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30 août 2013

Breathe ou l'overdose

Je ne sais pas ce qui m’a pris de vouloir lire ce livre.
 
Peut-être parce que les quelques New adult lus récemment ont été des succès, ou parce que je n’aime pas me faire trop vite un avis sur une nouvelle tendance (encore que je peux vous dire que pour le moment ce n’est guère concluant, je suis une créature d’habitudes finalement).
 
Tout cela pour dire, je voulais découvrir Abbi Glines dont j'avais souvent entendu parler, et j’ai passé des heures sur goodreads à éplucher les résumés, dans l’espoir d’en trouve un qui me plairait. Déjà, une majorité me promettait un triangle amoureux, éliminé d’office !
 
J’ai fini par porter mon dévolu sur Breathe qui paraissait prometteur, avec une star dans le paysage (j'aime les stars dans mon paysage).
 
Et donc... Sadie est une pauvre petite malheureuse pas orpheline mais elle pourrait aussi bien l’être vu qu’elle a son irresponsable de mère a charge. Et quand je dis irresponsable, je veux dire qu’elle ne sait pas faire la cuisine, se balade en sous-vêtements sous le nez des voisins, qu’elle est enceinte de 7 mois d’un coup d’un soir (alors que pourtant, sa fille de 17 ans faisait bien attention de se priver de gouter pour lui acheter des préservatifs, vraiment, preuve que l’on ne peut pas compter sur elle), et dès le premier jour des vacances d’été de ladite fille chérie, elle s’étale sur le canapé, la clim à fond (on s’en fiche bien de savoir qui paye, surtout que c’est Sadie qui tient les cordons de la bourse), et gémit qu’elle est E-PUI-SEE, et que fifille « si tu m’aimes vraiment » va pouvoir prendre son travail épuisant de femme de ménage dans une grande demeure du coin.
 
Parce que Sadie et sa maman si merveilleuse ont emménagé récemment en Alabama, quittant leur Tennessee natal pour un nouveau départ. Lequel a priori n’implique rien de nouveau sauf la perspective d’une bouche de plus à nourrir pour notre héroïne.
 
Sadie est fantastique de toute façon, vous le saurez très vite. Elle est fantastique parce que elle, elle est responsable, elle change même régulièrement leurs économies de place pour que sa mère ne gaspille pas tout en pédicures (avec ce gros ventre de femme enceinte elle n’arrive plus à se peindre les orteils elle-même). Elle est fantastique parce que, même si elle est subliiiiiimeeeee de beauté étincelante (comme sa maman), elle a une personnalité ennuyeuse. Oui, parfaitement. Et ça, eh bien ça rend moche en fait. Enfin c’est ce que Sadie croit puisque en fait, elle est subliiiiiiimeeeee et tout le monde s’en rend compte sauf elle. Et sa mère.
 
Elle est tellement subliiiiimeeeee qu'elle ne porte que des vêtements achetés en dépôt-vente, qui tombent toujours parfaitement et sont presque à la mode (de l'an dernier, le drame fashion, non mais vous imaginez avec quoi cette pauvre petite doit vivre ??). Et au cas où vous risqueriez de l'oublier, on vous le répètera à chaque fois que Sadie s'habille. Souvent donc. Ou que sa mère (enceinte de 7 mois) lui pique ses fringues. Tout aussi souvent. Parfaitement. L'ado bombasse-mais-qui-ne-le-sait-pas et sa mère qui a soi-disant un ventre tel qu'elle ne peut pas se pencher pour mettre ses chaussures. Je suis la seule à voir un problème dans la logique de l'auteur ?
 
Mais rassurez-vous, les complexes de Sadie nous donneront l’occasion d’assister à de merveilleuses conversations du type « non mais je ne suis pas moche, mais comme ma personnalité est nulle, ben en fait je ne suis pas jolie non plus » « Sadie, mais tu es aveugle ? Ta personnalité c’est justement ce qu’il y a de mieux chez toi » « ah bon ? Tu crois ? » « tu es merveilleuse, j’espère que tu garderas toujours cette innocence ».
 
Ben oui chéri, elle a 17 ans et toi 20, je pense que tu peux en toute objectivité taper sur le fait qu’elle est innocente et va le rester toute sa vie.
 
Mais. Quelle. Dinde.
 
Sadie n'est pas seulement une dinde (devant laquelle tout le monde s'extasie) (reine de la basse-cour), c'est un véritable paillasson. Ou une lavette. Ou une serpillère. Ou n'importe quel truc dépourvu de colonne vertébrale vraiment...  Quelle que soit la situation, elle prend tout avec philosophie, elle n'a pas une once de rébellion en elle, pas de volonté, pas de colère. Non Monsieur, Sadie est phi-lo-so-phe. Elle sait que c'est comme ça, que sa mère est un cas désespéré, et que c'est plus simple de faire ce qu'on lui dit. Mais ça, en fait, c'est un signe de maturité. C'est Sadie qui le dit. Elle est plus mature que les jeunes de son âge. Attends, dans sa tête, elle a au moins 20 ans, facile. J'aime bien l'héroïne qui se trouve nulle mais quand même se sent bien supérieure au commun des mortels parce que elle, elle est mature. J'aime la logique. (j'ai une furieuse envie d'écrire tout cet article en lettres capitales tellement je suis scandalisée) (J’espère que vous appréciez mes efforts à leur juste valeur)
 
Sur la supplication de sa mère donc (il fait trop chaud pour que je travaille mais toi tu es une bonne fille et tu peux crever de chaud), Sadie se présente donc à son travail, et là, normal, on accepte de la prendre pour remplacer la femme enceinte. L’ado de 17 ans, normal. Sans sourciller. Enfin si pardon, elle a une journée d'essai. Et évidemment, elle fait la conquête de tout le personnel en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. A part, ça, personnalité pourrie. Oui oui... Et quand je vois la quantité de travail à abattre, je suis admirative qu’une femme qui ne pense qu’à bronzer en bikini sur son balcon n’ait jamais pu en faire autant. (En passant, on aurait pu la prévenir pour les taches de grossesse ou on admet qu’il n’y a absolument aucun réalisme là-dedans ?) (On l'oblige d'ailleurs à éplucher des crevettes, beurk non mais quelle horreur, une fille du Tennessee ça n'aime pas les fruits de mer) (Et c'est important que Sadie n'oublie pas ses origines)
 
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes… En fait, la demeure appartient à Jax Stone, la super méga star, l’idole des jeunes, le One direction du rock and roll. Oui, donc, quelqu’un d’aussi éloigné de Sadie que possible. Pas de panique, il est très jeune, il a connu un succès foudroyant à 15 ans, et en a 19 (ou 20 je ne me souviens pas). Presque convenable pour arranger un petit couple. Jax se méfie un peu au début, c'est normal, une ado dans la maison, cela doit être un fan hystérique. Mais une micro-conversation de 10 secondes plus tard, en fait non, il est convaincu que Sadie est exceptionnelle puisqu'elle n'est pas intéressée par lui. Il est aussitôt fasciné.
 
Sauf qu’il y a Marcus, qui est un brave gars du coin travaillant lui aussi dans la maison pour l'été (mais à part ça, la politique maison ce n’est pas d'ados pour éviter que Jax soit envahi de fans - on ne saura jamais ce qu'a fait Marcus pour bénéficier d'une dispense) et qui aime bien Sadie aussi. Triangle amoureux ? Mais c’est une manie chez l’auteur on dirait !!! Je serre les dents, passons.
 
Notre subliiiiiiiiimeeee héroïne ne s’était jamais rendu compte qu’elle était jolie et la voilà avec deux gars sur les bras. Bon je ne vous fais pas un dessin, vous aussi vous auriez choisi le plus riche non ? Surtout qu’il lui chante du Bon Jovi sur sa guitare, et qu’il lui tient la main, et qu’il se lève pour prendre le petit déjeuner avec elle le matin quand elle arrive au travail (à 7h30, l’horreur quand c’est l’été franchement), et qu’il offre des places pour ses concerts aux petites filles croisées dans la rue.

Ah oui et aussi, Sadie porte un uniforme de soubrette sexy noir et blanc (comment ça ce n’est pas supposé être sexy mais juste professionnel – personne n’a donc prévenu l’auteur ?), et tout le personnel de la maison appelle Jax « Master Jax ». Maitre. Enfin, ne vous y méprenez pas, Jax vient là pour se détendre et passer un été en toute intimité (et simplicité) (c'est pour cela qu'à table, il y a un service à l'assiette avec une personne pour porter chaque assiette) (et notre héroïne fait le service remarquablement bien) (la simplicité je vous dis)... 
 
Autre merveille des merveilles, depuis 4 ans que la star vient passer ses étés dans la région, personne n’a jamais rien deviné. Le secret est si bien gardé que les locaux ne savent rien de sa présence dans leur petite bourgade. Tant de loyauté de la part du petit personnel, il doit vraiment bien les payer. Ou pas. Quand il croise des petites filles qui le reconnaissent dans la rue, c'est très civilisé, elles ne hurlent pas et elles acceptent sans problème de se taire aussi. (rue où il se balade incognito par la magie d'une paire de lunettes de soleil qui permettent en fait de mieux y voir même à la nuit tombée alors comme ça personne ne trouvera suspect qu'il ne les retire jamais - je suis perplexifiée, cela existe, ces lunettes??!)
 
