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1 août 2012

Jane Eyre à Vera Cruz


Alors que la météo estivale prenait un virage pluvieux, votre dévouée princesse est allée au cinéma avec Stéphanie. Nous avions la salle rien que pour nous, hélas il n'y avait pas de pop-corn... Mais bon, que ne ferait-on pas pour Michael Fassbender hein? (oui, je suis faible)

Michael, c'est en Magneto que je le préfère, mais pour le bonheur de mes yeux, je me suis dit que les petits pantalons moulants d'époque seraient du plus bel effet sur l'auguste popotin de cet acteur germano-irlandais. Je pouvais donc faire une infidelité au latex, personne ne m'en voudrait...

Jane Eyre, même si c'est d'abord un classique de la littérature anglaise et une romance, je ne l'ai pas lu. J'en ai vu une première version ciné vers 15 ans (celle avec Charlotte Gainsbourg) et cette nouvelle version avec Fassbenounet (bouhhhhhh!!! renbourserrrrrrr!!!). Qu'un troupeau de licornes me piétinent pour avoir osé aujourd'hui avouer pareil méfait. A ma décharge, j'ai lu Les Hauts de Hurlevents vers 20 ans, et parce que j'ai failli tomber dans une dépression d'une noirceur suprême à la lecture de ce livre, j'ai mis entre parenthèse la poursuite monomanique de ma culture "Brönte" (parenthèse que je n'ai pas encore refermé et qui s'applique à toutes les soeurs).

Mais pour toutes celles qui comme moi ont des lacunes, je vais vous résumer le pitch en une phrase :



Jane Eyre, c'est Cendrillon passé au mixeur made in UK. 

Je m'explique (et je glisse des spoilers). Jane est orpheline, elle est élevée par la femme de feu son oncle. Cette dernière, ne versant pas vraiment dans la gentillesse et l'amour de son prochain, envoie Jane dans une pension à la Dickens, où les jeunes filles reçoivent plus de coups de bâtons que de coups de fils.

Une fois devenue adulte, Jane part prendre un poste de gouvernante dans les contrées reculées du nord, chez un certain Mr. Rochester, héros maudit et torturé, pas vraiment "boyfriend material" (ni vraiment héros de romance material à bien y réfléchir).
  
 

Mais entre son enfance chez sa tante et ses années dans une école/prison pour filles, Rochester, au moment où elle le rencontre, est le premier représentant de l'espèce masculine qu'elle a l'occasion de croiser! Et laissez moi vous dire qu'il va plutôt lui faire impression. Il y a un moment avant Fassenber et un moment après. Pour Jane, entre les deux, c'est découverte de l'existence de ses ovaires en son sein, pour moi, c'est ce regard, ces pantalons qui couvrent parfaitement deux pommes bien fermes, c'est cette "chemise de nuit" que j'aurais voulu plus courte (n'est-ce pas Stéphanie)...

Par la suite, il n'aura de cesse de la poursuivre, arrogant et tout puissant. Elle n'aura de cesse de le regarder avec des yeux de bambi.

Il y a un mystère bien sûr, puis une grande déclaration. Il y aura une fuite dans la lande balayée par le vent. Un héritage inattendu et enfin un happy-end (oui, on est chez les princesses).

Alors pourquoi y aller?


Pour Michael d'abord, pour Fassbender ensuite et pour son.... regard, toujours!

Sinon, il y a aussi la photo du film qui est splendide. Les couleurs magnifiques, très poétiques en un sens.

Enfin, les paysages sont une carte postale de l'Angleterre. Certaines scènes pourraient être utilisées par l'office de tourisme tant elles graphiquement parfaites.

Mais (il en fallait bien) l'adaptation me plait moins que celle de mes 15 ans.

Cela pourrait être dû au fait que Rochester est "trop beau" par rapport à l'image que j'ai fini par m'en faire, ou que parfois (trop à mon goût) le film tombe un peu dans le pathos...

Ou que mes yeux saignent encore à la vision de ces coiffures étranges. La vue de l'oreille devait être beaucoup trop connotée érotiquement pour qu'ils éprouvent le besoin de placer une mèche de cheveux autour (perso, je trouve que ça fait oreille canine, mais passons).



Essentiellement, je crois surtout qu'à 15 ans, cette histoire m'a fait beaucoup plus d'effet. Le personnage de Jane, quelconque, rejetée de tous, qui captive un personnage aussi mystérieusement sexy que Rochester, cela vous impressionne une princesse en devenir!

Maintenant, j'ai la sagesse de voir que sous cette sensibilité à fleur de peau, Jane, c'est tout de même une sacrée gourdasse qui en tient une bonne couche! (je sens que certaines vont me jeter des cailloux...)

J'ai néanmoins passé un très bon moment. La salle déserte m'a permis de donner libre cours à mon humour pourri (Stéphanie, j'espère que je ne t'ai pas ruiné l’expérience Fassbender), le casting de folie m'a fait jouer à "où est-ce que je l'ai vu lui?" et la mise en scène extrêmement soignée m'a donné furieusement envie de partir visiter la région!


