en conseillerais seulement 4. Pourtant, seulement 2 couvertures semblent réellement remplir leur office.
J’ai appris avec les années à ne plus faire attention à la couverture des romances, pourtant une part infime de moi-même y reste sensible. Si je fais parfois abstraction du kitch et du satiné, je ne peux que me désoler à la vision des désastres graphiques sortant encore de l’imagination des responsables de collection.


Un jour je vous parlerais des perles des collections françaises, mais en attendant, bonne lecture!


Tam-Tam
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27 janvier 2011

The lady most likely...

Il est temps de vous avouer quelque chose dont vous ne vous seriez jamais douté : Julia Quinn est ma référence absolue en matière de régences! D'ailleurs, j'ai classé ma bibliothèque hier, et après vérification, c'est la seule auteur dont je possède tous les livres. Mais parfois (quand JQ n'a pas écrit assez de nouveautés récemment et que je viens de relire trois fois l'intégrale de ses œuvres), je suis bien obligée de me résigner à lire autre chose. Eloisa James peut parfois faire l'affaire (je n'ai pas encore eu le temps de vous en parler plus en détail mais elle se défend bien, en plus j'ai eu l'honneur de déjeuner avec elle l'an dernier), Connie Brockway, aussi à la rigueur...

Ces trois auteurs sont aussi de grandes copines dans la vraie vie. Et comme ce sont des copines de JQ, je pars du principe que je vais aimer leurs livres... Lorsque j'ai su qu'elles avaient décidé d'écrire un livre à 6 mains, je ne pouvais donc pas faire autrement que de le lire... C'était le livre que j'attendais!


The Lady most likely est donc un livre à trois auteurs, attention, pas un enchainement de 3 nouvelles! Bien sur, chaque auteur a écrit sa partie, et raconte l'histoire d'un couple. La différence avec un recueil de nouvelles? Une introduction et une conclusion écrites, on ne sait trop par qui, qui posent la situation, une cohérence dans la façon dont chacune des histoires s'articule avec les autres. Si les habitués reconnaitront bien la patte de chaque auteur dans une histoire ou l'autre, les transitions se font sans difficultés... Pour celles qui ont lu The lost duke of Wyndham et Mr. Cavendish I presume, toujours de Julia Quinn (mais à part ça, je ne suis pas du tout mono-maniaque, merci), les choses se passent un peu de la même manière, chaque couple nous présentant sa version de la semaine à la campagne où ils se retrouvent, tout en suivant le déroulement de leur histoire.

Posons le décor : dans la plus typique tradition de la romance régence, Hugh, Earl (l'équivalent de nos Comtes) de Briarly  ne tient pas particulièrement à se marier. Il est obnubilé par ses projets de dressage de chevaux, et n'a pas de temps à consacrer à ces futilités. Mais après une rencontre malencontreuse avec les sabots de son nouveau projet, et une petite semaine dans le coma, il se dit qu'il serait peut-être raisonnable d'y songer, avant la prochaine mésaventure. Et, tout à fait naturellement, parce qu'il n'a pas de temps à consacrer à ces futilités disais-je, il demande à sa sœur d'inviter dans leur maison de campagne quelques jeunes filles qui pourraient faire l'affaire. Un peu comme on choisit un nouveau cheval en fait! Ces anglais ont des méthodes étranges pour se choisir une fiancée je trouve... Voilà donc qu'une liste d'invités est rédigée, les invitations sont envoyées, et une vingtaine de personnes répondent présentes, parmi lesquelles :
- Hugh, accompagné comme toujours de son étalon (ne cherchez pas, il n'y a pas de sous-entendu graveleux ici), mais aussi
- sa sœur, Lady Caroline Finchley, très occupée à faire les yeux doux à son cher et tendre époux, le beau Piers,
- Miss Katherine Peyton, qui n'a pas la langue dans sa poche, de dépit de ce que son physique de poupée de porcelaine pourrait laisser penser,
- le tout nouveau Comte de Charters, une compétition redoutable car l'homme est considéré comme hautement désirable par toutes les mamans anxieuses de marier leurs filles,
- Lady Georgina Sorrell, veuve qui a juré de ne jamais se remarier et donc on se demande du coup ce qu'elle vient faire là (à moins que ce ne soit un plan diabolique pour attirer les hommes dans ses filets et les détourner du droit chemin),
- le Capitaine Neill Oakes, héros tout juste rentré du champ de bataille, encore tout frais traumatisé et auréolé de gloire nationale,
- Miss Gwendolyn Passmore, qui aurait pu servir de modèle à la Vénus de Boticelli si elle n'était pas née un siècle ou deux trop tard, et qui trouve cette comparaison fort embarrassante pour sa nature réservée et timide (après tout la Vénus est nue, et on ne plaisante pas avec la pudeur à l'époque)!

Tout ce beau monde réuni nous offre un livre terriblement agréable à lire, et drôle comme il se doit! Rassurez-vous pour le reste, j'aime beaucoup d'autres auteurs que JQ, Eloisa James ou Connie Brockway, mais la réunion des trois donne un cocktail détonnant, et est selon moi une grande réussite, je ne peux donc que vous recommander de vous précipiter pour lire ce livre!


Bonne lecture,
Chi-Chi
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23 septembre 2010

Tu veux parier?

