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19 novembre 2012

Meurtres au Montana

Au départ, j'avais envie de vous dire que je suis d'humeur nostalgique, que l'arrivée de l'hiver me donne envie de me pelotonner dans une couverture moelleuse et de lire un livre au coin du feu avec un thé bouillant à la main.

Sauf que je n'ai pas de cheminée, et que très honnêtement, je ne suis pas plus nostalgique qu'à l'ordinaire.

La vérité est que je n'ai pas fini ma lecture actuelle. J'en suis à la moitié, et je n'ai pas envie de faire mon article cette nuit entre 2h et 3h du matin parce que j'aurais passé la journée à finir mon livre.

Du coup, je suis allée faire un petit tour de spéléo dans ma bibliothèque papier, celle qui prend tant de place dans mon château et qui fait peur aux déménageurs…

En regardant les rayonnages, je suis tombées sur l'une des étagères "Nora Roberts", et j'ai pris conscience de l'importance qu'avait eu cette auteur dans ma formation à la grande prêtrise de la romance. Si je n'en lis pratiquement plus (mes derniers NR furent le quatuor des mariées), j'ai pendant longtemps pisté la moindre publication de l'auteur, j'ai écumé les bouquinistes sans relâches pour retrouver ses anciens romans (non-réédités), et j'ai poussé un cri de joie à chaque annonce d'une nouvelle série.

Aujourd'hui, 2 étagères entières de poches lui sont dédiées, plus une de grands formats. C'est beaucoup, ce qui finalement justifie qu'aujourd'hui je vous parle d'un très bon classique: Meurtres au Montana.
Le livre s'ouvre sur un enterrement. Celui de Jack Mercy, un homme dur, insensible, misogyne, égocentrique, égoïste, etc… Mais Jack savait y faire avec les femmes. Il s'est marié trois fois et a eu trois filles.

Le jour de l'enterrement, ces dernières découvrent le dernier pied de nez que leur a fait leur père depuis la tombe. Aucune n'héritera à moins qu'elles acceptent de vivre toutes les trois sur le ranch au fin fond du Montana pendant un an, le tout, sous l’œil attentif des superviseurs testamentaires.

En théorie, pas de soucis… Sauf que les trois filles ne se connaissent pas et ont chacune leur vie, leurs habitudes, et pour certaines, un caractère bien trempé.
Tess la plus âgée, écrit pour Hollywood, elle n'entend en rien bousiller une année de sa vie à regarder les vaches brouter en attendant que l'année passe. Lily, plus calme veut bien se montrer conciliante, mais il faudra faire avec l'affrontement quasi incessant entre l’aînée et Willa, la benjamine, qui contrairement aux autres, a passé toute sa vie sur le ranch et n'entend pas le perdre parce que feu son vénéré enf*** de père a décidé que mourir simplement n'était pas suffisant.

Mais l'argent et l'aventure ne font peur à aucune des trois. Et l'année commence sous le signe du compromis.

A ce mélange détonnant, s'ajoutent 3 membres de la gente masculine (oui, parce qu'on est en romance quand même): Nat, l'avocat amoureux des grands espaces, Ben, le rancher sexy et Adam, qui murmure à l'oreille des chevaux.

Ils sont grands, ils sont beaux et ils sentent bon le sable chaud… Nan, sérieusement, chacun dans leur genre, ces trois hommes sont parfaits:

- Nat, c'est un mix entre Simon Backer et Ryan Gosling, sexy et cérébral. Genre j'ai fait Harvard mais j'aime voir le soleil se lever sur les plaines interminables de l'ouest Américain. Je lis Yeats le soir pour m'endormir, mais je sais galoper dans le soleil couchant…

- Ben, c'est Hugh Jackman en mode rancher. Mal rasé comme dans Australia, le sourire un peu canaille, la langue bien pendue. Il est un peu arrogant, un tantinet obstiné, mais il a le plus bel arrière train de ce côté des Rocheuses.

- Enfin Adam, c'est Robert Redford en mode indien. Un beau brun intense dans le genre Olivier Martinez (vous savez que c'est galère de trouver un acteur Indien qui n'ai pas joué dans Twilight ou Le rebelle?). Il est patient, il est intense, il est calme, il aime l'odeur de l'herbe coupée et le parfum des fleurs dans les cheveux des femmes.

Un trio de qualité. Il y en a pour tout le monde. Et surtout pour nos trois héroïnes qui ne sauront pas vraiment ce qui les a frappé!

L'auteur aurait pu décider de s'arrêter là, mais elle a décidé qu'ils n'y avait pas assez de difficultés dans son histoire. Elle a donc rajouté la composante "meurtres" à son équation.

Cela nous donne une histoire où les hommes se découvrent un instinct de protecteur, où les amitiés se lient dans l'adversité et la peur, et où une famille se crée parce que quand le danger rode, il faut savoir sur qui l'on peut compter.
 

J'aime cette histoire parce qu'elle m'emmène loin (le Montana), parce que le testament de papa Mercy nous créée une situation très "mariage arrangé/road trip" (on est coincé ensemble, il va falloir faire avec), et parce que pour une fois, je n'ai pas deviné qui était le méchant page 7 (j'ai du attendre le milieu du livre)!

Autre petit bonus. Si l'histoire vous plait, un téléfilm existe… Point de Hugh Jackman ni de Ryan Gosling dedans, mais des acteurs crédibles et un bon moment à passer devant votre cheminée (imaginaire ou pas) (à visionner ici).


Bonne lecture,
Tam-Tam

PS: Vous noterez que la couverture de mon exemplaire est brillamment kitch. Ce que vous ne voyez pas ici est le portrait de NR sur dos. Nora y est BLONDE!!!!

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26 octobre 2012

Les trois soeurs - Born in

Je discutais avec Tam-Tam l'autre jour.

Si, parfois, ça m'arrive. Genre, elle m'a lâchement abandonner pour aller vivre à l'autre bout du monde (et j'exagère à peine) mais je daigne encore lui adresser la parole (quand je vous dis que je suis trop sympa...).

Enfin, on discute, on discute... On discute surtout pour parler de romance, puisque ce petit blog remplit finalement assez bien sa mission, et que je suis régulièrement o-bli-gée d'avoir de longues séances de débriefe téléphonique sur le dernier chef d’œuvre qui secoue le monde de la romance (et non, il ne s'agit pas de Fifty shades, T. ayant déjà décrété qu'elle ne le lirait pas – a moins que ce soit moi qui le lui ai interdit, je ne sais plus bien).

Bref, je disais donc... Je discutais avec T. l'autre jour...

De romance of course ! Et plus précisément, de l'importance de Mrs Nora Roberts dans ce petit microcosme (qui va bientôt conquérir le monde, sachez-le).

Parce que nous sommes un peu vieilles (enfin surtout elle mais chut, ne lui dites rien), ou juste de vieilles lectrices (ce qui est à peine meilleur pour l'ego), nous avons toutes les deux découvert la romance à l'époque ou Nora était la reine incontestée des séries en tous genres. Il y a pffff... ah moins 6 mois ? 6 ans ? Plutôt 16 ans en fait... Gloups... Changeons vite de sujet avant que l'une de nous ne fasse une crise cardiaque devant cette prise de conscience du temps qui passe.

Nora était donc la reine de la romance, dans un univers dominé par le old-school, elle est venu apporter un vent d'air frais (c'est beau, je suis presque poète à cette heure) et je peux m'avancer sans risque en disant qu'elle a vraiment contribué au mouvement de modernisation de la romance dans les années 90. Mais Nora reine de la romance, c'était avant... Avant les premières déceptions, avant les vilaines rumeurs sur l'usage de nègres, avant que l'expérience ne nous rende de plus en plus difficiles dans nos attentes vis à vis des auteurs. Avant qu'elle ne perde son mojo ?

Quoi qu'il en soit, en discutant avec T., nous avons réalisé que nous avions le même parcours avec Nora (Pirouette va encore dire des jumelles séparées à la naissance... Pirouette, si tu nous lis, les preuves s'accumulent un peu plus chaque jour, je songe à contacter la clinique et à demander des explications à mes parents !) : des premières amours intenses, et puis petit à petit, des déceptions. Une, puis deux, puis trois... Et pour finir, plus rien. J'ai arrêté d'acheter le nouveau Nora. Je ne m'y intéresse même plus, je ne sais plus où elle en est. 

