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26 octobre 2012

Les trois soeurs - Born in

Je discutais avec Tam-Tam l'autre jour.

Si, parfois, ça m'arrive. Genre, elle m'a lâchement abandonner pour aller vivre à l'autre bout du monde (et j'exagère à peine) mais je daigne encore lui adresser la parole (quand je vous dis que je suis trop sympa...).

Enfin, on discute, on discute... On discute surtout pour parler de romance, puisque ce petit blog remplit finalement assez bien sa mission, et que je suis régulièrement o-bli-gée d'avoir de longues séances de débriefe téléphonique sur le dernier chef d’œuvre qui secoue le monde de la romance (et non, il ne s'agit pas de Fifty shades, T. ayant déjà décrété qu'elle ne le lirait pas – a moins que ce soit moi qui le lui ai interdit, je ne sais plus bien).

Bref, je disais donc... Je discutais avec T. l'autre jour...

De romance of course ! Et plus précisément, de l'importance de Mrs Nora Roberts dans ce petit microcosme (qui va bientôt conquérir le monde, sachez-le).

Parce que nous sommes un peu vieilles (enfin surtout elle mais chut, ne lui dites rien), ou juste de vieilles lectrices (ce qui est à peine meilleur pour l'ego), nous avons toutes les deux découvert la romance à l'époque ou Nora était la reine incontestée des séries en tous genres. Il y a pffff... ah moins 6 mois ? 6 ans ? Plutôt 16 ans en fait... Gloups... Changeons vite de sujet avant que l'une de nous ne fasse une crise cardiaque devant cette prise de conscience du temps qui passe.

Nora était donc la reine de la romance, dans un univers dominé par le old-school, elle est venu apporter un vent d'air frais (c'est beau, je suis presque poète à cette heure) et je peux m'avancer sans risque en disant qu'elle a vraiment contribué au mouvement de modernisation de la romance dans les années 90. Mais Nora reine de la romance, c'était avant... Avant les premières déceptions, avant les vilaines rumeurs sur l'usage de nègres, avant que l'expérience ne nous rende de plus en plus difficiles dans nos attentes vis à vis des auteurs. Avant qu'elle ne perde son mojo ?

Quoi qu'il en soit, en discutant avec T., nous avons réalisé que nous avions le même parcours avec Nora (Pirouette va encore dire des jumelles séparées à la naissance... Pirouette, si tu nous lis, les preuves s'accumulent un peu plus chaque jour, je songe à contacter la clinique et à demander des explications à mes parents !) : des premières amours intenses, et puis petit à petit, des déceptions. Une, puis deux, puis trois... Et pour finir, plus rien. J'ai arrêté d'acheter le nouveau Nora. Je ne m'y intéresse même plus, je ne sais plus où elle en est. 

Pourtant je la cite toujours en référence ! Mais toujours avec ses vieilleries, ses valeurs sures lues et approuvées. Parce que la romance aujourd'hui ne serait pas la même sans elle dans le paysage et parce que, quoi qu'on puisse lui reprocher, elle reste responsable de mes premiers émois de lectrice romantique.

Et parce qu'elle m'a fait tomber amoureuse de l'Irlande, dans une série dont je vous ai déjà parlé... et dans une autre dont je vous parle aujourd'hui. Les experts auront deviné (enfin surtout T. qui me connaît bien) que je veux parler de la série des Trois sœurs, « Born in » en VO.

Entre Maggie la rebelle (Born in fire), Douce Brianna (Born in ice) et Shannon apprivoisée (Born in shame), Nora nous raconte l'histoire d'une famille qui a planté ses racines, là-bas au fin fond du comté de Clare, dans la campagne irlandaise, un petit village perché près de la mer, battu par les vents et la pluie. Et si la magie n'est pas présente dans sa forme la plus évidente, les mystères du paysage et de la culture locale suffisent à envoûter le lecteur (aidé de quelques rêves prémonitoires, Nora ne serait pas Nora sans un soupçon d’étrangeté paranormale que nul ne peut vraiment expliquer)...

Maggie est une artiste, une souffleuse de verre dont les sculptures sublimes attirent l’œil de Rogan Sweeney, galeriste célèbre bien décidé à faire sa fortune malgré elle. Maggie est la rebelle, l'irlandaise typique à la chevelure de feu et au tempérament ardent, vouée à son art, jusqu'à cette rencontre... Et après ? Eh bien après je ne vous fais pas un dessin, puisque notre héroïne avec son caractère doux et conciliant, apprécie follement de voir débarquer ce citadin, businessman, qui ne peut s’empêcher de lui dire ce qu'elle doit faire. Ou pas. A vous de voir !

Brianna, comme le titre ne l'indique pas, est douce. Comprenez par là qu'elle est ce que sa sœur appelle une « faiseuse de foyer ». Elle tient un B&B charmant où j'irais bien passer mes vacances, et partage son temps entre la confection de scones aux canneberges (Nora, chérie, les canneberges ne sont pas locales d'Irlande, je pense que tu confonds avec le Massachusetts, mais passons... ce n'est pas la première fois que tu nous fais le coup !), l'entretien de son jardin, et le pliage de draps. Mais ne vous inquiétez pas, elle adore ça. Oh et aussi ? Brianna, en bonne fille dévouée, passe un temps fou à écouter les jérémiades et à céder aux caprices de son acariâtre de mère... Et pour elle aussi tout va changer avec un nouvel client qui s'installe au B&B pour quelques semaines, et va lui ouvrir les portes d'un monde où on ne fait pas sa propre lessive....