Pour rester dans le thème abordé par Tam-Tam, je voulais parler de kilos en trop. Il faut dire que les auteurs de romance ont une conception intéressante du défaut physique. Passons sur les boucles indomptables, les taches de rousseur, la grandeur (à moins d'être une girafe, ça ne compte pas) ou les lèvres trop charnues, qui sont au défaut physique ce que le perfectionnisme est au défaut de caractère : de la fausse modestie mal placé. Les héroïnes sont rarement moches, à part cette pauvre Face de moineau, et si on se limite à la question du poids.. eh bien c'est encore plus édifiant!
 
La plupart du temps, notre héroïne est plutôt complexée car elle est trop mince pour la mode de son époque, et se lamente sur le fait que cette minceur s'accompagne d'une petite poitrine (plains-toi ma fille, au moins tu ne connaîtras pas le drame des seins qui tombent!)... Parfois, elle a des rondeurs, ce qui, en langage romance, se traduit par des hanches un tantinet plus larges que la moyenne et une poitrine opulente qui fait toujours baver d'envie les autres filles et laisse les hommes pantelants de désir! Et pire encore, ce que l'on voit souvent dans les historiques, un bon corset et hop, l'héroïne a une silhouette voluptueuse, dans les contemporains, elle décide de faire un régime (et n'a bien évidemment jamais aucune difficulté à s'y tenir) et hop, tout va mieux dans sa vie... Aaaargh!!! Alors, oui, la romance, ce n'est pas la vraie vie, mais moi j'aime bien pouvoir m'identifier à une héroïne moins que parfaite, un peu de justice dans ce monde de brutes à la fin, elle va déjà avoir son prince charmant, elle ne peut pas EN PLUS ressembler à un mannequin! 
 
Soyons honnêtes, le poids, c'est sûrement l'un des pire cliché de la romance. Et cette fichue héroïne qui se trouve ronde est la plupart du temps tout ce qu'il y a de plus normale, et son complexe n'est rien d'autre qu'une excuse bidon de l'auteur pour justifier un "conflit" entre nos héros, ce qui prend à peu près aussi bien qu'une mayonnaise ratée! Je préférerai une héroïne bien dans sa peau et moins de rebondissements à 3 francs 6 sous, merci bien! Et en cherchant un peu dans ma bibliothèque, j'ai tout de même réussi à mettre la main sur quelques livres où l'héroïne est ronde, ne passe pas par un extreme-makeover/un régime draconien/Marraine la Bonne fée, et se contente d'apprendre à vivre avec le corps qu'elle a. Pleasure for pleasure, ou Le plaisir apprivoisé d'Eloisa James, Night play ou Jeux nocturnes de Sherrilyn Kennyon, et Bet me, de Jennifer Crusie.
 
J'avais déjà lu les 2 premiers, mais Bet me était dans ma pile à livre, c'était donc l'occasion de le dépoussiérer!
 
Et j'ai regretté d'avoir attendu si longtemps, je me suis régalée. Oui, le poids de l'héroïne est en question, mais c'est aussi et surtout une histoire géniale, avec une ex-fiancée psychologue qui développe une théorie bidon, un ex-petit-ami qui est le dernier des crétins, des familles qui m'ont fait adorer la mienne, un neveu intolérant au sucre (le pauvre), une héroïne qui a le job le plus sexy de la planète, actuaire (désolée Tam-Tam, c'est pire que comptable) et qui ne croit pas aux contes de fées, un héros avec une réputation de play-boy peu fréquentable et qui adore parier quand il est sur de gagner, des chaussures de folie (dignes d'une princesse, sauf la paire de mules à talon en plastique transparent avec des cerises sur les orteils...), une amie leste du sac à main, une obsession pour le poulet au marsala, un chat borgne et des boules à neige.
 
Et évidemment, Min, notre héroïne, se trouve trop grosse (si d'aventure elle venait à l'oublier 3 minutes, sa mère se charge bien de le lui rappeler), et elle suit religieusement les préceptes du régime Atkins, où on ne peut manger aucun glucide (pas de pain, de pâtes, de fruits, de légumineuses, de sucre, rien). Au passage, quelqu'un devrait expliquer à Min qu'il y a bien plus de calories dans le cocktail qu'elle avale en 3 gorgées que dans une bouchée de pain... Et Min vient de se faire larguer, à 3 semaines du mariage de sa sœur. Ô joie, elle va devoir aller seule à la cérémonie, et en plus sa robe est 2 tailles trop petite parce que sa mère espérait qu'elle maigrirait pour l'occasion.
 
Quand Min rencontre Cal, tout commence avec un pari. Et continue sur le même registre...
 
Et Cal est convaincu que si Min ne se trouve pas jolie, personne ne pourra l'en persuader, et qu'être sexy, c'est une attitude, pas une taille de robe. Voilà un discours qui a fait clic dans ma petite tête. Cal ne prétend pas une seconde que Min est mince. Il ne lui dit pas si elle devrait ou non perdre du poids Par contre, il lui dit d'arrêter de torturer son corps et son esprit avec un régime qu'elle ne fait que pour satisfaire sa mère (oui, car Min, si elle est un peu complexée, l'est plus par le regard de sa mère que par ses kilos en trop). Voilà une attitude autrement plus saine que de passer sa vie au régime pour de mauvaises raisons!
 
En prime, Cal (il n'est pas parfait non plus, rassurez-vous) et Min n'ont pas du tout envie de tomber amoureux l'un de l'autre. Et, comme souvent avec Jennifer Crusie, cela donne un cocktail détonant de dialogues à mourir de rire et de situations comiques qui ne tombent jamais dans le ridicule!


Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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