Pourtant je la cite toujours en référence ! Mais toujours avec ses vieilleries, ses valeurs sures lues et approuvées. Parce que la romance aujourd'hui ne serait pas la même sans elle dans le paysage et parce que, quoi qu'on puisse lui reprocher, elle reste responsable de mes premiers émois de lectrice romantique.

Et parce qu'elle m'a fait tomber amoureuse de l'Irlande, dans une série dont je vous ai déjà parlé... et dans une autre dont je vous parle aujourd'hui. Les experts auront deviné (enfin surtout T. qui me connaît bien) que je veux parler de la série des Trois sœurs, « Born in » en VO.

Entre Maggie la rebelle (Born in fire), Douce Brianna (Born in ice) et Shannon apprivoisée (Born in shame), Nora nous raconte l'histoire d'une famille qui a planté ses racines, là-bas au fin fond du comté de Clare, dans la campagne irlandaise, un petit village perché près de la mer, battu par les vents et la pluie. Et si la magie n'est pas présente dans sa forme la plus évidente, les mystères du paysage et de la culture locale suffisent à envoûter le lecteur (aidé de quelques rêves prémonitoires, Nora ne serait pas Nora sans un soupçon d’étrangeté paranormale que nul ne peut vraiment expliquer)...

Maggie est une artiste, une souffleuse de verre dont les sculptures sublimes attirent l’œil de Rogan Sweeney, galeriste célèbre bien décidé à faire sa fortune malgré elle. Maggie est la rebelle, l'irlandaise typique à la chevelure de feu et au tempérament ardent, vouée à son art, jusqu'à cette rencontre... Et après ? Eh bien après je ne vous fais pas un dessin, puisque notre héroïne avec son caractère doux et conciliant, apprécie follement de voir débarquer ce citadin, businessman, qui ne peut s’empêcher de lui dire ce qu'elle doit faire. Ou pas. A vous de voir !

Brianna, comme le titre ne l'indique pas, est douce. Comprenez par là qu'elle est ce que sa sœur appelle une « faiseuse de foyer ». Elle tient un B&B charmant où j'irais bien passer mes vacances, et partage son temps entre la confection de scones aux canneberges (Nora, chérie, les canneberges ne sont pas locales d'Irlande, je pense que tu confonds avec le Massachusetts, mais passons... ce n'est pas la première fois que tu nous fais le coup !), l'entretien de son jardin, et le pliage de draps. Mais ne vous inquiétez pas, elle adore ça. Oh et aussi ? Brianna, en bonne fille dévouée, passe un temps fou à écouter les jérémiades et à céder aux caprices de son acariâtre de mère... Et pour elle aussi tout va changer avec un nouvel client qui s'installe au B&B pour quelques semaines, et va lui ouvrir les portes d'un monde où on ne fait pas sa propre lessive....

Enfin, Shannon... Eh bien je ne peux rien vous dire sur Shannon, sous peine de ruiner la surprise pour vous ! Donc, Shannon n'est pas douce, ce n'est pas une rebelle, mais c'est une héroïne qui conclue en beauté cette trilogie, dans la grande tradition de Nora, à l'époque où elle savait encore me faire rêver et où je n'avais pas l'impression d'avoir lu 20 fois les mêmes types de personnages sous sa plumes.

La trilogie Born In est et restera toujours pour moi une recommandation que je fais à tous ceux qui me demandent conseil, je sais qu'il en va de même pour T., et si vous ne l'avez pas encore lue, eh bien vous savez ce qu'il vous reste à faire !
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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20 février 2012

La saga des MacGregor - Nora Roberts

Il y a deux semaines, alors que la France s’était subitement retrouvée sous l’ère glacière, le Prince pas si charmant et moi-même avons décidé que la neige, c’était beaucoup trop "mainstream", et avons bravé les éléments pour goûter le temps d’un weekend aux embruns, iodes et autres vents glacés qui fouettent le visage. Entre deux cris de mouettes, j’ai obéi à une tradition millénaire chez les princesses qui veut que, lorsqu’une librairie se présente devant nous, nous y entrions, faibles lectrices que nous sommes, en quête du Saint-Graal littéraire

Entre deux gondoles, quelle ne fût pas ma surprise de tomber sur une réédition de la saga des MacGregor, "Les héritiers ennemis", par notre prolifique Nora Roberts. "Que de souvenirs!", me suis-je exclamée, à un Prince pas si charmant peu ému par ma déclaration.

Car voyez-vous, avant de se quasi-spécialiser dans la trilogie, notre amie Nora s’est essayée à des séries en 4 à 10 tomes. Et les MacGregor rassemblent deux éléments qui me font fondre quasi systématiquement : Famille et Écosse.
 
Histoire de changer un peu du traitement que nous réservons aux séries ici, je vais m’occuper des quatre premiers opus en ce lundi, et c’est Chi-Chi, bless her little heart, qui s’occupera des tomes suivants. Il fallait bien deux princesses pour s’attaquer à Daniel MacGregor. J’admets, point de kilt ici, mais de l’écossais rouquin, oui !

Daniel MacGregor - donc - est un magnat de la finance à qui tout a réussi. Arrivé de son Écosse natale il y a quelques décennies, il a monté son empire, rencontré la femme de sa vie et fait 3 superbes enfants en moins d’une vie… Son projet à présent ? Se mêler de la vie de ses trois chérubins et faire en sorte que Serena, Caine, Alan, etc - le etc. incluant une grande partie de la population célibataire de la Nouvelle-Angleterre, tenons-nous le pour dit - trouvent leur douce moitié et s’appliquent à régler le problème des retraites en croissant et se multipliant. En bref.

Je ne pense pas à avoir à vous réexpliquer pourquoi l’Écosse et ses habitants ont sur ma personne un effet des plus impressionnant : dilatement des pupilles, sourire en coin et gloussement ne sont pas sans être devenus une habitude à la lecture des histoires de nos highlanders préférés. Et ce n’est pas l’aspect contemporain de la série qui m’a freiné, bien au contraire.

Le premier tome (La fierté des MacGregor) s’ouvre sur Serena, qui après de brillantes études a décidé de travailler pendant un an en temps que croupière sur un paquebot de luxe. En sa qualité de fille unique et adorée du patriarche à la crinière de feu, il va sans dire que l’annonce d’une absence d’un an n’a pas été accueillie avec un débordement de joie. Mais Serena est aussi déterminée que son Papounet, et restera sourde à ses désirs de descendance. 26 ans, elle a le temps, elle est large, et n’est pas prête à se laisser dicter sa vie par Dear Daddy !
 
Justin Blade est le propriétaire fortuné de plusieurs casinos, parti en vacances sur l’insistance d’un ami écossais absolument pas bien intentionné qui lui trouvait bien mauvaise mine. C’est avec le plus grand naturel du monde que Justin se trouve attiré par la salle de jeu du paquebot. Son instinct et son sens de l’observation vont reconnaître en Serena le talent dont il a besoin dans ses établissements… et dans sa vie.

Le deuxième tome (Un mariage au château) raconte l’histoire de Caine et de Diana, la sœur de Justin. Leur rencontre, quoique non orchestrée par le MacGregor, n’en porte pas moins sa patte. Flairant l’entente entre son cadet et la jeune sœur de son nouveau gendre, il n’aura de cesse de les pousser dans les bras l’un de l’autre, avec tout le tact et la discrétion d’un éléphant en kilt. 
 
Caine et Diana, tout deux avocats, posent un regard différent sur la vie, sans doute le résultat d’une enfance sans aucune similitude. Diana, comme Justin, n’a pas vraiment eu le soutien et l’amour du clan MacGregor pour grandir, et lorsqu’elle se découvre attirée par le golden boy de Harvard et le juriste à qui tout sourit, elle n’a pas la nonchalance de Caine. Le cadet de la portée MacGregor va devoir apprivoiser la jeune femme, et Diana devra apprendre à s’accepter avant de pouvoir saisir ce que la vie lui propose…

Deux casés, encore un dernier célibataire. Et pas des moindre puisque dans "Les héritiers ennemis", il s’agit de son ainé. L’héritier, Alan, sénateur du Massachussetts. C’est que la famille MacGregor ne produit que de la qualité nec plus ultra. Pas de demi-mesure chez les écossais. Excessifs et volubiles, ils faut les entendre parler des vieilles histoires de famille, comme cette haine ancestrale entre les Campbell et les MacGregor. 
 
