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31 août 2012

The proposal

Après des semaines entières de frénésie contemporaine, j’ai changé de registre à la faveur de quelques régences des plus classiques. Miranda Neville of course, mais aussi deux nouveaux Courtney Milan dans ma PAL, le dernier Mary Balogh et une nouvelle série moins classique dont j’espère vous reparler très vite…

Le Mary Balogh m’a dangereusement évoqué le souvenir d’un des chouchous de mon Top 15 : Slightly dangerous.

Il m’a évoqué cette tendance de la régence à vouloir être un peu plus réaliste, à présenter des situations un peu plus complexes, sans pour autant tomber dans l’angoisse et les périls qui pourraient me distraire de la seule chose importante : l’histoire d’amour. Et il y a un problème similaire autour de la demande en mariage que l'on ne rencontre pas souvent !

Une tendance qui personnellement me ravit, j’aime découvrir de plus en plus souvent des couples où les milieux sociaux se mélangent, même si je suis bien consciente du peu de potentiel réaliste d’une telle chose, dans une société aussi codifiée… Certes, lorsque Courtney marie une courtisane notoire avec un parangon de vertu, les choses s'arrangent étonnement bien, mais j’apprécie l’effort d’imagination et la finesse avec laquelle c’est amené.

Mais je m’égare, ici il n’est pas question d’une courtisane mais d’une lady tout à fait comme il faut, qui se tord la cheville sur une plage, un jour de mars, et de l’homme qui, à contrecœur, se sent obligé de voler à sa rescousse. Il est donc question de Mary Balogh et de The Proposal, tome 1 de la série Survivors’ club.

Je vais commencer par ce que je n’ai pas aimé :
  • Je n’ai pas aimé que ce livre parle encore d’anciens soldats et de leur difficulté à se réadapter après la guerre. Non pas que le sujet me laisse insensible mais ces derniers temps, je croise des anciens soldats au détour de chaque page. Tous les hommes ne sont pas des soldats et tous les héros n’ont pas besoin d’être passés à deux doigts de la mort pour valoir la peine qu’une femme s’intéresse à eux.
  • Je n’ai pas aimé l’aspect info-dump de certains passages. Si l’on était dans un tome plus avancé de la série, je dirais que Mary a voulu faire des rappels des tomes précédents. Comme il s’agit du tome 1, je crois qu’elle a simplement voulu planter son décor rapidement, pour mieux se concentrer sur ses personnages. Et parce que je lui accorde cette intention, j’accepte de passer outre. Même si par moment, j’avoue avoir fait une diagonale sur quelques paragraphes/monologues intérieurs dont le seul objectif est clairement de nous faire passer de l’information, faute d’avoir réussi à la caser ailleurs.
  • Je n’ai pas aimé, conséquence de l’info-dump susmentionné, la présence d’une flopée de membres du fameux Survivors club. Quoi, encooooore un club où tous les membres vont trouver l’amour les uns après les autres en rang bien serrés comme des dominos ? Pff…. Surtout que tous les membres du club ne sont pas très bien personnifiés et que je ne me suis pas spécialement attachée à tous. 
  • Je n'ai pas aimé que l'émotion entre les personnages soit tellement retenue, certes en accord avec ce que l'on peut imaginer de l'esprit de l'époque mais un peu trop timide pour mon petit cœur contemporain... 