Après des semaines de tourments (deux semaines et trois conversations donc), Jax décide qu’il ne peut pas vivre sans Sadie, qu’elle est son « air ». Aaahhh mais je comprends mieux le titre alors ! Sans elle il ne peut pas respirer. Oh que c’est beau. Rappelez-moi, ce gars est supposé écrire les paroles de ses propres chansons et être un génie c’est bien ça ? Bon, ben on n’est pas sortis de l’auberge…
 
Mais voilà, elle hésite, elle l’aime passionnément (ca va vite à cet âge…) certes, pourtant le star-système, cela la fait un peu flipper. Surtout que les journaux disent qu’il sort avec une autre star, et que Marcus a l’air de penser que c’est vrai. Les ragots et le type qui vient de se prendre un râteau, il n'y a pas de sources plus fiables, c’est sur…
 
Et puis Jax fait privatiser une salle de cinéma rien que pour eux deux (dans la ville) (mais personne ne se doute toujours qu’il est là) (vous parlez d’un secret bien gardé, où sont les paparazzis quand on a besoin d’eux, hein ?), et elle fond. Il a aussi ramené 47 kilos de nourriture en tout genre, parce qu'il ne savait pas ce qu'elle aimait. Moi je suis surprise que la parfaite Sadie, si responsable, mature (on nous le répète toutes les trois pages) et économe, ne sourcille pas devant un tel gaspillage.  Enfin, ils s'embrassent, c'est un festival de feu d'artifices, c'est sublime et incroyable, une expérience presque surnaturelle, Jax lui dit qu'elle a un gout extraordinaire, il en perd ses mots, puis il l'embrasse de nouveau puis il arrête parce qu'elle est trop tentante, et ils finissent de regarder le film sagement.
 
C'est l'homme de sa vie, c'est certain, mais à la fin de l'été, elle sait déjà qu'elle aura le cœur brisé quand il va la quitter. Sauf qu'il l’invite à une première de film. Oh mon Dieu, il s’agit de faire son coming-out au public ? Est-ce que cela veut dire qu'il veut quelque chose de plus durable ? Et rencontrer tous ces gens qui ne sont pas du même monde ??! Mais non Sadie ne t’inquiète pas, tu n’auras besoin de parler à personne, juste à moi. Viens je t’en prie ma chérie, j’ai besoin de mon air pour survivre, tu es tellement merveilleuse et unique et je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi, en plus tu es émue par le fait que je sois gentil avec les enfants, et ça, cela ne m’était jamais arrivé.
 
Oui donc, excusez-moi, je fais une overdose de sucre, un petit malaise et je reviens. Déjà que je lisais en diagonale, mais là, les haut-le-cœur se font trop forts, j'abandonne... 
 
Lecteur chéri, je n’en suis qu’à la moitié du livre et je rends les armes. Tous les clichés possibles et imaginables sont dans ce livre. Tous. Jusqu'à l'héroïne super fière qui travaille pour le héros mais qui est prête à lâcher son job rémunérateur pour un autre tout pourri, juste par éthique (à part qu'elle n'a pas un radis, mais vivre d'amour et d'eau fraiche n'est peut-être pas un mythe en fait ?). Je ne connaitrais jamais la fin sans doute tragique (un couple aussi gnangnan cela ne peut être que tragique) de Sadie et Jax. Qui vivront heureux et auront beaucoup d’enfants. Mais pas trop vite, parce qu’on est aux Etats-Unis et qu’ils ne sont pas mariés encore, Sadie est mineure, c’est compliqué. (Ceci dit, sa mère pourrait bien la vendre pour trois séances de massages – encore mieux que trois chameaux)
 
Vous l’aurez compris, je ne recommande pas la lecture de Breathe. Pour une fois, cela devrait faire plaisir à certains… J'espère au moins vous avoir fait rire de mon malheur, les conseils, ce sera pour la semaine prochaine !
 
 
Bon vendredi, 
Chi-Chi
   

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2 août 2013

Mon mari, cet étranger et les Harlequinades vintage

Poussée et forcée par Karine (si si voyons, vous pensez bien que je n’aurais jamais lu un livre pareil sans y être encouragée, tellement pas mon genre), j’ai relu des vieux Harlequin comme ceux qui inspirent nos chroniques au 72ème degré.
 
Et quand je dis vieux, c’est 1990 ou avant. Toute ma jeunesse, toute ma découverte de la romance, toute la nostalgie de mes… 13 ans ! Et de la lecture de ces petits livres déjà vieux à l’époque car récupérés auprès d’une amie de ma mère (quand j’y pense, ma mère a de drôles de fréquentations)…
 
Doublement poussée et forcée par Karine même puisque je vous parle comme elle de Mon mari, cet étranger, dans un exercice de haute voltige qui veut que je n’ai pas relu ce livre depuis… 5 ans ? Et que je viens de retourner toute ma bibliothèque pour réaliser qu’il a fait partie de la cargaison malheureuse qui est partie ce printemps dépérir dans le grenier parental, en attendant un hypothétique déménagement dans un château pourvu de bibliothèque (laquelle devra au moins égaler celle de la Bête dans La belle et la bête).
 
Mon mari, cet étranger de Anne Mather est l’un des rares à avoir survécu au passage du temps et à mes crises de folie épuratrices (je pleure encore ma collection mythique donnée chez un bouquiniste un jour d’égarement).
 
Alors j’imagine bien que vous vous dites tous « Mon Dieu, mais quel est donc ce chef d’œuvre ? ».
 
Eh bien c’est l’histoire d’un mariage arrangé, dans la plus pure tradition romance. En bonne héroïne 70’s, Hélène se retrouve fort dépourvue quand la bise vient, avec la mort de son père et une montagne de dettes. En bonne héroïne 70’s, si elle a fait des études, ce n’est pas pour travailler, non madame, c’est pour être la parfaite petite épouse aux côtés d’un mari aussi riche et influent que feu son papa (mais de préférence plus doué en affaires, les dettes à éponger, une fois suffira, merci).
 
Et donc en bonne héroïne 70’s, Hélène accepte la proposition de Jake Howard, vautour ambitieux qui n’a de cesse de profiter du désarroi dans lequel la plonge cette épineuse question financière, et qui lui propose… le mariage ! Notez qu’il aurait pu lui proposer de devenir sa maitresse contre rémunération, mais cela aurait été un tout autre genre d’histoire, et chez Harlequin (comme chez moi), on aime les mariages arrangés, si plausibles historiquement.
 
Hélène a donc épousé Jake, mariage de raison qui fonctionne parfaitement depuis trois ans. Elle tient la maison (avec un peu de personnel, on ne peut tout de même pas lui demander de nettoyer la salle de bain quand elle passe autant de temps chez la manucure), et joue les ravissantes potiches pour un mari qui n’est jamais là, avec un talent rare. Mariage qui n’est que de façade, puisque nos deux tourtereaux ne dorment pas ensemble. Comme dans, vous avez bien compris, le mariage n’a jamais été consommé.
 
Scandale ! Surtout qu’Hélène commence un peu à s’ennuyer, qu’à l’époque il n’y avait pas Skype et que son cher époux est en voyage d’affaires depuis des semaines à l’autre bout du monde. Surtout que quand Jake revient sans avoir annoncé la date et l’heure exacte dudit retour, il n’est pas content du tout de voir que sa chère épouse n’est pas en train de broder au coin du feu à l’attendre, pire, qu’elle est *gasp* sortie diner avec un autre homme !!!
 
Enfer et damnation, cela ne se passera pas comme ça ! Que les choses soient claires, c’est fini la belle vie pour Hélène, à partir de maintenant, elle va se comporter comme une épouse digne de ce nom, décide notre cher héros, plein de l’élégance et de la classe que l’on peut attendre d’un bon héros 70’s…
 
Traduction, Jake veut que sa potiche soit encore plus disponible, et possiblement, qu’elle lui ouvre la porte de sa chambre (ce qui, pour une potiche, par définition dépourvue de bras peut s’avérer délicat) (mais Jake n’est pas difficile, il veut bien la forcer d’un coup de pied si nécessaire) (quelle âme chevaleresque, vraiment).
 
Vous l’aurez deviné, à partir de là, il y aura une magnifique scène de consommation des liens sacrés du mariage et accomplissement du devoir conjugal par une jeune épouse complètement vierge effarouchée qui n’est que modérément consentante (mais comme c’est une héroïne 70’s, ce n’est pas grave parce qu’après tout ils sont mariés alors Jake a le droit), et de l’amour.
 
Enfin…
 
Consommation du mariage, Hélène qui s’écrase comme une carpette devant son mari over-dominateur (il aurait planqué une cravache sous le lit que cela ne m’étonnerai pas mais nous resterons à jamais dans l’ignorance, Harlequin jette un voile pudique sur cet aspect de la relation), et après une nuit que l’on supposera torride, beaucoup de malentendus, de larmes pour Hélène et de cris outragés pour Jake (c’est que c’est pénible ces bonnes femmes qui pleurent tout le temps), tout fini dans un festival d’amour et de petits cœurs à paillettes sortis de nulle part.
 
Voilà un chef d’œuvre de la littérature Harlequin vintage pour un challenge (le premier auquel participe le blog d'ailleurs, mais vous conviendrez que nous ne pouvions pas laisser laisser passer un sujet pareil...), à ne pas mettre entre toutes les mains, et pourtant, pour des raisons que je ne m’explique pas, que je garde précieusement.
 
Parce que c’est si délicieusement représentatif de l’idée que la société s’est faite de la femme et de sa place dans la relation amoureuse, parce que Anne Mather maitrise plutôt bien sa plume (ou en tout cas que ce jour-là le traducteur Harlequin était inspiré) et parce que c’est avec ces avalanches de clichés misogynes et archaïques que j’ai découvert le genre le plus génial de la littérature !
 
Merci Karine de m’avoir replongée dans ces souvenirs, et pour les autres, bonne lecture (mais si c’est d’autre chose, je ne vous en voudrai pas) !

Chi-Chi
 
 
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12 juillet 2013

Jet, enfin!!!

Comme quoi, il suffisait de demander! Voyez-vous, La Petite Lady devait nous écrire un article, c'est chose faite, et elle est en forme!

(Juste, pardon les gars mais c'est QUOI cette couverture trop moche d'un type qui fait peur là? C'est supposé me faire rêver?? Raté... pas vous?) Enfin bon, passons, on sait déjà que la couverture de romance est un art mystérieux que personne ne maitrise et que ce n'est certainement pas ça qui va me faire acheter un livre! (surtout vu le regard halluciné du jeune homme qui me fixe, vaguement vitreux. Je ne veux pas savoir ce qu'il a pris pour ressembler à ça!)

Enfin bon, c'est les vacances (c'est l'été en tout cas), installez-vous confortablement, prenez un verre bien frais, et venez lire son (long) article à pleurer de rire avec de la science de la romance dedans... 

Chi-Chi

Bonjour, je prendrais bien un Jet (27).