Enfin, Shannon... Eh bien je ne peux rien vous dire sur Shannon, sous peine de ruiner la surprise pour vous ! Donc, Shannon n'est pas douce, ce n'est pas une rebelle, mais c'est une héroïne qui conclue en beauté cette trilogie, dans la grande tradition de Nora, à l'époque où elle savait encore me faire rêver et où je n'avais pas l'impression d'avoir lu 20 fois les mêmes types de personnages sous sa plumes.

La trilogie Born In est et restera toujours pour moi une recommandation que je fais à tous ceux qui me demandent conseil, je sais qu'il en va de même pour T., et si vous ne l'avez pas encore lue, eh bien vous savez ce qu'il vous reste à faire !
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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3 mai 2012

Fever, la saga


Avant de commencer, une mini-annonce pour vous dire que nous avons modifié la page "A l'attention des novices en romance", n'hésitez pas à aller y faire un tour...


Puis revenons au sujet qui nous intéresse cette semaine. Maintenant que le suspens a bien eu le temps de monter depuis jeudi dernier, je peux vous avouer la vérité. 

Je n’ai pas seulement lu Dark Fever. J’ai lu Dark Fever, puis  j'ai enchaîné avec Blood Fever, Fae Fever, je me suis précipitée sur Dream Fever, et enfin, j'ai dévoré Shadow Fever… La totale donc !

Le tout en très exactement 8 jours de temps, puisque j’ai commencé un mardi pour finir le mercredi suivant. Un marathon de lecture pareil, voila longtemps que cela ne m’était pas arrivé ! 

Et là, vous vous dites, dans votre grande innocence, qu’une telle vitesse de lecture ne peut que vouloir dire que j’ai adoré la saga, de tout mon cœur et sans réserve. 

Faux. Ne nous emballons pas et reprenons les choses dans l’ordre. 

Pour celles qui aurait vécu dans une grotte ces 5 dernières années (oui, n’ayons pas peur des mots… je vivais moi-même dans une grotte jusqu'à il y a quelques semaines), Fever rassemble 5 tomes, de la plume de Karen Marie Moning (responsable de quelques highlanders plutôt sympathiques). 

Ce n’est pas à proprement parler une romance, même si il y a une histoire d’amour quelque part, c’est une saga d’urban fantasy. Il n’y a dans Fever qu’une héroïne, et pas de héros. Alors que fait cet article ici ? Eh bien j’ai décidé d’user arbitrairement de mon royal pouvoir pour déclarer que Fever était une fausse romance, et que puisque la saga était écrite par une auteur de romance notoire (qui reconnait elle-même que ce n’est pas une romance), j’avais le droit de faire ce que je voulais. Surtout après avoir consacré toutes ces heures à la lecture des cinq tomes ! Mais je m’égare… 

Dans Fever, il est donc question de Mac, southern belle dans toute sa splendeur qui se laisse vivre paisiblement entre son job de barmaid et ses parties de volley entre amis sur la plage. Mac dont la vie bascule le jour où elle apprend l’assassinat de sa sœur, dans une ruelle sombre de Dublin. Qui a tué Alina, pourquoi ? Et pourquoi la police s’empresse-t-elle de classer l’affaire ? Mac, bien décidée à obtenir justice, saute dans un avion et débarque en Irlande, n’imaginant pas une seconde ce dans quoi elle vient de mettre les pieds. 

A Dublin, notre héroïne est assaillie de visions toutes plus incroyables les unes que les autres… Des visions… ou autre chose ? Elle se découvre un talent particulier, celui de voir les faes (les fées quoi…). Et ce talent la met en danger un nombre incalculable de fois, manquant de la tuer, d’abord par ignorance, puis par imprudence, enfin par vengeance (ce n’est pas beau, toutes ces rimes ?). 

Mais tout ceci n’est évidemment que le début, il faut bien occuper les lecteurs pendant cinq tomes ! Mac se retrouve prise dans un engrenage terrible où elle apprendra le poids des responsabilités (et je vous laisse imaginer ce que cela peut donner, quand la responsabilité en question n’est rien de moins que le sort du monde tel que nous le connaissons). 

Voila pour la mise en place du décor. Autour de Mac, une ribambelle de personnages, à commencer par l’énigmatique Barrons, celui qui déclenche l’hystérie collective partout où il passe, le male alpha dans toute sa sombre splendeur. Mais également V’lane, le prince fae, Dany, la petite sœur d’adoption, Rowena, Ryodan, le fantôme d’Alina, Darroc, Mallucé, Fiona, les MacKeltar (pauvre Christian), Kat et Jo, l’inspecteur Jayne, les parents de Mac, et j’en oublie certainement plein d’autres !  

