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8 avril 2013

Kell Sabin, la série

 
L'obsession compulsive a encore frappée. 
Le week-end dernier, je finissais White Lies de Linda Howard. Il y a un quart d'heure, j'ai vu apparaitre le mot "fin" sur le troisième tome de la série. Il fallait bien quelqu'un comme Linda Howard pour me plonger dans un marathon sans même y penser.

Alors je pourrais faire un article pour chaque opus. Mais il se trouve que cette série date des années 80. Et que si elle a beaucoup de qualités (que je vais vous lister, n'ayez crainte), la longueur n'en fait pas partie. Je préfère ainsi ne dédier qu'un article aux trois premiers (plus courts) et ne pas trop spoiler.

C'est moche de spoiler. Le sage dit même "A chaque fois que tu racontes la fin avant l'heure, aux pays du bel arc-en-ciel, un lapin pleure" (et là, le sage a réussi à rimer, et mettre pile le bon nombre de pieds, merci d'applaudir).

Et au-delà du bien être des petits lapinous adorables et duveteux, je n'aime pas trop en dévoiler sur les romances suspense. Je veux dire, on se doute bien que les héros vont se sauter dessus sauvagement dans le feu de l'action/après avoir échappé de peu à la mort/pour se réconforter de la perte d'une compagnon d'armes. Les raisons sont aussi nombreuses que variées, mais le lecteur doit les découvrir seul, quitte à s'endormir à une heure indécente.
Et heure indécente, sur cette série il y a eu.

Dans "L'arc en ciel de minuit" (Midnight Rainbow), Grant (qui s'appelle Grégory dans la version française) vient d'être engagé pour porter secours à Jane Greer. Cette dernière s'est en effet retrouvée mêlée à une sombre affaire de microfilm (oui, 80's power, mes amis) et semble être retenue prisonnière chez un baron de la pègre du Costa Rica. 

Alors que Grant, ancien mercenaire/espion/nettoyeur (on ne saura pas vraiment) s'était dit que son dernier contrat avant une retraite bien méritée serait de la tarte (vous pensez, une jet-setteuse insouciante), il ne s'attendait clairement pas à la course poursuite dans la jungle du Costa Rica en compagnie d'une femme avec un solide sens des réalités, une détermination peu commune le tout emballé dans un packaging assez attirant. Et un mercenaire surpris, ça donne des situations explosives de sensualité. D'autant qu'une fois encore, nous avons ici le modèle howardien de l'homme alpha : Grant est un homme, un vrai. Protecteur dans l'âme, héroïque et un tantinet macho... Vous me direz, je me répète, mais c'est toujours un peu comme ça l'homme howardien, il ruisselle de masculinité, et puis un jour, une femme surprenante ne se laisse berner par son tour de force.... et BAM!
Enfin, bam ou pas bam, notre couple est tout de même dans de sérieux draps. Entre les sbires du vilain méchant qui veulent leur mettre le grappin dessus, des traitres qui se sont infiltrés dans la hiérarchie de "l'agence", le Costa Rica comme destination de vacances, il faudra repasser!

Après la course poursuite dans la jungle, la moiteur de l'Amérique du Sud et la sexytude de l'homme aux yeux de félin (oui, Linda Howard, dans le texte). Je n'avais pas encore eu ma dose de testostérone. Et puis j'avais aussi aperçu un certain Kell Sabin qui paraissait avoir toutes les qualités requises d'un héros über-miam. J'ai donc procédé à la lecture du second livre.

L'aventure de l'amour (Diamond Bay) commence par un naufrage. Notre espion/mercenaire Kell Sabin (oui, on n'en sait toujours pas plus, si ce n'est qu'il "n'existe pas officiellement") que l'on avait entre-aperçu dans le tome précédent, voit ses vacances annuelles ruinées par une explosion de bateau, deux balles dans le corps, et 3,5 km à nager dans la baie pour échapper à un certain Charles (le vilain). Vous admettrez qu'on a vu mieux comme thalasso pour se reposer. 

Rachel Jones est veuve et vit depuis 5 ans à Diamond Bay (un nom très romantique donné au lieu parce que quand le soleil se couche, cela fait comme un tapis de diamants sur la ligne d'horizon) (encore l'auteur dans le texte), un lieu est évocateur de romance (plus que la jungle humide du Costa Rica) (quoique...) où notre héroïne vit avec son chien Joe, ses journées rythmées par les tâches domestiques, la gestion de ses magasins de souvenirs, ses écrits, ses cours...

Mais son quotidien va se trouver perturbé lorsqu'au hasard d'une balade sur la plage, elle tombe sur le corps inanimé de Kell Sabin. Avec l'aide de son chien (oui, Joe est le cousin de Lassie, il comprend tout et est capable de monter une Expedit de chez Ikea en deux aboiements et trois jappements), elle va rapatrier le blessé à son domicile et entreprendre de le maintenir en vie.