Mais…

Mais maintenant que j’ai dit du mal, je vais pouvoir m’attarder sur ce que j’ai aimé : 
  • J’ai aimé Hugo, notre héros. Un protecteur dans l’âme, pensez, il refuse d’abandonner notre héroïne avec une cheville invalide, sur une plage déserte en plein hiver. Anobli à la fin de la guerre pour services rendus à la couronne, il est issu de la bonne bourgeoisie émergente et n’oublie pas ses racines. Pire, il n’aime pas la haute société et la noblesse et considère qu’il n’a rien à y faire. Il vit en quasi-reclus dans la propriété qu’il a acheté à la campagne et ses séquelles de la guerre sont psychologiques. Le pauvre chéri se débat comme il le peut avec ses fantômes et est fermement décidé à aller de l’avant, à ne plus inquiéter sa famille qu'il adore et à se marier, pour lancer sa sœur dans la bonne société et donner un héritier à la fortune familiale (acquise donc dans le commerce, oh so shocking)… Je veux bien le consoler, anytime !
  • J’ai aimé Gwen, l’héroïne. Une veuve, plus très jeune, fermement décidée à ne jamais se remarier après une première expérience qui, sans être malheureuse, n’a pas été spécialement réussie. Une lady, certes sans préjugés mais avec une conscience aigue de sa place dans la société et des barrières qui peuvent se dresser entre les différentes classes. Et une lady qui sait ce qu’elle veut et n’en devient pas pour autant une virago. Une lady qui sait parfois oublier ses bonnes manières pour faire un pas en direction de son héros, et après tout, c’est bien tout ce qui compte.
  • J’ai aimé que leur rencontre soit pleine d’idées reçues l’un sur l’autre et que, étrangement, au lieu de les éloigner, cet antagonisme initial les poussent à être d’autant plus honnêtes l’un envers l’autre et à apprécier les efforts que cela implique.
  • J’ai aimé que Hugo se lance à la conquête de Gwen, non pas comme une lady s’attend à être courtisée mais à sa manière bien particulière, un mélange de franchise brutale, de tendresse instinctive et de maladresse sociale, et qu’il ne se décourage pas au premier signe de difficulté.
  • J’ai aimé que la différence de classe en ces deux-là soit prise en compte, considérée, remise en cause et affrontée, qu’ils ne prétendent pas qu’elle n’existe pas ou que l’intégration de l’un au monde de l’autre et vice et versa sera facile.
  • Enfin, j’ai aimé la manière dont chacun fait ressortir le meilleur de l’autre et la tendresse qu’ils se manifestent, celle qui fait oublier tous les défauts qui peuvent embarrasser l’histoire.

En un mot, et malgré tout, j’ai bien aimé The Proposal et s'il croise votre chemin, vous passerez j’espère un bon moment ! 

  
Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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9 janvier 2012

L’ordre des choses

En régence, si je schématise à la truelle, il y a deux sortes d’histoires. Chacune de ces histoires est définie par un élément déterminant pour l’époque : le mariage.

C’est bien simple, je n’ai pas encore trouvé de régence où le couple formé par les deux héros ne prononce pas ses vœux à un moment donné du roman.

Il y a deux écoles. 

Celle où le mariage est la conclusion de l’histoire, l’union est alors comme une clôture à tous les malentendus/ péripéties/"vilains pas beaux" à terrasser, pour enfin atteindre le bliss marital. L’union est une perspective heureuse, les héros voient un futur débordant d’amour s’ouvrir devant eux. Bon, j’exagère sans doute un peu, certains auteurs savent être subtils et n’ont pas forcément recours aux angelots chantant la gloire de l’amour triomphant dans l’église, mais vous avez saisi l’idée. 

Je leur ai d’ailleurs trouvé un nom : Happily ever after mariage, parce que si on y réfléchît bien, Blanche-Neige, Cendrillon et toutes leur copines ont eu droit à de telles unions. A l’instant des "je le veux", le Prince charmant leur mangeait déjà dans la main.

A l’opposé des happily ever after, nous avons les mariages qui surviennent dès les premiers chapitres du roman. Les circonstances sont souvent les mêmes : une réputation doit être sauvée, une fortune est à la clé, un domaine est dans la ligne de mire… les unions ont été arrangées et les nouveaux époux ont été contraints de s’unir, dans une certaines mesure à l’insu de leur plein gré.

Tout le roman s’articule alors sur la transformation de cette union contractée "sous la menace" en une union des corps, des âmes, des destins, et des envolées de petits poneys, ne les oublions pas. Ces unions, je les ai baptisé les Contractuels. En effet, c’est souvent un contrat plus qu’une réelle affection qui lie les deux "parties" dans les premiers temps du mariage. Dans certains cas, les nouveaux époux ne se sont rencontré que 2 ou 3 fois avant l’échange des vœux. Il faudra tout le talent de l’auteur pour faire naitre des sentiments chez eux, et le roman se clôturera sur la déclaration des sentiments/l’annonce d’une naissance/la résolution de tous les problèmes.