Mais pour Shelby Campbell, la haine entre les deux clans, ce n’est pas vraiment ce qui la fait résister au charme du beau politicien. Son père, Robert Campbell, politicien en son temps, a été assassiné alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Et une fois n’est pas coutume, elle a décrété que jamais au grand jamais elle ne se lierai avec un politicien. Que ce dernier soit intègre, intelligent, sexy en diable et absolument irrésistible n'y change rien. 
Mais notre ami Daniel n’a pas dit son dernier mot. Et celle qui refusera son fils n’est pas née ! Non non !

Le trio MacGregor nage en plein bliss marital. Daniel pourrait enfin laisser tout ce beau monde vivre en paix, croître et se multiplier. Mais Shelby a un frère, Grant. Et il ne sera pas dit que Daniel, ou même notre chère auteur, laissent un personnage sur le carreau. 
 
Dans "Le secret des MacGregor", Grant vit à la pointe des vents, au bord de l’océan en Nouvelle-Angleterre en quasi-ermite. Chaque personne développe des processus de défense différents face aux évènements traumatisant me direz-vous. 

Et Grant, la mort de son père, c’est comme cela qu’il l'a géré, en se recoupant du monde. Mais à trop vivre isolé, il en est devenu quelque peu ronchon et fort irritable. Appelons-le Schtroumpf Grognon, cela lui va comme un gant.

Par un soir de tempête, Gennie Grandeau atterrit chez notre schtroumpf pour lui demander asile, sa voiture étant tombée en panne. Gennie (cousine éloignée de Diana et Justin, histoire que la boucle soit bouclée) aura bien du travail pour gagner la confiance de Grant, mais Daniel passera par là, n’ayez crainte !

L’intérêt de cette série, au-delà des personnages qui, somme toute, sont assez agréables à voir évoluer, est le personnage central de Daniel, qui représente tout ce que l’on aimerait retrouver chez un chef de clan : bruyant, colérique, expansif, possessif, mauvais perdant, mais profondément aimant.

Après relecture, je n’ai qu’une question : Harlequin a-t-il fait modifier quelque peu la traduction ? Parce que c’est une série avec du « morbleu », du « ma poulette » et de la « vitupération » à l’intérieur, ha ha !

Comme en atteste la photo, j’ai en ma possession une version « vintage » de cette série dont je ne vous ai présenté que la première génération. Accordons à Daniel un peu de répit. Juste ce qu'il faudra à Chi-Chi pour vous présenter la suite et l'histoire de la génération suivante...  

Bonne lecture,
Tam-Tam
  

Pour information, l'ordre de la série est le suivant :
  • La fierté des MacGregor (Playing the odds), Serena et Justin
  • Un mariage au château (Tempting fate), Caine et Diana
  • Les héritiers ennemis (All the possibilities), Alan et Shelby
  • Le secret des MacGregor (One man's art), Gennie et Grant
  • Les liens du coeur (For now, forever)
  • Trois mariages chez les MacGregor (The MacGregor brides)
  • L’orgueil du clan (The winning hand)
  • Trois fiancées pour les MacGregor (The MacGregor grooms)
  • Le triomphe de la passion (The perfect neighbor)


Deux spin-off historiques : 
  • Serena la rebelle (Rebellion)
  • Contre vents et marées (In from the cold)
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8 décembre 2011

The next always

Nora Roberts, c'est un peu la papesse de la romance contemporaine. Non pas qu'elle écrive forcément ce qui se fait de mieux (vous savez déjà que je ne jure que par Julia Quinn pour l'historique et Susan Elisabeth Phillips ou Kristan Higgins pour le contemporain), mais parce que c'est incontestablement celle qui écrit le plus. Et également parce que, rendons à César ce qui est à Nora, elle a largement contribué à faire évoluer le genre de la romance old-school à ce que nous connaissons aujourd'hui.

Et puis, c'est un peu avec Nora que j'ai exploré la romance durant mes folles années d'adolescente, aussi, quand je vois qu'elle a sorti un nouveau titre, c'est un réflexe un peu pavlovien, il faut que je vois de quoi il s'agit, et notamment s'il saura me rappeler pourquoi, à l'époque d'Une femme dans la tourmente et de La fortune des Sullivan, cette auteur était pour moi incontournable.

Hélas, il y a eu plusieurs déceptions, et je vous confirme à présent que Nora n'est pas une auteur vers laquelle on peut se diriger en toute confiance. Il n'y a qu'a voir la différence entre la Trilogie irlandaise, les MacKade et le quartet des Wedding-planners.

Et comme vous ne pouvez pas vous précipiter aveuglément sur le dernier Nora, je me suis empressée de le lire pour vous donner mon avis ! Pour l'occasion, j'ai (re)fait lecture commune avec Pimpi. Avant, à l'époque où je n'avais pas de blog, je faisais lecture commune avec Tam-Tam... Maintenant cela ne fonctionne plus, nous essayons de lire des choses différentes pour mieux vous en parler ! Mais, je disais donc, j'ai lu The next always en même temps que Pimpi...

Alors alors...

Eh bien voilà une trilogie qui débute dans la droite ligne de la série précédente... Et de toutes ses autres séries en fait ! Le schéma de la série chez Nora est toujours très classique...

Trois frères décident de rénover, avec l'aide de leur mère, un Bed and Breakfast de la petite ville de Boonsboro, Maine. Pour la petite anecdote, Boonsboro est la ville où Nora habite depuis plus de 30 ans et la plupart des boutiques, noms de rues et autres lieux notables, sont fidèles à la réalité.

Le B&B donc, approche de la fin des travaux, le gros œuvre est fait, on en est à poser les parquets et à choisir le mobilier... Beckett, l'architecte du trio supervise tout cela avec une grande efficacité, tout en continuant de bosser sur quelques petits projets à coté et en mettant la main à la pâte dans l'atelier de menuiserie hérité de son père Entre deux journées de 18h, il trouve le temps de partager une pizza avec sa mère, boire des bières avec ses frères, et aller soupirer après Clare, qu'il aime depuis l'adolescence sans jamais le lui avoir dit, dans la librairie qu'elle tient...

Voilà un homme occupé, à qui il ne manque qu'une femme pour être heureux. Et Clare, veuve et maman de trois garçons, ne va pas avoir beaucoup de travail à faire pour attirer son attention !

Maintenant que le décor est planté, je vais vous dire ce que j'ai aimé :
  • J'ai aimé que Clare ne soit pas une veuve éplorée. Six ans après la mort de son mari, elle a fait son deuil et est prête à refaire sa vie si un homme bien se présente.
  • J'ai aimé qu'elle soit présenté profondément et avant tout comme une maman, avec une routine à un train d'enfer que j'ai reconnu.
  • J'ai aimé Avery, la meilleure amie de Clare, qui change de couleur de cheveux au gré de ses humeurs et prépare des pizzas fort appétissantes.
  • J'ai aimé que l'esquisse des tomes suivants soit suffisamment légère pour que je m'interroge un moment sur le « qui finira avec qui ».

Malheureusement, il y a plus de choses que je n'ai pas aimé :
  • Je n'ai pas aimé retrouver encore une fois ces descriptions à n'en plus finir de chaque détail de chaque pièce du B&B, qui me font penser que Nora cherche surtout à remplir ses pages et non pas à approfondir son histoire. Surtout qu'il s'agit des gouts décoratifs typiquement américains, et que je ne suis souvent que moyennement convaincue. Encore plus quand on m'évoque les merveilles de toilettes qui font bidet en même temps, comme summum du luxe... et du glamour?
  • Je n'ai pas aimé la perfection parfaite de ce monde idyllique où tous les gentils sont super gentils et il n'y a qu'un ou deux méchants histoire de remplir les quotas, un monde en noir et blanc, sans zone intermédiaire.
  • Je n'ai pas aimé que Beckett n'ait jamais une minute pour souffler, se reposer, se concentrer et réfléchir à ce qu'il faisait. Vivre à ce train d'enfer, ce n'est pas une vie ! Et personne ne peut tenir avec 4h de sommeil pendant aussi longtemps.
  • Je n'ai pas aimé le manque cruel de scènes entre Clare et Beckett, me frustrant d'assister au développement de leur relation. Bien que l'on nous dise qu'ils ont passé du temps ensembles, le lecteur n'a pas le privilège d'y assister Là encore, j'ai l'impression que Nora cherche à remplir sans trop se fatiguer.
  • Je n'ai pas aimé le conflit entre nos héros, tellement léger au début qu'il n'est qu'un détail anodin, avant de prendre des proportions énormes – dont les conséquences sont expédiées en 5 lignes top chrono. 
  • Je n'ai pas aimé les descriptions de scènes "sexy" qui sont si ampoulées et fleuries que l'on frise le ridicule sans provoquer la moindre émotion.
  • Je n'ai pas aimé la présence incongrue de Lizzie le fantôme, qui m'a parue superflue, avant que je ne me rende compte qu'elle n'était qu'un prétexte pour faciliter le déroulement de l'histoire – sans avoir à penser à autre chose !