Et histoire de compléter le tableau, je vous propose un petit j’aime/j’aime pas, instrument choc de la bloggeuse en peine de rédaction…

J’aime pas…

  • L’enthousiasme collectif autour de cette saga. C’est bête mais moi ca me fait fuir… En plus du fait que c’est une saga of course. 
  • L’enigmatisme de Barrons, le personnage masculin. Tout ce silence, tous ces secrets… Il est utile de se parler dans la vie, ça évite de faire des bêtises. Et là, Mac et Barrons nous en offrent quelques beaux exemples. Barrons exige de Mac sa confiance sans rien lui donner en retour. La lectrice que je suis n’a pas trouvé ça sexy, juste horripilant.  
  • La noirceur dans l’ambiance générale. Ca tombe mal, c’est bien plus de l’urban fantasy que de la romance, et ce n’est pas un genre particulièrement réputé pour ses petits poneys roses à tous les coins de rue. Ici, ça serait plutôt des monstres gluants à tous les coins de rue. 
  • La fin épouvantable du tome 3. Traumatisée je suis. 


J’aime…

  • La complexité incroyable de l’univers créé par KMM, des détails cachés partout, des twists surprenants et un final grandiose qui m’a tenue en haleine pendant 200 pages…
  • L’évolution du personnage de Mac, même si j’ai détesté la voir souffrir autant. De Mac 1.0 à Mac 5.0, comme elle le dit si bien elle-même, chaque tome correspond à une étape de son évolution. Et pour ceux qui sont agacés par son coté poupée Barbie du début, point d’inquiétude, cela ne dure pas ! 
  • Le personnage de Barrons une fois qu’il se révèle. (à partir du tome 4 donc.) Parce que là… Pfiouh !!! Il fait un peu chaud ici, non ? Non ? Si si, je vous assure… Il aura fallu le temps mais je reconnais qu’il en valait la peine. 
  • Retrouver mes highlanders, même si ce fut bref. Savoir ce qui se cache derrière chacun d’eux et espérer lire un jour l’histoire de Christian. Et de Ryo. Et de Dani. Ca tombe bien, c’est prévu…



Bon, 4 partout… Mais avec des « J’aime » plus forts que les « J’aime pas », ça tombe bien non ? J’ai aimé la saga car elle m’a tenue en haleine pendant une semaine (heureusement que tous les tomes étaient sortis, je compatis avec les lectrices qui ont du patienter, surtout après le 3 et le 4…). Mais un petit quelque chose m’a empêchée d’adorer car, au fond de moi, je reste une princesse qui recherche dans ses lectures des petits cœurs et des arcs-en-ciel, et que ce n’est définitivement pas ce que j’ai trouvé ici. 

Je ne regrette pas du tout ma lecture, et mieux, je vous la recommande. Parce que c’est une histoire très bien menée, extrêmement prenante et passionnante, et que Mac, la seule et unique héroïne, vaut le détour. Parce que les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont remarquables et parce que jusqu’à la fin, KMM arrive à nous surprendre. Et parce que, tout de même, Mac et Barrons ensembles (un peu d’amour dans ce monde de brutes) m’ont donné des palpitations quand, enfin, ils se rejoignent (et on passe plus de 4 tomes à attendre, je vous laisse imaginer l’anticipation) !

Alors pour résumer : 
J’ai lu Fever. C’est une saga, mais c’est bien quand même. C’est plus noir que rose mais cela vaut le détour. Vraiment. Lisez-le si ce n’est pas déjà fait. 

Et sur ces bonnes paroles, je vais commencer un livre avec un feu d’artifice de paillettes roses et dorées, pour me remettre de mes émotions ! 


Bonne lecture, 
Chi-Chi

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13 octobre 2011

Straight up

Lecteur, je me flatte d’être une vile tentatrice. Je dirais même plus, Tam-Tam et moi nous flattons de vous tenter avec nos lectures. Parce qu'après tout, à quoi bon tenir ce blog si ce n'est pour partager notre amour de la romance et essayer de vous convaincre de la valeur du genre ?

Mais cette semaine, je ne vais pas jouer mon rôle.

Cette semaine, je vous parle de Straight up, de Deirdre Martin.

Deirdre Martin, c'est une auteur SEP-like. Elle a écrit une série tournant autour des membres d'une équipe hockey. A New-York. Does it ring a bell ? Les Chicago Stars peut-être ? Malheureusement, Deirdre fait du Susan Elisabeth Phillips de série B. Deirdre pense que Lyon est un trou paumé.

Pourtant, quand on m'a prêté Straight up (tome 3 de la série Wild Hart), la 4ème m'a intéressée, et je me suis dit qu'il fallait lui laisser sa chance.

Le héros, Liam vient s'installer en Irlande pour échapper à une menace, et il se laisse entraîner à parier qu'il pourra séduire Aislinn, réputée pour son sale caractère. Par certains coté, l'idée me rappelait Bet me, et comme le souvenir était bon, j'ai ouvert le livre.

Je l'admets, certains éléments m'ont beaucoup plu.