Qu’ils soient contractuels ou happily ever after, les mariages dans les historiques sont une condition sine qua non  de l’écriture. Les anachronismes qui peuvent parfois se glisser dans une régence ne vont pas jusqu’à considérer le mariage avec la désinvolture d’un contemporain…

Très personnellement, si je dois admettre qu’un mariage arrangé est loin de me faire fantasmer de prime abord, c’est un schéma que j’aime assez en romance (et ce n’est pas Chi-Chi qui ira me contredire). Les héros sont ensemble pour le meilleur et pour le pire. Sous entendu, ils vont bien être obligés de faire avec ce qu’ils ont et d'établir un dialogue. Certains essayeront de s’enfuir, de se mettre des œillères, mais l’auteur prendra un malin plaisir à les obliger à faire face à leur vie.

C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe dans le roman de ce lundi. First comes mariage (Le temps du mariage) de Mary Balogh est le premier tome de la série des Huxables. Ce premier opus s’ouvre sur une bonne nouvelle. Par un caprice du destin (et le jeu des successions), Stephen, petit dernier et seul garçon de la tribu des Huxtable se retrouve héritier du titre de comte de Merton. La fratrie est sous le choc. Elliot Wallace, Viscount Lyngate, qui leur annonce la nouvelle, souhaite sur le champ commencer la formation du jeune comte. Notre héros prend en effet ses responsabilités de tuteur très au sérieux. Ce qu’il n’avait pas calculé par contre, c’est que ses trois grandes sœurs insistent pour suivre leur petit frère à Londres. "Môssieur" Elliot est quelque peu misogyne au début de notre histoire, il faut l’admettre. Une femme ne peut savoir ce qu’il y a de mieux pour le jeune comte, une femme ne peut que l'handicaper dans son apprentissage, une femme est... une distraction. D’autant que leur venue à Londres implique de les lancer dans la bonne société londonienne pour la "saison" à venir.

Et un lancement pour une "saison", c’est bien plus compliqué qu’un simple "je te présente mes cousins de province". Voyez-vous, il faut être sponsorisé par un "membre honorable" qui lui-même gravite dans les "bons cercles".

Voilà pourquoi, après une réflexion intense sur les diverses possibilités qui s’offrent à lui, Eliott en arrive à la conclusion suivante. Pour que l’éducation du jeune comte se fasse sans anicroche et que les trois sœurs ainées puissent jouir de la respectabilité suffisante pour être présentée à la noblesse, il va devoir se marier avec l’une d’entre elle.

Il a le choix, Margaret, Katherine et Vanessa sont toutes trois célibataires. Les deux premières sont même des splendides jeunes femmes. Il fini par choisir l’ainée, Margaret…

Sauf que Vanessa, notre héroïne, jeune veuve de son état, ne veut pas voir sa sœur perdre tout espoir d’un jour être heureuse, parce qu’avec un butor pareil qui pense si peu des femmes, elle ne peut être QUE misérable. Nessie (oui, elle a le surnom d’une bestiole écossaise pas super glamour) prend sur elle de demander à "sa grâce"  s'il consentirait à l’épouser elle, et non pas Margaret, histoire de faire d'une pierre trois cailloux. Il sauve la respectabilité de la famille, il lance tout ce beau monde en société, et il sauve l’esprit d’une jeune fille en la laissant sur le carreau.

Elliot réfléchit longtemps… C’est qu’elle n’est pas aussi belle que sa sœur, notre héroïne, et qu’elle a la langue acérée. Mais très étrangement, il finit par dire oui.

Entre ces deux là, pas de pâmoison en vue. Un vrai mariage de convenance est contracté au début du livre. Et c’est là que tout débute.

Mary Balogh va développer la relation de nos héros de manière très fine et toute en sensibilité. Il n’y aura pas, comme on pourrait le craindre, de déclaration d’amour éternelle dès la première scène d’amour. Pas plus qu’il n’y aura de feu d’artifice entre la jeune veuve et son nouveau mari dès les premières embrassades. Leur relation va prendre corps doucement, elle va gagner en profondeur à mesure que les pages et les chapitres vont s’enchainer. Vanessa va apprendre des choses sur elle-même au contact d’Elliot, et ce dernier va murir et découvrir qu’il est des femmes sur lesquelles on peut compter (oui, un lourd passif, une fois encore, dans ce roman).

Ce livre est un exemple parfait de tout ce qui fait que les Contractuels en régence sont des histoires qui peuvent porter nos héros bien plus loin que l’on aurait pu le penser.