Pour conclure, je vous dirait que, même si j'ai passé un bon moment, et que j'ai lu The next always sans déplaisir, je ne peux m’empêcher de penser qu'il s'agit là d'un livre écrit certes agréablement, mais trop vite et sans profondeur.

Nora elle même dit qu'il lui faut en moyenne 45 jours pour écrire un livre. Hélas, avec les années, cela se ressent de plus en plus et je me lasse d’être déçue.

Sans aller jusqu'à dire que l'on ne m'y reprendra plus, je ne suis pas particulièrement sûre d'avoir envie de lire la suite de cette série et, vous l'aurez compris, je ne vous recommande pas ce livre, trop superficiel et facile...


Chi-Chi

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23 décembre 2010

Here comes the bride

Noël est presque là, et j'ai décidé de changer d'ambiance avant l'overdose (comme si il était possible de faire une overdose d'esprit de Noël...) pour parler mariage! Spécifiquement, de la nouvelle série de Nora Roberts, The Bride Quartet ou Quatre saisons de fiançailles. Les 4 tomes sont parus en anglais, les 2 premiers ont été traduits et le 3 est attendu pour mai prochain...

Mon avis sur la série est mitigé. Je suis plutôt une adepte de Nora Roberts, mais en toute franchise, voilà longtemps qu'elle n'a pas écrit une vraie bonne série, où j'ai apprécié tous les personnages du début à la fin. L'île des trois sœurs peut-être? Et encore, il y avait une affaire de retrouvailles et vous savez ce que je pense des retrouvailles... Mais après avoir lu les 4 tomes de cette dernière série, je me devais de vous faire un rapport!

Mac, Emma, Laurel et Parker sont comme les 4 doigts de la main (oui, 4, parfaitement). Elles se connaissent depuis leur plus tendre enfance. Devenues adultes, Mac est photographe, Emma fleuriste, Laurel pâtissière, et Parker... Eh bien Parker avait de l'argent, elle aurait pu ne pas travailler mais finalement, elle a préféré proposer à ses amies d'ouvrir avec elle une entreprise de Wedding Planner, « Vœux de bonheur ». Entreprise qu'elle dirige d'une main redoutablement efficace, et qui est évidemment spécialisée dans le mariage de grand luxe...

Ne vous attendez pas à de grandes histoires d'amour romanesque ici. Si, dans Magie irlandaise le vrai point central était l'Irlande, ici, c'est le mariage. Et plus précisément la cérémonie du mariage... Sous toutes ses formes possibles et imaginables, et avec tout le raffinement et la sobriété que l'on peut imaginer dans un cliché de mariage de riche  fiancée américaine hystérique (oui, l'homme n'a qu'un seul but ici, signer les chèques, et surement pas avoir une opinion sur la couleur des serviettes de table)... Que l'auteur se fait un plaisir de nous raconter jusque dans les moindres détails.

Elle ne nous épargne rien de ces préparatifs, depuis le premier rendez-vous des fiancés avec nos amies, jusqu'au ménage post-cérémonie... En passant par toutes les discussions minutieuses sur les mérites des roses oranges versus les dahlias blancs, et tous les problèmes que peuvent poser l'odeur trop forte des lys, il vaudrait donc mieux opter pour du lilas, et puis c'est bien lourd à porter tous ces pots de fleurs, et la mère de la mariée est une alcoolique notoire, comment gérer la situation en toute discrétion, et que faire lorsqu'un couple débarque avec ses enfants non prévus dans le plan de table, et comment remettre à sa place l'oncle libidineux aux mains baladeuses, et où placer dans la cérémonie la nouvelle bimbo du père du marié, et un gâteau génoise citron avec une crème au chocolat et glaçage à la framboise peut-il être teint aux couleurs de l'arc-en-ciel pour mieux s'accorder aux rideaux de la salle de réception, oui, mais attention il ne faut pas non plus que cela jure avec la couleur des yeux de la cousine de la mariée, etc, etc, etc.

En parlant d'overdose, je ne veux plus voir une robe de demoiselle d'honneur en peinture pendant au moins six mois. A trop vouloir nous allécher avec les descriptions somptueuses des cérémonies, Nora Roberts écœure ses lecteurs, même les plus fervents. Un peu moins de compositions florales et un peu plus de dialogues aurait été bénéfique à nos héroïnes. Héroïnes qui, selon la grande tradition de la série, auront chacune droit à leur histoire d'amour, je ne vous dirais pas avec qui pour ne pas tout vous révéler!

Mac est selon moi la plus sympathique des quatre, j'ai vraiment aimé et son histoire et le héros auquel elle a droit! Et je n'en dirais pas plus pour vous obliger à aller le lire...

Emma... Emma présente à mes yeux un défaut majeur : elle confond grands gestes pseudo-romantiques et amour. Du genre à considérer que si son chéri n'a pas au minimum privatisé un jardin pour le décorer de bougies partout (quelqu'un lui déjà parlé de consigne de sécurité pour les incendies??!), sans compter les tonnes de fleurs, le champagne, les fraises au chocolat et le quatuor à cordes, le tout pour lui faire sa demande en mariage, eh bien c'est qu'il ne l'aime pas assez, et donc elle refuse! Chez moi, il y a un mot pour désigner ce genre de personne : superficielle (ou complètement cruche, au choix). Donc, je ne suis pas une grande fan d'Emma...

Laurel : qui parmi vous a déjà gouté un gâteau américain, ces empilages de génoises sans goût couvertes de fondant, un genre de pâte de sucre parfaitement écœurant? Ce sont souvent des œuvres d'art, car il faut beaucoup de dextérité pour manier le fondant et il permet de créer des décors très fins et complexes. Alors, même si les descriptions ne m'ont pas du tout mis l'eau à la bouche (comme je suppose que cela aurait du être le cas), Laurel a un sacré caractère et beaucoup de volonté et son histoire m'a intéressée. De plus, connaissant personnellement une pâtissière, je n'ai pas été déçue!

Enfin, Parker, dans le genre psycho-rigide qui veut tout contrôler, est parfaitement crédible! Le parfait prototype de la success woman américaine, qui, en plus d'être brillante dans son travail, est toujours perchée sur des talons de 9cm, met un point d'honneur à courir une heure tous les jours pour entretenir son corps de rêve, a le brushing parfaitement lissé et les ongles toujours manucurés... Et comme son histoire arrive en dernière, on a le temps de voir s'esquisser sa relation avec le héros, et d'avoir envie d'en savoir plus. C'est probablement, avec Mac, le personnage le plus complexe du groupe et son héros est à la hauteur!

Pour conclure, une série agréable à lire, bien qu'inégale, et quelques longueurs dans les innombrables descriptions de mariages. Allez Nora, courage, cette série est déjà bien meilleure que les précédentes, la prochaine marquera le retour de ta grande époque...

Sur ces entrefaites, il me reste à vous souhaiter un Joyeux Noël, riche en livres (le livre étant l'objet de désir numéro 1 de ma liste au père Noël, je ne peux pas vous souhaiter autre chose!)... 


Chi-Chi
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6 décembre 2010

Heureux qui comme Ulysse…

…a fait un long voyage.