Si jamais je n’avais pas peur du courroux de Chi-Chi, je pense que je m’arrêterai là parce qu’en soit ça résume bien mon sentiment général post-lecture.

Hihihi #paillettes #groupie #lovetatooboys
(non je ne suis pas sur Tweeter mais je gazouille quand même si je veux !)

Mais j’ai bien trop de respect pour Chi-Chi pour lui infliger cet affront, d’autant qu’elle attend relativement patiemment (le fait que je sois en Outre-Mer aide peut-être) cet article depuis une semaine (note de Chi-Chi: UNE SEMAINE??!!! Dis plutôt un mois!). A ma décharge, je dirais que j’ai voulu faire les choses bien: j’ai relu le livre plusieurs fois afin d’en faire la critique la plus juste et la plus fidèle (et récolter quelques citations sympathiques pour agrémenter le tout).

Tout d’abord, braves gens, damoiselles et damoiseaux (rayez la mention inutile), laissez-moi vous faire une confession: je suis une novice totale en matière de romance, mes lectures de prédilections étant plutôt dans le thème polar/héroiquo-fantastique avec histoire d’amour en arrière-plan. J’ai bien lu quelques romances dites classiques (Marc Darcy si tu m’entends), mais avec Rule, je lisais ma première romance directement approuvée/conseillée/validée par les princesses. Fraichement armée d’un Kindle (avec lequel je vous annonce mes fiançailles sous peu, on passe notre vie ensemble faut dire), j’ai décidé de me laisser tenter par Rule (petit prix mais maxi plaisir). Ayant beaucoup aimé Rule, j’ai décidé de continuer sur ma lancée avec Jet.

FAUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUX, pour éviter de mettre Kholer en colère (comment ça elle n’est pas inédite cette blague !?)

Je dois vous avouer: Rule n’était pas ma première romance. Chi-Chi m’avait prêté il y a quelques années le premier tome de la Confrérie de la Dague Noir un jour que je lui vantais en long en large et en travers les mérites de Damon et autres vampires de série (je précise que c'est une des rares fois où j'ai prêté quelque chose que je n'avais pas aimé, mais je n'avais rien d'autre sous la main - C.). J’ai donc lu L’amant Ténébreux et en français s’il vous plait... Je trhemble enchore devant le thalck pour bhébhé, c’est vous dire.
NB: désolée pour les fans de J.R. Ward et pour celles qui ne comprennent pas la blague, mais la confrérie et moi on a clairement pas accroché.

Bref, tout ça pour dire que j’ai lu Jet. (Format ebook / anglais facile) et que je le conseillerai à toutes celles qui ont aimé Rule. Nul besoin d’avoir lu Rule pour lire et comprendre Jet, mais c’est tout bonus pour mieux y apprécier l’histoire sachant que ça se passe après.

Basiquement, c’est un peu le même schéma que Rule et Shaw (le bad-boy et la perfect girl): vous prenez un beau tatoué aux pantalons hyper-slim qui fait de la musique, une belle fille intelligente avec bottes de cow-boys au passé un peu mystérieux qui veut toujours être maitresse de son destin, vous rajoutez des parents totalement honteux qui vous font perdre foi en l’Amour, un frère beau en faire damner un saint voire des seins (jeu de mot honteux mais totalement adapté selon le contexte). Vous saupoudrez le tout d’une attraction physique tellement palpable que nos deux protagonistes sont bien les derniers à se rendre compte qu’ils veulent être
naked together” (ce n’est pas moi qui le dit, c’est Ruuuule). Vous rajoutez des bagues et un drame avec un grand D et hop ça fait une Love Story.

Globalement Ayden m’a un peu saoulé mais heureusement Jet était là pour relever le niveau  Donc je plussoie l’alternance des points de vue!

Ce que j’avais envie de dire à Ayden pour la secouer et la sortir de sa torpeur:
  • Quand Ayden dit “There were too many boys for too many bad reasons” a.k.a “J’ai honte de mon passé parce que j’ai fait pleins de galipettes pour de mauvaises raisons, mais surtout pour aider mon frère en fait”, et qu’elle pense que ça justifie le fait qu’elle doive s’éloigner de Jet. Alloooooo, tu parles de JET, le mec qui a enchainé les conquêtes d’un soir pendant des années ...Qui est-t-il pour te juger là-dessus non mais sérieusement !!! T’es un peu crétine de croire que ça va changer quoi que ce soit, ça va peut-être lui éviter de croire que tu es une petite fleur innocente (cf. la suite), ce qui t’énerve.
  • Quand Ayden a ses pseudo-crises de culpabilités à base de "bouhou si mes amis savaient qui j’étais avant, ils me mépriseraient, bouhou il faut donc que je continue à leur mentir". Allooooo mais apprends ce que ça veut dire le mot AMI. Et puis tu ne parles pas de Mr et Mme Parfaitsoustouteslescoutures, tu parles quand même d’un groupe de hard rock, de tatoueurs professionnels avec un passé... Alors si eux te tournent le dos quand ce ne sont clairement pas des enfants de cœur, ça sera PAS pour ton passé.
  • Et je m’arrêterai là pour éviter les spoilers... mais je peux vous dire que j’ai eu de nombreuses fois un monologue avec Ayden pour qu’elle arrête de se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Non Ayden, tu n ‘est pas indigne de l’amour des gens et ce n’est pas parce que tu n’as pas été un ange dans ton adolescence que toute ta vie les gens vont te tourner le dos!
Jet, Jet, je n’ai pas grand-chose à te dire... Tu es un personnage attachant, assez cohérent de bout en bout et cela malgré des parents complétement indignes !

Puisque ce sont bientôt les résultats du bac de Français (enfin ça l'était quand l'article a été écrit la semaine dernière - C.), je me propose de vous démontrer par a+b pourquoi lire des romances est bénéfique pour la culture stylistique et des champs sémantiques. Cela peut toujours servir si vous arrivez à bout d’argument sur les bienfaits de la lecture de romance... Mais je doute que vous y arrivez un jour.


DE L’ART DES FIGURES DE STYLE AVEC JAY CROWNOVER:

"He tasted like whiskey and the sweetest kind of temptation there was."
Il avait le goût du whiskey et de la plus douce des tentations qu’il puisse exister.
"She tasted like wine and invitation."
Elle sentait le vin et le parfum enivrant d’une invitation. (Et c’est comme ça que les drames traductionnels commencent)

Ceci sont de magnifiques zeugmas : le zeugma est une figure de style qui consiste à lier syntaxiquement deux termes à un verbe (ou adjectif). Ces deux termes sont quant à eux incompatibles et entretiennent un rapport différent avec le dit terme-lien.

Application : poésie réussie avec Jay Crownover.
Grand manitou du genre : feu Pierre Desproges !

"I couldn’t forget that he thought I was just some innocent little flower who shouldn’t be touched by dirty hands."
Je ne pouvais oublier qu’il pensait que je n’étais qu’une innocente petite fleur qui ne devait pas être touchée par des mains moins innocentes.
Ceci est un parfait exemple de la très célèbre figure de style qu’est la métaphore, une figure de style qui associe quelque chose (ici Ayden) à un autre champ sémantique (ici la fleur) afin de traduire/d’illustrer une idée/un sentiment (ici quelque chose de beau, pure et naturel qui ne demande qu’à être protégé).

Quoi que je me questionne encore sur le choix du terme fleur avec l’adjectif innocente, serait-ce un oxymore ironique dissimulé pour véhiculer une toute autre idée, bien moins pure ?

Notons l'euphémisme dans ma traduction.

"This was a kiss that was filled with promise, filled with all the things that had been hot and heavy between us for so long."
C’était un baiser qui était rempli de promesses, remplies avec toutes les choses qui avaient été brulantes et étouffantes entre nous pendant si longtemps.
Ceci est une métaphore filée. La même chose qu’une métaphore mais avec encore plus de mots des champs sémantiques imagés.

On remplit rarement un baiser avec quelque chose de concret. Certes, une fois j’ai rempli ma bouche avec des pâtes, beaucoup de pâtes, vraiment beaucoup de pâtes (Lady D. peut en témoigner) mais m’est avis que personne n’aurait voulu remplir avec moi un baiser. (On ferait beaucoup de choses pour gagner un concours, même ressembler à un hamster).

"You really think I’m about to let you guys roam around this city unsupervised? The female population of Denver would never survive it."
Tu pensais vraiment que j’allais vous laisser parcourir la ville sans surveillance? La population féminine de Denver n’y survivrait jamais.
Nous avons là une hyperbole, figure de style qui met en relief une idée au moyen d’une expression exagérée. Les filles de Denver y survivraient mais leurs nuits seraient surement très occupées.

"Look, I don’t know about love but I am infatuated with him. He makes me smile just being in the same room... [18 lignes] I might be in love with him, but I can’t be."
Écoute, je ne sais pas ce qu’est l’Amour mais je suis sous le charme. Il me fait sourire juste en étant dans la même pièce [AydenesttropamoureusedeJet] Il se pourrait peut-être que je sois amoureuse de lui mais je n’ai pas le droit.
Nous avons là un bon gros mensonge de Ayden. (cf. ce que j’ai dit plus haut) et accessoirement une petite litote (bien qu’elle veuille nous faire croire le contraire) car on sait tous que dans le fond elle veut juste dire: Je suis complétement raide dingue folle amoureuse de lui et je ne peux imaginer ma vie sans lui, mais non elle se contente de dire “Il se pourrait que je sois amoureuse”.

La litote est effet une figure de style qui en dit quelque chose sous une forme atténuée pour finalement en dire plus.

Ayden nous a juste fait la version moderne du célèbre “Va, je ne te hais point”.

NB: Si on poussait plus loin l’analyse, on pourrait presque dire qu’Ayden utilise une sorte de prétérition, figure de style qui consiste à dire que l’on passe sous silence quelque chose alors que finalement on ne fait qu’en parler. Ayden veut nous faire croire qu’elle ignore tout de l’amour... Alors pourquoi nous en donne-t-elle une définition de 18 lignes ? Mais bon, je pousserai Mémé dans les orties en disant ça.