D'abord, les métiers de nos héros. Elle est éleveuse de moutons, il est barman. Et pas éleveuse/multimillionnaire/artiste ou barman/écrivain/pompier-secouriste/rock-star incognito. Juste éleveuse et barman, aimant leur métier, satisfaits de leur sort, n'ayant pas fait de brillantes études et ne roulant pas sur l'or. C'est assez original pour être noté !

Ensuite, leurs caractères. Il est lunatique, et rigole intérieurement du fait que les femmes le prennent pour un héros romantique et torturé à cause de ça. Il est beau gosse et il le sait, d'ailleurs il ne doute de rien. Elle est solitaire et assume parfaitement son peu de goût pour le contact humain, elle est forte et résolue.

Enfin, le nœud du problème entre eux. Il est américain, profondément citadin, et ne rêve que de rentrer chez lui, elle est irlandaise et férocement attachée à sa terre. Le choix qu'il va leur falloir faire pour rester ensemble est intéressant. Un vrai sacrifice s'impose, et la réflexion qui l'accompagne est bien menée.

Mais...

Mais Deirdre n'est pas à la hauteur de ses promesses.

Aislinn et Liam tombent amoureux en un clin d’œil Malgré le temps qui s'écoule, rien ne vient nous éclairer sur la profondeur de leur relation.

Aislinn, que l'on nous présente comme une femme forte, elle est réduite à l'état d'amoureuse transie (encore que pas niaise pour autant) en à peine 5 chapitres. Aislinn, qui a pourtant plus d'une raison d’être méfiante...

Liam est aveuglé par sa fierté, alors qu'il aurait beaucoup de choses à se faire pardonner, il considère que trois cadeaux devrait suffire à convaincre la belle de lui retomber dans les bras. Au-delà, sa virilité serait remise en cause et Liam ne veut pas être pathétique. En fin de compte, leurs sentiments paraissent désespérément superficiels.

L'intrigue parallèle concernant la sœur d'Aislinn, qui semblait intéressante, s'achève en queue de poisson, miraculeusement résolue par un coup de baguette magique.

De même, les raisons qui poussent Liam a s'installer en Irlande au début sont tirées par les cheveux et la résolution de ce problème-là encore plus téléphonée, me faisant lever les yeux au ciel à plus d'une reprise.

Bref, malgré quelques bonnes idées, ce livre reste trop en surface, les personnages sont transparents, je n'ai ressenti ni sympathie ni empathie pour eux.

Straight up est une lecture agréable mais oubliable... Si le livre croise votre route, pourquoi pas, mais sans enthousiasme de ma part. Au moins vous ne pourrez pas m'accuser de vous avoir irrésistiblement tenté aujourd'hui !


Bonne journée,
Chi-Chi
  
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12 mai 2011

Retour en Irlande

 Après Holly et Gerry la semaine dernière, retournons une fois de plus en Irlande !  Qu'il s'agisse de romans, de mythes ou de légendes, ce pays exerce sur Tam-Tam et moi même une fascination certaine. Et je trouvais justement que je n'en avais pas assez parlé ces temps-ci...

Aujourd'hui, je vous propose de découvrir une auteur irlandaise célèbre, qui n'est souvent pas classée dans la romance traditionnelle mais dans les romans féminins. Une auteur qui parle d'amour, mais pour mieux parler de la condition féminine, des difficultés rencontrées par ses héroïnes dans l'Irlande d'aujourd'hui, de mariage, de divorce, de liaisons dangereuses, même d'avortement, de difficultés financières, de différences de classes et j'en passe. J’ai nommé Maeve (prononcez Mève) Binchy...

J'ai découvert Maeve Binchy avec l'adaptation cinéma de son roman Circle of friends (avec Minnie Driver dans le rôle-titre), et je me suis très vite mise en quête de tous les livres de l'auteur. Dans ma bibliothèque, il n'y a plus maintenant qu'un livre de Maeve Binchy : Scarlet feather, mon favori. Les autres ont dû être sacrifiés, la mort dans l'âme, lors de l'un de mes multiples déménagements.

Scarlet Feather (Les Saveurs de la Vie en VF) tourne autour de deux personnages : Cathy Scarlet et Tom Feather, tous deux cuisiniers et qui se sont connus lors de leur formation. Leur rêve est d'ouvrir une société de traiteur ensembles, et c'est avec ce projet que début notre histoire. En suivant l'essor de leur société, « Scarlet Feather », pendant un an, nous entrons dans la vie de Cathy et de Tom, mais aussi dans la vie de tous ceux qui gravitent autour d'eux.

Cathy a connu un destin un peu à la Sabrina : elle a épousé Neil, brillant avocat et fils de la famille pour laquelle sa mère est femme de ménage depuis toujours. Malheureusement, ce mariage n'est pas bien vécu du tout par la famille de Neil, et particulièrement par sa mère. Cathy dépense donc une énergie folle à se plier en douze pour plaire à sa belle-mère, dans l'espoir d'apaiser les tensions... Le lancement de Scarlet Feather sera un catalyseur de ces tensions, et l'équilibre précaire de la situation va s'en trouver sensiblement modifié.

Tom de son coté est doté d'une petite amie au physique de rêve, Marcella,  qui rêve d'une carrière de mannequin qui lui ouvrirait la voie vers une vie meilleure, et par meilleure, je veux dire plus riche. Les sacrifices nécessaires à la réussite de Tom et de son entreprise ne sont que très moyennement à son goût, et leur relation s'en ressent.

