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28 décembre 2012

La mort s'invite à Pemberley - Death comes to Pemberley

Il y a quelque mois, je vous avais parlé de cette très belle histoire, celle de Lizzie et Darcy : Orgueil et Préjugés

Pour ceux et celles qui n’auraient pas encore lu ce livre (ce dont je doute fortement si vous lisez ce blog…), je vous conseille de ne pas poursuivre cet article car je commence par la fin de l’ouvrage de Jane Austen. Si vous connaissez la fin, suivez-moi…

Lizzie et Darcy ont mis du temps, ils se sont ignorés, ne se sont pas aimés, se sont connus, appréciés, et ont fini par se marier ! L’histoire finit parfaitement bien, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants… 

Enfin, c’est ce que l’on suppose. Le roman s’arrête au mariage. Qui n’a jamais souhaité connaître la suite ? Leur vie de couple, l’installation de Lizzie comme maitresse de Pemberley, la naissance des enfants ! 

C’est ce que nous offre P.D. James dans Death comes to Pemberley (La mort s'invite à Pemberley en VF). Certes, le titre est surprenant. L’on sort d’une romance pour entrer dans un vrai roman policier. Est-ce possible ?

Oui ! 

Tout l’art de l’auteur est de nous offrir une suite en respectant parfaitement la psychologie des personnes que l’on connaît. Et quelle joie de les retrouver ! Lizzie, Darcy mais aussi Jane et Bingley, Lydia, Mr. Bennet et… Wickham. 

C’est autour de ce dernier que se situe l’intrigue. Etant une fan absolue des romans policiers, je ne vous en dirai pas plus, par crainte de gâcher le suspens. Ce n’est certainement par le meilleur « polar » de tous les temps ; toutefois, retrouver les personnages rattrape les quelques petites insuffisances et longueurs du roman. Sans déflorer l’intrigue, et pour vous mettre l’eau à la bouche, je peux vous dire que Bingley et Jane se sont installés très près des Darcy, que Lydia est toujours aussi insupportable et que vous allez en apprendre long sur Wickham… 

Amis de la romance et du polar (parce qu’il n’y a aucune raison que cela soit incompatible), ce livre est fait pour vous !


Bonne lecture,
Duchess V.

PS : dans un tout autre style, mais toujours avec cette association romance/polar, je vous recommande également le livre que m’a conseillé Chi-Chi pour m’initier aux romances : Mister Perfect.
 
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21 juillet 2011

Sally, la trilogie, Francine Pascal

Vous connaissez ce sentiment d’avoir subitement envie de lire, mais sans savoir quoi? Alors vous faites les cents pas devant la bibliothèque en espérant qu’un livre va vous appeler et dire « Eh oh ! Lis-moi ! Lis-moi ! ». Mais si les livres nous parlent, ce n’est pas à haute voix (heureusement parce que, personnellement, ça me ficherait la trouille)...

Eh bien, l’histoire de ma rencontre avec le personnage de Sally a commencé comme ça. Mes yeux se sont arrêtés sur ces bonnes vieilles couvertures des années 1980, la première de la trilogie Le Drame nous montre une jeune fille digne des séries américaines, visiblement très inquiète ; sur le deuxième Les Remords Sally (oui, visiblement c’est elle !) porte des lunettes de soleil avec un air grave ; enfin, Le Bonheur, nous dévoile une jeune fille radieuse, souriante ! Donc on a tout compris : au début ça va péter, elle va le regretter, mais finalement tout va aller pour le mieux. Sally poursuit ici le traditionnel parcours initiatique.