Et c’est loin d’être fini, il y a tout plein de jolies figures de styles utilisées dans la romance. (On me dit dans l’oreillette qu’il y a aussi des moins poétiques, notamment chez J.R. Ward mais ce sont les aléas du style, Hit or Miss), mais c’est tout pour le moment (Lady D. c’est pour toi  aussi).

Je dois avouer que j’aime beaucoup le zeugma et la prétérition. J’aime jouer sur les mots avec le zeugma et ne pas parler des choses tout en parlant avec la prétérition.

Et vous quelle est votre figure de style préférée avec exemple à l’appui tiré d’une romance ?

Dernier point qui m’a un peu chiffonnée... Les descriptions de Jay Crownover sont parfois un peu trop facile à base de :
  • N’importe quel garçon avec des cheveux roses comme les siens aurait l’air ridicule, mais non Rule était magnifique.
  • N’importe quel garçon portant des pantalons si slim aurait l'air ridicule, mais non Jet était SO sexy.
C’est un peu facile, moi aussi je peux le faire :
  • N’importe quelle table avec une telle nappe aurait eu l’air de mauvais goût, mais non, le jaune caca d’oie donnait à cette table un côté irrésistible!
Pour finir, je dirais que nos deux tourtereaux ont souffert non pas des situations complexes dans lesquelles ils ont été amenés à vivre (cambriolage, hospitalisation, tribunal, rupture familiale etc.), mais plutôt d’un manque de quelque chose entre eux... un truc qui commence par un grand C majuscule.

Je parle évidement de Communication !!!

J’ai vraiment l’impression qu’ils se seraient évité pas mal d’ennuis et de rebondissements si Ayden avait été plus honnête ... (ouais franchement je trouve que c’est “tout de sa faute”, mais ne vous méprenez pas hein, je l’aime bien dans le fond Ayden, elle a ce côté dure-à-cuire je-veux-régler-mes-problèmes-toute-seule  que je comprends même si souvent ça ne lui réussit pas)

Donc les ami(e)s, bien que Ursula (la vilaine pieuvre qui torture Ariel, aka moi donc - .C) nous ait dit de pas sous-estimer l’importance du langage du coooorps (ce que nos deux tourtereaux n’ont pas sous-estimé croyez-moi), il faut encore moins sous-estimer importance du langage tout court dans les romances mais dans la vie aussi... C’est la MORALE de notre histoire.

Comme quoi tout est bon à prendre dans cette romance!

A VENIR L’HISTOIRE ENTRE LA DELICIEUSE CORA ET LE NON MOINS DELICIEUX ROME (schéma inversé cette fois, youpi, la bad girl et l’ex-soldat)
#tattoenformedecoeur
  
  
La Petite Lady
 
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8 août 2012

Shopping à Vera Cruz

  
Je triche un peu car ce n'est pas aujourd'hui, ni même hier, mais il y a déjà quelques jours que je suis allée faire du shopping avec Lady D.

Et la pêche chez les bouquinistes fut fructueuse, nous sommes reparties avec quelques belles perles à ajouter à nos collections collectives et l'inspiration pour un futur article Au 72ème degré... A venir très bientôt sur vos écrans !

Des titres époustouflants, des couvertures sublimes, bref, du grand art. La romance dans ce qu'elle a inventé de meilleur. Admirez le travail !




Et vous, cela vous inspire? 

Chi-Chi

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15 juin 2012

Captive passions - Passions captives

Pour l’article d’aujourd’hui (le premier article du vendredi, je suis toute émue…), j’ai décidé de vous parler de la maaagnifique lecture commune que nous devions faire avec Fashion et Karine. Et du magnifique fail que cela a été, puisque le livre était tellement merveilleux que Fashion a arrêté après quoi… 60 pages ? Et Karine a abandonné page 171 très précisément. Mais vous me connaissez, je suis prête à risquer beaucoup pour la gloire, à commencer par ma santé mentale, et j’avais décidé que ce livre n’aurait pas raison de moi !

Avant d’en dire plus, je vous laisse lire l’article de Karine sur le sujet, puisqu’elle a tout dit bien mieux que je ne pourrais le faire (si vous ne le faites pas, vous allez vraiment vraiment avoir du mal à suivre, après moi, ce que j'en dis...) et de mon coté, je reprends l’analyse là où elle s’en est arrêtée puisque oui, victoire, je suis venue à bout de Captive Passions de Fern Michaels. Et en français en plus !!!

Les lectrices assidues de romance, les anciennes, celles qui fréquentent le milieu des grandes initiées sont déjà parties en courant là, normalement. A commencer par Tam-Tam ! Ben oui, Fern Michaels, non mais quelle idée ??! Une auteur connue pour écrire de la romance old-school dans tout ce qu’elle a de plus hard-core, à base de clichés d’hommes machos dominateurs et violents et d’héroïnes TSTL

Hélas, nul n’est à l’abri d’un moment d’égarement…

Enfin, reprenons avec Sirena, femme pirate pleine d’entrain, devenue la Sirène des mers pour venger la mort de sa sœur et son déshonneur (son viol donc). Parce que, quand on se fait capturer par des pirates, les choses se passent généralement moins bien que dans Pirates des Caraïbes... 

Petit rappel hyper super rapide, Sirena est espagnole, super douée en bateaux, et a juré de venger sa sœur et son oncle assassinés par des pirates alors qu'ils étaient en route pour Java où ladite sœur devait épouser l'administrateur hollandais local. Sirena étant over intelligente, est persuadée que c'est le hollandais (Regan, son futur mari) qui a orchestré l'attaque, parce que bien qu'anglais, les pirates avaient une navire hollandais. No comment sur la logique imparable... Sirena a donc épousé Regan pour mieux se venger de lui et le ruiner en attaquant tous les vaisseaux passant dans le coin, sous le nom poétique de la Sirène des mers (mais si elle ne vient pas de la mer, je me demande d'où peut venir cette sirène moi...). En plus, les similitudes entre les deux noms sont absolument stupéfiantes, à croire que l’auteur voudrait nous faire comprendre que son héroïne était prédestinée à devenir une grande pirate et un génie de la navigation. Ceci dit, dans ce livre, ils sont tous parfaitement stupides, et étrangement, personne, absolument personne ne fait le lien entre les deux ? Vraiment ?

Peut-être parce que Sirena est très bonne maîtresse de maison (même si elle n’a jamais rien commandé d’autre qu’une cuisine de bateau, moi je parie que c’est son maître d’armes qui lui a appris à faire la cuisine). D’ailleurs, c’est bien simple, à Java au 17ème siècle, elle commande un repas fait de poisson au beurre et citron, petits pois marinés avec des oignons, et un dessert d’abricots avec de la crème fouettée qui me rappelle étrangement celui de Carissa… (mais si voyons, Carissa… pfff, personne ne m’écoute quand je parle…) Un repas à haute probabilité historique donc.

Mais Sirena n’est pas si parfaite car en dépit de ses efforts, elle ne s’entend pas du tout avec la gouvernante, qui ne veut jamais rien servir d’autre que du chou bouilli, la vilaine ! C’est bien connu, la cuisine allemande se résume à ça. Et ne me demandez pas pourquoi un hollandais ne mange que de la cuisine allemande, la compréhension d’un pareil phénomène est au dessus de mes pauvres moyens, mais c’est pour cela que je ne suis pas auteur de romance !

Heureusement que la cuisinière, elle, est bien plus heureuse depuis qu’elle peut faire des dessert à la crème, elle en avait marre d’avoir les cheveux qui sentaient la choucroute… Le bonheur tient parfois à si peu de choses, je pense qu’il y a là une grande leçon de vie à retenir.

Oh et tiens, Karine, Fashion, dommage que vous n’ayez pas continué, l’un des personnages du livre a un goût très prononcé pour la domination, le maniement du fouet et les bottines pointues…

L’intégration à la vie familiale de Caleb se déroule comme sur des roulettes, d’autant plus qu’il sait instinctivement où Regan range ses cigares… Sur fond de petite musique mystérieuse, demandons-nous un instant si il s’agit vraiment d’un hasard ou si… Mais je m’avance trop, il ne faudrait pas que je spoile la suite des événements !

Invités à un mariage traditionnel javanais, nos héros (qui sont alors mariés depuis un moment mais n'ont rien consommé du tout parce que Sirena porte le deuil et qu'elle prétend passer ses nuits en prière pour l’âme de sa sœur, ce que Regan ne trouve pas spécialement sexy) découvrent que la tradition locale implique pour la fiancée une épilation intégrale à la pince à épiler, (c’est quoi le trip de Fern sur ce coup-là ? Plus ça fait mal, meilleur c’est ? Chacun son truc hein, mais j’aurais bien aimé être prévenue à l’avance, ça peut surprendre au début… voir, ça fait mal…) sachant que le fait d'émettre le moindre son durant l’épreuve voudrait dire qu’elle n’est plus vierge ? Et sachant qu’il est évident aux yeux de Sirena que la fiancée brûle de désir pour Regan ? Euuuhhh ???! WTF ? (oui, pardon, je m’égare) Mais je vous rassure, Regan est un type bien, il ne pouvait quand même pas laisser cette malheureuse (fiancée qui restera anonyme car pourvue d'un nom débile dont l'auteur avait du se dire que cela ferait bien assez exotique) souffrir ainsi… Il va donc se faire un devoir de la déflorer… la nuit avant son mariage. Dans la hutte voisine de celle du fiancé. Et de sa femme. Je répète, pour être sure que vous ayez tout bien compris, Regan et la fiancée, pendant que le fiancé cuve son enterrement de vie de garçon à coté et que sa femme (Sirena donc), dort dans la hutte d’à coté. Où elle entend tout... Mais ce n’est pas de sa faute à lui quand même, pauvre Regan, s’il est trop désirable ? -  un peu comme Lord Bannor le Hardi mais en drôlement moins sympathique et drôle en fait... -  En plus, Sirena refuse de coucher avec lui pour cause de deuil, il faut le comprendre ! (bref, un héros de romance tout ce qu’il y a de plus dreamy) (limite je voudrais le même...) (mais limite hein)

Enfin passons, finalement, c’est sous les traits de la Sirène des mers que Sirena va conclure avec son mari, après des mois et des mois à le tenir à distance. Non sans avoir auparavant tué le capitaine pirate anglais (ceci dit, elle pense toujours bien que Regan est le responsable, mais c’est un début, un de mort, plus que 12 ou 15…) et été battue en duel par Regan ! Oui oui, vous avez bien lu, la génialissime Sirena est battue. Mais attention seulement par son mari, ce qui montre bien qu’ils sont faits l’un pour l’autre, puisque seul l’homme auquel elle donne son cœur (un cœur ? où ça ? lequel ? son corps plutôt non ?) peut être plus fort qu’elle. Sans cela, Sirena est invincible et indestructible. Enfin, à ce stade, elle a couché (et j’emploie ce terme de façon très libérale, puisque Regan juge quand même nécessaire de l’attacher avant, il trouvait qu’elle protestait un peu trop !!!), sous un faux nom, avec son mari, qu’elle déteste encore cordialement. Ou le déteste-t-elle vraiment ? Après tout, ce n’est qu’une faible femme, elle ne doit pas bien savoir ce qu’elle a réellement dans la tête !