Une partie pragmatique de ma personne ne peut par ailleurs pas s’empêcher de penser que ces histoires d’amour sont sans doute celles qui auraient eu le plus de chance de survenir à l’époque...

 
Bonne lecture, 
Tam-Tam
 
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25 août 2011

Une héroïne... et quelle héroïne!

Si vous saviez comme ça me fait plaisir de venir vous dire que cette semaine, j'ai passé une nuit blanche! C'est que j'en ai fait beaucoup depuis quelques temps des nuits blanches, mais toujours courbée sur le clavier de mon ordinateur à travailler. J'avais délaissé ma BAL, par manque d'inspiration mais aussi parce que je mettais toute mon énergie dans un projet très particulier qui m'aura demandé beaucoup d'énergie et plusieurs mois de ma vie. Le projet est terminé, je fais des nuits complètes depuis une semaine et mon esprit est enfin libéré, je peux reprendre mes livres!

Souvenez-vous, il y a à peine 2 semaines, je vous faisais un petit bilan de ma BAL, où je mentionnais More than a mistress de Mary Balogh.

Voilà, c'est fait, je l'ai lu. Et adoré. J'ai terminé la dernière page à 6h30 du matin, en soupirant d'extase et de frustration, comment ça, déjà fini?

Mary Balogh nous y raconte l'histoire de Jane. Un peu de son héros, Jocelyn, mais surtout de Jane. C'est un bonheur trop rare en romance de rencontrer une héroïne que l'on aime vraiment. La plupart du temps, on l'aime bien, la trouve chouette, agréable, marrante, mais c'est pour le héros que l'on fond, c'est lui qui fait palpiter notre cœur de midinette. L'héroïne est là pour mettre en valeur le héros, pour le sauver de lui-même et lui apporter le bonheur. Certes, elle en retire aussi quelques bénéfices, mais le héros reste l'intérêt principal et il marque plus durablement la mémoire...

Pas ici. Jocelyn est un héros à la hauteur de Jane, et pas l'inverse.

Jane est une lady qui a quelques problèmes. Depuis la mort de ses parents, elle est sous la tutelle de son oncle, lequel aimerait bien qu'elle épouse son fils/cousin, pour conserver l'héritage. Et utilise à cette fin des méthodes peu honorables. Schéma classique de la romance régence. Et Jane, après un incident malheureux, fait ses bagages et quitte la maison familiale pour se rendre chez sa marraine. Par un enchainement de circonstances malheureuses, elle se retrouve à Londres, obligée de dissimuler son identité. Qui dit lady incognito dit obligation de subvenir à ses besoins, Jane est employée chez le Duc de Tresham, Jocelyn donc. Lequel se dit que notre héroïne ferait une fort charmante maitresse.

Oui oui, une maitresse, une femme entretenu, vivant dans une maison tous frais payés en échange de ses services dans un lit. Tout à fait le genre de carrière pour laquelle une lady de bonne famille a été élevée. La proposition du Duc reçoit donc un accueil pour le moins... original!

Jane est réellement l'une des meilleures héroïnes qu'il m'ait été donné de découvrir depuis longtemps. Elle est la parfaite illustration du talent de Mary Balogh. C'est une jeune femme d'une grande finesse psychologique (dont elle fait abondamment usage), qui a la tête sur les épaules, qui se connait bien et ne parle jamais sans réfléchir. Elle sait qui elle est, est consciente de sa propre valeur sans jamais en devenir prétentieuse ou arrogante, regarde les problèmes dans sa vie avec courage et objectivité, enfin, elle ne se ment jamais à elle-même. Et toutes ces qualités, bien loin d'en faire une caricature de vertu et de perfection, en font un personnage fort et attirant.

Jocelyn de son coté, est comme il se doit un débauché, un Duc vivant à la hauteur de sa réputation, entre duels, paris insensés, bagarres à coups de poings et nuits d'ivresse. C'est aussi un personnage plein de facettes cachées, que Jane saura à la perfection révéler. Il a clairement plus besoin d'elle qu'elle n'a besoin de lui, leur couple est loin d'être une évidence, et pourtant ces deux-là se complètent.