Dans une autre vie (comprendre, avant la mort de son mari) Rachel était journaliste d'investigation. Et parce qu'elle n'est pas née de la dernière pluie (de poneys), elle comprend que 1) cet homme est blessé (oui, deux balles peuvent avoir cet effet),  que 2) que cet homme est quand même hyper beau gosse avec son teint halé (l'auteur nous précise que l'homme est bronzé "partout") et enfin que 3) appeler la police n'est sans doute pas la meilleure chose qu'elle puisse faire (c'est bien connu, quand tu trouves un homme qui ressemble à une passoire, tu te dis, "n'appelons pas la police, c'est plus prudent"). C'est ainsi que Rachel appelle son amie vétérinaire pour qu'elle l'aide à soigner notre Mister BG.

Alors voilà... en 3 points, je viens de vous dévoiler pourquoi cette histoire, de prime abord, fait carrément moins crédible. Mais je vous rassure, au-delà de l'improbabilité de la situation, Rachel est un personnage attachant et Kell possède aussi sa carte de membre du club des mâles intensément dominants. Il est tellement dur (ouhh... mais c'est que je ferais presque des allusions sensouelles moi), tellement fort... tellement... tellement... que l'histoire se lit, et que le mot fin arrive sans que Joe ait eu le temps de monter le canapé (je fais référence à ma blague pourrie de tout à l'heure, pardonnez...).

Après avoir laissé notre duo se repaitre du spectacle des vagues s'échouant sur la plage, j'ai attaqué le dernier tome, La chevrolet bleue (Heartbreaker).

Et là, deux choses se sont imposées à moi d'emblée. Les titres français de cette série sont à mourir de rire et point d'espion/mercenaire dans celui-là. Non, dans cette histoire il est question de Michelle Cabot, au lendemain du décès de son père. 

Alors qu'elle s'affaire à mettre en ordre les papiers du défunt, tout en essayant vainement de maintenir à flot le ranch dont elle vient d'hériter, elle découvre un soir qu'une partie (une grosse partie) de sa dette n'est pas détenue par une banque, mais par John Raferty, le rancher d'à côté, bourreau des cœurs arrogant et macho. Soucieuse de liquider sa dette le plus vite possible, Michelle prend son courage à deux mains et appelle notre ami John... 

Vous pensez bien que ces deux là sont faits pour s'entendre... à l'usure! Mais elle verra au delà de l'arrogance, il saura mettre de côté les manières de princesse. Ajoutez à cela un ex-mari qui rode... Vous obtenez une romance suspense honorable, qui n'est pas sans me rappeler "Libre d'aimer" de Catherine Anderson. D'ailleurs je ne vous en dit pas plus, et je vous laisse faire votre sélection howardienne vous-même.

Lisez les dans l'ordre, dans le désordre, qu'importe! Le mâle howardien est toujours sexy et torride! En revanche, je décline toute responsabilité pour les couvertures cheesy et kitch des versions françaises que vous pourrez trouver! Oui, j'en ai même été réduite à vous mettre les couvertures VO, c'est dire! 

Enfin, je vous ai présenté ici de la vrai romance 80's. Elle ne se lit pas tout à fait comme de la romance actuelle. Le mâle y est beaucoup plus macho, l’héroïne est beaucoup moins maitresse des choses. Il faut en prendre et en laisser. Si d'aventure vous seriez craintive, mon préféré reste le dernier opus "White Lies".

  
A bon entendeur, bonne lecture,
Tam-Tam
   
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1 avril 2013

White Lies

Il a longtemps, dans un royaume fort fort lointain, vivait une princesse qui aimait faire des nuits blanches. Et cette princesse, qui répondait au doux sobriquet de Tam-Tam, aimait à raconter les raisons de ces nuits blanches à l'internet tout entier, dévoiler que l'auteur responsable de sa première fois n'était autre que Linda Howard. Et cette même princesse (qui devrait arrêter de parler d'elle à la troisième personne) a lu récemment un nouveau Linda Howard…

Enfin, pas si nouveau que ça (1988). Mais n'allons pas couper les cheveux en quatre, et soupirons en cœur mes sœurs, car le Héros Howardien est de retour dans ma vie! (oui, le "H" majuscule est obligatoire ici)

Je n'en ai pas lu de nouveau depuis bien des lunes (je crois que ça commence à se compter en années) pour plusieurs raisons, toutes très légitimes :
  • mes dernières lectures de cette auteur m'avaient déçues par rapport aux nuits blanches de mes débuts de princesse.
  • constatation de ces dernières années, je n'ai finalement lu que peu de romance suspense, écrites par Linda ou qui que ce soit d'autre. Chi-Chi, grande influenceuse devant l'éternel chatoyant, est fort peu portée sur le genre (même si Linda Howard tient tout de même une place particulière dans son panthéon) et j'ai oublié d'avoir envie (Johnny sort de ce corps) de suspense.
  • malgré un courrier incendiaire envoyé au très haut (toujours chatoyant), ce dernier n'a pas consenti à rallonger les journées qui ne font toujours que 24h, limitant mes possibilités de lecture.
Mais comme vous l'aurez conclu de ce fabuleux passage introductif sans queue ni tête, cette disette vient de prendre fin car grâce à Emmanuelle, lectrice et bloggeuse, qui me l'a chaudement conseillé.