Car dès le lendemain de leur première nuit d’amour, notre chère héroïne se réveille avec des étoiles dans les yeux et des mots d’amour au bord des lèvres. Dilemme cruel, comment accomplir sa vengeance contre l’homme qu’elle aime maintenant ? Eh bien tout simplement en découvrant (enfin !!!!) que le responsable n’était pas Regan. Il était temps. Chose qu’elle découvre en passant tous ses après-midis chez Chaezar, l’administrateur espagnol du coin, vil personnage qui trouve Sirena très charmante et ne manque pas de le lui faire savoir à grands coups de robes déchirées et tout ce qui s’ensuit, et je laisse votre imagination faire le reste.

Aussi détestable que soit Sirena, je n’ai jamais vu une auteur maltraiter son héroïne à ce point… Alors parlons peu mais parlons bien. C'est du Fern Michaels, je le sais. Des blessures, du sang, des larmes, des séductions forcées et même des viols, des meurtres, des membres coupés (à un moment, Sirena coupe un bras à un pirate et lui crie « Ramasse ton bras, sale chien », mais je m'égare), j'étais préparée. Franchement, je m'attendais à une tournante, il y en a toujours chez cette auteur (en tout cas dans ceux que je connais), mais là, pour cette malheureuse Sirena, c'est carrément un viol collectif qui dure tout le livre... Tam-Tam qui a compris ma douleur m'a dit que c'était une nouvelle échelle à ajouter à nos références... L’échelle de Fern Michaels : de la tournante à l'épanouissement de la femme.

Enfin, plus ou moins au même moment et grâce à ces visites chez Chaezar, elle apprend également que Gretchen la traînée (et maîtresse de Regan, celle qui dès la page 1 avait dévoilé son âme noire et perverse, pensez-vous, elle osait coucher sans être mariée, si ce n’est pas le plus sûr des signes de perversion, je ne sais pas ce qu’il vous faut… et en plus elle espérait que Regan l'épouserait, c'est vous dire si elle se berçait d'illusions !), a conspiré avec lui pour faire assassiner la 1ère femme de Regan, et disparaître son fils. Et paf, c’est mauvais les préjugés, Sirena ! On croit que les hollandais sont méchants et les espagnols gentils et c’est exactement le contraire. Magnifique morale non ?

A partir de là, les choses s’enchaînent dans la plus grande fluidité : Regan échappe à une tentative d’assassinat de la part de prostituées javanaises payées par le grand méchant de l’histoire (il ne comprend pas comment elle peuvent lui vouloir du mal, lui qui les a honorées de ses avances – quand on vous disait que c’était un type bien ce Regan !), part en chasse de pirates, capture sa femme, se bat en duel avec elle (again) et manque de mourir d’une blessure qu’elle lui inflige, il lui livre alors le pirate au crochet qui a tué sa sœur, et sa vengeance accomplie, la Sirène des mers prend sa retraite. Mais Regan doit partir enquêter sur la mort de sa femme et la disparition de son fils, il emmène Caleb avec lui, lequel, une fois sur le bateau, lui révèle toute la vérité sur Sirena, son identité secret et son plan, et Regan découvre que Caleb est son fils. 

Nooonnnn, mais quelle révélation fracassante, vraiment, personne ne l’avait vu venir, celle-là (et surtout pas Karine qui ne devine jamais le nom du meurtrier avant la dernière page…), c’est stupéfiant, où Fern va-t-elle chercher tout cela, je vous le demande !!! 

Pendant ce temps, à Java, le volcan du coin se réveille et tue Gretchen qui ne voulait pas partir sans ses robes. (enfin je crois qu’il tue un certain nombre d’autres personnes aussi, mais pour une raison qui m’échappe il était important de s’attarder sur le sort de cette chère Gretchen qui meurt en proie aux flammes et dont les derniers mots sont « Sans mes robes, je ne serai plus jamais belle ».) Stupéfiée par la qualité de cette traduction, je suis… à moins que ce ne soit la qualité de l'écriture, j'hésite !


Sirena, qui est enceinte mais pense que Regan ne l’aimera jamais, maintenant qu’elle a pris sa retraite de pirate, prévoyait de partir avec son bateau pour retourner en Espagne, attention, TOUTE SEULE ! Bah oui, cette fois, elle s’est dit que ça avait été trop facile à deux la dernière fois avec Caleb, alors du coup, une femme enceinte seule, mais qui est tellement super trop méga top, peut bien naviguer toute seule pendant des semaines à travers les mers pour relier Java à l’Espagne !

Manque de chance, l’éruption volcanique imminente retarde ses projets et elle est faite prisonnière par Chaezar (le grand méchant donc), qui a un peu perdu la tête puisqu’il a prévu de devenir roi d’une petite île du coin et voudrait bien faire de Sirena sa reine. Ce qui tombe d’autant mieux que Sirena est enceinte, et Chaezar pense que l’enfant est de lui. De son coté, Regan se lance à la recherche de Sirena. Des mois se passent, Sirena accouche, toujours prisonnière, et je vous laisse deviner le plaisir de Chaezar quand il naît avec les cheveux blonds – comme Regan of course ! Chaezar n’est pas content et il veut tendre un piège à Regan en l’attirant sur place, appâté par sa nouvelle progéniture. Regan débarque ENFIN !!! Mais croyez-vous que ce serait pour sauver sa femme ? Non bien sur, c’est pour récupérer son fils et voir sa femme régler son compte au vilain méchant dans un duel de 12 secondes. D’ailleurs, il prévoit de le séparer de sa mère, qui n’est qu’une traînée puisqu’elle a couché avec Chaezar. Et Sirena étant une idiote d’orgueilleuse, juge qu’il est inutile d’essayer d’expliquer que ce n’était pas vraiment volontaire. Mais puisqu’elle a un nouveau né sur les bras et que Regan veut le lui prendre par la force, il faut bien qu’elle suive, qui va nourrir le bébé sinon hein, je vous le demande ?

Voila enfin Sirena de retour à Batavia (le port où vivait tout ce petit monde... ce nom, décidément, je ne m’en remet pas, quelle horreur... à la 74ème mention, l’image de la laitue s’impose toujours autant à mon esprit !) avec toute sa petite famille… Et lors d’une énième dispute, Regan, grand prince devant l’éternel, trouve le moyen de se surpasser, en frappant Sirena. Pas comme un duel comme avec la Sirène des mers où tous les coups sont permis et que chacun est à armes égales, non non, une belle gifle bien dans les règles de l’art qui l’envoie valser à l’autre bout de la pièce et l’assomme.

Lecteurs, nous sommes à 10 pages de la fin, rassurez-vous, votre supplice est bientôt fini ! Enfin presque car de longs mois doivent encore s’écouler, histoire de permettre à nos chers héros d’oublier tout ça. Regan, sur un coup de tête, décide d’aller faire un petit tour en Hollande respirer l’air du pays et pendant ce temps, Sirena, toute seule avec l’aide de la gouvernante (deux femmes seules donc), plante un champ entier de muscadier qui va ressusciter la fortune de Regan (et assurer l’avenir de leur fils). Au retour de Regan pourtant, Sirena plie armes et bagages, abandonne son fils et prend la route de l’Espagne. Il faudra l’action combinée de la gouvernante et de Caleb pour que ce fichu Regan prenne son bateau et se lance à la poursuite de sa femme, et qu’il lui avoue son amour. Oh, c’est beau, en plus il va pardonner à sa femme d’avoir couché avec d’autres hommes, parce que pendant ce temps, elle pensait à lui. Oui.

Bon, je suis atterrée. Que l’on ait pu écrire un truc pareil me dépasse. Que l’on ait pu le publier, plus encore. Franchement, Sirena et Regan se méritent l’un l’autre à ce stade, et moi, je pense qu’il est bon de laisser la seule chose qu’il est possible après une œuvre pareille, le silence…

(j’hésite à signer, c’est la honte quand même, d’avouer que j’ai lu un truc pareil)
(bon allez je me lance)



Chi-Chi

PS : Je crois pouvoir affirmer que ce livre est absolument, sans conteste possible, sans l'ombre d'un doute, le PIRE livre que j'ai lu de ma vie, et que quelqu'un ait OSE appeler cette chose une romance me dépasse ! Si vous voyez passer ce livre ou un autre de Fern Michaels, surtout, fuyez... 

PPS : La couverture est absolument fidèle au livre, vous le croyez ça franchement??! 

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20 octobre 2011

C'était mon anniversaire...

Aujourd'hui, vous me pardonnerez cet article qui va être très personnel. Aujourd'hui, je vous parle d'un livre que vous ne trouverez jamais chez aucun libraire, dans aucune bibliothèque, un livre dont il n'existe au monde qu'un seul exemplaire dont je suis l'heureuse propriétaire ! Car, pour ceux d'entre vous à qui ce détail aurait échappé, il n'y a pas longtemps, j'ai célébré mon royal anniversaire. Et à cette occasion, j'ai reçu le cadeau le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps.