Présenté comme ça, vous allez penser que je veux vous dégouter. Mais non ! Malgré l’apparente banalité de la trilogie il n’en est rien et j’ai adoré ! Dès les premières pages, Francine Pascal nous fait comprendre très clairement que son héroïne, Sally, est une véritable peste. C’est la reine du lycée, nouvelle présidente du conseil des étudiants, et elle compte bien le rester. Pour cela, elle n’hésite pas à magouiller et à s’approprier les idées des autres filles, celles-ci ayant trop peur de sortir du groupe pour oser dire quoi que ce soit. A côté de ça, tout en faisant les yeux doux à tous les plus beaux mecs du lycée qui n’ont d’yeux que pour elle, cette chère Sally n’en pince que pour le beau Jed Michaels, tout nouveau arrivé dans leur lycée de Highgate, typiquement le genre de garçon qu’il faut à Sally. Laquelle va tout faire pour qu’il la remarque et craque, lui aussi, comme les autres, ce qui ne va pas marcher aussi facilement...

Même si Sally est une chipie, dès le début on se prend d’affection pour elle, sans vraiment savoir pourquoi. Puis, au fur et à mesure, on commence à comprendre et à lui trouver des circonstances atténuantes. Cette jeune fille n’a plus de parents, est élevée (à distance, elle est en pension) par sa grand-mère, Regina Ryan, une femme très haut placé avec de grandes attentes en ce qui concerne son unique petite fille. Si Sally règne sur la vie de Highgate, Regina Ryan règne sur la vie de Sally. Alors, même si on aimerait dire à Sally de se comporter autrement au lycée, on ne peut s’empêcher d’être de son côté.

Bien sûr, beaucoup de choses se passent dans cette histoire : mensonges, manigances, accidents, rencontres... Sally va tout faire pour conquérir Jed, et parfois s’en mordre les doigts, puis petit à petit  elle va prendre conscience que son comportement est loin d'être idéal...

Mais je ne veux pas tout vous dire (faisant moi-même partie de ceux qui ne lisent même pas le quatrième de couverture...). Toutefois, outre l’histoire en elle-même, j’ai aimé lire les trois livres en français. En règle générale, je préfère toujours les versions originales, que ce soit au cinéma ou dans toute lecture ; mais dans ce cas précis, la traduction était particulièrement bonne. Pas de college qui devient « collège » ni de actually devenant « actuellement » ! Vous allez me dire que c’est la moindre des choses, mais ce n’est pas toujours le cas... La version française peut même laisser penser au lecteur qu’elle est la version originale (!) et que l’auteur écrit bien.

En résumé, avec Sally, vous pourrez lire une histoire très bien écrite, vous attacher à cette jeune starlette et apprécier de la voir grandir auprès du beau Jed... 
 
 
Duchess Virginia

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7 juillet 2011

Pride and Prejudice, Jane Austen

Qui n’a jamais rêvé de vivre au XIXe siècle, de se rendre à des bals, de rencontrer des gentlemen ? Si tel est votre rêve, plongez-vous dans ce livre ! Son incipit ? "It is a truth universally acknowledged that a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife". L’arrivé d’un tel homme dans la région excite cette chère Mrs Bennet dont le seul intérêt dans la vie est de marier ces cinq filles (Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia). Alors forcément quand Mr. Bingley débarque avec son ami Mr. Darcy, et sachant que Bingley a un revenu à hauteur de 4 000 ou 5 000 £ (voire même plus !) et que Darcy a 10 000 £ par an, c’est juste magnifique ! Bon, le problème c’est que Darcy est profondément hautain et désagréable... Mrs. Bennet jette donc son dévolu sur Mr. Bingley et, la vie étant vraiment trop bien faite au XIXe siècle, Bingley a l’air de s’intéresser à Jane, qui le lui rend bien (mais ne le montre pas vraiment).

Ah, j’allais oublier le pavé dans la mare... Mr. Collins, le pasteur, cousin de la famille, qui va hériter de la propriété des Bennet (oui, parce que dans ce monde profondément sexiste, pas d’héritage pour les filles donc c’est le cousin qui profite étant donné que les Bennet n’ont pas de fils...), débarque et fait comprendre à toute la petite famille qu’il se marierait bien avec l’une des sœurs. Jane est sauvée car Mrs Bennet fait comprendre à Collins qu’il y a quelqu’un dans la place, mais la pauvre Elizabeth plait bien à ce cher Collins... Et croyez-moi, pour vouloir de lui il faut vraiment être désespérée (ou alors une sainte, ou alors les deux) ! Vous en saurez plus en lisant... Il faut également savoir que Collins habite et officie près de la propriété de Lady Catherine de Burgh qui est la tante de Darcy (oui, le monde est très petit au XIXe siècle). Pour le moment on s’en fiche car Darcy, rappelez-vous, est hautain et désagréable, mais Lady Catherine aura son importance... Ah cette chère Catoche, pas facile à vivre !