Tam-Tam

PS : Stéphanie, j'ai retrouvé où j'avais vu la soeur de Jamie Bell (oui, ce message est crypté). C'est Georgina dans P&P!
 
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23 juin 2011

De l'influence parentale (encore)

Récemment, je parlais lecture avec ma mère. J'avais lu La solitude des nombres premiers. Elle avait lu Trois vies chinoises de Dai Sije. Et tandis qu’elle me disait combien elle avait trouvé cette histoire désespérante, je me suis retrouvée en train de lui expliquer pourquoi j'aimais tant la romance. Un livre qui vous envoie un message positif, que vous refermez avec l'idée que le monde est un endroit plus beau, que l'amour n'est pas vain, cela n'a pas de prix. Ma mère comprend ce point de vue, même si elle n'est pas elle-même une fan de romance, et après tout, c'est elle qui m'a mis entre les mains ces livres qui ont formé mon goût et mon caractère! A la même époque où je découvrais Le Mouron Rouge et Anne of Green Gables, toujours dans la bibliothèque familiale, se trouvait Jane Eyre. Longtemps je me suis méfié de ce livre, héritage d'un temps ancien où les couvertures n'avaient pas d'image! Reconnaissez que c'était suspect...

Aujourd'hui, Jane Eyre est pourtant une de mes références. Malgré les multiples adaptations en film (dont une version avec Charlotte Gainsbourg en 1996, et une nouvelle version est prévue le 7 septembre 2011, avec Mia Wasikowska dans le rôle-titre), c'est toujours vers le livre que je reviens.

Ce roman de Charlotte Brontë a été publié en 1847 en Angleterre. Le succès est immédiat, et le livre sera traduit en français dès 1854. Présenté comme l'autobiographie de la narratrice, l'histoire nous fait suivre la vie de Jane Eyre sur une quinzaine d'années.

Jane, orpheline de dix ans, est hébergée par une vague relation de famille, Mrs Reed. Cette dernière n'est pas du tout contente de la situation, elle considère Jane comme une gêne, la maltraite et la punit durement si elle ose se rebeller. Après un incident particulièrement violent, Mrs Reed décide de se débarrasser de Jane et l'envoie à Lowood, école pour jeunes filles « difficiles ». Les conditions de vie y sont extrêmement rudes, la discipline de fer pour corriger toutes des demoiselles de leurs « vices ». Et Jane restera huit ans à Lowood, huit ans durant lesquels elle survivra plus qu'elle ne vivra réellement, mais huit ans durant lesquels son caractère se forgera, autour d'une idée : être indépendante. Le jour où Jane quitte l'internat, ce sera pour devenir l'institutrice d'Adèle, pupille du mystérieux Mr Rochester, à Thornfield Hall.

J'hésite à vous en dire plus, car si vous n'avez pas encore lu ou vu Jane Eyre, je m'en voudrais de gâcher pour vous la découverte de la suite!

La relation entre Jane et Mr Rochester va bien sûr occuper une place centrale dans la suite de l'histoire, mais les personnages qui les entourent ont une importance fondamentale. Tout le roman se déroule dans une ambiance sombre, presque pesante, un secret plane sur Thornfield Hall, des rumeurs courent, et Jane, comme le lecteur, ne sait que croire. En lisant Jane Eyre, j'ai toujours l'impression d'entrer dans une bulle, un espace où le temps n'a pas de prise, dans des lieux noyés de brouillard et de froid. Dans cet univers évoluent des personnages qui sont à l'exact opposé de cette ambiance, Jane est ardente en dépit des apparences, Mr Rochester est passionné... La personnalité de Jane, discrète jusqu'à l'effacement, mais farouchement indépendante, est tout à fait hors du commun pour une femme de son époque. C'est pour moi une héroïne tout à fait extraordinaire, surtout parce qu'elle est féministe dans un monde où le concept même du féminisme était très mal vu, parce qu'elle s'est formée seule dans un environnement où rien ne l'y encourageait, parce qu'elle est incroyablement forte tout simplement.

Si les films se concentrent le plus souvent autour de l'histoire d'amour entre Jane et Mr Rochester, ce serait faire un raccourci que de croire que l'histoire ne se limite qu'à cela. Jane Eyre n'est pas seulement une histoire d'amour, c'est avant tout un roman d'initiation, une histoire de femme dans l'Angleterre victorienne, c'est surtout l'histoire de Jane qui refuse d'être une victime et de subir sa propre vie. De plus, Charlotte Brontë manie la plume avec art, son écriture est très poétique, marquée par les influences romantiques de l'époque, avec une nuance presque gothique par moments!

Je vous recommande donc la lecture de Jane Eyre, sans vous contenter des versions cinématographiques. Mais, si vraiment vous n'avez pas le temps, pour les fans, le lien audio-book!


Bonne lecture,
Chi-Chi
 
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