L'histoire ne démarre donc pas sous les meilleurs auspices, car personne à part Cathy et Tom ne semble enthousiasmé par cette aventure. Les raisons en sont à la fois très simple et terriblement humaines. Jalousie, envie, amour, vanité, ambition, conformisme sont autant d'éléments qui dictent la conduite des personnages. A travers la création de Scarlet Feather, son évolution et celle des relations entre tous ces personnages, c'est leur vie de famille, les responsabilités leur incombant, les challenges qu'ils rencontrent, leurs rêves et leurs espoirs que nous découvrons.

Maeve Binchy met son talent au service d'une société en pleine mutation où s'affrontent encore tradition et modernité, et nous laisse imaginer que Tom et Cathy pourraient être nos voisins, nos amis, nos cousins tant ils nous sont familiers, arrivé à la dernière page. Elle nous entraîne avec finesse et discernement dans la vie quotidienne de ses héros, dans tout ce qu'elle a à la fois d'extraordinaire et de banal.

 Vous l'aurez compris, encore une auteur dont je ne peux que vous recommander l'œuvre toute entière, même si je me limite pour aujourd'hui à un seul livre!

Bonne lecture,
Chi-Chi

 
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5 mai 2011

Lettres d'amour

Parlons film… 

Comment ça, un film??! Tam-Tam doit déjà être en train de froncer les sourcils, la main sur le téléphone pour me faire part de son désaccord…

Oui car, vous apprendrez mes chers lecteurs, qu'en ouvrant ce blog avec Tam-Tam, nous avons établi des règles. Et l’une de ces règles, c’est qu’ici, nous parlons de livres, et seulement de livres ! Seule exception, le film adapté d’un livre…

Ouf, le film d’aujourd’hui est aussi un livre. Alors pourquoi dire que je vais parler de film ? Eh bien parce que c’est grâce au film que le livre a été connu. Pas par moi, pensez bien, je suis au-dessus de telles trivialités, c’est évident que je connaissais le livre bien avant le film, mais tout le monde ne peut pas être aussi extraordinaire que moi, et c’est donc le film qui a rendu le livre célèbre.

Enfin, assez de bla-bla, je sais que le suspense est insoutenable pour vous (ce n’est pas comme si j’avais mis une photo avec le titre du livre en tête de page, n’est-ce pas), je veux donc parler de PS, I love you.

Pourquoi celui-là ? Parce qu’hier, assise dans un parc avec une amie, nous faisions la liste de nos films romantiques fétiches, et la comparaison de nos dvdthèques respectives,  et que PS, I love you est venu en tête du peloton pour toutes les deux. 

Lou, ce post est pour toi ! (oui, parfaitement, je romps la règle sacrée de l’anonymat et en plus je fais une dédicace spéciale !) (ne fuyez pas, c’est un peu pour vous aussi quand même, qui que vous soyez, ô lecteurs anonymes)

(Tiens, c’est marrant, je me rends compte que les posts livre/film ont tendance à me faire faire beaucoup de parenthèses… je vais essayer de me contrôler ! )

Donc, PS, I love you, premier roman de l’irlandaise Cecelia Ahern…

Notre héroïne, Holly, est mariée avec l’homme de sa vie, Gerry. Ils sont scandaleusement heureux. Pas un peu, pas beaucoup, à la folie HEU-REUX ! Genre le couple d’amis que vous détestez tant ils sont beaux ensembles, drôles, talentueux, et en plus ils osent être sympathiques, bref, le cliché de carte postale pour vous vanter les mérites du mariage.

Mais voilà, Gerry tombe malade, et, en quelques mois, est emporté par la maladie.

Comment ça, un livre où le héros meurt, mais qu’est-ce que c’est que cette arnaque ??! Eh bien en fait, PS, I love you est certes une romance, mais une romance sans héros véritablement déterminé, une romance centrée autour de Holly et de l’amour en général. Ce que l'on appelle communément un roman féminin.

Holly est désespérée, personne autour d’elle ne parvient plus vraiment à l’atteindre, car son meilleur ami, le seul qui aurait pu la sortir de là, est mort. Pourtant, c’est bien Gerry qui va aider Holly à s’en sortir, la ramener à la vie. Et pour cela, elle va recevoir, dans les mois qui suivent l’enterrement, 10 lettres, écrites par Gerry, pour la soutenir, la guider et l’aider à se reconstruire. Ces lettres sont pleines de messages, de défis que Gerry lui lance, de choses qu’il lui demande de faire, et qui l'envoient à l’aventure. Pas des aventures très exotiques certes, mais suffisantes pour obliger Holly à sortir de sa carapace et littéralement la ramener à la vie. 

Gerry, sans réellement quitter sa femme, l'amène à comprendre que, s'il n'a pas voulu l'abandonner, la vie continue pourtant, et au fil des lettres, toutes signées d'un PS, I love you, ce sont de véritables leçons de vie qu'il lui transmet. 