Pour bien comprendre, il vous faut avouer quelque chose avant. Vous vous souvenez des guest-stars ? Ces invitées ô combien importantes qui viennent prendre la relève quand Tam-Tam et moi-même décidons de tout plaquer pour partir en voyage diplomatique ? Eh bien un certain nombre d'entre elles font partie de la famille royale. Plus précisément, j'ai nommé Lady V, Lady D et la Petite Lady... Qui forment, avec deux autres que vous n'avez pas encore le bonheur de connaître (mais cela ne saurait tarder, faites confiance à mon pouvoir de persuasion) un quintet autoproclamé « International stars of the world ». En toute modestie.

Mais aujourd'hui, ces cinq demoiselles ont bien mérité leur titre parce que, à l'occasion de mon anniversaire, elles ont toutes pris leur plus belle plume pour m'écrire une histoire. Une romance bien évidemment, et mieux encore, une romance dont je serais l’héroïne !

Le chef d’œuvre s'ouvre par une dédicace à « la très puissante, la très agréable, la très indestructible Chi-Chi ! », parce que, parait-il, « même si  tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute: on a voulu rendre hommage à Chi-Chi en lui écrivant ce livre.
C’est trop banal d’être sentimentale ? NON.
Hugh, Colin, Macias, Ranulf, Pourquoi donc le nier, Ils l'ont envoûté, ils l'ont ensorcelée… »


Bien, déjà, pardonnez-moi, ma modestie souffre un peu et il est étrange de s'imaginer en héroïne de roman, mais ces histoires, écrites par des personnes qui me connaissent bien, sont saisissantes, et pleines d'humour, ce qui ne gâche rien ! C'est que je m'efforce de faire preuve de persuasion dans la vie quotidienne aussi, et mes proches sont les premières victimes de ma croisade en faveur de la romance... Alors, aussi étrange que cela puisse être pour moi de lire des choses écrites sur ma vie, je ne pouvais pas manquer de partager avec vous quelques extraits, en espérant que vous serez aussi amusés que je le suis par les multiples références, littéraires ou autres, qui parsèment ces pages...

Et j'espère que vous excuserez aussi le fait de ne pas tout comprendre aux multiples références et citations de cet article, qui se veut surtout un IMMENSE remerciement à mes cousines (et sister) géniales qui m'ont fait ce cadeau tellement magnifique que je n'ai pas de mots pour dire à quel point j'ai adoré !!!

Attention, roulements de tambours pour... Ain't Chi-Chi sweet ! Oui, elles ont osé ! Avouez que le titre est juste extraordinairement bien trouvé non ?
 
Cécile parcourt le monde by Lysa Chaipas (coming out de folie... mon nom dans la vraie vie, c'est Cécile, pas Chi-Chi). Puisque dans cette histoire, je parcours le monde à la façon de Eat, Pray, Love, les aventures ne manqueront pas... Et si le bel Hugo, son italien de cuisine, sa mamma (Donatella-Limoncello de son petit nom) n'ont pas su conquérir mon cœur, ma chère Lysa, je trouve dommage que mon idylle avec Yu-Yak-Man ait été avortée pour une malheureuse histoire de serpent pané, alors que ce bel exotique possédait un panda-taxi, qui est, avouons-le, le moyen de locomotion le plus génial de la terre... Rassurez-vous, cette histoire se finit bien puisque je tombe nez-à-nez avec Hugh Jackman, the one and only, dans un cagibi où m'a emmené un nain chauve et velu (et heureusement que c'est un roman parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée que Hugh emploie un nain chauve et velu comme pigeon voyageur, je ne l'aurais donc pas suivi dans la vraie vie, et j'aurais raté la rencontre de ma vie !). Lysa fait bien les choses là où le hasard ne les fait pas ! 

« Quelques mois plus tard, Cécile et Hugh sont mariés et ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Cécile est chargée de la rédaction de la nouvelle constitution américaine dans laquelle le port des armes est aboli, et la peine de mort pour les nains chauves et velus est plus que conseillée. Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants (pas nains) ! »

Palm Beach après la tempête (traduit en français par Une bonace à Palm Beach) by Jane Austen Martin (aka Lady D.) : les influences très nettes que j'exerce sur cette chère Lady D. sont légions... Une petite héroïne abîmée par la vie qui quitte son fiancé pour rejoindre sa tante au bout du monde (heureusement qu'elle ne s'appelle pas Jenny mais Sugar Cec, sinon j'aurais eu un doute), et qui tombe nez à nez avec Colin Bridgerfith, acteur mondialement connu et voisin, comme par hasard ! (ah, Colin... et Colin... le prénom a beau ne pas être sexy, quels héros...). Histoire écrite dans le plus pure style SFALO et consorts, toutes mes félicitations pour cet exercice de style à mille lieux de ta plume habituelle !

« Elle comprit à cet instant, qu’elle n’avait pas à avoir peur de cet homme, elle pouvait lui offrir son cœur, lui confier la clef de son jardin secret, il en prendrait soin (En effet, il  avait une formation non seulement de bûcheron, d’acteur mais aussi de jardinier.) et ne le piétinerait jamais. »

Surrender of the moon and stars by Nora Little Roberts (aka Lady V.) : Quand le héros a pour meilleur ami un poney répondant au doux nom de Carotte à qui il confie tous ses soucis, je ne peux qu'adhérer sans retenue à l'histoire ! Quand les héros s'aiment sans s’être jamais adressé la parole, je ne peux qu’être certaine qu'il s'agit bien d'un Harlequin, tendance Barbara Cartland ! Et quand l’héroïne se laisse embrasser par Ranulf Jackman (qui a dit que je faisais une fixette sur un certain acteur?) et que l'auteur censure le passage par un gros « Scène explicite », je ne peux que mourir de rire ! Et comme tout bon auteur sait qu'il faut fonctionner par séries, à quand les aventures de Carotte le poney ?

« Ranulf Jackman, comte de Sussex, avait une réputation de séducteur et ne semblait vivre que pour son domaine familial qu‘il entretenait avec passion, la séduction et Carotte, son poney et meilleur ami qu’il avait reçu pour ses 10 ans et à qui il aimait se confier. (…) Mais depuis quelques jours Carotte n’entendait plus parler que d’une seule chose: une magnifique femme brune aux yeux noirs, nommée Cecily. »

Cecelia, and the shadow in the corner of her eyes by Michaela Quinn : J'avoue avoir versé une petite larme là encore... Voilà une personne que je n'ai pas encore vraiment converti, elle préfère toujours les histoires tragiques (il y a de quoi pleurer...) ! Mais j'ai été plus qu'impressionnée par l'élégance de la plume (en anglais qui plus est) racontant l'histoire tragique de Cecelia et Macias le cow-boy, sur un air de Bob Dylan. Et plus que reconnaissante de la conclusion qui, respectant le code sine qua non de la bonne romance, donne à nos héros leur happy-end ! Continue à cultiver ta différence avec autant de talent...

« “My love for you is real, and should not be inconsid’rately dismissed.
Were your fine hands ever tightly held, those soft lips ever kissed?”
Our cow-boy here was begging, he wished for Cecelia to stay
He wished to make her smile, yes he wished to make her gay
Most of all, he wished to see the colours hidden by the shadows in her eyes. »


La princesse aux pinceaux magiques by La Comtesse de Bonaugur (aka The Little Lady) : un vrai conte de fée réunissant tous mes éléments favoris : la fée Moirévée, Mushu le dragon, des quiches au saumon, des cookies à la praline, Hugh le jardinier un peu geek, la comtesse Guillemette,  la princesse Tam-Tam (c'est qui celle-là??!), et Edward (qui hélas aime trop le foot), des boutons de manchettes efficaces et un pantalon avec beaucoup d'humour, un prince Parfait trop parfait et un sac Nat&Nin !

« Remerciements : Pour leur soutien, leur inspiration, je voudrais remercier mes maîtres Charles Perrault et la comtesse de Ségur, ma muse Cécile, mon confident Paul Eluard, mon livre de chevet Beaudelaire, mon pote Gérard Presgurvic, mon amoureux Hugh Jackman, mon ex Edward Norton, mon humour Jessie Trodrole, et bien sur vous mes lectrices (oui lectrices, restons réalistes). »


Pour finir, merci aux auteurs, et à vous, lecteurs (si si, j'y crois encore) pour avoir lu jusqu'au bout ! Je vous souhaite, à la fin de votre roman(ce), de vivre heureuses et d'avoir plein de bibliothèques !


Chi-Chi

PS : Ne manquez pas d'admirer la couverture délicatement photoshopée où, pour une fois dans ma vie, je parade au bras de Hugh Jackman... La classe ! ^_^
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29 septembre 2011

Une perle maori

Et donc là, en fait, normalement, si j'étais une fille sympa, je vous dirais que j’ai lu un livre super, et que je vous ai concocté un article aux petits oignons, rien que pour vos beaux yeux !

Bon, eh bien en fait je ne suis pas une fille sympa… parce que ce que j’ai lu récemment, ce sont des vieux Harlequin de derrière les fagots (c’est le jour des expressions à 3 francs 6 sous).

Sachez que c’est avec ces vieux Harlequin que j’ai découvert la romance, et je suis toujours amusée d’en relire parfois. Donc, en ce moment, pas d’inspiration, je me suis amusée !

Car il faut vous expliquer, je souffre de graves troubles de la personnalité, je continue à récupérer des vieux vieux vieux exemplaires chez mon bouquiniste, et plus ils sont mauvais, plus je les aime.

Quand je ne hurle pas en lisant, je suis déçue. Rassurez-vous, j’ai hurlé. Fort. Depuis, j’ai déménagé, mes voisins m’en voulait un peu…

La première chose que j’ai remarqué avec Le bijou maori de Gloria Bevan, ça a été la couverture. Avec un monsieur aux faux airs de clown. Ou de Ken raté. Je crois qu’il devait avoir l'air d'un cow-boy, essai non concluant. Et une madame avec les cils si épais que j’hésite entre une comparaison avec une balayette ou des essuie-glaces. Là encore, pour la sexytude et le glamour, on repassera !

Ensuite, je vous plante le décor (en carton pâte) :
La belle, la jeune, la pure et innocente Jenny vit à Londres avec son petit frère. Elle a vingt ans et ça fait déjà 4 ans qu'elle supporte cette charge car leurs parents sont morts dans un tragique accident de voiture. Jenny donc, à 16 ans, a pris en charge son frère de 6 ans. Mais que font les services sociaux, je vous le demande?