Voilà bien longtemps que je voyage. Mais en ce 6 décembre, c’est vers ma chère Lorraine que mon esprit s’égare. Car en Lorraine, le 6 décembre, nous célébrons, en compagnie que tout le reste de la communauté germanophile et germanophone, la Saint Nicolas.

J’ai caressé l’idée, un court instant de vous raconter dans ce post du lundi l’histoire du bon Saint Nicolas, du boucher et des trois petits enfants. Car Saint Nicolas est l’infâme instigateur de mon addiction au chocolat Ferrero - nous avons déjà établi à quel point entre moi et Ferrero, c’est une véritable histoire d’amour qui s’est créé.
Chaque année, grâce à lui, l’action du chocolatier doit gagner quelques points…

Il était donc de mon devoir de rendre hommage à celui qui a vu naitre mon amour des gouters de pain d’épices les jours de neige, celui qui nous voyait, chaque année sans faute, enfiler nos pulls les plus chauds (et piquants) pour aller voir sa parade dans les rues de notre ville. Du haut de son char, il agitait la main, saluant les familles avec une dextérité digne d’un concours de Miss (des années de pratique mes bons amis, et un coaching intense orchestré par Miss Mirabelle).

Mais j’ai eu pitié de vous, et du devenir de votre petit déjeuner. Aussi ai-je décidé de me concentrer sur Nicolas, à défaut de vous faire un rapport sur le Saint. Et pour rendre cet hommage encore plus légitime, j’accueille ici aujourd’hui Madame la Marquise. Cette Lady d’Alsace connaît tout comme moi le plaisir simple de déguster le pain d’épices de la Saint Nicolas, la joie de voir les décorations de Noël dans les rues, l’excitation à l’ouverture du Marché de Noël qui donne aux rues un air de fête…

Et des Nicolas, que ce soit moi ou notre guest-star du jour, nous en avons rencontré !

Il y a les tourmentés :
Alors que je faisais les étagères de ma bibliothèque pour retrouver mes Nicolas, Madame la Marquise, elle, pensait à Nicolas Angelovski, et me racontait comment elle l’avait rencontré pour la première fois dans "L’ange de minuit" de Lisa Kleypas, alors qu’il n’était qu’un méchant. Imaginez, il voulait pendre l’innocente Tasia pour le meurtre de son frère (qui selon moi était un pervers de la pire espèce qui le méritait bien, mais Madame la Marquise est une dame bien comme il faut, aussi ne l’a t-elle pas mentionné).
Lorsqu’on le retrouve dans "Prince de l’éternité", il n’est plus cet homme ténébreux qui pouvait faire ce qu’il voulait en toute impunité. Il a changé. Notre Marquise a son panthéon personnel de héros incontournables, et ce Nicolas en est une figure très sombre (entrer dans un panthéon n’est pas chose aisée après 30 ans de lecture). Il a un passé. Il a changé. Mais il sait ce qu’il veut… ou plutôt qui il veut, quitte à manigancer la rupture des fiançailles de la jeune fille convoitée pour pouvoir la consoler en l'épousant lui-même. Mais le grand Nicolas qui croyait tout savoir va comprendre qu’on ne peut tout prévoir, et surtout pas les sentiments.
Tout comme notre marquise, j’aime ce Nicolas, ses imperfections et ses tourments. Et pour mon plus grand bonheur, Lisa Kleypas semble affectionner les Nicolas au passé sombre.

Il y a les musiciens :
Comme chez Nora Roberts et le charismatique Nicholas Le Beck, pianiste et compositeur de talent dans la saga des Stanislaski. Il ne vous chantera pas « Deck the halls with boughs of holly »… non, loin de là. Ce fringuant jeune homme donne plus dans le Broadway que dans le chant de Noël. Et c’est la charmante Frederica qui saura lui faire battre le cœur. Pour les besoins de cet article, je me suis replongée dans leur histoire… Elle fleure bon les années 80 (Monsieur est fumeur) mais le charme de Nick a su rester intact. Il est l’idée que je me fais d’un musicien. De longs doigts fins, agiles, un corps tout en nervosité et muscles longs, un passé (check !), et le salut dans la musique. Laissez-vous charmer par la musique de Waiting for Nick (Un amour d’enfance), vous refermerez ce livre avec une envie de Broadway, et de nourriture ukrainienne.

Il y a les Lords au grand cœur :
Nicholas St. John, dans Ten ways to be adored when landing a Lord de Sarah MacLean : je vous avait parlé de mon miracle Amazon de cet été, ce livre est l’histoire du charmant jumeau, Nicholas. Et si jumeau il est, identique il n’est pas…
Nicholas n’est pas un "rake", c’est un intellectuel. Du moins en apparence. Sous couvert de son statut d’expert en antiquités, ce dernier a œuvré pour l’intelligence britannique pendant les guerres napoléoniennes. Il est à présent de retour au pays, et après avoir été élu meilleur parti de Grande-Bretagne, sa vie semble encore plus périlleuse. Lorsqu’un vieil ami lui demande son aide, il saute sur l’occasion de fuir Londres… et tombe sur Isabel.

Il y a les petits :
Ou plutôt Le petit… Nicolas, de René Goscinny. Fidèle à ma tendance à tout lire dans le désordre (je vous raconterai un jour comment j’ai lu les Chroniques de Narnia en commençant par le Prince Caspian…), j’ai découvert le petit Nicolas avec « Joachim a des ennuis ». Je devais avoir 7 ans, et j’ai été impressionnée d’apprendre que c’était un adulte qui avait su retranscrire avec autant de justesse mon esprit d’enfant. Vous remarquerez aussi que le petit Nicolas est assez intemporel. Il est évident qu’on n’y parle ni de Nintendo, ni d’internet, mais les questionnements, problèmes, chamailleries, et autres considérations enfantines restent vraies. Je ne saurais dire si j’ai lu un « Petit Nicolas » un 6 décembre, mais l’esprit est le bon. Prenez donc une clémentine, une barre de chocolat Milka (pour changer) et plongez-vous dans les aventures de ce petit bonhomme.

Des Nicolas, il y en a bien d’autres…
En ce 6 décembre, je suis plongée dans The Perfect Stranger - Sauvetage amoureux - de Anne Gracie où il est question de Nicholas Blacklock et de Faith, j’ai ouvert la case 6 de mon calendrier de l’avent, il fait froid dehors et la lessive attendra…


Bonne lecture,
Tam-Tam


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25 novembre 2010

De l'art de gérer la déception

Vous vous souvenez, il n'y a pas si longtemps, je parlais de l'importance de prendre des risques pour découvrir de nouveaux auteurs? Eh bien, après une série épouvantable de mauvais livres, romances ou autres, j'avais fini par décider de me tourner vers une valeur sure. Lisa Kleypas. Après l'avoir découverte (merci La loterie de l'amour – Derek restera toujours un de mes petits chéris), elle était devenue une incontournable à mes yeux. Et ce n'étaient pas ses séries récentes, les Wallflowers, les Hathaway, qui allaient me faire changer d'avis!

Seulement voilà, depuis quelques temps, Lisa a changé. Elle s'est essayée au contemporain. La série des Travis, vraiment, je n'étais pas tentée. Écrite à la première personne, un contexte dont je ne suis jamais vraiment fan, quelques critiques mitigées sur les forums... Et puis je me suis lancée, j'ai pris le risque. Sugar Daddy n'était à mes yeux pas une réussite, mais pas une catastrophe non plus. Je n'ai pas insisté, et je n'ai pas lu la suite de la série. Pas pour l'instant en tout cas, ma pile de livre à lire est déjà assez importante!

Et puis, la semaine dernière, j'ai voulu prendre un autre risque, je me suis dit que je devais continuer d'avoir confiance en Lisa. Le facteur m'a donc gentiment apporté Christmas eve at Friday Harbour, premier tome de sa nouvelle série.

Cadeau empoisonné, que je vais spoiler allègrement, soyez prévenus!

Ce tout petit livre de 211 pages est plus proche de la nouvelle que du roman. Et Lisa n'est pas une bonne nouvelliste, si j'en crois ce que je viens de lire! Tout était réuni pour annoncer un ratage...