Bien sûr, la question demeure, pourquoi Jane doit-elle se cacher, va-t-elle être contrainte d'accepter la proposition du Duc de Tresham, comment se sortir de cette situation délicate?

Une seule façon de le savoir, empressez-vous de lire More than a mistress, vous ne le regretterez pas!
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
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3 février 2011

Rendez-moi mes petits!

Aujourd’hui, je complexe. Eh oui, après le magnifique article de Tam-Tam lundi, la relève va être difficile à assurer pour moi. Vous avez vu, dès le 2ème jour, il est entré par la magie des statistiques dans la liste des Articles-stars, les 5 plus lus de tout le blog! Tam-Tam, je suis fière de toi...

Difficile donc, surtout que je voulais profiter de cet article pour vous faire partager une de mes névroses de lectrice, pas un sujet des plus glam, vous avouerez. Mais tant pis, je ne peux pas décemment laisser passer un jeudi sans écrire, vous devrez donc vous contenter de ma plume !

Ma névrose je disais... Vous savez tous, vous qui venez ici, que la vie d'une lectrice est pavée de difficultés : budget mensuel qui explose, PAL qui menace de crever le plafond, étagères qui croulent sous le poids de la littérature, et surtout, surtout, les autres. Les extérieurs. Ceux qui ne sont pas nous. Donc pas les propriétaires de nos livres. Ceux qui viennent chez nous et touchent à nos précieuses affaires. Sortent un tome pour lire la 4ème de couverture. Et là, catastrophe, sont intéressés. Ne vous méprenez pas, je suis toujours heureuse de faire découvrir un auteur ou un livre que j'aime. Mais j’aime mes livres comme s'ils étaient mes bébés, et j’ai toujours du mal à les prêter. Anatole France disait « Ne prêtez jamais vos livres : personne ne les rend jamais. Les seuls livres que j’ai dans ma bibliothèque sont des livres qu’on m’a prêté ». Voila ma hantise : ne jamais revoir mes livres.

Quand on me demande de prêter un livre, j'ai toujours un frisson d'angoisse. Tu veux l'emmener? Mais où? Et pour combien de temps? Y feras-tu bien attention? Ces questions, je me les pose à chaque fois. Imaginez mon angoisse devant ces emplacements vides dans ma bibliothèque (gros mensonge, ma bibliothèque est un fouillis innommable que je me promets de classer depuis des mois, je ne sais même plus ce que j'ai !).

Pourtant, Tam-Tam affirme que cela ne se voit pas du tout. Et c’est vrai, je prête volontiers mes livres, sachant parfaitement à chaque fois que je cours le risque de ne jamais les revoir. Les séquelles de la famille nombreuse où il fallait tout partager peut-être ? Toujours est-il que je suis un peu schizophrène : la première fois que j'ai rencontré Tam-Tam, je lui ai proposé de venir m'emprunter des livres. Spontanément ! Le truc complètement improbable pour moi. Prêter si on me le demande oui, mais carrément proposer ??! Elle est repartie avec une valise entière... C'était l'épreuve du feu, après ça, si un malheur arrivait à mes livres je ne lui aurais sûrement plus jamais parlé. Nous l'avons échappé belle, elle m'a rendu mes petits rapidement et en bon état...

Depuis, j’ai fait un long travail sur moi-même, je prête beaucoup plus facilement et c’est de sa faute : pour chaque livre prêté, elle m’en a rendu deux. Et comme je suis parfaitement horrible, je garde ces livres en otage depuis parfois deux ans. Ma PAL est trop grosse, je ne m’en sors plus… Tam-Tam, merci pour ta patience, je jure qu’un jour je te rendrais tes petits ! D’ici là, tu vas devoir rester amie avec moi pour t’assurer qu’il ne leur arrive pas malheur...

Et en attendant, je vous parlerais aujourd’hui d’un livre qui est actuellement retenu en otage chez une personne que je ne nommerai pas ici (je programme à l’heure actuelle ma vengeance, il ne faudrait pas qu’elle se doute de quelque chose)… Il s’agit donc d’un autre livre de mon Top 15 : Slightly dangerous de Mary Balogh.

Comme je suis sympa, je vous préviens tout de suite qu'il s'agit du dernier tome d'une série de 8 tomes qui n'a pas été traduite en français, mais vous trouverez plein d'autres bons livres de cet auteur chez J'ai Lu si la VO vous rebute...