En une phrase, PS, I love you, c'est l'histoire de Holly et de comment l'amour de Gerry la ramène à la vie après sa mort. Voilà donc pour le livre…

Quant au film, me direz-vous ? Eh bien le film est légèrement différent du livre : quelques détails techniques, Holly est américaine et vit à New York avec Gerry (qui lui est bien irlandais), au lieu d’être irlandaise et de vivre en Irlande… Dans le livre, elle vient d’une famille nombreuse, dans le film elle n’a qu’une sœur. Le voyage dans le livre ne se déroule également pas au même endroit... Des détails donc, qui changent légèrement l'ambiance du roman mais restent assez fidèles à la trame de l'histoire.

A un détail (beaucoup moins anodin) près, William... C'est un bel irlandais que Holly rencontre dans le film, et c'est, selon moi un élément romantique qui ne fait pas du tout de tort à l'histoire ! Le film devient ainsi une véritable romance dans toute sa splendeur, et je n'en dirais pas plus... 

En résumé, je vous recommande de lire PS, I love you, pour son histoire emprunte de délicatesse et de sensibilité, pour le personnage de Holly, forte et pleine de caractère, toute en nuances. Et je vous recommande également de voir le film, qui raconte une histoire d’amour charmante, avec une musique charmante, des paysages irlandais charmants et un héros non moins charmant ! (ce qui fait beaucoup de charmant, avouez que cela vous fait envie!)

C’est tout pour aujourd’hui (je suis très fière, presque pas de parenthèses),


Bonne lecture/bon film,
Chi-Chi
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11 avril 2011

Au soleil…

Ce weekend, la météo a été clémente sur le royaume. Il a fait si beau, que j’ai déserté le château pour profiter des rayons du soleil en terrasse, un Perrier-violette à la main.

Bilan, ma peau est légèrement rosée (merci le parasol), et je suis gravement en retard sur l’écriture de mon post hebdomadaire. C’est le souci avec la météo estivale, on a des envies de plage et de baignade. Et si  un livre est très aisément transportable dans le sac de plage, un ordinateur en plein soleil n’est pas une idée intelligente pour ces petites machines qui sont bien trop sensibles.

Du coup, je vous refais un remake des veilles d’examens. J’ai sorti tous mes livres, je potasse à fond en espérant être prête pour le lendemain.

A l’époque, lorsque la caféine conjuguée aux dragibus n’étaient plus suffisants pour me maintenir éveillée jusqu’au moment fatidique où le professeur me tendrait mon sujet, il me restait la perspective des vacances et des livres que j’allais emporter pour me porter jusqu’à la ligne d’arrivée.

Ah… que ne ferait-on pas pour quelques jours au soleil avec un bon livre… Aussi, en exclusivité pour vous aujourd’hui, une liste spécialement conçue pour des vacances au soleil.

En vacances nous voulons… de l’exotisme mâtiné de féminisme, avec Shalimar de Rebecca Ryman, qui retrace l’histoire d’Emma, héritière rebelle et sans le sou qui s’applique à suivre son propre code de conduite, même si ce dernier va à l’encontre des traditions perpétuées dans la colonie britannique de Delhi, en cette fin de XIXème siècle. Son chemin va croiser celui de Damien Granville, collectionneur de femmes qui décide, on ne sait pas bien pourquoi, qu’Emma est la femme faite pour lui. A travers un jeu politique de pouvoir autour d’un passage stratégique au cœur des montagnes himalayennes, c’est l’avenir de tout un continent qui semble se jouer sur cette histoire d’amour victorienne.


Dépaysement : 4/5
Suspense : 4/5



Nous voulons… du mystique sur un autre hémisphère, avec La dame Australie de Bernard Simonay. Dans cet immense continent, nous allons suivre Judith Lavallière, envoyée en exil dans une colonie pénitencière. Mais l’Australie, à cette époque, ce n’est pas le Club Med. Et ce sont bien des épreuves qui attendent la jeune fille. Exploitée par un alcoolique notoire, elle s’enfuie dans les profondeurs de l’outback, évite la mort de peu, est recueillie par des Aborigènes, retrouve la civilisation, participe à la ruée vers l’or, trouve l’amour, et affronte les démons de son passé. Entre le choc culturel, la beauté des paysages australiens et le charismatique Alan, Judith est la parfaite compagne de voyage pour les aventures chez les Aussies.

Dépaysement : 5/5
Suspense :4/5

(NB : Je tiens à vous rappeler que Hugh Jackman est Australien… Alan, Hugh, même combat !)



