Il y a des livres qui m’intriguent. Il y en a d’autres qui
me font fuir.
Une lady très bien comme il faut qui se paye un étalon pour
tomber enceinte, moins d’une semaine après la mort de son mari, dans l’espoir
d’empêcher son horrible et pervers beau-frère d’hériter ?
Très très bas dans la liste de ce que j’aurais eu envie de
lire. Mais…
Mais j’avais eu des bonnes surprises ces temps-ci… Mais j’ai lu
des bonnes critiques sur ce livre… Mais j’ai pris comme bonne résolution de
lecture d’être plus aventureuse dans mes choix… Je ne vais quand même pas
laisser quelques malheureuses expériences me cantonner à tout jamais à mes
auteurs chéries sans élargir mes horizons ! Donc, j’ai décidé de lire A lady awakened de Cecilia Grant,
malgré son pitch un peu effrayant.
Et si ce n’était qu’un prétexte pour enchaîner les scènes
sexy, avec une femme en apparence très froide qui, au premier coup, découvrait
la sensualité et jetait tous ses principes aux quatre vents pour un peu de
plaisir ? Si il n'avait été question que de ça, j’aurais détesté ce livre.
Mais l’aspect intime du livre n’est finalement que ça… Un
aspect. Et un aspect qui n’est pas simple, puisque notre veuve, en pur produit
de son époque, considère la chair avec méfiance, avec une certaine répulsion
engendrée par un an de mariage malheureux, avec froideur.
Théo est un jeune homme oisif, de bonne famille et de bonne
composition. Il a toujours mené une vie facile et un jour, son père décide de
l’envoyer en exil dans une de leur propriété à la campagne, pour limiter ses
excès et lui apprendre son futur métier de baron.
Martha est une veuve toute fraîche et très jeune, une lady
de la campagne très comme il faut, pleine de principes et de morale. Son devoir
et ses obligations de châtelaine passent avant tout. Elle est digne, irréprochable.
Quand elle décide qu’il lui faut tomber enceinte au plus
vite, pour faire passer l’enfant pour celui de son défunt mari, elle engage les
services de Theo, récemment débarqué dans la région. Martha, Mrs Russell,
considère l’affaire comme une transaction d’affaires. Theo, Mr Mirkwood,
profite de l’intelligence et des connaissances rurales de la veuve pour
approfondir son éducation, clé de son droit de retourner à la civilisation.
Entre eux, rien de simple, comme il se doit. Théo qui
réalise que, respecter leur marché signifie abandonner son enfant sans espoir
de pouvoir le reconnaître un jour. Martha qui réalise que, mener son plan a
exécution, c’est voler l’héritage de ses neveux. Et tous deux qui réalisent
que, ensembles, ils font ressortir chez l’autre leurs meilleurs travers, tout
en sachant qu’il n’est pas possible de dévier du chemin qu’ils se sont fixés.
Il y a entre Theo et Martha (cela me fait bizarre d’être
aussi familière avec eux, quand ils se donnent du Mr et Mrs même après
plusieurs « rendez-vous »), tout le poids des convenances de leur
époque, et en même temps, cette volonté d’une vie meilleure, cette idée qu’il
faut sacrifier un peu de soi-même pour que le monde devienne un endroit où il
fait bon vivre. Il y a entre eux un ressort que j’aime dans la romance,
l’obligation de passer du temps ensembles, même si ce n’est pas un mariage forcé ou un road-trip.
Malheureusement, il y a aussi entre eux une certaine
froideur, venue des circonstances de leur rencontre, qui n'arrive pas à se
dissiper entièrement au fur et à mesure qu'avance l'histoire. Malheureusement,
il n'y a pas dans leur romance assez de passion pour faire oublier la
difficulté de leurs premiers moments, et malheureusement je n'ai pas éprouvé beaucoup de sympathie pour les amours de cette veuve trop engoncée dans ses principes et de ce jeune aristocrate indolent...
Ce n'est donc pas un
livre que je vous recommande, en dépit des originalités que je
lui reconnais. Le plus sage sera certainement de vous laisser vous en faire
votre propre opinion si, comme pour moi, la curiosité l'emporte...
Bonne lecture tout de même,
Chi-Chi