Pourquoi avoir choisi le dernier tome? D'abord parce que je n'ai pas lu tous les tomes de cette série. Après plusieurs déceptions avec les séries, j'avais à l'époque décidé de ne plus lire que ceux dont les résumés m'intéressaient...  Pour cette série, je n'ai donc lu que les tomes  2 et 8.

Et parce que j'ai eu le coup de foudre pour son héros. Wulfric, Duc de Bewcastle est l'ainé de six. Déjà, les familles nombreuses, cela me parle... Ensuite, c'est un héros comme je les aime : énigmatique, solitaire, enfermé dans le rôle que les convenances de son époque et de son rang lui imposent. Aperçu dans le tome 2, et apparemment très présent dans le reste de la série, il se distingue par la distance qu'il maintient toujours entre lui et le reste du monde. Célibataire sans intention de se marier (il a des frères qui feront bien des héritiers pour le titre), il se retrouve encore plus seul après la mort de sa maîtresse, qu'il fréquentait depuis 10 ans avec une indifférence teintée d'affection, pour des raisons purement pragmatiques. Alors oui, ce n’est pas très romantique comme personnalité, dans le genre grand anglais glacial, on a trouvé plus enthousiasmant, et pourtant… Et pourtant, Wulf, malgré son prénom ridicule (Mesdames les auteures, par pitié, arrêtez de croire que plus le prénom est original plus le héros a une aura mystérieuse – la seule conséquence est que je ne peux pas m’imaginer prononcer le nom du héros dans l’intimité sous peine de fou rire !), je disais donc, Wulf me fait rêver ! Parce que j’aime à m’imaginer que sous cette apparence froide et détachée, il y a une personne qui mérite la peine que l’on s’intéresse à lui. Parce que j’aime me dire que dans la romance, l’adage « Ne nous fions pas aux apparences » est plus vrai encore que dans la réalité.

Mais revenons à notre histoire. Lorsqu'il rencontre Christine, son héroïne, Wulf est donc à la recherche d'une nouvelle maîtresse. Christine est une veuve plus très jeune et franchement modeste, mais dotée d'un caractère résolument heureux et optimiste. Elle est parfois gaffeuse, parle un peu trop fort pour les salons élégants de la haute aristocratie, rit en public, et surtout, surtout, elle se moque gentiment de notre Duc, qui trouve tout cela fort inconvenant.

Je vous mentirais en disant que nos héros font des étincelles. Christine fait des étincelles, elle pétille, elle attire les regards par son comportement peu discret, sa joie de vivre, mais aussi sa dignité, son esprit qu’elle ne cherche pas à dissimuler comme il convient aux dames de l’époque. Le Duc, devant un tel spectacle, reste de glace, comme il sied à son rang, sa position sociale, son éducation... Ici, pas d'attirance inexplicable et incontrôlable dès les 15 premières minutes de leur rencontre, et Mon Dieu comme c’est agréable !!! La relation entre eux va se développer doucement, tout en finesse. Notre Duc de glace ne fond pas à la première occasion, il reste parfaitement cohérent dans son rôle, et aura beaucoup de chemin à parcourir pour toucher le cœur de Christine qui, de son côté, ne cherchait pas du tout à attirer sur elle l’attention d’un personnage aussi désapprobateur de tout ce qu’elle est !

Voilà donc l'aspect le plus frappant et le plus appréciable de ce livre, c'est justement que nos héros sont crédibles et que, sans caricature, sans excès, l’auteur nous amène à croire que leur histoire est possible. Et moi, les histoires d’amour entre des personnes que tout oppose à ce point et qui parviennent malgré tout à se comprendre et à me convaincre, c’est ce que je préfère ! C’est ainsi que ce livre s’est trouvé classé dans mon Top 15 et c’est pour cela que je vous conseille aujourd’hui de le lire...

Et quand à moi, je m'en vais dès cet instant mettre en route mon plan diabolique pour récupérer mon petit chéri chez sa kidnappeuse, voila trop longtemps que je ne l'ai pas relu!


Chi-Chi

P.S. : Vous pouvez évidemment aussi choisir de lire la série en entier, pour culminer avec Slightly Dangerous, j’ai entendu dire qu’ils étaient tous bien ! ^_^


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