Nous voulons… la mélancolie des landes verdoyantes avec Les Dames à la licorne de René Barjavel et Olenka de Veer. Et c’est l’envoutante Griselda, benjamine de Sir John Green, qui nous ouvre son domaine. Elevée sur l’île de Saint Alban avec ses quatre sœurs, Griselda ne rêve que d’une chose, quitter son île aux falaises escarpées et vivre. Hugh est un chef rebelle en fuite, car l’Irlande est en ébullition, ses habitants aspirant à autre chose qu’à la domination anglaise et à un avenir fait de servitude. Hugh et Griselda, à leur manière, n’aspirent qu’à la même chose, la liberté. De leur rencontre va naitre une très belle histoire d’amour. Une histoire qui m’a été conseillée par ma mère, une veille de vacances, et qui, à l’époque, a fait naitre chez moi un amour sans borne pour la verte Erin…

Dépaysement : 4/5
Suspense : 3/5


Nous voulons… du mystère et des alligators, avec Une coupable idéale de Jude Deveraux. Ce sont Fiona et Paul qui nous emmènent pour une aventure dans le Bayou. Une véritable chasse au trésor où, en plus des méchants à combattre, des traitres à démasquer et des coffres remplis d’or à récupérer, il y aura une belle histoire d’amour comme Jude Deveraux sait nous les concocter. De l’humour, des personnages hauts en couleur et des Montgomery !





Dépaysement : 3/5
Suspense : 4/5


Pour ma part, pour les vacances, je souhaite… des fresques murales d’animaux courants dans la plaine, avec la suite des aventures d’Ayla et Jondalar dans Le pays des grottes sacrées de Jean M. Auel. Les cinq premiers tomes de cette sagas font parties des « must absolutly have » de ma bibliothèques. Découverts pendant des vacances en famille, je me suis retrouvée à lire à voix haute dans la voiture familiale l’équivalent des 1600 pages que représentent les 2 premiers tomes et demi. Je me revois encore lisant le 5ème livre, un weekend de 1er mai, confortablement installée sur une chaise en terrasse de mon café préféré à Poitiers…




Qui sait où je lirai cet opus, mais je m’attacherai à lui trouver un lieu à la hauteur de la place exceptionnelle que cette série tient dans mon cœur, et ne manquerai pas de vous en relater les moindres détails !

En attendant, vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous aussi, tenir, avant les vacances tant attendues ! Et pour les petits chanceux qui sont déjà installés sur leur chaise longue, ne manquez pas de nous faire part de vos découvertes littéraires !


Bonne lecture,
Tam-Tam
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2 septembre 2010

Magie irlandaise

Nora Roberts est une star de la romance, nous l'avons déjà établi... Elle a ses fans, ses moins-fans, et ceux qui ne l'aiment carrément pas, mais c'est probablement l'une des auteurs les plus prolifiques... Et personnellement, j'aime bien. Surtout ses trilogies. 

Et surtout, la trilogie des Gallagher d'Ardmore, ou Magie Irlandaise, comme l'avait traduit notre ami J'ai lu dans l'ancien temps... Soit, Jewels of the sun, Tears of the moon, Heart of the sea. En francais, Les joyaux du soleil, Les larmes de la lune, Le cœur de la mer (le premier qui dit Titanic sort d'ici). 

C'est avec eux que je suis tombée amoureuse de l'Irlande. Et comme Tam-Tam vous l'a dit, dans mon jeune temps, moi aussi je croyais que l'Irlande c'était une lointaine contrée exotique, un pays de mythes et de légendes, où même moi je pouvais croire aux contes de fées. On ne le croirait pas comme ça, mais dans la vraie vie des gens réels, je suis plutôt pragmatique et terre à terre, du genre à me souvenir que j'ai mis du lait sur le feu et à prévoir dans mon sac de Mary Poppins de quoi parer à n'importe quelle invasion extra-terrestre impromptue. Mais cet été, j'avais envie de magie... 

J'ai donc ressorti mes précieux Nora Roberts et en relisant toute la série à la suite, j'ai cherché à chaque page le souvenir des Gallagher, lus il y a déjà très très longtemps : Aidan, Shawn et Darcy. Deux frères et leur sœur, chacun son livre, sur fond de légende celtique, dans un cadre idyllique, avec une pointe de surnaturel. 

Toute la série s'articule autour d'un mythe local, la légende de l'amour qui a lié Carrick, prince des fées, et Lady Gwen, simple mortelle vivant dans un village de pêcheur. Cet amour contrarié est le fil conducteur de toute la série, car sur nos deux amoureux mythiques pèse une malédiction qui les sépare au-delà de la mort et qui ne pourra être brisée que lorsque par trois fois, deux cœurs se rencontreront et s'accepteront, qualités et défauts, sans réserves, et se promettront un amour de légende. Autant dire, quelque chose de très simple! 

A Ardmore, où vivent les Gallagher, cette légende est bien connue, elle est considérée comme partie de l'histoire locale, et au moment où se déroulent nos livres, 300 ans se sont écoulés depuis les "faits", et nos amoureux attendent toujours d'être délivrés. 

Au début du premier livre, nos héros sont bien innocents et ne savent pas encore que ce sont eux qui ont été choisis pour lever cette petite malédiction. Le frère aîné de la famille, Aidan, gère le pub local et tient le bar, son frère Shawn s'occupe des fourneaux entre deux compositions musicales et sa sœur Darcy règne sur la salle en rêvant de voyages. Le suspense est évidemment insoutenable pour vous mes chers lecteurs, Aidan va-t-il trouver l'amour? Je vous rassure tout de suite, la réponse est OUI! Shawn et Darcy aussi, évidemment... Et à la fin, Carrick et Lady Gwen se retrouveront, enfin libres de s'aimer jusqu'à la fin des temps. 