Mark, le héros est si impressionnant que, une semaine après la lecture, j'ai du reprendre mon exemplaire pour vérifier si il s'appelait Mark, ou Matt, ou Mike. Oui, j'ai vraiment été marquée par ce personnage. En dehors de ça, je serais bien incapable de vous dire s'il est sympathique, s'il a des hobbies dans la vie, s'il est drôle, ou sportif, s'il collectionne les canards empaillés ou s'il sait tricoter. Rien, le vide total. Aucune substance, une coquille vide. A mon avis, un robot à la solde de l'auteur, pour donner la réplique à notre héroïne.

Tiens justement, parlons-en de cette héroïne! Maggie... Il faut savoir qu'au début du livre, Mark se retrouve en charge de sa nièce orpheline de 6 ans, Holly. Et depuis la mort de sa maman (la demi-sœur de Mark donc), Holly ne parle plus. Les psys n'ont rien pu y faire, MAIS, Maggie a un pouvoir magique. Ça, ou elle est la réincarnation de la maman défunte, parce que 12 secondes après avoir rencontré Maggie, Holly se remet à parler, comme si de rien n'était! Les psys ont dit de faire comme si tout était normal, alors Mark prétend que rien d'exceptionnel ne s'est passé, parce que c'est un type bien et qu'il ne veut que le bonheur de sa nièce. C'est tout à son honneur.

Ah mais au fait, Holly voudrait une maman à Noël, comment faire? C'est simple, Mark se dit qu'il n'a qu'a épouser sa petite copine, dont il n'est pas vraiment amoureux, mais si c'est pour le bien de Holly, tous les sacrifices sont bons, non? Seulement voilà, Mark veut tout savoir sur Maggie, il est fasciné par elle (après 7 minutes de conversation). Son plan soigneusement élaboré va donc légèrement dérailler, d'autant que Maggie, qui est veuve, n'a aucune intention de s'investir dans une relation, et ne veut surtout s'attacher à personne, parce qu'elle ne veut pas risquer d'avoir le cœur brisé de nouveau. Ce qui ne l'empêche pas de débarquer quand Holly est malade (à ce stade, elle l'a rencontrée 2 fois, 10 minutes à chaque fois), ou de plaquer sa famille à la dernière minute le jour de Thanksgiving pour dîner avec eux! Logique à tout épreuve si vous voulez mon avis...

Et donc, en moins de 200 pages, et moins de 3 mois, Mark va réussir à convaincre Maggie de l'épouser, juste à temps pour réaliser le vœu de Holly le matin de Noël! J'ai beau savoir que le happy-end est une obligation en romance, et apprécier cette certitude, ici, j'ai eu la sensation que l'auteur essayait de me faire avaler des couleuvres toutes plus grosses les unes que les autres, pour m'amener à une conclusion dont je n'avais absolument rien à faire, tant les personnages qu'elle me présentait étaient fades et inconsistants!

Ajoutez à cela que Mark est pourvu de deux frères qui ne semblent pas avoir d'autre rôle que celui de potiches décoratives, en attendant que Lisa puisse écrire leur histoire dans les tomes suivants, et des descriptions à n'en plus finir du paysage, de la boutique de Maggie, de la maison de Mark, de son métier... Par contre, pas la moindre conversations entre nos protagonistes (mais on nous dit fréquemment à quel point ces conversations sont passionnantes, j'aurais bien aimé en profiter moi aussi, cela aurait animé un peu toutes ces descriptions). J'ai du me contenter de 50 lignes sur les reflets du coucher de soleil sur la baie, 70 sur les divers travaux de maçonnerie à envisager pour ravaler la façade de la demeure familiale de Mark, 35 sur l'arôme du café que Mark apporte à Maggie, et j'en passe... Proprement palpitant tout cela, moi je vous le dit!

Tout au long du livre, je n'ai pu me débarrasser de la sensation désagréable que j'avais déjà lu cette histoire ailleurs, en mieux. Et j'ai trouvé : la série des frères Quinn de Nora Roberts! Que je vous recommande vivement, soit-dit en passant, je ne voudrais pas que vous repartiez les mains vides, sans idées à ajouter à la liste de vos livres à lire!

C'est en discutant avec Tam-Tam que la lumière s'est faite en moi. Lisa Kleypas a écrit un mauvais Nora Roberts! Et Nora Roberts peut parfois écrire de très mauvais livres, ce n'est pas un auteur vers lequel on peut se diriger aveuglément...

Les fans inconditionnels me pardonneront ma chronique un peu acide, la déception de ce livre aura été proportionnelle à l'affection que je porte à Lisa en temps normal. Hélas, ce n'est pas encore cette semaine que je vais rompre la malédiction des livres nuls qui me poursuit en ce moment!


Chi-Chi
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15 novembre 2010

Géométrie analytique de la série

Ce samedi, je réceptionnais un colis Amazon contenant les deux premiers tomes d’une série dont j’espère vous vanter bientôt les mérites. Deux jours plus tôt, après lecture de l’article de Chi-Chi, je devenais accro à la série White Collar. Hier dans la nuit, un personnage fort patibulaire essayait de me voler mon carrosse, abimant le barillet de ma serrure et apportant la touche finale à une longue série de d’infortunes.

La loi des séries est partout…

Je ne reviendrais pas sur l’intérêt d’une série littéraire, d’autres l’ont fait avant moi. Néanmoins, je  m’interroge. Comment une série fonctionne-t-elle ? Celui qui me répond, tu prends un premier tome, tu lui accoles 4 autres livres qui se suivent et tadaaa voilà une série, il sort !

Non, ma question porte plus sur le fonctionnement de la série en temps qu’œuvre complète.

Un fait extraordinaire a en effet été porté à mon attention : rares sont les gens à commencer une série par un tome au hasard. Par ailleurs, s’il n’est pas rare de trouver des personnes assumant parfaitement ne pas avoir aimé tel ou tel tome dans une série, elles ne nieront pas non plus les avoir lus, ne serait-ce que parce que l’histoire suivait le livre d’avant et précédait celui d’après.

Comme quoi, suivre une série, c’est mathématique. Il est entendu qu’une série commence par le premier tome… et se poursuit dans l’ordre (et la discipline) croissant des livres.

J’en ai donc tiré les conclusions suivantes : une série, bien que composée de plusieurs livres aux personnalités individuelles, est une entité à part entière. Les tomes pris dans leur ensemble forment une nouvelle œuvre à apprécier.

Il existe deux corolaires à ce théorème :

- Si l’on apprécie une série dans son ensemble, il ne sera pas rare d’en avoir un tome préféré. J’ai un tome préféré dans la série des Hathaway et des Bridgerton, ce qui ne m’empêche pas de chanter les louanges de ces séries dans leur ensemble.

- Si une série dans son ensemble ne sait retenir votre attention, il vous sera difficile d’en retenir un tome, fut-il bon.

C’est une alchimie délicate, la série. Ma grand-mère vous ferait sans doute l’analogie culinaire avec la mayonnaise…

D’où mon interrogation ? Une bonne série, c’est quoi ?

Afin de parfaire ma démonstration, j’ai relu la série des frères MacKade, de notre très chère Nora Roberts, laquelle est une coutumière du fait. Les séries, sagas et autres trilogies sont presque devenues sa marque de fabrique ! Et je suis bien placée pour le savoir, ayant déjà avoué au public la monomanie dont j’ai souffert il y a quelques années pour cette auteur…

En refermant le dernier tome, j’ai réalisé que certaines séries de l’auteur ne fonctionnent pas (le quatuor MacKade n’en fait heureusement pas partie), et que, malgré les années, ce cordon bleu de la série peut encore rater une mayonnaise !

Mais aujourd’hui est un jour de logique, voici donc mon théorème de la réussite :

Une série fonctionne si, et seulement si, l’auteur nous présente un très bon premier tome, de très bons personnages secondaires/futurs héros et un très bon fil conducteur.

Dans le premier tome, l’auteur nous appâte. Un bon premier tome est capital. C’est le déclencheur de notre envie de lire la suite. Si le deuxième tome le surpasse, c’est encore mieux, car le lecteur n’aura alors de cesse de mettre ses mains sur les suivants (quitte à le faire passer à la VO). Il faut rendre le lecteur dépendant.