Bilan de la lecture, j'ai soupiré, j'ai frissonné, et je vais sans doute me jeter violemment sur les autres tomes de la série (oui, parce que bien entendu, j'ai commencé par le dernier, sinon, c'est moins drôle).

Mais je vous parle, je vous parle. Et vous ne savez toujours pas de quoi il s'agit…
 
"White Lies" s'ouvre un jour où tout va mal. Jay (l'héroine, pas l'oiseau) vient de se faire licencier parce qu'elle a eu le malheur d'être plus compétente, plus efficace que le fils du patron, et que ça fait un peu tâche, aussi pour rétablir l'équilibre du cosmos, le grand patron a cru bon de congédier la demoiselle.

Alors qu'elle rentre chez elle en ruminant son agacement et ses envies de hurler l'injustice de cette situation à la terre entière (sentiment que je partage, j'ai bien souvent, dans ces situations, des visions très violentes de têtes écrabouillées avec délectation par mes blanches mains sur un crépi bien épais et dur) (toute analogie avec une chanson du même nom serait bien entendu fortuite), un homme mystérieux au doux nom de Frank la contacte.

Frankie (pas Vincent) a besoin d'elle pour identifier le seul survivant d'une explosion comme étant Steve, son ex-mari. Plus à une mauvaise nouvelle prêt, Jay se dit qu'un petit voyage à l'hôpital militaire lui fera oublier quelques heures qu'elle va devoir passer les 2 prochaines semaines à faire semblant de ne pas être duuuuuu tout atteinte par son licenciement et que tout va bien dans le meilleur des mondes (on visualise des petites moutons blancs bouclés qui gambadent dans des prairies verdoyantes et on respire par le ventre).

A l'hôpital, devant le corps enrubanné de l'homme avec lequel elle a partagé sa vie, Jay est pleine de doutes. Certes la taille est globalement la même, certes la corpulence est somme toute similaire, mais elle trouve tout de même que reconnaitre quelqu'un avec lequel elle n'a pas eu de contact depuis cinq ans, c'est pas si facile quand de la personne s'échappent plusieurs tubes rattachés à des machines, et que la peau visible à ce moment là, elle la cherche...

Mais chez Linda Howard, certaines choses ne s'expliquent pas par des mots. Les sentiments et les sensations gouvernent les personnages. Comme si les corps pouvaient se reconnaitre avant de se parler, comme une sorte d'alchimie. C'est sans doute de là que vient le coup de foudre… Mais je m'égare.

Car bien entendu, Jay reconnait la momie Steve, et Steve, depuis les profondeurs de son coma artificiel, reconnait Jay. Je sais cela sonne vraiment mal, presque dégoulinant de sucre et que l'on a envie de lever les yeux au ciel, mais dans le livre, l'auteur a fort heureusement plus de talent que moi. 

Une fois le patient identifié, Jay pense pouvoir repartir affronter ses 15 jours de préavis. C'est sans compter sur Frank qui la persuade de rester auprès de son ex-mari… Jay réfléchit longuement (au moins trois secondes) et accepte…

Alors, comme ça, on pourrait croire que 1) c'est une histoire de retrouvailles, et que 2) pour le suspense il faudra repasser. Mais ce serait sous-estimer l'auteur qui nous livre un héros amnésique, seul détenteur de la vérité de l'accident et des circonstances pour le moins opaques de l'évènement qui chamboule la vie de Jay. 

A chaque détour de phrase on se demande QUAND la vérité éclatera. Car si le lecteur en sait parfois plus que les personnages, il perçoit aussi que les personnages ne lui ont pas tout dévoilé. La tension monte donc, et comme toujours avec Howard, elle va de paire avec le désir.
 
Ouhhhh que j'avais oublié à quel point j'aimais les héros howardiens!! Forts, possessifs, passionnels, sensuels jusqu'à en être félins. Je l'aime cet alpha howardien. Je frissonne quand il parle à celle qui considère comme sienne. J'aime quand il décide, mais écoute néanmoins sa partenaire. Je l'aime cet alpha.

White Lies (j'entends ici d'avance le désespoir de certaines) n'est pas traduit, mais je pense être retombé dans mon addiction, et prévois de lire très prochainement les trois premiers tomes de la série Kell Sabin dont ce livre est le 4ème opus. Rassurez vous donc, les trois premiers sont disponibles en VF (en vintage, couverture pourrie incluse). 

Je m'en vais de ce pas comparer les profils de ces hommes hors du commun, et m'imaginer pantelante entre leur bras (que voulez-vous, j'ai une imagination fertile), et je vous tiens au courant!
 

 
En attendant, bonne lecture,
Tam-Tam

PS: l'article d'Emmanuelle sur son blog anglophone ICI
 
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