Je pourrais détailler comment Aidan rencontrera Jude, comment Shawn et Brenna finiront par dépasser leurs différences, comment Darcy et Trevor parviendront a se faire confiance. Mais en fait, le vrai sujet de cette trilogie, bien plus que les histoires d'amour de nos héros, c'est l'Irlande et ses légendes... 

Nora Roberts utilise sa plume poétique pour détailler les us et coutumes locaux, et nous brosse une véritable image d'Épinal... Lire cette trilogie, c'est se promener dans un enchantement féerique, c'est avoir envie de croire à nouveau aux légendes, aux amours qui traversent les siècles, c'est se promener dans un pays ancien et écouter chanter les pierres des monuments celtes, prêter l'oreille à des traditions aussi vieilles que les paroles qui nous les ont apportées. Et à travers chacun de ces mots, découvrir un pays, une tradition, une culture, une ambiance qui est peut-être romancée, mais comment ne pas l'aimer? 

Et ma chère Tam-Tam, voila, rien que pour toi, une de mes belles envolées lyriques! ^_^ 

Ces livres m'ont donné envie de visiter l'Irlande et d'aller y voir si moi aussi je pourrais peut-être épouser un irlandais, aller vivre dans un village de pêcheur et passer toutes mes soirées au pub avant de rentrer dans mon cottage de conte de fées... Et puis non, j'ai fini par guérir de cette maladie étrange, finalement je reste citadine, mais la trilogie Magie Irlandaise est et restera toujours mythique à mes yeux... D'ailleurs, elle devrait être proposée dans toutes les agences de tourisme irlandaises, et je ne serais pas surprise que l'auteur ait des parts dans les compagnies aériennes pour s'y rendre!

  
Chi-Chi
  
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2 août 2010

Irish love


Dans mon jeune temps, comme disent les vieux, je croyais que l’Irlande était un pays de lutins et de farfadets. Et puis un jour j’ai lu Les dames à la licorne de René Barjavel et je suis tombée amoureuse de ce pays à la météo capricieuse et aux paysages à la violente majesté.


Dans la romance contemporaine, l’Irlande est, avec l’Ecosse, un lieu exotique de prédilection pour les auteurs américaines. C’est bien souvent que les héros de leurs livres s’y rendent en vacances/retraite/convalescence et rencontrent l’amour. Si ce n’est pas le cas, leur famille y a de profondes racines et l’on peu encore entendre l’accent de Galway ou de Inverness dans le discours de la génération supérieure.

Je pense notamment à de nombreux romans de Nora Roberts, Emily Richards, Jill Mansell, Susan Mallery…


Retrouvailles Imprévues (Fly Away Home) de Kimberly Cates n’y fait pas exception. Ce livre, lu il y a quelques années en français dans la collection Amour et Destin raconte l’histoire de Eve Danaher et de Michael Halloran.


Petite chose un peu abimée par la vie, Eve a perdu la garde de sa fille il y a une quinzaine d’année et n’a jamais pu réussir à la revoir, pas même pour un weekend. Lors de la remise de diplôme de la jeune fille, elle tente un rapprochement…un échec.

Pour se changer les idées et essayer de « tourner la page », elle décide de partir en vacances en Irlande. Elle trouve un château à louer à une adorable petite mamie un peu excentrique qui lui assure que l’Irlande va la remettre sur pied.

Ancien cavalier professionnel ayant quitté le circuit à la suite d’un accident, Michael s’est reconverti en moniteur de centre de rééducation pour les enfants ayant subi de traumatismes divers. La méthode employée : le contact avec les animaux et la saine vie au grand air…

Au centre, il y a Rory, un jeune garçon farouche et méfiant et Innisfree, un cheval indomptable et violent. Le centre est la dernière étape avant la maison de redressement pour Rory et la boucherie pour Innisfree.

Emue par le jeune garçon, Eve fait de son mieux pour lui apporter son aide, trouvant en lui une manière de compenser l’absence de sa fille.

Le cliché est là, présent entre les lignes. Mais l’histoire est bien tournée. C’est un peu comme une promenade en forêt, au détour du chemin, le promeneur SAIT qu’il y aura des arbres, mais il n’en apprécie pas moins la balade.


On soupçonne que Eve et Victoria (sa fille) n’en ont pas fini. On sourit lorsque l’on découvre la jeune fille en Irlande elle aussi pour un stage de cheval.

Mais il se dégage une atmosphère particulière qui fait que l’alchimie irlandaise fonctionne. On s’émeut sur le jeune Rory. On craint pour l’étalon Innisfree. On espère pour Eve et Michael. C’est voyage dans la vie des personnages et lorsque la promenade se termine, un petit sourire flotte encore sur nos lèvres.

Retrouvailles imprévues fait partie de ces livres qui sans avoir révolutionné le monde de la romance et ma façon de percevoir le monde, se rappellent à mon souvenir régulièrement comme une bouffée d’optimisme un peu naïf au happy-end réconfortant.


Car si en Irlande lutins et farfadets tombent rarement amoureux, il n’est pas rare de se laisser prendre au piège de la gentillesse et la joie de vivre des habitants de la verte Erin.


Tam-Tam
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