Chez les MacKade, le premier tome suit le manuel à la lettre. Outre la rencontre des personnages, Rafe et Reagan, la romancière plante le décor dans une petite ville avec ses ragots, ses piliers de bars et ses légendes locales. Sur fond d’histoire de guerre de sécession et saupoudré d’un zeste de fantomatique, elle place ça et là des indices qui nous interpellent, nous font hurler intérieurement « mais que va-t-il se passer !?! » - NDLR : à la relecture, mes ardeurs étaient bien plus modérées, mais à l’époque j’ai hurlé ! Je me souviens de mon impatience à l’achat de l’opus suivant, mon angoisse avant de le trouver…

Une bonne histoire n’est pas suffisante car « une bonne histoire » peut se découvrir dans un « one shot ». Non, il faut aussi de très bons personnages, tous liés les uns aux autres de manière rationnelle. Dans une série de 4 livres, vous aurez donc minimum 8 personnages centraux qui a un moment ou un autre ont été des personnages secondaires. L’idéal est d’en avoir d’autres afin de ménager le suspense et rendre les choses plausibles. Les personnages doivent avoir une histoire, une famille, des amis. L’histoire d’un ermite rencontrant une solitaire est assez délicate à faire durer sur plusieurs livres… et tout personnage catapulté dans l’œuvre fera l’effet d’un cheveu sur la soupe.

Et puisqu’on parle de recette, notre auteur a sa recette personnelle pour ses protagonistes. On retrouve souvent les même « profils » :

Il y a le mauvais garçon, l’artiste, la douce aimante/petite chose fragile, le col blanc au physique de charpentier, la beauté fatale, la fille-mère, le serviteur de l’ordre, l’amoureux de sa terre, la scientifique, le voleur, l’indépendante, le charmeur, le cerveau… Il est bien entendu qu’un seul personnage peut porter plusieurs casquette et que les genres sont interchangeable.

Ce qui nous donne ici Rafe, mauvais garçon revenu au pays, au sourire ravageur ,qui tombe sous le charme de Reagan, la beauté glacée traditionnelle à l’esprit indépendant.

Le second couple est formé de Savannah, fille-mère, un corps à damner un saint, de longues boucles qui dégringolent avec sensualité dans son dos (rahhhhh… la garce), qui se laisse prendre au jeu de Jared, l’avocat de la fratrie.

En troisième position arrive Devin, le sherif de la ville. C’est un faux calme intimidant mais qui cache un fond aussi tendre qu’un nounours à la guimauve. Ce dernier est amoureux depuis toujours de Cassie fraichement divorcée de son violent mari.

Enfin on assiste à la chute de Shane. Et l’instrument de sa chute se nomme Rebecca, scientifique brillante dont le cerveau sur-développé lui assure un certain nombre d’années d’avance sur ses compatriotes au niveau académique, mais un certain nombre d’années de retard sur le plan relationnel.

Sans parler bien sûr de tous les autres personnages qui gravitent autour de nos héros : la commère locale toujours au courant de la dernière rumeur, une tripotée d’enfants et de bébés cadum, un méchant facilement détestable, une patronne de café haute en couleurs et saturée de nicotine, un bar local avec son billard et son tenancier…

Enfin, pour rendre le tout cohérent, il est essentiel d’avoir un fil conducteur. Il permet au lecteur de se laisser porter par une histoire de fond tandis que les personnages évoluent autour d’un problème central. Nul besoin d’aller très loin pour trouver le fil parfait, il suffit d’un mystère à résoudre, d’une vengeance à accomplir, d’une enquête à mener, ou tout simplement une histoire de famille à suivre.

Car s’il est évident dès le prologue que la conclusion se fera sur un happy-end, le chemin emprunté pour arriver à cette conclusion est lié au fil conducteur. Le chemin suivi par les personnages est une conséquence de l’histoire par-delà leur histoire. Chez les MacKade, Nora Roberts joue sur plusieurs tableaux, avec une fratrie à découvrir, la petite ville  d'Antietam à explorer et une légende locale à dévoiler - La légende des deux caporaux.

Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le mystère de ces deux soldats. Allez plutôt le découvrir par vous-même !


Bonne Lecture

Tam-Tam

PS: pour ceux qui s'interrogent, l'image est une illustration de la bataille d'Antietam durant la guerre de Sécession.
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11 novembre 2010

Gentleman cambrioleur

Il était une fois une princesse qui avait attrapé la grippe... Confinée chez elle, avec l'interdiction de sortir, elle faisait passer le temps en regardant des séries télés. Beaucoup de séries télés. Parce que les livres demandent trop de concentration quand on est malade... C'est ainsi que j'ai découvert récemment une série qui s'appelle White collar. Le héros est un malfrat pas vraiment repenti, qui se retrouve « obligé » de travailler pour le FBI. Et il faut bien l'avouer, au-delà du physique plus que charmant de l'acteur principal, l'idée d'un héros moins-que-parfait marche toujours très bien avec moi. Pourquoi? L'attrait du mauvais garçon sans doute... Tant qu'il ne s'agit que de vol (et pas d'autres crimes sordides), il y a un potentiel de romantisme dans tout hors-la-loi. Robin des bois, Arsène Lupin, pour ne citer qu'eux... Ryan Boldari... Et puis, du fond de mon lit, le gentleman cambrioleur m'entraîne dans ses aventures et me sauve d'un ennui mortel!
Dans la romance, le héros voleur a un grand cœur, une démarche très sexy (une vague analogie avec le félin, silencieux et insaisissable étant de rigueur), et surtout, surtout, il ne se repend que très moyennement de ses méfaits!


Il en serait même plutôt fier. Et moi, lectrice, j'aime qu'il assume son choix de carrière. Même si souvent, hélas, la fin du livre sonne le glas de ses activités illégales et le héros rentre dans le rang pour prendre femme et produire quelques bébés. Il gardera toujours la nostalgie de sa jeunesse débridée... et moi aussi!


Alors que bon, soyons sérieuses deux minutes, si un jour je croise au détour d'une maison mal éclairée un beau jeune homme en train de vider le coffre-fort, mon premier réflexe (ou mon second, ou mon troisième) ne sera sûrement pas de le considérer comme fiancé potentiel! Après une bonne crise cardiaque, je vais surtout me précipiter sur mon portable pour appeler la police et me planquer derrière le canapé... Et quand bien même je le rencontrerai au café du coin et que j'apprenais par la suite ses occupations, je doute que je trouverais cela très attirant. Je vois d'ici le déjeuner de présentation à mes parents « - Et sinon, vous faites quoi dans la vie? - Je cambriole les musées... Vous aimez la peinture? ». Non, vraiment, j'ai comme le pressentiment que mon père ne me donnerait pas sa bénédiction!


Mais pour en revenir à nos moutons, il semblerait qu'il y ait dans la romance une concentration particulièrement élevée de voleurs. Et je dois avouer que j'ai un petit faible pour cette catégorie socio-professionnelle...


Le voleur devrait être une figure négative, l'auteur le romance littéralement, c'est un anti-héros parfaitement héroïque. Il a souvent des raisons tout-à-fait rocambolesques pour expliquer ses agissements :
  • Ryan (Une femme dans la tourmente – Homeport, Nora Roberts) a reçu un don de Dieu,
  • Nick (Libre à tout prix – Worth any price, Lisa Kleypas) a eu une enfance traumatisante,
  • Davy et Tilda (Faking it, Jennifer Crusie) ont une famille de doux-dingues,
  • Jade (Guardian angel, Julie Garwood) a une revanche à prendre,
  • les Sullivan (La fortune des Sullivan – Three fates, Nora Roberts) ont un héritage familial à récupérer,
  • Luke (Les illusionnistes – Honest illusions, Nora Roberts) est victime de chantage,
  • Samuel (The shadow and the star, Laura Kinsale) est en mission secrète,
  • Jack (The lost Duke of Wyndham, Julia Quinn) aimerait juste ne pas mourir de faim...
Oui, quelques femmes se sont perdues dans mon exposé... Mais peu importe, ce qui compte, c'est que toutes les excuses sont recevables, du moment que le voleur, qui a un métier à priori immoral, reste en toutes circonstances, fidèle à un certain code d'honneur.