Jenny la pure entretient une correspondance avec sa tante Kate qui vit en Nouvelle-Zélande. Jenny la belle fréquente vaguement un jeune cadre dynamique aux dents longues. Le jeune homme, Gerry de son petit nom, trouve que Jenny et Gerry ça sonnerait bien ensemble, et a donc décidé d'épouser notre héroïne, mais seulement si elle veut bien vendre le petit frère. Enfin non, pas vendre, mais envoyer en pension au fin fond de nulle part. Les gamins c'est pénible et ils vous empêchent de sortir au cinéma, on ne va quand même pas s'embêter. Au moins, les chiens posent moins de problèmes eux, on les abandonne sur le bord d’une route et on n’en parle plus. Mais un petit frère, c’est étonnamment coriace…

Outrée, Jenny la merveilleuse refuse la proposition(pourtant si tentante) et écrit à tante Kate pour lui annoncer qu'elle accepte son invitation à venir vivre en Nouvelle Zélande. Nous sommes page 4, vous voyez comme il s'en passe des choses ! N’ayez crainte, le livre s’annonce palpitant…

Jenny la parfaite met son petit frère dans une valise et hop, direction la Nouvelle-Zélande ! Manque de chance, arrivés au fin fond de nulle part, tante Kate a disparu. Zut alors!

Heureusement, un fringant cow-boy passe par là avec ses vaches. Il leur apprend le décès de tante Kate et, devant le désarroi sans nom de notre pauvre Jenny, le voilà qui a une idée de génie : venir jouer les préceptrices des enfants de la ferme qu'il tient avec son frère. Une seule condition : Jenny doit se faire passer pour sa fiancée, car il a un pari à gagner avec ledit frère (Andrew). Ça vole haut. Et Jenny l'innocente accepte. Bah oui, où peut être le mal, c'est juste une petite blague! Nous sommes page 23. Voilà qui promet pour la suite!

Vous avez tous deviné la suite non? Jenny la merveilleuse débarque à la ferme, Andrew n'est pas content. Andrew est un homme, il est beau, il est grand, il est fort, il est viril, il est roux, il porte des chemises en tweed. Glamour toujours. Il est roux. Pardon... C'est un cow-boy néo-zélandais et il est roux. Moi, je suis une fille simple, j'aime mes clichés. Un roux c'est un irlandais, point. A l'extrême rigueur, un écossais ou un anglais. Mais un néo-zélandais... On me dit néo-zélandais, je pense All Blacks. Sur un cheval avec un chapeau de cow-boy et un pantalon à franges. Oui oui, parfaitement!

Mais là, Andrew, en plus d'être roux, n'aime pas Jenny au premier regard, ce qui ne doit pas arriver souvent à notre héroïne, vu que l’on a déjà fermement établi à quel point elle est belle, sublime, merveilleuse et parfaite !

La suite est un enchainement de péripéties ininterrompu et palpitant pour nous... Ainsi, la supercherie des fausses fiançailles est éventée le soir même quand il s'avère que le jeune cow-boy/frère a déjà une fiancée légitime. A qui il voulait faire une blague. Ou la plaquer. Ou pas... Je n'ai pas très bien compris... La grande classe en tout cas, Georges Abitbol a du passer par là!

Mais Jenny est fâchée de passer pour une intrigante sans scrupules. Ce qui ne l'empêche pas d'enfiler une robe trouvée dans le placard de sa chambre pour aller se promener. Elle ne sait pas à qui la robe appartient mais qu'importe. Jenny est au dessus de tout soupçon, personne n'irait imaginer qu'elle a juste piquer la robe de quelqu'un d'autre sans demander!

Et là, rebondissement de folie, coup de tonnerre au paradis, Jenny se prend un avion entier d'engrais sur la tête. J'en reste sans voix! Andrew est mort de rire, Jenny est fâchée car son brushing est ruiné. Avouez, ça c'est du suspens, de l'action comme on aimerait en lire plus souvent!

Pourtant, la mésaventure du brushing ne suffisant pas, Jenny va se balader sans prévenir personne et part en avion avec un gars qu'elle vient de rencontrer. En Nouvelle-Zélande, on fait de l'avion-stop, c'est plus élégant. Ces gens-là savent vivre, ce n'est pas comme nous qui prenons la voiture, comme c'est trivial et ordinaire comme moyen de transport!

Comme un malheur n'arrive jamais seul, Jenny est non seulement en rupture de laque (encore qu'en voyant la couverture, j'ai un doute sur l'authenticité de cette information), mais en plus, elle se retrouve coincée par un orage avec son chauffeur. Heureusement, Andrew vient à sa rescousse (le pilote peut crever la bouche ouverte par contre – en silence, on ne lui demande rien – c'est une punition karmique pour le coup du brushing, puisqu'il s'avère que c'est lui qui a balancé son engrais sur notre héroïque héroïne).

Jenny à peine saine et sauve, n'oublions pas que jamais deux sans trois, c'est au tour du petit frère d'avoir des ennuis! Il se retrouve coincé en haut d'un arbre... C'est plus compliqué pour redescendre, forcément! Jenny voudrait bien l'aider mais il paraît qu'elle est sotte (impossible, Jenny est parfaite – cet enfant n'y comprends rien) et Andrew doit une fois de plus intervenir. Quel héros! Jenny est pourtant re-fâchée, ce n'est pas agréable de passer pour une sotte. On a la réputation qu'on mérite en même temps!

Un peu de répit pour nos héros, Andrew emmène Jenny à la foire locale et lui offre un pendentif maori, symbole de fécondité et de fertilité (le fameux bijou du titre fait son apparition – faut-il y voir un sous-entendu, Andrew aurait envie de faire des choses fécondes et fertiles avec Jenny?). Il en profite pour lui voler un baiser fougueux en public, en toute intimité. Je suis choquée.

Assez de flâneries, une nouvelle péripétie attend notre couple nouvellement formé. Et cette fois, toute la pression repose sur Jenny... Car Andrew a oublié son pique-nique en partant travailler! Jenny va devoir traverser la pampa (enfin la pampa néo-zélandaise mais à l'en croire, c'est au moins la jungle, en plus il faut faire UNE HEURE de cheval pour s'y rendre, attention c'est sportif!!!) pour le lui apporter. C'est que Andrew sans son gouter, ce n'est pas Andrew... Qui en déduit aussitôt que Jenny la vertueuse est fait pour vivre au milieu de nulle part. Et que c'est une fille bien. Et généreuse. Et assez bonne, mais ça c'est pas encore officiel. Pour le moment elle est juste bonne à peloter dans la voiture, le mariage ne pointe pas encore le bout de son nez (de sa bague?), il s'agit d'être sur de soi, cela fait au moins deux semaines qu'ils se connaissent, c'est beaucoup certes, mais le mariage c'est pour la vie (enfin c'est ce que j'ai entendu dire...).

C'est l'état d'esprit dans lequel se trouvent notre héros quand Gerry, le prince charmant du début, fait son grand retour. Il veut récupérer Jenny. C'est qu'aucune autre femme n'est aussi belle, aussi extraordinaire, aussi parfaite que Jenny! Et au passage, il vole un baiser à notre gourgandine (nom de code pour dire qu'il lui roule une pelle – il paraît que ce n'est pas classe de dire ça...). Quelle réputation elle va avoir celle-là! Andrew découvre le pot au roses et en déduit qu'il s'est trompé. Finalement, une femme qui prépare son quatre-heure, ce n'est pas si bien que ça, si elle embrasse d'autres hommes... Au lieu de le détromper, même si elle repousse Gerry (parce que, tout bien considéré, avoir un époux dont le nom rime avec le votre, ce n'est pas très élégant), Jenny donne sa démission. Logique imparable des héroïnes Harlequin, quand tu nous tiens! (et là, c'est moi qui fait des rimes...)

Desemparée, condamnée à la solitude jusqu'à la fin de sa vie (malgré le pendentif qui lui garantissait une descendance nombreuse), Jenny pleure, elle fait ses valises.

Rassurez-vous, tout n'est pas perdu! Son petit frère, boulet un jour, boulet toujours (mais pour le mieux cette fois), dans un élan inspiré, choisit ce moment pour faire une fugue. C'est que la vie au grand air, les chevaux, les avions d'engrais, l'absence de téléphone, tout ça, il aime le petit frère. Peut-être même qu'un jour, lui aussi il voudra se trouver une femme parfaite qui lui amènera son gouter à cheval à travers la pampa! Heureusement qu'Andrew est là pour sauver la situation et consoler Jenny. Accessoirement, retrouver le boulet aussi, mais c'est un détail. Ce qui compte, c'est que nos héros sont enfin réunis par l'amour et les gouters, tout cela par le pouvoir d'un bijou maori qui n'a rien à voir avec la choucroute!

Et quand je vous disais que j'ai beaucoup ri avec ce livre... Le niveau de ridicule atteint était assez épique!

Encore une fois mes chers lecteurs, comme toujours avec ces chroniques de vieilleries, j'espère que vous avez passé un bon moment, et si l'envie vous en prenait, surtout ne lisez pas Le bijou maori!


Bonne journée,
Chi-Chi
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30 mai 2011

Opération au Kavongo

Aujourd’hui, c’est en compagnie de Nicolas Hulot que je vous emmène vers des contrées lointaines et exotiques. Direction l’Afrique du sud, pour un dépaysement total avec « Sous le soleil de Kavongo » d’Anaïck de Launay.   
Note: Ce vieux J'ai Lu de la collection "Escale Romance" fait ressortir chez moi  un humour assez pourri, Opération Okavango est une série d'Ushuaïa, d'où la présence exceptionnelle de Nicolas. 

Le voyage s’annonce particulièrement réussi. A bord du ballon qui nous emmène vers notre destination, je découvre nos compagnons de voyage, Marion Graq et Kevin Smiley. Kevin :o)
 
J’ai le droit de hurler de rire ou bien ?