Donc, vous avez été brièvement introduit à la famille Bennet, Bingley, Darcy, Lady Catherine et Collins. Reste Mr. Wickham, ce charmant jeune officier dont Elizabeth ferait bien son goûter et qui lui raconte à quel point Mr. Darcy est un mauvais, un gros méchant. Grosso modo, ils ont été élevé ensemble et ensuite Darcy a mené la vie dure à Wickham (ahlala ce Mr. Darcy il est vraiment pas cool). Wickham le gentil et Darcy le méchant.

Enfin, mentionnons les Gardener, oncle et tante des sœurs Bennet, sans qui beaucoup de choses n’auraient pu se passer, mais aussi la chère Charlotte, amie très proche d’Elizabeth, le genre de fille dont on dirait aujourd’hui qu’elle est « bien brave » mais c’est comme la fraicheur de Kiss Cool, ce n’est pas grave, d’autant qu’elle va débarrasser Elizabeth d’un énorme boulet...

Après cette brève présentation, vous devez vous demander pourquoi lire ce livre ? On a déjà tout compris, Jane et Bingley vont finir ensemble et puis Elizabeth va séduire Wickham et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant (en effet, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire au XIXe siècle, sauf peut-être la chasse pour ces messieurs et le piano et la danse pour ces dames). Mais ce serait beaucoup trop simple et Jane Austen a beaucoup trop de talent pour s’enfermer dans un roman à l’eau de rose sans aucun intérêt. Bingley va partir et ne plus donner de nouvelles, Wickham va également s’éloigner et va ensuite s’enfuir avec Lydia ! Darcy saura-t-il de son côté évoluer ? Que vont devenir ces sœurs sans fortune ?

Jane Austen laisse le lecteur plonger dans les différents types de relations que peuvent avoir les gens entre eux : l’amitié d’Elizabeth et de Charlotte, les relations entre sœurs qui sont parfois très proches comme Jane et Elizabeth, mais les ainées sont de temps à autres les secondes mères des plus jeunes, notamment de Lydia et Kitty. Les couples sont formés de personnes tout à fait opposées comme les Bennet ou alors de gens proches comme les Gardener qui sont très attachés l’un à l’autre. Il y a aussi les relations mères-filles mais surtout les relations entre les hommes : rivaux (Darcy-Wickham) ou meilleurs amis (Darcy-Bingley).

Jane Austen nous emmène dans ce monde impitoyable où se mêlent séduction, tendresse, infidélité, tromperie, fugue amoureuse, entraide et amitié. Elle nous permet de traverser les plus beaux paysages anglais, notamment en passant par Pemberley. Elle nous conduit, à travers ses personnages, à détester, à adorer, à être peinés et à angoisser. Vous allez aimer vous rendre à ces bals où l’on a l’impression qu’une vie peut se jouer, vous allez rire aux idioties des jeunes Bennet, être exaspérés de leur mère, souffrir pour leur père, être peinés pour les aînés mais surtout vous allez savourez cette histoire passionnante à laquelle, malgré l’époque qui y est dépeinte, nous pouvons tous nous identifier...


Duchess Virginia

Post Scriptum : ce roman a été adapté au cinéma. Si je puis me permettre, ne regardez pas la version courte avec Keira Knightley mais préférez la version longue, BBC, avec Colin Firth et Jennifer Ehle (qui se sont retrouvés 14 ans après dans Le Discours d’un Roi). Pour info, c’est en voyant cette version BBC qu’Helen Fielding a imaginé un des passages de Bridget Jones 2 : l’âge de raison, lorsque Mr... Darcy (joué par Colin Firth !) tombe dans l’eau d’une fontaine...
 
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