Car, ce qui fait la différence entre nos voleurs de romance et le type qui nous arrache notre sac à main dans le métro, ce sont les 5 commandements de Robin des Bois :
  • tu ne voleras que les riches
  • tu ne voleras que les méchants
  • tu pratiqueras la non-violence (tout en sachant te défendre avec un art martial redoutablement efficace si tu es attaqué)
  • tu ne voleras pas pour ton enrichissement égoïste (différentes options sont acceptables : entretenir toute ta famille sur 27 générations, financer une ONG dans le tiers-monde de façon anonyme...)
  • tu offriras toujours ton aide aux demoiselles en détresse qui croisent ton chemin
Un peu selon la même logique qui veut qu'un homme qui aime les chiens soit un homme bien, quoi qu'il arrive, un homme qui reste chevaleresque envers une demoiselle en détresse (ou pas en détresse) ne peut être entièrement mauvais, et il aura droit à toutes les excuses de la terre pour justifier sa carrière! Finalement, cela permet de donner un défaut à un héros qui est autrement parfait à tout point de vue, et l'auteur y trouve un ressort particulièrement facile pour son histoire.


Le voleur en romance est donc un magnifique cliché, que je retrouve toujours avec autant de plaisir! Et si vous ne devez choisir qu'un seul des livres que je vous ai cité... Eh bien ne choisissez pas, ils sont tous très bien! Mais si vraiment, un voleur s'introduisait chez vous, et que vous ne pouviez en sauver qu'un seul, ce serait La fortune des Sullivan.


Parce que c'est trois histoires pour le prix d'une, une histoire de voleurs qui n'en sont pas vraiment : deux frères et leur sœur partent en quête d'une statuette, héritage familial que l'on leur a volé. Cette œuvre d'art légendaire représente l'une des trois Parques mythologiques. Nos héros se lancent dans une véritable chasse au trésor, non seulement pour récupérer ce qui leur a été dérobé, mais aussi pour trouver les deux autres Parques. Au début, ils tâtonnent, ne savent pas trop comment s'y prendre, sont maladroits et manquent plus d'une fois de se faire repérer! Et puis, au fur et à mesure des rencontres, ils deviennent bien plus habiles, et de rebondissements en retournements de situation, chacun de nos trois Sullivan va rencontrer son âme sœur, leurs histoires s'entremêlant à leur quête. Ce livre fait partie de mon Top 15, et c'est sans l'ombre d'un doute mon préféré de Nora Roberts.


Ce n'est pas pour autant une raison pour négliger mes autres recommandations, le voleur en romance ayant à mes yeux un potentiel de sexytude sur l'échelle de Hugh Jackman inégalé à ce jour. Et que celle qui n'a pas rêvé de Pierce Brosnan dans L'affaire Thomas Crown me jette le premier livre!

Chi-Chi
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25 octobre 2010

Classique du genre

Lorsqu’on parle de classique en littérature, on fait souvent référence à des auteurs dont la qualité et le mérite font l’unanimité. On parle de Victor Hugo, James Joyce, Shakespeare, Cervantès ou Goethe… On parle d’auteurs qui sont (ou seront) au programme du Baccalauréat…

De mon côté, j’ai toujours trouvé cela assez réducteur de ma définition personnelle du classique de bibliothèque :
Dans ma bibliothèque, un classique est un livre que j’ai lu, relu, re-relu... offert, conseillé… C’est le livre vers lequel ma main est attirée les jours où ma PAL ne me tente pas.
C’est mon remède contre la morosité un jour de grisaille, ou mon fixe de bonne humeur…

La chose étrange avec mes classiques, c’est que non contents d’évoluer au cours du temps, c’est une liste qui peut contenir des titres surprenant… J’ai relu hier Naked in Death (Lieutenant Eve Dallas) de J.D. Robb et j’ai regoûté les plaisirs d’une enquête en compagnie d’Eve Dallas. Pourtant, ma relation avec notre lieutenant préférée n’était pas gagnée, loin de là !

Mais je sens votre perplexité, aussi vais-je tout vous expliquer…

La première fois que je suis tombée sur un Nora Roberts Eve Dallas, ce dernier était dans une collection J’ai Lu des plus rose Barbie et le synopsis en 4ème de couverture situait l’action dans le futur, ce qui a eu le don de me faire reposer l’ouvrage, au profit de ma première nuit blanche dont je vous ai déjà parlé… Dans mon esprit, Nora Roberts est restée pendant longtemps associée avec cette série futuriste de thrillers.
Il a fallu l’arrivée de la première trilogie irlandaise chez J’ai Lu pour réhabiliter cette auteur prolifique, sans parler du fabuleux Three Fates – La fortune des Sullivan dont nous parlerons un jour… Mais alors même que je me jetais sur tous les ouvrages de Madame Roberts, je ne pouvais me résoudre à essayer la série de Mademoiselle Robb.

Jusqu’à un lundi pluvieux de Cornouailles (ouhhh la belle redondance ^^), où ma bibliothécaire me glisse en aparté qu’elle a lu un livre magique pendant le weekend qui lui a fait oublier que son chat a des problèmes de goutte (là encore, je vous ai déjà parlé d’Alice).
Je m’enquiers du titre de la merveille… et là, stupeur, il s’agit de Naked In Death de J. D. Robb. Alice, ma chère Chi-Chi, c’était un peu toi, mais en version fleurie à l’anglaise, avec de petites lunettes et un cardigan grenat couvert de poils de chat qu’elle portait systématiquement sur ces frêles épaules par temps pluvieux (i.e. en permanence). Et tout comme je suis les conseils de Chi-Chi les yeux fermés, j’ai fait fi de mes réserves, j’ai emprunté le livre, et je suis rentrée chez moi… sous la pluie…

Par pur esprit de contradiction, je n’ai pas sauté sur le livre pour le lire… loin de là. Je m’y suis résolue le dimanche, n’ayant plus que cela à ma disposition…
Et ce fut la révélation !

J’ai découvert une ambiance bien particulière. J’avais fait la grimace à l’idée de lire une histoire se situant dans le futur, ce détail a finalement participé à me faire entrer dans l’histoire.
Nous découvrons avec délices dans ce premier tome Eve, lieutenant de la police de New York sur une enquête de meurtres en série de prostituées. Au détour de ses investigations, elle tombe sur le millionnaire Roarke. D’interrogatoires en alibis, des liens se tissent (à son esprit défendant, Ltd. Dallas n’est pas du genre à donner dans le sentiment !).
Par-delà l’enquête, qui au demeurant est bien menée, c’est la découverte de l’héroïne de la série et du couple mythique qu’elle va former avec Roarke qui m’a intriguée.

Eve est un personnage "mille feuilles", quand on a enlevé une couche, on en découvre une nouvelle. Elle est complexe, même pour les narrateurs omniscients que nous sommes. Et le premier livre de cette série nous titille juste ce qu’il faut de curiosité pour nous donner l’envie de la découvrir un peu plus dans chaque livre. On y découvre une femme qui se veut forte, qui pour se sentir maître de sa vie, tient les gens à distance. On y découvre une femme qui, en dépit de la prudence dont elle fait preuve, se retrouve "envoutée" par le charismatique Roarke.

Roarke… Comment ne pas tomber sous le charme ? Il est comme Cher ou Madonna, il est Roarke et rien d’autre. D’origine irlandaise, il s’est construit une fortune et un nom. Et croyez-moi, sur l’échelle Hugh Jackman, il se place définitivement en bonne position (même si la traduction le rétrograde quelque peu en l’appelant Connor, irk…) :
Il est beau, il est grand, il est musclé… coté corps de rêve, nous sommes parées.
Pour le côté mystérieux, la rumeur dit qu’il aurait acquis sa fortune de manière pas tout à fait légale. Mais qu’importe, chez Nora Roberts, les voleurs sont toujours des gentlemen, c’est bien connu.

Nous aurons bien des tomes en leur compagnie pour découvrir les différentes facettes des ces deux personnages et de leur comparses. Car c’est sans doute là tout le talent de l’auteur, de très bons personnages secondaires. Le capitaine Feeney (la figure paternelle de la série), le docteur Mira (la figure maternelle), la sympathique et musicale Mavis (on a toujours besoin d’une meilleure amie), et sans oublier le très coincé/antipathique/efficace Summerset, envers lequel j’ai une affection particulière - ce qui doit être un truc de maître d’hôtel, car déjà à l’époque de Batman, je fondais littéralement pour les "Master Bruce" d’Alfred…

Si le suspense version 2050 vous tente, Eve Dallas saura vous séduire !

Bonne Lecture
Tam-Tam
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