Non, un peu de sérieux, vous comptez tous sur moi pour vous présenter ce bijou de littérature. 
Reprenons, dans l’ordre…

Notre héros s’appelle Kevin… Smiley. Un Smiley à l’humeur de dogue nous précise la 4ème de couverture.

Tachons d’en apprendre un peu plus sur notre héros qui a sans doute des qualités cachées sous ce vernis "canin". Ouvrons l’ouvrage et lisons. Chapitre 1, page 6 « yankee par son père, frenchie par sa mère, mais 100% ours la plupart du temps ».
Kevin a la vie douce entouré de tous ses animaux lorsque George, son fidèle second 100% africain, lui rappelle qu’il doit aller chercher le nouveau stagiaire envoyé par le Fonds international de la nature (après recherche, ce doit être une traduction approximative de WWF). Kevin s’en trouve contrarié, il n’a pas que cela à faire aujourd’hui ! (le pauvre chéri, mon cœur se serre pour lui, ô grand spécimen masculin plein de testostérone…)

A l’aéroport, c’est Marion qui débarque, avec dans ses bagages, la panoplie complète de Barbie Safari… Ken… euh Kevin s’en trouve tout chamboulé à l’intérieur de lui, et décide de prendre sur lui de dégouter la jeune fille afin que cette dernière plie bagages au plus vite. Kevin, décidément, tu n’es pas un gentleman !

A ce stade de l’histoire, même Marion sait qu’elle n’est pas la bienvenue. Il faut dire que le comité d’accueil était plutôt frisquet…
La voilà donc arrivée sur la réserve, dans un campement qui sort tout droit d’un tournage de Daktari (sans le lion qui louche malheureusement). On rencontre enfin nos derniers compagnons de voyage : Joey, Matt qui s’occupent des animaux, et Amanda la jeune gouvernante enceinte.

Nous sommes péniblement arrivés au chapitre 3 et Marion découvre sa chambre. Pendant ce temps, mon cerveau commence à réfléchir à la situation. Parce qu’il est évident que notre couple phare est parti sur de très très très mauvaises bases. C’est à peine si Ken a adressé la parole à Barbie ! Quand à parler d’un début de relation, je m’interroge. (Nicolas me souffle que cette Afrique du sud fait très carton pâte... Chhhhuttt, ici, on observe les humains et leur relations, voyons Nicolas !)
L’auteur va-t-elle nous faire le coup de la passion irrépressible « je dis non, en fait je veux dire oui » ? Ou va-t-elle trouver une explication dans le passé (forcément lourd et noir) de l’un de nos héros ? Encore mieux, va-t-elle nous créer une situation de danger extrême qui va rapprocher nos deux héros ?

Je pense tenir ma réponse quand je découvre Marion en train de réprimer un hurlement devant une blatte... Barbie a une peur phobique des blattes. Mais non, Barbie prend sur elle, baptise la blatte Charlie et part se coucher… Mais. Bien. Sûr.
Nicolas et moi, on y croit à mort !

Jour 2, chapitre 3. Barbie et Ken prennent le petit déjeuner. Tous les autres autours ont compris que tant de tensions ne pouvaient cacher qu'une envie irrépressible de sauter l’un sur l’autre (tous les personnages de ce livre sont des futurs auteurs de mauvais Harlequins !). Moi, j’ai toujours mes doutes. Ils ne se parlent pas. Ken méprise Barbie, Barbie ignore Ken. On avance à pas de géants vers des horizons roses et des envolées de petits poneys.

Comme Kevin est un sale macho, il ne veut pas de Marion dans ses pattes pendant qu’il travaille. Il lui prête donc une jeep toute pourrie pour aller faire joujou avec les fleurs de la savane. Comme elle est blonde, il lui donne une carte colorée comme un plan de Disneyland avec des zones « éléphants », « hippopotames », « zèbres » coloriées avec application. Marion a beaucoup d’humour, elle prend sa carte de blonde, son carnet à dessin et s’en va comme ça, à l’aventure.
Pas de boussole, nooonnnn, vous pensez, dans la savane, il y a des panneaux et puis, elle est bardée de diplômes, elle a le GPS savane intégré ! « Au troisième baobab, tournez à gauche. A 400 mètres, faites demi-tour autour de la carcasse du buffle… »

Marion passe la journée à observer les animaux (Nicolas est ravi) et de leur côté, Georges, Matt et Joey passent leur journée à rire sous cape à chaque bulletin radio envoyé par Barbie stagiaire.
« ici, Donald Duck à bord de la batmobile, je me trouve à proximité de la grande parade de Mickey dans le secteur J-7. Prévenez le grand Schtroumpf que je vais rendre une petite visite à Dumbo en J-6. »
Que d’humour cette petite.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’était l’arrivée des crocodiles… Dans son kit Barbie, elle n’a pas d’arme. C’est bête hein ? Il ne lui reste plus qu’à appeler au secours Smiley qui va arriver en pétard, sauver la donzelle et la cantonner au campement jusqu’à nouvel ordre (comprendre « pour toujours »).

Chapitre 5, Ken et Barbie ne se parlent toujours pas.
Mais le traitement du silence n’empêche pas Marion de passer un bon séjour. Elle s’est liée avec tous les autres, ils se font des petites soirées où ils boivent des bières, ils dansent, ils chahutent pendant que Kevin les observe de loin. Et comme nous sommes narrateurs omniscients, nous avons une vue imprenable sur les pensées noires du patron. Son amertume et cette phrase sibylline « il n’accepterait jamais sa mort »....

Et là, je me suis dit « Bingo ! Le lourd secret du héros », encore un mec avec un passif de folie et zéro envie de tourner la page ! Marion, ma chérie fuit pendant qu’il en est encore temps! (Nicolas trouve que je suis dure, qu'il faut laisser une chance à ce brave homme)

Chapitre 6, ou l’accident.
L’auteur fait preuve de beaucoup de ténacité pour réunir nos deux futurs tourtereaux. D’abord elle nous les a dépeint comme des gravures de mode, nous avons Barbie Safari, et la version littéraire de Robert Redford. Cela n’a pas suffit.
Elle a donc créé une phobie chez Mademoiselle. Mais après un début de relation assez catastrophique, Marion et Charlie la blatte s’entendent comme larrons en foire.
Puis il y a eu les crocodiles (j’y aurais presque cru) mais Kevin n’est pas un homme facile, il ne vend pas sa vertu pour si peu. Il a donc puni Marion de s’être mise en danger.

J’ai bien cru ne jamais pouvoir assister à la réunion de ce couple qui a vraiment tout pour s’entendre. C’est vrai, ce n’est pas comme si l’auteur ne nous racontait pas depuis le début à quel point ces deux là n’ont rien en commun.

Et donc, nous voilà le jour de l’accident. Alors que Kevin et son équipe réparent une clôture, Smiley et Matt sont chargés par un rhinocéros.
Rhino 2 – Homme blanc 0
Matt s’en sort avec une foulure au genou tandis que Smiley a la peau du dos arrachée par des barbelés (yummy !)
Bien entendu, Smiley est fort, il ne veut pas entendre parler de médecin. Mais Marion est là pour panser ses blessures, et découvrir l’homme sensible qui se cache derrière. Et c’est enfin le moment où la tension se transforme comme par magie en passion intense entre ces corps enfiévrés qui ne demandaient que cela… AH. AH. AH.

Nous voilà enfin arrivé au chapitre 7. Nicolas me souffle en coulisse que je ne parle pas des animaux, mais j’ai des priorités… Et c’est l’auteur qui décide de la suite de mon article. Elle a décidé que c’était quand même un peu simple. Six chapitres pour s’adresser la parole, et sauter à pieds joints dans un même lit n’était pas assez complexe pour l’histoire. Elle nous ressort donc le fameux passé de folie de notre héros. 

Imaginez la scène, Amanda, la jeune gouvernante enceinte, a disparu. Elle est partie accoucher dans la tradition de son village et c’est la panique au domaine. Oui, parce que cela renvoie à ce cher Kevin des images de son passé.

Bon, là, je vais vous révéler le secret de polichinelle qui plane encore. Kevin était marié et sa femme est morte en couches. Wouahhh vous ne l’avez pas sentie venir celle-là hein ? (perso, j’ai flairé le truc dès le chapitre 5)

Chapitre 8, Kevin renvoie Marion. Parce que vous comprenez, elle est blonde, elle ne peut pas vraiment se rendre compte des vraies choses de la vie. Et puis, s'ils restaient ensemble, elle pourrait tomber enceinte, il risquerait de la perdre (logique implacable, puisque je risque de te perdre, je ne veux plus de toi). Et puis Marion, comme elle est un peu influençable et que c’est carrément une vrai lavette… Bah elle est d’accord.

Je vous passe le chapitre 9 qui ne sert pas à grand chose puisqu’il ne parle que d’animaux (Nicolas n’est pas content). J’en viens directement au chapitre 10.

Marion travaille pour un super zoo en Angleterre. Kevin, grand seigneur qu’il est, a téléphoné à son vieux pote pour « recommander » la candidature de la demoiselle (candidature qu’elle n’avait jamais posée hein, sinon, c’est pas macho !)
Mais depuis son arrivée, tout le personnel, les animaux, les brins d’herbes, les fleurs, les astres même, savent que Marion n’est pas heureuse. Elle regarde avec mélancolie l’horizon… (retenez vos nausées, on arrive au bout)

Elle vient de lire une lettre envoyée par ses amis restés en Afrique quand un collègue lui propose d’aller boire un café. J’ai presque eu de la peine pour ce pauvre Jonathan. Mon chéri, à côté de Kevin Smiley, ton mètre 65, ta calvitie naissante et tes épaules frêles ne font pas le poids.

Et puisqu’on parle de Kevin, le voilà qui remonte l’allée, son chapeau vissé sur la tête (le chapeau d’Indiana Jones, sinon ça fait fake). Marion court dans se jeter dans ses bras. Les oiseaux chantent leur bonheur d’être enfin réunis. L’Afrique l’attend, sa place est là-bas. Le soleil rougeoie, Nicolas rend l’antenne…

Générique de fin.

Je suis à court de mots, et c’est peut être mieux ainsi,
 
 
Bonne lecture (ou pas)
Tam-Tam
 
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